23/10/17

Qui est ce groupe de Visegrad qui séduit l'extrême-droite autrichienne?

Maria Urescu

Publié le lundi 16 octobre 2017 à 15h04 - Mis à jour le lundi 16 octobre 2017 à 16h19

sur lalibre.be

 

Le groupe des pays de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) n’a pas fini de faire parler de lui, tant il aura donné du fil à retordre aux institutions européennes ces dernières années. Engagé dans un bras de fer avec l’Union européenne (UE) sur plusieurs fronts, comme la politique migratoire, la conception de l’Etat de droit, et la souveraineté nationale des Etats membres, le V4 s’est constitué une réputation de frondeur de l’Europe, au point de s’attirer les faveurs des partis eurosceptiques tels que le FPÖ autrichien. "Ce serait bien si nous pouvions peut-être devenir membre du groupe de Visegrad", a déclaré Heinz-Christian Strache, chef du parti d’extrême droite autrichien, qui espère entrer au gouvernement à l’issue des législatives de dimanche.

Si M. Strache invoque des "raisons historiques", le V4 est souvent perçu comme le bastion des "rebelles" de l’UE, prêts à taper du poing sur la table pour battre en brèche "le diktat de Bruxelles".

Bucarest est intéressé

Plaidant pour davantage de consultations politiques avec le groupe de Visegrad, le président du Sénat roumain Calin Popescu Tariceanu a déclaré que “le simple statut d’alliés loyaux, disciplinés et sliencieux ne va pas nous apporter de la reconnaissance”. Des membres du Parti social-démocrate roumain, au pouvoir à Bucarest, ont ainsi multiplié les signes de rapprochement du V4, au grand bonheur du Premier ministre hongrois Viktor Orban qui a déclaré qu’il "laissait la porte ouverte" à la Roumanie.

"On a vu, chez les politiciens roumains, naître une rhétorique semblable à celle de Viktor Orban, avec cette idée que la Roumanie n’est qu’une colonie de l’Occident, celle dont le milliardaire George Soros veut contrôler la politique et cette volonté de revenir à une famille traditionnelle et à un conservatisme social", note Paul Ivan, du European Policy Centre. Et d’ajouter : "Mais ce qui dérange en réalité les politiciens roumains, c’est la lutte anticorruption que soutient l’UE."

Des fondateurs prestigieux

Aujourd’hui courtisé par les populistes et les politiciens inquiétés par une justice “trop” indépendante, le groupe de Visegrad fut pourtant créé en 1991 sous les auspices du Premier ministre hongrois Jozsef Antall, du président tchèque Vaclav Havel et de son homologue polonais Lech Walesa, soit trois figures emblématiques de la lutte pour la liberté et la démocratie de l’autre côté du Mur.

"Ces pays étaient concernés par l’ouverture des négociations d’adhésion à