25 août 2009
Ségolène Royal et la sélection des candidats
Sur EXPRIMEO
La
dépossession des partis politiques pour la désignation des candidats
montre qu'en 2006 une réelle nouvelle tendance durable était née avec
la campagne de Ségolène Royal.
La course à la Présidentielle de 2007 a marqué un tournant en matière de sélection des candidatures à une élection.
Deux modifications majeures sont alors intervenues dans l'ensemble de la vie publique française.
D'une part, une multiplication sans précédent des candidatures à la
candidature. Les filtres traditionnels sont dépassés. Même la position
d'élu sortant n'assure plus le renouvellement automatique d'investiture.
D'autre part, l'accélération du démarrage du " temps de campagne
électorale ". Ce second effet est étroitement lié au premier. Puisqu'il
y a une pré-campagne électorale (investiture), le calendrier
traditionnel est fondamentalement modifié.
La présidentielle du printemps 2007 a institutionnalisé une nouveau
" temps de campagne électorale " avec de nouvelles caractéristiques. A
ce jour, face à cette nouvelle donne, aucune procédure de sélection ne
s'impose objectivement.
La multiplication des candidatures à la candidature est un phénomène
nouveau mais incontournable. Il traduit l'éclatement des groupes de la
société comme la décroissance de l'autorité des partis politiques. En
2012, cet éclatement sera considérablement amplifié.
Cette concurrence doit donc trouver des moyens de régulation. S'en
remettre au 1er tour de scrutin, c'est prendre le risque d'un
éclatement des candidatures de nature à faire peser des inconnues
majeures sur la vraie représentativité des candidats au second tour.
En avril 2002, la gauche a subi les conséquences directes de la
multiplication de son " offre ". Cela s'est traduit par son absence au
second tour. Le 1er tour est certes un enjeu de sélection mais encore
faut-il que cette sélection intervienne sur des bases rationnelles ne
faussant pas les critères de présence au second tour.
En ce qui concerne les primaires internes aux partis politiques, elles
ne peuvent pas reposer que sur le vote des adhérents car le nombre
moyen d'adhérents par circonscription est trop faible. Dans ces
circonstances, les " adhésions de complaisance " pourraient fausser
tout le processus.
Second enjeu : le candidat vont devoir affronter deux étapes successives avec des logiques distinctes voire opposées.
Dans un 1er temps, pour faire la différence au sein de son parti, il
doit pratiquer un discours assez " intégriste " pour séduire les
militants.
Dans un second temps, il doit chercher à rassembler le plus largement possible.
Ces deux étapes vont de plus en plus produire des contradictions
redoutables à gérer. Les " effets de campagne " à usage interne au
parti risquent d'être des boulets pour le passage devant le suffrage
universel. Il y là un problème neuf et majeur de communication.
Le candidat qui participe dans l'objectif de gagner l'élection ultime
doit résoudre l'équation suivante : que les conditions de victoire de
la primaire dans son camp politique ne soient pas de nature à marquer
son profil au point de l'handicaper pour la victoire finale.
En effet, une élection c'est d'abord la rencontre à un moment précis
entre le profil perçu d'un candidat et l'attente d'un électorat.
L'électorat d'un parti politique est rarement à l'image de l'électorat
dans son ensemble. Pour gagner une primaire dans un parti politique il
faut donc parfois " forcer le trait ". Encore faut-il que ce ne soit
pas au prix d'un divorce ultérieur avec l'électorat dans son ensemble.
C'est un enjeu nouveau de communication. Les Etats-Unis d'Amérique le
connaissent depuis longtemps. Le Parti Républicain comme le Parti
Démocrate ont parfois connu des vainqueurs de primaires internes qui
étaient manifestement trop des " candidats du parti " pour être ceux du
pays tout entier. Pour le parti républicain, la dernière candidature de
ce type fut celle du ticket Dole-Kemp contre Clinton-Gore en 1996.
La candidature de John Kerry n'échappe pas à ce reproche en 2004. Il
est certain que Winsley Clark aurait été, par son profil de carrière
militaire, susceptible de séduire une frange des républicains.
Sous ces deux aspects (modalités concrètes de désignation comme
conciliation d'objectifs différents), la vie publique française entame
une réelle nouvelle étape de son fonctionnement.
Les modalités de campagne de Ségolène Royal en 2007 s'avèrent
annonciatrices de tendances lourdes qui progressivement s'intègrent
dans le fonctionnement des partis politiques Français.
15 mai 2009
Gérard Collomb annonce la candidature de Ségolène Royal
Le Maire de Lyon évoque une hypothèse qui court de plus en plus : et si Ségolène Royal était candidate à la présidentielle 2012 même en dehors de l'investiture du PS ...
Comment s'en remettre à une sélection qui reposerait sur des critères injustes ?
Si les primaires du PS ne sont pas organisées sur des bases sérieuses, Ségolène Royal pourrait alors s'engager dans le 1er tour de la présidentielle 2012 le transformant ainsi en "tour des primaires".
Le Maire de Lyon dans un entretien à l'hebdomadaire Le Point a l'honnêteté d'évoquer publiquement cette hypothèse.
La question des primaires pose à la fois celle du rôle des partis politiques mais aussi de leurs modalités de fonctionnement.
Le volet des financements politiques n'a jamais été sérieusement
tranchée en France. Par conséquent, celui qui détient un parti
politique détient d'abord un actif de logistique majeur pour une
présidentielle : moyens humains, financiers, fichiers ...(...)
Lire la suite sur EXPRIMEO
29 avril 2009
Bianco: Royal et Strauss-Kahn les mieux placés comme candidat PS pour 2012
PARIS (AFP) — