Curieusement cet entretien n’a suscité AUCUNE REPRISE dans nos médias,  IL A ÉTÉ RETIRÉ !
Cliquez sur l’article-source, et vous verrez… “PAGE NON TROUVÉE”. Comme quoi, il devait gêner?
L’entretien figure toujours sur le site du Temps : https://www.letemps.ch/monde/2017/06/21/emmanuel-macron-leurope-nest-un-supermarche-leurope-un-destin-commun

 

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Macron : “Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans”

23 Juin 2017

Olivier BERRUYER sur LES CRISES

Allez, pour ne pas déprimer, on se concentrera sur quelques perspectives positives sur l’international….

Source : Elysee.fr, 22/06/2017

Dans son premier grand entretien depuis son entrée à l’Élysée, le président de la République dévoile sa vision pour l’Europe et expose ses grands principes de politique étrangère.

Par Isabelle Lasserre

Dans son premier grand entretien depuis son entrée à l’Elysée, accordé au Figaro et à sept autres journaux européens (Le Soir, Le Temps, The Guardian, Corriere della Sera, El Pais, Süddeutsche Zeitung, Gazeta Wyborcza), le président de la République dévoile sa vision de l’Europe, parle lutte contre le terrorisme islamiste et conflit syrien.

Interrogé sur ses propositions pour relancer concrètement l’Europe, à la veille d’un sommet à Bruxelles, Emmanuel Macron estime que «la clé pour repartir, c’est une Europe qui protège». Il plaide ainsi pour une vraie politique de défense et de sécurité commune. Et estime que les Européens doivent être plus efficaces face aux grandes migrations, en réformant notamment «profondément le système de protection de nos frontières, la politique migratoire et le droit d’asile». Il prône aussi «avec vigueur l’idée d’un budget de la zone euro, doté d’une gouvernance démocratique». Cette relance européenne passe par l’Alliance franco-allemande. Mais pour être crédible aux yeux de Berlin et du monde, la France doit accomplir «les réformes fondamentales qui sont indispensables».

Le président réaffirme que la lutte contre le terrorisme islamiste est sa priorité absolue. «Ce sont eux nos ennemis» dit-il en désignant ces groupes terroristes. Il veut ensuite oeuvrer à la stabilisation de la Syrie, mais Emmanuel Macron ne fait pas un préalable du départ de Bachar el-Assad. En revanche, il affirme avoir deux «lignes rouges»: les armes chimiques et l’accès humanitaire. «Je l’ai dit très clairement à Vladimir Poutine, je serai intraitable sur ces sujets. Et donc l’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule.»

LE FIGARO. – La France est-elle de retour en Europe? Y incarne-t-elle une sorte de nouveau leadership ?

Emmanuel MACRON. – Le leadership ne se décrète pas, il se construit en entraînant d’autres pays, d’autres acteurs et il est constaté au vu des résultats qu’on obtient. Il serait présomptueux de dire dès à présent que la France exerce un nouveau leadership européen. La vraie question est celle de l’objectif de notre action. Et le point de départ, c’est la crise que traversent les démocraties occidentales. Elles se sont construites au XVIIIe siècle sur un équilibre inédit entre la défense des libertés individuelles, la démocratie politique et la mise en place des économies de marché. Un cycle vertueux a permis aux libertés individuelles d’être reconnues, au progrès social de se développer et aux classes moyennes d’avoir une perspective de progrès. Depuis la fin des Trente Glorieuses, le doute s’est installé. La France en a fait la cruelle expérience, elle qui avait sans doute le modèle social le plus élaboré. Quand nous regardons la planète, aujourd’hui, que voyons-nous? Une montée des démocraties illibérales et des extrêmes en Europe, la réémergence de régimes autoritaires qui mettent en cause la vitalité démocratique, et des États-Unis d’Amérique qui se retirent en partie du monde. Ce contexte est aggravé par une montée des incertitudes et des troubles. Les crises se multiplient au Moyen-Orient et dans le Golfe, les inégalités s’aggravent partout dans le monde.

D’où proviennent ces instabilités ?

