CAP 2012

Petite revue de presse et blogs,ouverte en mars 2007 pour soutenir une femme politique humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux qui me semblent cruci

29 octobre 2009

Gabon, Congo, Guinée... et "biens mal acquis"

 

La justice refuse d'ouvrir une enquête dans l'affaire des "biens mal acquis"

La cour d'appel de Paris a refusé jeudi 28 octobre qu'un  juge d'instruction enquête sur l'affaire dite des "biens mal acquis" présumés  par les présidents du Gabon, du Congo et de Guinée Equatoriale et de leur  entourage, selon un de leurs avocats.

Suivant l'avis du parquet, la chambre de l'instruction a infirmé l'ordonnance de la juge Françoise Desset. La cour juge donc irrecevable la plainte déposée en décembre 2008 par l'ONG anti-corruption Transparency International pour "recel de détournement de fonds publics".

Le dossier vise les biens détenus par la famille d'Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzavile) et Teodoro Obiang (Guinée-Equatoriale). D'après l'ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d'Etat en France s'élèverait à 160 millions d'euros. Le clan Bongo possèderait à lui seul une trentaine de luxueux appartements ou maisons.

Une enquête de police de 2007 a en effet recensé en France trente-neuf propriétés et soixante-dix comptes bancaires détenus par Omar Bongo et ses proches, vingt-quatre propriétés et cent-douze comptes bancaires pour la famille Sassou-Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang. Les plaignants estiment que ces biens n'ont pu être acquis qu'avec de l'argent détourné. "Il n'y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n'a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d'Etat", illustre Transparency International.

Source: Le Monde

 




La suppression du juge d'instruction pourrait mettre à mal l'affaire des "biens mal acquis"


         

LEMONDE.FR : Article publié le 18.09.09

                         

Extrait:

(...)  Pour le parquet, l'association n'est nullement fondée à porter plainte parce qu'elle ne justifie d'aucun préjudice personnel et que son combat "contre la corruption au niveau international" est si large qu'il relève "à l'évidence de l'intérêt général" que le parquet a précisément en charge de défendre.

DÉFENSE DE L'INTÉRÊT GÉNÉRAL

William Bourdon, président de l'association Sherpa qui est à l'origine de la procédure, et avocat de TI, rétorque en citant plusieurs cas où la justice a jugé recevable des plaintes d'associations défendant des intérêts collectifs, en matière de défense de l'environnement et de lutte anti-tabac notamment. Il soutient que TI, en tant que personne morale, a subi un "préjudice personnel et direct" puisque les faits reprochés aux potentats africains mettent directement eu cause "les intérêts que l'association a statutairement pour objet de défendre".

Mais la défense de Transparency International a élargi son propos en produisant à l'audience de jeudi un mémoire rédigé par la juriste Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France et membre du conseil d'administration de Sherpa. Dans ce document, elle approuve l'ordonnance de la juge d'instruction jugeant la plainte recevable. Pour Mme Delmas-Marty, la tendance actuelle au renforcement des pouvoirs du parquet et la perspective de la suppression du juge d'instruction "ne font que renforcer la nécessité de contre-pouvoirs". Elle "approuve" l'évolution tendant à "élargir" le droit pour les "acteurs civiques" comme TI de porter plainte dans les affaires de corruption, "tout particulièrement lorsqu'il s'agit, comme en l'espèce, de lutter contre une criminalité à caractère transnational".

Ces arguments ne relèvent pas uniquement du débat juridique de principe. La plainte contre les chefs d'Etat africains et leurs familles est directement menacée par le projet de réforme qui tend à supprimer le juge d'instruction et à réserver au parquet l'initiative des poursuites. Quelle que soit la décision rendue le 29 octobre – favorable ou non à TI –, elle fera l'objet d'un pourvoi en cassation qui mettra au moins un an avant d'être jugé. Entre-temps, la réforme pourrait rendre obsolète l'actuelle procédure des "biens mal acquis". Car en supprimant le juge d'instruction, elle ferait perdre son objet à l'actuel controverse sur sa saisine. (.....)

