De gauche à droite : Robert Fico, Beata Szydlo, Bohuslav Sobotka et Viktor Orban
Question-Réponse 21.09.2016

Le groupe de Visegrád (également appelé V4 ou encore Visegrád 4) désigne un ensemble de quatre pays d'Europe centrale : la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. Formé en 1991 à la fin de la Guerre froide, il a d'abord permis à ses membres de faciliter leur intégration au sein de l'Union européenne et de l'OTAN. Depuis quelques mois, cette plateforme gagne en notoriété et en influence, utilisée par ses membres pour défendre des positions communes. Le groupe de Visegrád prône par exemple une politique restrictive en matière d'immigration ou encore une Europe faisant la part belle aux souverainetés nationales.

Comment est né le groupe de Visegrád ?

Le groupe de Visegrád trouve son origine historique dans une rencontre entre les rois de Bohême, de Hongrie et de Pologne, en 1335, dans la ville hongroise de Visegrád (à ne pas confondre avec la ville bosnienne de Višegrad).

Un événement très ancien, mais qui est resté ancré dans la mémoire collective de ces pays dans la mesure où c'est dans cette même ville de Visegrád que se rencontreront, le 15 février 1991, les nouveaux dirigeants de Hongrie, Pologne et Tchécoslovaquie. Dans le contexte de la chute de l'Union soviétique et de la fin de la Guerre froide, ces trois pays décident en effet de former le "triangle de Visegrád" afin de lancer le processus d'intégration européenne.

De trois membres, le groupe passe à quatre lorsqu'en 1993 la Tchécoslovaquie se scinde en deux pays distincts : la République tchèque et la Slovaquie.

Quelles ont été les premières concrétisations du groupe de Visegrád ?

La première raison d'être du groupe de Visegrád a été de faciliter et d'accélérer l'intégration de ses trois puis quatre membres à l'Union européenne et à l'Alliance atlantique. Anciens satellites de l'Union soviétique pendant la Guerre froide, Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie ont en effet entamé, dès 1991, un rapide rapprochement avec l'Europe occidentale et les Etats-Unis. Cela s'est concrétisé avec l'intégration de ces pays à l'OTAN dès 1999 (2004 pour la Slovaquie), puis à l'UE lors du grand élargissement de mai 2004.

Carte du groupe de Visegrád
En vert : le groupe de Visegrád

Par la suite, la coopération entre les quatre membres du groupe de Visegrád (V4) a eu tendance à se distendre. Les objectifs initiaux ont en effet été atteints et l'utilité du bloc est par conséquent devenue moins évidente. Les rencontres restent toutefois régulières et les quatre pays continuent de faire valoir des positions communes sur certaines politiques européennes. Comme l'explique l'historien Georges Mink, le V4 s'oppose par exemple à l'idée d'harmonisation fiscale et fait valoir sa volonté d'accroître la mobilité du marché du travail européen.

En outre, le Fonds international de Visegrád est créé en 1999. Doté d'un budget annuel de 8 millions d'euros, il propose des bourses scolaires et de recherche et favorise la coopération transfrontalière entre les quatre pays membres du groupe.

Pourquoi entendons-nous aujourd'hui parler du groupe de Visegrád ?

Relati