6 juillet 201717:20
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Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Allemagne

 

Jeudi 13 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite à Berlin où il participera à la cérémonie solennelle de clôture de l’Année croisée russo-allemande des échanges de jeunesse 2016-2017 avec le vice-Chancelier et Ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera également un discours à la Fondation allemande Körber et s’entretiendra avec le vice-Chancelier et Ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel sur les questions d’actualité bilatérales et internationales.

 

Sur l’évolution de la situation en Syrie

 

Après la signature, le 4 mai à Astana, du Mémorandum sur la mise en place de zones de désescalade et sur le début de sa mise en œuvre afin de renforcer le cessez-le-feu, la situation en Syrie enregistre plusieurs tendances positives.

Ces deux derniers mois les représentants de la Russie, de la Turquie et de l’Iran ont activement travaillé pour définir des zones de désescalade et en élaborer les mécanismes de fonctionnement et de contrôle. Dans ce contexte, la 5e Réunion internationale de haut niveau sur la Syrie qui s’est tenue hier à Astana a permis de faire un pas de plus dans cette direction.

Moscou est satisfait par le déroulement du processus d’Astana. Hormis l’amélioration de la situation sur le terrain, la stabilité du cessez-le-feu, la création des conditions nécessaires pour la normalisation de la situation humanitaire, ainsi que le retour de réfugiés et des déplacés intérieurs, il contribue également à la promotion des consultations intersyriennes à Genève sous l’égide de l’Onu. L’Envoyé spécial de l’Onu pour la Syrie Staffan de Mistura compte réunir le prochain cycle de ces négociations le 10 juillet. Nous espérons que toutes les forces saines de l’opposition, qui aspirent non pas en paroles mais en actes à contribuer au rétablissement de la paix et de l’ordre en Syrie et à son renouvellement, participeront de manière constructive aux négociations avec la délégation du gouvernement syrien. Nous appelons les partenaires régionaux et internationaux à apporter leur soutien aux parties dans la recherche de compromis pour sortir de l’impasse du conflit armé.

Par ailleurs, nous constatons avec regret les tentatives de mauvaise foi des "newsmakers" de ternir les efforts pour régler le conflit en Syrie. C’est ainsi que nous pouvons décrire les tentatives de certains médias se référant au groupe Faylaq al-Rahman affilié à Hayat Tahrir al-Cham (ancien Front al-Nosra) de provoquer un nouveau scandale en accusant les forces gouvernementales syriennes d’une attaque chimique dans la Ghouta orientale le 1er juillet. Nous pouvons seulement suggérer aux médias de ne pas céder à la provocation des extrémistes, d’être plus prudents quant aux sources de tels "scoops" et de mieux vérifier tous les faits.

Dans le même temps, nous voudrions noter que le Ministère syrien des Affaires étrangères a fermement critiqué le rapport de la Mission de l’OIAC chargée d’établir les faits d’usage supposé d’arme chimique en Syrie du 29 juin sur l’enquête de l’"incident du sarin" supposé à Khan Cheikhoun. Dans son communiqué, le Ministère qualifie les conclusions de la Mission de "fruit d’une imagination malsaine". En effet, elles s’appuient sur de faux témoignages. De notre côté, nous notons que les experts internationaux indépendants ne se sont toujours pas rendus sur les lieux de l’attaque chimique supposée à Khan Cheikhoun ni à l’aérodrome militaire syrien de Shayrat, d’où elle aurait été perpétrée.

Le week-end dernier, pour riposter aux bombardements continus contre les quartiers civils des banlieues de la capitale Adra et Jarman, l’armée syrienne a frappé les positions de Hayat Tahrir al-Cham et Faylaq al-Rahman dans la Ghouta orientale et à Jobar, municipalité de la capitale Damas.

Grâce à une opération réussie près de la route Itriya-Rassafa à l’est de Khanasser, les forces gouvernementales ont d’abord entièrement bloqué les djihadistes, puis ont nettoyé le "chaudron de Khanasser" en poussant les terroristes dans une zone déserte ouverte sous les frappes de l’aviation russe et syrienne. Le territoire de la province d’Alep est entièrement débarrassé de Daech. Près de 1.500 km² ont été libérés.

