La cellule Synapse est chargée, au sein de la préfecture de Paris, de tirer les leçons du passé et notamment des manifestations contre la loi Travail en 2016, pour rendre les interventions lors des manifestations plus efficaces.

 

À la préfecture de police de Paris, une cellule dédiée à la gestion des débordements lors des manifestations a été mise en place, comme le rapporte Le Parisien. Alors que les violences sont de plus en plus fréquentes en marge des cortèges, la police de la capitale entend mieux appréhender ces phénomènes.

Baptisée Synapse, cette cellule travaille depuis le début de l’année au sein de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), à la préfecture de police de Paris. Composée de six personnes et dirigée par un commissaire de police, elle cherche à tirer enseignement des quelques 7 600 manifestations publiques encadrées par la préfecture chaque année, afin d’optimiser la gestion de foule. Son objectif : prévenir d’éventuels incidents et débordements violents.

Si elle dit travailler sur l’ensemble des cas auxquels la police a été confrontée, la cellule Synapse s’est surtout attelée à analyser l’année 2016 – l’une des plus agitées dans les rues parisiennes. À l’occasion des diverses manifestations contre la loi Travail, plus de 440 membres de forces de l’ordre avaient été blessés. Tantôt critiquée pour son inaction et sa passivité, tantôt montrée du doigt pour des dérapages violents, l’action de la police cette année là est loin d’avoir été jugée positivement, et c’est avant tout pour améliorer cette situation que la cellule Synapse a été créée.

 

Moins d’intervention sur le vif, plus de technologie

Concrètement, la cellule Synapse a rédigé un vade mecum pour conseiller les forces de l’ordre, notamment dans leur rapport avec les groupuscules d’extrême gauche, antifas ou autre black blocs, réputés pour leur violence. Les techniques les plus classiques, comme l’encagement, y côtoient des procédés plus récents (barrières mobiles, filtrages en amont...). D’autres innovations pourraient également être explorées, comme les marqueurs chimiques, invisibles et tirés à distance, que souhaite utiliser la police pour identifier les meneurs.

D’une manière générale, la tendance future devrait être à la réduction des interpellations sur le vif. « Il faut être en capacité de réagir très vite mais pas se mettre dans une situation où nous sommes des cibles », explique à l’AFP le préfet de police Michel Delpuech. « Vouloir faire du saute dessus, ça peut être dangereux pour les policiers et pour les manifestants », ajoute-t-il pour justifier cette réorientation privilégiant les nouvelles technologies.

De fait, avec la généralisation de la vidéosurveillance et la présence de plus en plus marquée de nombreux appareils portables et caméras sur les lieux des rassemblements, la cellule Synapse entend orienter la police vers une « contre-communication » plutôt que de persister à vouloir multiplier des interpellations n’ayant souvent que peu de suites judiciaires, faute de preuves. Les policiers devraient être incités à diffuser eux aussi des contenus vidéos sur internet, afin de montrer l’intégralité de leur intervention – et ainsi contrer l’effet parfois désastreux de certaines vidéos amateurs relayées sur les réseaux sociaux et témoignant d’arrestations plutôt musclées.

Les antifas ou la violence autorisée, voir sur E&R :

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