Ce 12 juin les ukrainiens ont bombardé de nombreux secteurs de la ligne de front du Donbass depuis au Sud, celui de Shirokino au Bord de la met d'Azov jusqu'à celui de Lugansk au Nord près de la frontière russe.

Cette journée de bombardements ukrainiens ne serait qu'une journée comme les autres si ces tirs n'avaient pas été ordonnés au sortir d'une nouvelle réunion du "Format Normandie" réalisée la veille à Berlin par les acteurs des accords de Minsk 2 pour tenter de relancer le processus de paix.

Or le calendrier de cette réunion n'est pas anodin, coïncidant avec la menace avérée d'une nouvelle offensive ukrainienne pendant la période sensible du mondial de football qui se déroule cette année en Russie.

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La France, l'Allemagne et la Russie dont le Président Poutine a récemment averti Kiev des graves conséquences qu'une offensive générerait pour l'Ukraine, doivent avoir de solides éléments confirmant cette menace d'explosion nouvelle du conflit pour convoquer ce qu'il convient d'appeler la "réunion de la dernière chance".

Parmi les 6 points essentiels abordés à Berlin par le "Format Normandie" (sécurité, militaire, politique, humanitaire, économique, constitutionnel) tous, à l'exception de l'échange des prisonniers, sont soumis à l'application stricte et sine qua non du 1er point des accords de Minsk, à savoir un cessez le feu total sur la ligne de front du Donbass.

Or ce cessez le feu n'a jamais été respecté par Kiev qui, pour saboter les accords a non seulement soumis les Républiques aux tirs quotidiens de son armée, mais également envahi progressivement la zone neutre appelée "grise" située entre les 2 lignes.

Le deuxième point bloquant les accords de Minsk sur leur base de départ est la question du "statut spécial" devant être accordé au Donbass et qui impose une modification de la constitution ukrainienne, refusée par la majorité des parlementaires dune Verkhona Rada contrôlée par les nationalistes, qui y voient le début d'une fédéralisation du pays.

Or, le soir même de la réunion, Avakov, le Ministre ukrainien de l'intérieur appelait à abandonner ce format Normandie jugé "obsolète" (média "Ukrainian Truth") et le lendemain à partir de 12h00 l'armée de Kiev engageait une campagne de bombardements sur l'ensemble de la ligne de front.

Même si la France et l'Allemagne considèrent, en bons laquais étasuniens, l'Ukraine comme un allié et la Russie comme un obstacle à l'hégémonie militaro-industrielle occidentale (le refus récent de réintégrer Moscou au G7 en est un est une exemple), ils ne sont toutefois pas disposés à risquer une guerre dans laquelle quelle qu'en soit l'issue, ils sortiraient grands perdants.
Cette prudence des occidentaux est certainement encouragée par leur lassitude des sanctions économiques anti-russes autant qu'une crispation avec le protectionnisne économique de Washington qui leur demande par ailleurs toujours plus de sacrifices pour l'OTAN.

Sachant que les précédents échecs du processus de paix signé à Minsk étaient principalement dûs aux violations des accords par l'armée ukrainienne, la balle était donc ce 11 juin soir, dans le camp de Kiev.

Mais Kiev, fidèle à son jusqueboutisme suicidaire a donc confié à son artillerie le soin de "prendre acte" des beaux discours prononcés à Berlin. En faisant cela l'Ukraine post Maïdan ne fait qu'exécuter la stratégie étasunienne en Europe et dans le Donbass en particulier.

En détruisant le processus de Minsk, Washington veut faire passer en force une mission de L'ONU "version croate" où les casques bleus valideraient facon passive l'épuration des territoires des Républiques du Donbass.Et l'organisation militaro-politico-juridique mise en place par Kiev à travers sa "Loi de réintégration du Donbass" prouve cette volonté de rejouer ce scénario.

En attendant, les occidentaux commanditaires du Maïdan mais empêtrés dans ses conséquences conflictuelles et leur asservissement à Washington jouent la montre en espérant qu'un remède miracle tombe du ciel et les sauve de ce Golem fou qu'ils ont créé sur le Maïdan et qui est devenu incontrôlable.

A part la maigre consolation que constitue un accord de principe sur un nouvel échange de prisonniers à venir, cette réunion du " Format Normandie" est vraisemblablement un nouvel échec qui laisse la résolution pacifique du conflit dans une impasse de plus en plus sombre de l'avis même d'Alexander Hug, le chef de la mission de l'OSCE dans le Donbass.

Donc rien à retenir de cette circonvolution byzantine de Berlin tandis que les soudards sont aux portes de Donetsk et Lugansk à part peut être cette petite phrase finale du ministre russe Sergei Lavrov qui a fait approuver par ses homologues le principe de "l'inviolabilité des accords de Minsk".

Si on met en perspective ce principe avec la promesse du président Poutine d'intervention russe en cas d'attaque ukrainienne dans le Donbass on voit que Kiev risque fort de se retrouver seule à assumer sa stratégie criminelle face à la puissante Russie.

Car à part quelques mercenaires et radicaux pas un occidental équilibré ne veut mourir pour Kiev et son régime corrompu à te dance néo-nazie

Sauf si Washington et Kiev, comme à leur accoutumée cherchent à organiser un false flag pour se victimiser et maquiller leur offensive en légitime défense et enclenchent le jeu des alliances sur plusieurs fronts contre la Russie.

En attendant, par les bombardements du 12 juin Kiev a envoyé une fin de non recevoir des propositions russe et occidentales et continue ses attaques diffamatoires contre la Russie accusée de financer le terrorisme, de vouloir tuer un journaliste à Kiev et je ne sais quelle autre plaie d'Égypte encore.

Kiev semble donc avoir choisi la voie du suicide...

Mais est-ce vraiment un choix ?

 

Erwan Castel   sur FBook