 

Sur la campagne médiatique provocatrice contre la Syrie concernant l’usage prétendu de l’arme chimique

 

Nous avons mis en garde contre les provocations médiatiques qui se préparaient. Nous avons constaté les premières "fuites" et noté qu'il s'agissait d'une campagne de désinformation et de falsification d’information pour faire croire à un nouvel usage de l’arme chimique par Damas. Il nous a été demandé d’être plus détaillés et concrets en cas d’apparition de telles informations. Aujourd’hui je dispose de ces informations, que je voudrais partager.

Selon les informations disponibles les groupes terroristes syriens comptent organiser des provocations avec l’usage de substances chimiques toxiques pour justifier les frappes américaines contre les forces gouvernementales syriennes. Ces actions seront certainement organisées dans une commune inaccessible aux autorités syriennes, dont fait partie l’enclave d’opposition située dans la Ghouta orientale où ont été précédemment livrés des produits chimiques toxiques. En particulier, nous sommes au courant que les djihadistes de Jaych al-Islam et de Faylaq al-Rahman basés dans la Ghouta orientale disposent de plusieurs missiles chimiques d’environ 150 kg chacun dans les villes d’Aïn-Terma et de Sabka.

De telles provocations sont également envisageables au sud du pays dans les zones d’activité des groupes contrôlés par l’Arabie saoudite, la Jordanie et Israël, ainsi qu’à l’est de la Syrie. Selon les informations disponibles, Daech transporte des ateliers et des équipements pour produire des munitions, y compris chimiques, de Raqqa vers les régions contrôlées de la province de Deir ez-Zor. Dans la ville frontalière avec l’Iran, Abou Kamal, ont été acheminés des éléments d’armes chimiques accompagnés par plusieurs experts chimistes. Actuellement ils travaillent à la fabrication de substances toxiques militaires.

Compte tenu des déclarations répétées de la coalition dite anti-Daech menée par les USA selon lesquelles elle aurait entièrement bloqué Raqqa et qu’elle serait "sur le point de prendre la ville entièrement", on se dit que l’évacuation des équipements de telle taille, de facto "sous le nez" de la coalition, témoigne au moins d'une réticence sélective à voir les faits et ce qui se passe du côté des rebelles, voire même avec une grande part de probabilité de complicité avec les rebelles. Nous n’écartons pas que des terroristes pourraient se trouver parmi eux.

 

Sur la publication de Scott Ritter concernant l’incident chimique à Khan Cheikhoun

 

Alors qu'une nouvelle campagne médiatique et de provocation a été lancée pour préparer le terrain aux activités militaires sérieuses, sur fond de désinformation pour accuser gratuitement Damas d’usage de l’arme chimique dans la province syrienne d’Idleb, les médias occidentaux publient de plus en plus souvent des articles prétendant à une certaine objectivité, tentant d’analyser ce qui se passe en principe autour du thème de l’arme chimique. Il est question de spécialistes indépendants très compétents. Leurs articles s’appuient sur une tentative d’analyse professionnelle et impartiale de toutes les circonstances de cet incident et d’autres cas retentissants.

A titre d’exemple je peux citer la publication du professeur Theodore Postol de l’université du Massachussetts, du professeur Marcello Ferrada de Noli qui dirige l’Organisation des médecins suédois pour les droits de l’homme, ou encore celui du lauréat du prix Pulitzer Seymour Hersh et de l’expert américain indépendant du désarmement Scott Ritter.

Bien sûr, on ne peut pas affirmer que ces publications sont une vérité de dernière instance, mais au moins elles contiennent une tentative d’analyse complexe des faits. Leur propre base de preuve est une analyse basée sur une approche scientifique, pas un copié-collé des messages sur les réseaux sociaux ou des références à des vidéos anonymes et non vérifiées sur internet.

En particulier Scott Ritter a publié sur le site d’American Conservative un article intitulé "Les accusations de Trump concernant l’usage de sarin s’appuient sur un mensonge". Il propose une analyse très minutieuse et critique de la situation autour de l’enquête sur l’incident chimique à Khan Cheikhoun, ainsi que de diverses spéculations sur la culpabilité supposée du gouvernement de Bachar al-Assad.

