6 juillet 201717:20
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Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Allemagne

 

Jeudi 13 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite à Berlin où il participera à la cérémonie solennelle de clôture de l’Année croisée russo-allemande des échanges de jeunesse 2016-2017 avec le vice-Chancelier et Ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera également un discours à la Fondation allemande Körber et s’entretiendra avec le vice-Chancelier et Ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel sur les questions d’actualité bilatérales et internationales.

 

Sur l’évolution de la situation en Syrie

 

Après la signature, le 4 mai à Astana, du Mémorandum sur la mise en place de zones de désescalade et sur le début de sa mise en œuvre afin de renforcer le cessez-le-feu, la situation en Syrie enregistre plusieurs tendances positives.

Ces deux derniers mois les représentants de la Russie, de la Turquie et de l’Iran ont activement travaillé pour définir des zones de désescalade et en élaborer les mécanismes de fonctionnement et de contrôle. Dans ce contexte, la 5e Réunion internationale de haut niveau sur la Syrie qui s’est tenue hier à Astana a permis de faire un pas de plus dans cette direction.

Moscou est satisfait par le déroulement du processus d’Astana. Hormis l’amélioration de la situation sur le terrain, la stabilité du cessez-le-feu, la création des conditions nécessaires pour la normalisation de la situation humanitaire, ainsi que le retour de réfugiés et des déplacés intérieurs, il contribue également à la promotion des consultations intersyriennes à Genève sous l’égide de l’Onu. L’Envoyé spécial de l’Onu pour la Syrie Staffan de Mistura compte réunir le prochain cycle de ces négociations le 10 juillet. Nous espérons que toutes les forces saines de l’opposition, qui aspirent non pas en paroles mais en actes à contribuer au rétablissement de la paix et de l’ordre en Syrie et à son renouvellement, participeront de manière constructive aux négociations avec la délégation du gouvernement syrien. Nous appelons les partenaires régionaux et internationaux à apporter leur soutien aux parties dans la recherche de compromis pour sortir de l’impasse du conflit armé.

Par ailleurs, nous constatons avec regret les tentatives de mauvaise foi des "newsmakers" de ternir les efforts pour régler le conflit en Syrie. C’est ainsi que nous pouvons décrire les tentatives de certains médias se référant au groupe Faylaq al-Rahman affilié à Hayat Tahrir al-Cham (ancien Front al-Nosra) de provoquer un nouveau scandale en accusant les forces gouvernementales syriennes d’une attaque chimique dans la Ghouta orientale le 1er juillet. Nous pouvons seulement suggérer aux médias de ne pas céder à la provocation des extrémistes, d’être plus prudents quant aux sources de tels "scoops" et de mieux vérifier tous les faits.

Dans le même temps, nous voudrions noter que le Ministère syrien des Affaires étrangères a fermement critiqué le rapport de la Mission de l’OIAC chargée d’établir les faits d’usage supposé d’arme chimique en Syrie du 29 juin sur l’enquête de l’"incident du sarin" supposé à Khan Cheikhoun. Dans son communiqué, le Ministère qualifie les conclusions de la Mission de "fruit d’une imagination malsaine". En effet, elles s’appuient sur de faux témoignages. De notre côté, nous notons que les experts internationaux indépendants ne se sont toujours pas rendus sur les lieux de l’attaque chimique supposée à Khan Cheikhoun ni à l’aérodrome militaire syrien de Shayrat, d’où elle aurait été perpétrée.

Le week-end dernier, pour riposter aux bombardements continus contre les quartiers civils des banlieues de la capitale Adra et Jarman, l’armée syrienne a frappé les positions de Hayat Tahrir al-Cham et Faylaq al-Rahman dans la Ghouta orientale et à Jobar, municipalité de la capitale Damas.

Grâce à une opération réussie près de la route Itriya-Rassafa à l’est de Khanasser, les forces gouvernementales ont d’abord entièrement bloqué les djihadistes, puis ont nettoyé le "chaudron de Khanasser" en poussant les terroristes dans une zone déserte ouverte sous les frappes de l’aviation russe et syrienne. Le territoire de la province d’Alep est entièrement débarrassé de Daech. Près de 1.500 km² ont été libérés.