Source "Le Monde"

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12 juillet 2009

Obama appelle l'Afrique à prendre ses responsabilités

GHANA - Pour le président américain, le développement dépendra de «la bonne gouvernance»


(...)  Le respect des règles démocratiques indispensable

Pour que l'Afrique ne soit plus «rongée dans beaucoup d'endroit par le cynisme et le désespoir», Obama a averti que cet espoir et le développement ne sauraient se concrétiser qu'avec la «bonne gouvernance», un «ingrédient (qui) a fait défaut trop longtemps dans trop d'endroits». Il a en ce sens averti que sous sa présidence, le soutien américain au développement sera lié au respect des règles démocratiques: «Ce que nous ferons, c'est augmenter notre assistance aux individus et aux institutions responsables, en faisant porter l'effort sur le soutien aux règles de bonne gouvernance».

Reconnaissant la part de responsabilité du colonialisme, il a toutefois estimé «facile de montrer les autres du doigt, de rejeter la faute sur les autres... L'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours de la dernière décennie, ou encore des guerres où on enrôle les enfants dans les rangs des combattants». «Des pays comme le Kenya, qui avaient un revenu par tête supérieur à celui de la Corée du sud quand je suis né, ont été dépassés», a-t-il rappelé.

«Oui vous le pouvez!»

Evoquant la mémoire de son père kényan et le «sang africain» qui coule dans ses veines, Barack Obama a estimé que, en dépit de progrès accomplis, «beaucoup d'espoirs ont été déçus» en Afrique. Il en a alors appelé aux jeunes générations africaines: «vous avez le pouvoir de demander des comptes à vos dirigeants, de construire des institutions pour servir le peuple. Vous pouvez vaincre les maladies et les conflits. Oui vous le pouvez! (...)

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13 juin 2009

Aide à l'Afrique : France et Italie menacent les efforts du G8

LONDRES - La France et l'Italie ne respectent pas leurs engagements pris en 2005 au sommet du G8 de Gleneagles en matière d'aide financière à l'Afrique, menaçant de réduire à néant les progrès réalisés grâce aux efforts de leurs partenaires, selon l'organisation ONE du chanteur Bono.

"Certaines nations du G8 ont réalisé des progrès encourageants l'an dernier vers la réalisation des engagements qu'elles avaient pris au sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005 pour combattre l'extrême pauvreté en Afrique", écrit l'organisation non gouvernementale dans un communiqué présentant son rapport annuel sur le sujet.

"Mais deux membres du G8 -l'Italie et la France- ont des résultats si mauvais (en matière d'aide financière, ndlr) qu'ils menacent d'entraîner l'échec de l'ensemble du G8" vis-à-vis de l'Afrique, poursuit l'ONG.(....)

Lire l'article

°°°°°°°°°°°°

En 2005, le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) s'est engagé à augmenter de plus de 26 milliards de dollars son aide à l'Afrique d'ici 2010. Après plusieurs révisions à la baisse, le chiffre a été ramené à 21,8 milliards.

Or, ils "n'ont fourni qu'un tiers de l'aide supplémentaire promise" alors que les deux-tiers de la période sont écoulés, note ONE, estimant qu'à fin 2009, environ la moitié seulement de l'aide supplémentaire aura été versée.

"La France et l'Italie sont responsables de 80% des fonds manquants", juge l'organisation, indiquant que les derniers chiffres disponibles montrent que Paris a réduit sa contribution en 2008 et que les prévisions pour les deux prochaines années ne laissent pas entrevoir de rattrapage.

"En 2008, la France est arrivée pour la première fois derrière l'Allemagne en volume d'aide apportée à l'Afrique", selon l'ONG.

L'Italie réalise "de loin la plus mauvaise prestation" en apportant seulement 3% de l'enveloppe supplémentaire promise et les aides devraient se réduire à l'avenir, note-t-elle, s'interrogeant sur la "crédibilité" de Rome qui préside le G8 cette année.