Avant tout, l’auteur indique très logiquement que jusqu’à présent personne ne dispose d'un ensemble d’informations fiables sur les événements du 4 avril à Khan Cheikhoun pour identifier les responsables de ce crime. Nous avons attiré plusieurs fois l’attention des médias sur ce fait et notamment des professionnels des organisations compétentes.

Personne n’a fourni de preuves irréfutables pour déterminer qui et comment y a utilisé l’arme chimique, et toutes les "preuves" apportées à ce jour sont indirectes et très douteuses.

De plus, selon Scott Ritter, l’organisation internationale compétente qu'est l’OIAC a conclu de l’usage de sarin à Khan Cheikhoun en s’appuyant essentiellement sur les preuves matérielles et les témoignages obtenus en violation du principe fondamental de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques pour assurer la succession par étapes de la procédure et la préservation des preuves récoltées – ce qu’on appelle "chain of custody" ("chaîne de contrôle").

L’une des principales sources d’information, cette fois encore, provient des fameux Casques blancs. Je pense que cette organisation est devenue en quelque sorte un nom commun aussi bien pour décrire la situation dans la région que le niveau de cynisme jusqu’où peuvent aller les gens qui poursuivent leurs propres intérêts conjoncturels, tout en instrumentalisant les droits de l’homme et en jouant sur le plus important – les émotions et les sentiments des gens envers la population civile mourante, les enfants blessés, etc. C’est une structure odieuse qui a été impliquée plusieurs fois et percée à jour. Elle était impliquée dans les falsifications qui montraient des actions très dangereuses. Les représentants de cette organisation étaient également impliqués dans les manipulations pseudomédicales au cours de différentes mises en scène d’opérations de "sauvetage". Tout cela représentait bien une menace à la santé et à la vie humaines, y compris celle d'enfants en bas âge et même de nourrissons.

Les analyses de nombreux experts respectés que nous avons cités plusieurs fois, qui ont trouvé le courage d’opposer leur avis à la position politique officielle, confirment une fois de plus ce que nous avons déclaré à plusieurs reprises: il est trop tôt pour mettre un point final à la question de savoir qui a utilisé le sarin dans la province d’Idleb et comment. D’autant que personne ne s’est encore rendu sur les lieux – ni la mission de l’OIAC ni le Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-Onu. Je souligne qu’à ce jour, en dépit des rapports, des briefings et des déclarations de représentants de différents pays, les experts ne se sont pas rendus sur place. C’est un cas sans précédent. Autrement dit, les organisations internationales qui devaient le faire en premier lieu pour établir la vérité afin d’éviter les spéculations à ce sujet n’ont toujours pas été sur place.

Elles refusent tout aussi obstinément de se rendre sur la base aérienne syrienne de Shayrat que Washington continue d’associer de manière complètement infondée à l’usage de l’arme chimique par l’aviation syrienne même après la frappe américaine du 7 avril en violation de la Charte de l’Onu et des normes du droit international.

La Russie désapprouve évidemment un tel état de fait. Nous continuerons d’exiger une enquête rigoureuse sur le plan professionnel et impartiale sur le plan politique aussi bien sur l’incident chimique de Khan Cheikhoun que sur d’autres provocations "chimiques" incessantes contre les autorités légitimes syriennes.

 

Sur l’évolution de la situation en Irak

 

L’opération pour libérer la ville irakienne de Mossoul, qui dure depuis presque 9 mois, semble toucher à sa fin logique. Le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi a félicité hier les forces armées pour leurs succès dans la lutte contre les terroristes de Daech.

Néanmoins, le dénouement est encore loin. Des affrontements sanglants se poursuivent à Mossoul même. Les terroristes contrôlent encore une partie de la Vieille ville sur une superficie de près d'un kilomètre carré. Près de 50.000 habitants y sont bloqués, retenus en otage par les terroristes pour servir de bouclier humain. Les tentatives de fuir les quartiers assiégés sont violemment réprimées, comme en témoignent les 74 corps de civils, essentiellement des femmes et des enfants, récemment découverts par les militaires irakiens dans les quartiers libérés de la Vieille ville. On rapporte qu’ils ont été exécutés alors qu'ils tentaient de fuir l’enfer de Daech.