Elles n’ont pas une cause unique. Elles sont issues pour partie des inégalités profondes engendrées par l’ordre mondial et du terrorisme islamiste. À ces déséquilibres s’ajoute celui du climat. Ceux qui pensent que la lutte contre le climat est une lubie de bobos se trompent profondément. La question première n’est donc pas de savoir s’il y a ou non un leadership français, de savoir si nous bombons le torse plus fort que les autres. Elle est d’abord de savoir comment défendre notre bien commun à tous, c’est-à-dire la liberté et la démocratie, la capacité des individus et de nos sociétés à être autonomes, à rester libres, à assurer la justice sociale et à préserver notre planète à travers le climat.

Sans ces biens communs, il n’y a pas d’avenir souhaitable ni durable. Notre défi est de savoir comment nous allons gagner cette bataille dont l’Europe, j’en suis convaincu, porte la responsabilité. Pourquoi?Parce que la démocratie est née sur ce continent. Les États-Unis d’Amérique aiment autant que nous la liberté. Mais ils n’ont pas notre goût pour la justice. L’Europe est le seul endroit au monde où les libertés individuelles, l’esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point. La question est donc la suivante : l’Europe va-t-elle réussir à défendre ses valeurs profondes, dont elle a irrigué le monde pendant des décennies, ou va-t-elle s’effacer devant la montée des démocraties illibérales et des régimes autoritaires ?

Comment concrètement relancer l’Europe? Comment convaincre les Allemands ?

Si nous n’avons pas conscience du défi qui est le nôtre, nous pouvons continuer à passer des nuits entières à nous interroger sur l’endroit où se trouvera la prochaine agence européenne ou la manière dont sera dépensé tel ou tel budget… Nous nous placerions alors hors de l’Histoire. Je n’ai pas fait ce choix. Angela Merkel non plus. La question est de savoir comment nous arriverons à restaurer une dynamique, une capacité à entraîner. Car il ne s’agit pas uniquement de plaquer des politiques sur des pays ou des peuples. Il faut être capable de les entraîner, de les faire rêver. La France n’aura aucune capacité motrice si elle ne porte pas un discours clair et un regard lucide sur le monde. Mais elle ne l’aura pas non plus si elle ne renforce pas son économie et sa société. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement d’enclencher les réformes fondamentales qui sont indispensables pour la France. Notre crédibilité, notre efficacité, notre force sont en jeu.

Mais la force de quelques-uns ne peut pas se nourrir longtemps de la faiblesse des autres. L’Allemagne, qui s’est réformée il y a une quinzaine d’années, constate aujourd’hui que cette situation n’est pas viable.Mon souhait est donc que nous puissions construire une force commune. Ma méthode pour le couple franco-allemand est celle d’une alliance de confiance. Je souhaite que nous revenions à l’esprit de coopération qui existait jadis entre François Mitterrand et Helmut Kohl. On ne se rend pas à un Conseil européen sans avoir de position commune. Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout.Mais que nous ne voulons pas perdre de temps à demander aux autres d’arbitrer nos désaccords. Sinon l’Europe bégaie, et la clé pour repartir, c’est une Europe qui protège.

Pourquoi ce besoin de protection est-il si essentiel ?

Parce que, dans toutes nos sociétés, les classes moyennes se sont mises à douter. Elles ont l’impression que l’Europe se fait malgré elles. Cette Europe-là se tire elle-même vers le bas. Il faut créer une Europe qui protège en se dotant d’une vraie politique de défense et de sécurité commune. Il faut être plus efficace face aux grandes migrations en réformant profondément le système de protection de nos frontières, la politique migratoire et le droit d’asile. Le système actuel fait porter à quelques-uns toute la charge et ne pourra pas résister aux prochaines vagues migratoires. Je crois à une Europe qui se dote de moyens pour protéger ses frontières extérieures, assurer sa sécurité à travers la coopération policière et judiciaire dans sa lutte contre le terrorisme, déployer une organisation commune en matière de droit d’asile et d’immigration, une Europe qui protège contre les dérèglements de la mondialisation. C’est la première étape. Il ne peut pas y avoir d’approfondissement institutionnel tant que nous n’aurons pas restauré la cohérence de l’Europe.

Si nous voulons passer à l’étape suivante, il faut au sein de la zone euro avoir une intégration plus forte.C’est pour cela que je défends avec vigueur l’idée d’un budget de la zone euro, doté d’une gouvernance démocratique. C’est le seul moyen de recréer un mouvement de convergence entre nos économies et nos pays. Si on ne fait pas ça, on affaib