Les Etats-Unis, le Canada et le Japon obtiennent un satisfecit pour avoir respecté, voire dépassé, leurs engagements "relativement modestes" et le Royaume-Uni et l'Allemagne "travaillent dur" pour atteindre des "objectifs parmi les plus ambitieux du G8". (..)

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07 mai 2009

S. Royal: Extraits du Discours de Dakar

Extraits du Discours de Dakar
Vidéo envoyée par layor2

Extraits du discours de Ségolène Royal à Dakar le 6 avril 2009. Pour lire et écouter le discours en entier: http://www.desirsdavenir.org/node/23162

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19 avril 2009

EDWY PLENEL , En défense du discours de Royal à Dakar

En défense du discours de Royal à Dakar

PAR EDWY PLENEL

Et moi qui croyais que la France, c'était nous. Nous tous» ses citoyens, ses habitants; son peuple dans sa diversité et sa variété. Je me trompais, du moins si j'en crois les cris d'orfraie suscites par le'.fameux discours de Ségolène Royal à Dakar. A les suivre, la France, ce serait une personne et une seule, univoque, intouchable, irremplaçable et inamovible : le chef de l'État. Le scandale, ce serait donc que, le 14 avril, dans la capitale du Sénégal; l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle aurait osé parler au nom de la France, comme si la France, c'était elle aussi, comme si c'était nous, vous, moi, et pas seulement, pas uniquement, pas forcément, pas toujours, pas indéfiniment, Nicolas Sarkozy.

Cette naturalisation d'un pays en une personne, réduit à un individu unique qui serait seul légitime à l'exprimer, traduit une conception non démocratique de la vie publique. Au-delà de la personnalisation et de la concentration du pouvoir qu'elle épouse, elle fige la démocratie dans un seul moment, celui du scrutin. Car, si le vote majoritaire est un principe incontestable de choix des gouvernants, il ne saurait être un principe permanent de justification de leurs actions une fois élus. Une démocratie véritable est autrement riche et complexe que cette fiction majoritaire qui l'épuise dans les urnes. La diversité de la société n'est pas réductible au moment électoral qui la simplifie ; et les gouvernés ne perdent pas leur pouvoir dès lors que, par leur vote, ils l'ont délégué.

L'avocate de la démocratie participative est donc légitime, tout comme vous et moi, à exprimer la France, ses différences, ses nuances. Elle a bien le droit de dire que le précédent discours de Dakar, celui du président de la République, en forme de divagation historique, n'était que sa parole particulière, en aucun cas celle de tous les Français, certainement pas son mandat électoral. Voici le passage qui a suscite cette stupéfiante polémique : « Quelqu'un est  venu ici vous dire que "l'homme africain n'est pas entré dans l'histoire''. Pardon pour ces paroles humiliantes, qui n'auraient jamais dû être prononcées et qui n'engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l'histoire, vous l'avez faite avant la colonisation, vous l'avez faite pendant, et vous la faites depuis. »

Sauf à revenir aux monarchies de droit divin, dont le renversement fit nos républiques, jamais la France ne se résumera à l'occupant provisoire de son palais élyséen. Notre histoire nationale, de l'affaire Dreyfus au combat anticolonial, en passant par la France libre et la Résistance intérieure compte mille épisodes où une certaine idée éternelle de la France fut sauvée de ses incarnations institutionnelles momentanées. Aussi fais-je partie de ces Français qui, après avoir eu honte, pour leur pays du discours de Sarkozy à Dakar en 2007, ont retrouvé leur fierté avec celui de Royal en 2009.