La situation dans les quartiers libérés des extrémistes reste fragile en dépit des efforts des autorités irakiennes pour y normaliser la vie. Les terroristes organisent régulièrement des incursions avec la participation de kamikazes qui se font passer pour des réfugiés. Ainsi, deux terroristes kamikazes se sont fait exploser hier près de la mosquée historique al-Nouri détruite à Mossoul. Une autre attaque-suicide d’un kamikaze déguisé en femme a été organisée récemment dans un camp pour déplacés intérieurs à l’ouest de la province d’Anbar, faisant une quinzaine de victimes.

Hormis Mossoul, les forces gouvernementales, en collaboration avec la résistance populaire irakienne, continuent de repousser les terroristes des terres qu’ils contrôlent à l’ouest et au nord-ouest du pays – dans les provinces de Ninive, d’Anbar et de Diyala. Nous soutenons totalement les actions des autorités irakiennes pour éliminer le foyer de terrorisme international en Irak et rétablir la souveraineté sur l’ensemble du territoire.

Dans le contexte des affrontements qui se poursuivent, nous restons sérieusement préoccupés par la situation humanitaire. D’après l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 800.000 habitants ont fui Mossoul. 200.000 ont pu retourner dans leur foyer - ou ce qu’il en restait suite aux bombardements non sélectifs de la coalition occidentale anti-Daech menée par les USA. Les organisations internationales humanitaires soulignent que les souffrances des Irakiens sont aggravées par la pénurie de nourriture, de médicaments et du strict nécessaire: l’eau potable. Cela risque de provoquer des épidémies en période estivale chaude.

Par ailleurs, les médias occidentaux, si ingénieux quand ils couvrent d’autres événements, continuent de présenter une image embellie de Mossoul en parlant d’action "sans contact" des forces de la coalition anti-Daech. Cette fois sans détails ou photos d’enfants souffrants, tués ou blessés. Pour une certaine raison, la chaîne CNN ne montre pas les dommages collatéraux. Elle doit avoir ses raisons.

 

Sur la situation du citoyen russe Viktor Agueev

 

Nous avons noté des articles, aussi bien anonymes que signés, contenant différentes citations selon lesquelles la Russie, notamment le Ministère russe des Affaires étrangères, ne s’occuperait prétendument pas du sort du citoyen russe Viktor Agueev arrêté en Ukraine.

Je voudrais souligner une nouvelle fois que toutes ces informations sont fausses. C’est un mensonge absolu. Dans le cadre de ses compétences l’Ambassade de Russie à Kiev travaille activement pour défendre les droits et les intérêts légitimes de Viktor Agueev. Le service consulaire a reçu la directive de suivre de près cette affaire, de rapporter toute évolution et de prendre les mesures nécessaires.

Nous vous informerons dans la mesure du possible. Comme vous comprenez, il n’est pas toujours possible de couvrir totalement de tels sujets, pour la sécurité du citoyen russe.

Le travail est en cours, il ne s’est pas arrêté depuis les premières annonces de l’arrestation de Viktor Agueev. Nous demandons de s’abstenir de propager les spéculations à ce sujet. Nous sommes prêts à fournir des commentaires sur cette situation comme sur toutes les autres à tout moment.

Je répète que toutes les déclarations des personnalités politiques, publiques ou des politologues disant que personne en Russie ne s’occupe du sort du citoyen russe Viktor Agueev sont fausses. On se demande pourquoi cette idée est répandue par certains.

Viktor Agueev a des proches, qui s’inquiètent. Bien sûr, je pense qu’ils sont dans un état émotionnel difficile. C’est pourquoi je demande de ne pas jouer sur les sentiments de la famille, des parents et des proches, et d’utiliser des informations véridiques. Je répète que nous sommes prêts à fournir des commentaires sur cette situation 24h/24 pour éviter de nouvelles provocations médiatiques.

 

Sur les insinuations antirusses aux USA et l’ingérence américaine dans nos affaires intérieures

 

Je voudrais dire quelques mots sur la prétendue ingérence de la Russie dans la vie politique américaine car nous recevons des questions sur ce thème et que ce sujet reste à la une des journaux, des magazines, des sites d'info et des chaînes de télévision aux USA.