 

Sur la campagne médiatique provocatrice contre la Syrie concernant l’usage prétendu de l’arme chimique

 

Nous avons mis en garde contre les provocations médiatiques qui se préparaient. Nous avons constaté les premières "fuites" et noté qu'il s'agissait d'une campagne de désinformation et de falsification d’information pour faire croire à un nouvel usage de l’arme chimique par Damas. Il nous a été demandé d’être plus détaillés et concrets en cas d’apparition de telles informations. Aujourd’hui je dispose de ces informations, que je voudrais partager.

Selon les informations disponibles les groupes terroristes syriens comptent organiser des provocations avec l’usage de substances chimiques toxiques pour justifier les frappes américaines contre les forces gouvernementales syriennes. Ces actions seront certainement organisées dans une commune inaccessible aux autorités syriennes, dont fait partie l’enclave d’opposition située dans la Ghouta orientale où ont été précédemment livrés des produits chimiques toxiques. En particulier, nous sommes au courant que les djihadistes de Jaych al-Islam et de Faylaq al-Rahman basés dans la Ghouta orientale disposent de plusieurs missiles chimiques d’environ 150 kg chacun dans les villes d’Aïn-Terma et de Sabka.

De telles provocations sont également envisageables au sud du pays dans les zones d’activité des groupes contrôlés par l’Arabie saoudite, la Jordanie et Israël, ainsi qu’à l’est de la Syrie. Selon les informations disponibles, Daech transporte des ateliers et des équipements pour produire des munitions, y compris chimiques, de Raqqa vers les régions contrôlées de la province de Deir ez-Zor. Dans la ville frontalière avec l’Iran, Abou Kamal, ont été acheminés des éléments d’armes chimiques accompagnés par plusieurs experts chimistes. Actuellement ils travaillent à la fabrication de substances toxiques militaires.

Compte tenu des déclarations répétées de la coalition dite anti-Daech menée par les USA selon lesquelles elle aurait entièrement bloqué Raqqa et qu’elle serait "sur le point de prendre la ville entièrement", on se dit que l’évacuation des équipements de telle taille, de facto "sous le nez" de la coalition, témoigne au moins d'une réticence sélective à voir les faits et ce qui se passe du côté des rebelles, voire même avec une grande part de probabilité de complicité avec les rebelles. Nous n’écartons pas que des terroristes pourraient se trouver parmi eux.

 

Sur la publication de Scott Ritter concernant l’incident chimique à Khan Cheikhoun

 

Alors qu'une nouvelle campagne médiatique et de provocation a été lancée pour préparer le terrain aux activités militaires sérieuses, sur fond de désinformation pour accuser gratuitement Damas d’usage de l’arme chimique dans la province syrienne d’Idleb, les médias occidentaux publient de plus en plus souvent des articles prétendant à une certaine objectivité, tentant d’analyser ce qui se passe en principe autour du thème de l’arme chimique. Il est question de spécialistes indépendants très compétents. Leurs articles s’appuient sur une tentative d’analyse professionnelle et impartiale de toutes les circonstances de cet incident et d’autres cas retentissants.

A titre d’exemple je peux citer la publication du professeur Theodore Postol de l’université du Massachussetts, du professeur Marcello Ferrada de Noli qui dirige l’Organisation des médecins suédois pour les droits de l’homme, ou encore celui du lauréat du prix Pulitzer Seymour Hersh et de l’expert américain indépendant du désarmement Scott Ritter.

Bien sûr, on ne peut pas affirmer que ces publications sont une vérité de dernière instance, mais au moins elles contiennent une tentative d’analyse complexe des faits. Leur propre base de preuve est une analyse basée sur une approche scientifique, pas un copié-collé des messages sur les réseaux sociaux ou des références à des vidéos anonymes et non vérifiées sur internet.

En particulier Scott Ritter a publié sur le site d’American