Fier, par exemple, d'entendre ceci, à propos de la colonisation, dont une partie de la droite a essayé de nous imposer en 2005, la légende officielle de ses « aspects positifs » :« Qu'il y ait eu, à cette époque, des hommes et des femmes sincères, de bonne volonté, cela est sûr. Mais on n'a rien dit quand on n'a dit que cela. Le problème est que la colonisation fut Un système. Ce système doit être condamné pour ce qu'il fut : une entreprise systématique d'assujettissement et de spoliation. Les colonisés n'avaient pas le choix. Le travail forcé et le code de l'indigénat étaient la règle. Et le mépris. Et le racisme. Et la violence d'un système qui fit les uns ployés sous le joug des autres. » Oui, fier tout comme Ségolène Royal elle-même s'est dite, dans ce propos d'une Française née à Dakar, «fière qu'il y ait eu en France des consciences pour s'insurger et des militants pour se porter aux côtés de ceux qui luttaient pour leur indépendance. Ceux-là défendaient nos valeurs quand la colonisation en était la négation ».

Ces paroles-là honorent la République. Cette République qui, face à Jules Ferry défendant en 1884 « le droit d'aller chez ces barbares, parce que nous avons le devoir de les civiliser » et proclamant même que « les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures », avait eu le visage de Georges Clémenceau, dont voici la réplique sans appel : «Je ne comprends pas que nous n'ayons pas été unanimes à nous lever d'un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. N'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ce n'est pas le droit, c'en est la négation. »

A cette époque-là, déjà, la France n'avait pas qu'un seul visage, pas qu'un seul discours. Nous avons bien le droit de préférer hier Clémenceau à Ferry, aujourd'hui Royal à Sarkozy •

www.mediapart.fr

 

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Le débat du samedi sur France Info : le "pardon" aux Africains

   

      Sur  MEDIAPART
   

   

       

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Le 6 avril, à Dakar, Segolene Royal a demandé pardon à l'Afrique. Elle a vivement critiqué le discours que Nicolas Sarkozy avait prononcé au Sénégal au mois de juillet 2007. Ce "pardon" de l'ancienne candidate à la présidentielle a relancé la polémique sur les propos du chef de l'Etat.

Sur France Info, Alain Genestar, le directeur de Polka Magazine, et Edwy Plenel, le fondateur de MediaPart en ont à leur tour débattu, ce samedi 18 avril. Vous pouvez écouter ici leur échange.

Merci à MEDIAPART

    

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18 avril 2009

S. BOUCHET-PETERSEN répond à J. Daniel à propos du "Discours de Dakar " de S. Royal

Le discours de Ségolène Royal à Dakar continue de faire des vagues. Le 17 avril, Jean Daniel le critiquait vivement dans "Le Monde". Sophie Bouchet-Petersen, conseillère de Ségolène Royal, lui répond dans ce texte adressé à Mediapart.

«Triste coïncidence : c’est dans l’édition du Monde datée du 17 avril, jour anniversaire de la mort d’Aimé Césaire, que Jean Daniel tance Ségolène Royal,

coupable de n’avoir pas salué à Dakar l’admirable « profession de foi anti-colonialiste » nichée dans le discours qu’y prononça Nicolas Sarkozy en 2007. L’auteur du magistral Discours sur le Colonialisme doit s’en retourner dans sa tombe ! Concédant que, dans la seconde partie de son discours, le Chef de l’Etat s’était « laissé aller à une méditation ethnologique douteuse », Jean Daniel appelle l’étourdie à se repentir de son péché d’omission et à exprimer ses regrets de n’avoir pas souligné « l’audace » inouïe des propos présidentiels sur la colonisation.

J’ai infiniment de respect pour les engagements au long cours du fondateur du Nouvel Observateur mais j’avoue ma perplexité devant cette étrange distribution de bons et mauvais points.

Passons sur le fait que Ségolène Royal ne s’est pas rendue au Sénégal pour y faire l’exégèse d’un calamiteux discours présidentiel dont elle a, en plusieurs occasions, dénoncé le culturalisme daté et l’essentialisme insultant, produits d’une troublante méconnaissance de l’histoire africaine avant, pendant et après la colonisation. Elle a, à Dakar, développé sa propre vision de relations nouvelles avec l’Afrique du 21ème siècle. Elle n’a pas, cher Jean Daniel, opposé le pays réel au pays légal (ces catégories maurrassiennes ne sont pas les siennes) mais distingué deux visions de l’histoire de France, deux manières de regarder l’Afrique, deux politiques pour aujourd’hui et pour demain. C’est pourquoi elle a, sans édulcoration ni dolorisme, posé les mots justes sur ce qui fut car nul avenir commun ne se construira sur l’éternel retour de l’impensé colonial.