A chaque fois que nous commentons cette problématique, nous fournissons des données factuelles. Cependant cette fois, y compris pour l’establishment politique américain, je voudrais citer des données réelles - et non le genre de faits mythiques qu’ils utilisent - concernant l’ingérence des USA dans la vie politique russe ces dernières années pour rappeler comment ils agissent vis-à-vis de notre pays, alors même qu'ils nous accusent de le faire contre le leur.

Il y a trois ans l’ancienne administration de Barack Obama ne cachait même pas ses intentions de provoquer une situation de crise dans l’économie russe, de stimuler la colère sociale et de provoquer un changement de gouvernement en Russie. Consultez simplement le site du Département d’État US, lisez, souvenez-vous de la fameuse déclaration selon laquelle l’économie russe aurait été "en lambeaux". Et après cela, vous osez parler de l’ingérence russe dans la vie politique des autres? C’était un appel à s’ingérer dans la vie politique en Russie pour faire sentir au peuple russe ce qu’on appelle le "niveau d’isolement". C’est ce qu’ils déclaraient ouvertement au printemps-été 2014, quand Washington a initié l’adoption de sanctions contre notre pays. Je rappelle que c’est arrivé quand Washington a soutenu le coup d’État à Kiev et a provoqué le conflit civil en Ukraine.

Encore plus tôt, l’Agence américaine pour le développement international a financé différentes actions politiques visant à déstabiliser la situation intérieure en Russie. Tous les représentants de l’establishment politique américain n’en ont peut-être pas entendu parler. Je rappelle que les bourses versées se retrouvaient souvent entre les mains des bandes organisées du Caucase du Nord, puis, par leur entremise, dans celles des terroristes.

Quand en 2012 cette Agence a été exhortée de quitter la Russie, l'Institut démocratique national et  l'Institut républicain international formellement considérés comme des ONG ont tenté de reprendre sa cause. En réalité, ils sont évidemment financés par le budget américain et ne sont rien d’autre que des instruments de la politique étrangère de Washington.

Je dis tout cela pour que les gens et les personnalités politiques qui recueillent actuellement de nouvelles voix pour soutenir les sanctions contre la Russie, font le lobby politique de cette approche à Washington et tentent d’influencer négativement le développement des relations bilatérales se souviennent de ce qui a été fait vis-à-vis de la Russie de la part du beau monde politique de Washington.

Il y a plus de 20 ans déjà Carl Gershman, président de la pseudo-ONG Fondation nationale pour la démocratie (NED), a reconnu que cette structure, qui avait été obstinément introduite en Russie, était pensée comme une façade pour répartir les moyens de la CIA parmi les milieux d’opposition des pays étrangers. Il n’y a rien à ajouter.

La loi signée en décembre 2014 sur le soutien de la liberté en Ukraine par l’ex-président américain Barack Obama est également très éloquente. Elle contient un appel non voilé à s’ingérer dans nos affaires intérieures. Il est prescrit noir sur blanc au Secrétaire d’État américain de contribuer, directement et par le biais d’ONG et d’organisation internationales, à l’"amélioration de la gouvernance démocratique en Russie", bien évidemment selon la compréhension américaine, notamment par l’abandon d’une politique étrangère autonome, de la défense de ses intérêts nationaux et le suivi du sillage de Washington, qui sait mieux, évidemment, comment nous devons vivre.

On a demandé aux partenaires américains quelle aurait été la réaction des milieux officiels et de la société si quelqu'un, à l’étranger, avait également fixé législativement pour objectif d’"améliorer la gouvernance démocratique" aux USA - ou dans un autre pays occidental - à son propre entendement. Personne n’a pu répondre. Ils ont simplement haussé les épaules en détournant le regard. Il ne leur est pas venu à l’idée que quelqu’un pourrait leur donner des leçons. En revanche, ils peuvent visiblement en donner aux autres.

Je voudrais noter également que cette loi américaine de 2014 mentionne ouvertement l’utilisation d’ONG pour influencer la situation en Russie. A cet effet est prévu un budget de 20 millions de dollars par an jusqu'à 2018. On parle également de "renforcer les organisations politiques en Russie", c’est-à-dire créer ses propres forces politiques orientées vers les USA.

Cette information est en accès libre. Ce ne sont pas des inventions, des tweets ou des vidéos: c’est la loi américaine sur la vision de l’establishment américain de l’ingérence dans les affaires intérieures de la Russie. Et après cela les initiateurs de toute cette histoire antirusse disent qu'il est inadmissible de s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres États!