 

Elle n’a pas, à Dakar, « accablé » la France mais relevé son honneur abaissé par un Chef de l’Etat prisonnier d’un imaginaire où tout recommence toujours : les mêmes mythes euphémisateurs et les mêmes fantasmes ethnocentrés. C’est pourquoi elle a eu raison de dire : « c’est parce que j’aime la France, parce que je la crois suffisamment forte et généreuse que je la veux capable de regarder son histoire en face ». Telle est, en effet, la condition d’une réconciliation non seulement du Sud avec le Nord mais aussi de la France avec elle-même.

Le motif central des remontrances, certes amicales, adressées par Jean Daniel à Ségolène Royal est le suivant : le discours dakarois de Nicolas Sarkozy serait composé de deux parties antagoniques, l’une, irréprochable, relative à la colonisation et l’autre, très contestable, relative à l’Afrique. C’est cette incohérence qu’elle aurait dû pointer au lieu de disqualifier l’ensemble des propos présidentiels. Hélas, cher Jean Daniel, je n’ai nulle part trouvé dans le texte sarkozyen la réjouissante coupure épistémologique que vous avez cru y déceler. Tout, au contraire, s’y tient et s’y soutient pour aboutir à ce déni d’histoire et de réalité qui ne fut pas seulement une insulte faire à l’Afrique mais aussi une bien mauvaise manière à l’égard de la France.

Je ne suis, je l’avoue, pas tombée en pâmoison au seul motif que le Président de la République énonçait des vérités d’évidence sur « les fautes et les crimes » de la colonisation et qualifiait, comme l’y oblige depuis 2001 une loi de la République, la traite et l’esclavage de « crime contre l’humanité ». Dès les premiers paragraphes, Nicolas Sarkozy glisse que le tort des Européens fut de « désenchanter l’Afrique » et d’avoir voulu « façonner à leur image » ces colonisés dont ils ont « abîmé l’imaginaire merveilleux ». Certes, la brutalité et le pillage ne sont pas tus mais voilà, dès le début, installée l’opposition éculée entre tradition et modernité. Et précocement exprimé ce qui sera plus loin complaisamment développé sur l’Afrique an-historique des mystères et de la magie. Quant à laisser entendre qu’on eut, en colonisant, surtout le tort de vouloir fabriquer du même avec de l’autre, c’est omettre que, du Code de l’Indigénat au travail forcé en passant par les mille déclinaisons de la ségrégation raciale, sociale, scolaire, civique, tout concourut à institutionnaliser le refus d’égalité. Approche réductionniste de l’Afrique et évocation réductionniste de la colonisation forment, hélas, un tout cohérent.

Il faut rendre à Nicolas Sarkozy cette justice : sa lecture révisionniste de l’entreprise coloniale, nonobstant quelques amodiations de circonstance, ne date pas d’aujourd’hui. De la loi scélérate sur « les aspects positifs de la présence française » aux propos dakarois en passant par de nombreux discours de campagne, on retrouve toujours cette manière récurrente de faire la part faussement équitable entre les bienfaits et les méfaits de la colonisation, les « hommes de bonne volonté » et les « hommes mauvais », les pillages, les spoliations et les terres cultivées, les routes, les hôpitaux, les écoles … Il y a un demi-siècle, Aimé Césaire avait déjà répondu à tout ça.

Car le problème, comme l’a rappelé Ségolène Royal à Dakar, ce n’est pas qu’il y ait eu de braves et de méchantes gens, c’est que la colonisation fut un système et une relation structurellement asymétrique. Là où le discours sarkozyen ruse – un pas en avant, un pas en arrière, des vilénies indéniables mais aussi de bien belles choses et de si jolis sentiments – Ségolène Royal tranche sans rien méconnaître de la complexité des situations vécues. Là gît le désaccord majeur. Car il ne suffit pas d’émailler son propos de quelques mots crus pour en être quitte avec l’histoire. Il ne suffit pas de la « condamnation du cynisme et de la barbarie » pour mériter ce brevet de rupture anti-colonialiste que Jean Daniel décerne bien légèrement à Nicolas Sarkozy. Encore faut-il prendre la vraie mesure du rapport de domination et de son ombre portée sur le temps présent. C’est parce qu’elle le fait que Ségolène Royal peut rendre hommage à ces consciences qui comme la vôtre, cher Jean Daniel, s’insurgèrent et à ceux qui s’engagèrent aux côtés des militants indépendantistes car « ils défendaient nos valeurs alors que la colonisation en était la négation ».

Alors non, je n’aperçois dans aucune partie du discours sarkozyen l’audacieuse veine anti-colonialiste que Jean Daniel y vante : tout cela est rebattu et usé jusqu’à la corde. Quel dommage, cher Jean Daniel, que l’ami de Senghor que vous fûtes ne se soit pas élevé contre celui qui, à Dakar, donna de la conception senghorienne du métissage une version qualifiée par Makhily Gassama d’injurieuse car elle laisse entendre que « l’homme africain » devrait se frotter au blanc et assumer « sa part européenne » pour accéder à la raison, au progrès et à l’accomplissement humain.

Il y a tout juste un an, Aimé Césaire nous quittait. Son œuvre incandescente offre toutes les clefs pour comprendre « la chosification » coloniale, l’ensauvagement du colonisateur et la duplicité de ceux qui s’évertuent à manier « l’oublioir ». En 2005, Ségolène Royal avait recommandé à Nicolas Sarkozy la lecture du Discours sur le Colonialisme. Il n’y a malheureusement pas puisé son inspiration. A moins qu’il ne l’ait lu comme celui dont Césaire brossait l’ironique portrait : « Son cerveau fonctionne à la manière de certains appareils digestifs de type élémentaire. Il filtre. Et le filtre ne laisse passer que ce qui peut alimenter la couenne de la bonne conscience (…). D’un battement d’oreilles, il chasse l’idée. L’idée, la mouche importune ». Le discours de la bonne conscience intègre désormais ce qu’il n’est plus possible de nier. Mais il reste indécrottable, continuant de projeter ses hantises sur ce qu’il ne comprend pas et d’offrir son renfort au cynisme d’Etat. J’aurais aimé, cher Jean Daniel, que votre perspicacité s’en avisât.

Sophie Bouchet-Petersen

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16 avril 2009

L'omission de Ségolène Royal, par Jean Daniel

Extrait:

Je ne veux faire à Ségolène Royal nulle peine, même légère. Et quoi qu'il arrive, j'aurai admiré son parcours et je la crois habitée. Je trouve même rafraîchissante cette farandole de la fraternité où elle invite à s'enrôler et qui semble contagieuse puisqu'elle a entraîné mon ami Régis Debray.(...)
Dans le discours de Nicolas Sarkozy qu'elle a dénoncé, il y avait en effet deux grandes parties d'égale longueur. Elle n'en a cité qu'une et ce n'est pas bien. Certains passages de la première partie constituaient en effet une profession de foi anticolonialiste comme je n'en ai jamais entendu, dans ma très longue carrière, venant d'un homme d'Etat, qu'il soit de la majorité ou de l'opposition.(...)
Ségolène Royal aurait pu se livrer à une critique féroce du manque de cohérence dans les inspirations de l'entourage présidentiel. Elle aurait pu remarquer que ce n'était pas la première fois qu'une histoire aussi déplorable était arrivée au président. Après l'admirable discours de Constantine, il y avait eu les dérapages du Vatican. Les désordres élyséens sur ce plan sont désastreux et Ségolène aurait pu les dénoncer à loisir. C'est pourquoi aujourd'hui des regrets me paraîtraient opportuns. Je ne lui demande pas de retirer l'une quelconque de ses déclarations. Je lui demande seulement d'y ajouter un correctif.(...)
Lire l'article (abonnés au Monde)

REPONSE

      Les omissions de Jean Daniel, à qui je ne veux faire nulle peine, même légère...     