On note également une activité plus intense du personnel de l’ambassade et du consulat général des USA en Russie, qui se rend activement dans les régions russes. On voudrait qu’ils étudient le pays d’accueil pour développer les relations bilatérales afin d’établir les liens et les contacts utiles, d’améliorer la coopération russo-américaine. Mais ils ne s’intéressent pas tant aux perspectives de développement des liens bilatéraux qu’à l’emprise de sanctions occidentales sur la situation économique et sociale dans les régions russes. Par exemple ils étudient le niveau de confiance de la population envers autorités locales, le niveau d’influence de l’opposition, les questions problématiques dans les relations entre les sujets de la Russie et le Centre fédéral. De plus, des diplomates américains ont été aperçus plusieurs fois dans différentes manifestations publiques, comme le prouvent les sources ouvertes. Peut-on s’imaginer que des diplomates russes participent à des manifestations à New York ou à Washington?

Les exemples énumérés ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Si les représentants américains qui parlent tous les jours de la Russie, des sanctions et du renforcement de la pression sur Moscou étaient intéressés, nous pourrions fournir des informations plus détaillées à ce sujet. Vous pouvez en faire la demande via vos ambassades ou auprès de nous directement. Nous pouvons expliquer comment ces dernières années on s’ingérait quotidiennement dans la vie intérieure de la Russie. Cela pourrait faire le sujet d’un thriller. La Russie n’a jamais rien fait de tel à l’égard des USA. De tels exemples n’existent pas. Tout ce qui est dit aujourd’hui est infondé, il n’y a aucun fait. Ce sont des déclarations de pseudo-experts et de pseudo-spécialistes de la Russie.

 

Sur l’enquête concernant les massacres de civils afghan par des militaires britanniques

 

Nous avons pris note des articles des médias britanniques informant que la police militaire britannique menait actuellement une enquête sur les crimes de guerre commis en Afghanistan, supposément en 2010-2013, par les unités des forces spéciales britanniques et notamment le fameux SAS.

Les sources proches de l’enquête affirment qu’il existe des preuves tangibles indiquant que pendant les raids nocturnes, les militaires britanniques préféraient tuer au lieu d’arrêter les Afghans désarmés qu’ils considéraient comme des talibans potentiels. Il est mentionné que c’est devenu une pratique répandue à l’étape tardive de la guerre en Afghanistan.

Selon les médias, les Britanniques ont par la suite falsifié leurs rapports sur ces incidents, rejetant la responsabilité des assassinats sur les militaires afghans.

On s’étonne de la réaction du gouvernement britannique à ces monstrueuses révélations. Selon les sources du journal Sunday Times, le commandement militaire considère les faits mentionnés par l’investigation comme "très graves". A cet égard le Ministère britannique de la Défense, cherchant à éviter que l'affaire s'ébruite, tente de "garder la situation sous contrôle" en influençant le déroulement de l’enquête. Et, d’après les sources, c’est fait avec beaucoup de cynisme. On rapporte qu’initialement l'enquête portait sur 695 épisodes de traitement violent envers les Afghans, dont 52 meurtres supposés de civil. L’enquête devait durer jusqu'à 2021. Mais, en octobre 2016, le Ministère a donné l’ordre de terminer l’enquête cet été et au final plus de 90% des affaires ont été closes.

Il est à noter que l’ancien chef du Bureau du procureur général britannique a appelé à mener une enquête indépendante sur une éventuelle ingérence du gouvernement et du commandement militaire dans l’investigation. Il pense que si cette information était confirmée, ce serait un scandale sans précédent. Difficile de ne pas être d’accord.

 

Sur la situation dans la zone du conflit du Haut Karabagh

 

Selon les informations rapportées par les belligérants du conflit du Haut Karabagh, le cessez-le-feu a été enfreint une nouvelle fois dans la soirée du 4 juillet, le long de la ligne de contact des troupes, entraînant des victimes, y compris des civils et des enfants.

Nous présentons nos condoléances aux parents et aux proches des victimes.

Nous trouvons inadmissible la poursuite de l’effusion de sang et appelons les parties à prendre les mesures nécessaires pour stabiliser la situation.