16 Avril 2009      Par JNSPQD 

Jean Daniel, à qui quoi qu'il arrive (malheureusement c'est arrivé depuis longtemps), j'aurai admiré son parcours..., publie sur Le Monde.fr un "point de vue" titré "L"omission de Ségolène Royal". Le lien:

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/04/16/l-omission-de-segolene-royal-par-jean-daniel_1181549_3232.html

Je suis émue de m'adresser ou de mettre en cause cette figure qui est pour moi légendaire, ce Jean Daniel dont je suivais les éditos il y a longtemps déjà sur l'organe de presse qui était à mes yeux le nec plus ultra de la gauche éthique.

Je ne me rappelle pas du nom d'avant de cet hebdo, devenu "Le Nouvel Obs", lorsque j'ai fait connaissance et dont je ne laissais jamais passer une semaine sans descendre l'acheter afin de m'instruire tout en profitant de ma nouvelle liberté citoyenne. Hélas, todo pasa... et sans regrets... Il y a déjà quelque temps que je ne le lis plus, ou si peu...

En revanche, j'ai toujours un pincement au coeur lorsque je constate, tout en  me demandant si ce n'est que maintenant que je le vois et culpabilise de ma naïveté éventuelle, ces raffinements utilisés par ces personnages de plume et de culture, de légende, pour faire passer ses messages subliminaux tout en nous fascinant pour ne nous faire voir que ce qu'ils veulent que nous voyons.

Je cite Jean Daniel dans ce "point de vue":

"Dans le discours de Nicolas Sarkozy qu'elle a dénoncé, il y avait en effet deux grandes parties d'égale longueur. Elle n'a cité qu'une et ce n'est pas bien..."

Donc, j'ose affronter ce grand homme de lettres et de culture qu'est Jean Daniel et lui répondre, en effet, que Madame Royal n'aurait pas dû se contenter de ne citer qu'une petite partie des horreurs énoncées sans fléchir, au nom de la France que non des français de bonne volonté - je n'en doute pas - par Monsieur Sarkozy qui aurait dû se demander à mesure qu'il lisait "son" discours s'il n'était pas tombé sur une méchante plaisanterie de la part de l'un de ses proches ennemis, et s'arrêter puis improviser.

Sans doute que Jean Daniel compte sur nous et le peu d'intérêt que nous portons à la lecture des dossiers, nous contentant de prendre pour argent comptant ce que les apôtres daignent nous passer comme évangiles. A moins que lui-même ne l'ai pas lu en entier, se contentant...

Moi, je l'avais lu ce discours. Les dix pages. Je ne vais pas répertorier tout ce qui me suffoqua à sa lecture, quelques parties dont Madame Royal fait omission lors de son propre discours à Dakar, il y a une semaine, suffiront pour départager:

"La colonisation n'est pas responsable de toute les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.

Monsieur Sarkozy aurait dû se faire accompagner par Monsieur Bolloré, le cynisme de ce paragrhaphe aurait pris toute sa splendeur.

Moi, je ne retiens que la dernière phrase, la pauvre planète sait à qui s'en prendre dorénavant!

Si la colonisation n'est pas responsable des génocides et de la corruption, l'Afrique à elle toute seule encore moins. Le Rwanda, le Darfour, le Congo... ne sont, sans doute, que des points de détails, comme dirait l'autre.

"Je veux donc dire à la jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen" (?)

"Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout semble être écrit d'avance.

Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.

Le problème de l'Afrique est , permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est de rentrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.

Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance."

Comme toujours, après culpabiliser et insulter son public, ce que Monsieur Sarkozy omet de dire c'est que si par malheur ces Africains osent sortir de cet scénario qui plaît aux amis des amis,  ces amis le leur feront bien sentir. Cela doit être le devoir d'ingérence bien compris, sauf pour l'avenir de la planète toujours.

Et voici la conclusion de ce discours qui comporte autant de "perles" que l'on veut chercher, dont c'est à se demander quel autre public cultivé d'un autre pays que ce pays poli, cultivé et aimable qu'est le Sénégal aurait supporté jusqu'au bout tant de sottises; ils ont, sans doute,  pour eux leur longue histoire humaine et leur ironie moqueuse à propos du grand Homme Blanc:

"Alors, mes chers Amis, alors seulement, l'enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura et comprendra qu'il peut lever la tête et regarder avec confiance l'avenir. Et cet enfant noir de Camara Laye, il sentira reconciliées en lui les deux parts de lui-même. Il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l'humanité."

L'exemple choisit c'est le comble: "L'enfant noir" de Camara Laye qui est d'ailleurs rejeté par la grande majorité d'Africains.

.Alors, Jean Daniel, j'éprouve le besoin de souligner, avec vos propres mots, cette défaillance de votre part, ayant consacré une bonne partie de votre vie à l'anticolonialisme.

Dans ce discours, le colonialisme n'est pas mort, de même que dans les faits pour ce qui est dans pas mal d'actions menées au nom du progrès.

Je regrette aussi que vous, connaissant le Sénégal et l'Afrique, n'ayez pas salué l'action de coopération entre les régions Poitou-Charentes et Fatick.

Je regrette aussi que la Licra ne se soit pas émue en son temps du contenu discriminatoire et raciste de plussieurs parties de ce discours de Dakar de juillet 2007.

Lire l'article (abonnés MEDIAPART)

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15 avril 2009

Ségolène Royal au Sénégal: à propos de sondages

La question du dernier sondage de l’IFOP – Paris-Match – Europe 1 a-t-elle été rédigée par l’Elysée?

Avec son sondage sur Ségolène Royal, Paris Match cherche à aider Sarkozy

Puisqu'une certaine presse nous abreuve de sondages à coucher dehors...

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11 avril 2009

l'acide chlorydrique, la javel, et Ségolène...

Segolene Royal Dakar 2009
Vidéo envoyée par dakarblog

Mon commentaire:

Oh la provoc'!!!  Ah vous n'aimez pas les boubou? Tenez, en voilà encore.   Oh les jets de bile qu'il va y avoir au spectacle de ce moment de fraternité... Le boubou ... On le raille? Allez hop, encore le boubou et  encore le boubou. Joyeux en plus!!!Bon sang, qu'est-ce que ça nous change des "confits" (d'oies ou de dindons, parfois même d'un paon qu'on a vu   se pavaner d'un air pénétré  ou affichant les stigmates, sur le visage,  de la lourde charge d'un sac de riz  sur l'épaule (dommage, il n'y manquait que des gouttes de sueur)...


Commentaire savoureux de Boudet Blaise trouvé sur le net:

"elle a commencé de faire le ménage, et a éliminé les tâches présidentielles d'un simple coup de torchon en forme de pardon, n'en déplaise aux députés UMP qui ne voient dans leurs femmes de ménage, qu'un outil ou un robot seulement capable de masquer leur propre misère. l'Union de la Misère Programmée peut être fière de sa nullitude et de son échouage dans les limbes d'un passé si peu glorieux, qu'il en est devenu la cible privilégiée de tous les agents de nettoyage, y compris l'acide chlorhydrique, la javel et Ségolène...
Ségolène sauve mon honneur de citoyen de France, et du Monde, moi, qui ai vécu 14 ans dans le pays d'une certaine Aminata Traoré qui a su expliquer à quel point elle a été injuriée, tout comme des millions d'Africains et de Français comme moi.

 

Posté par Jocegaly à 11:40 - AFRIQUE et S. Royal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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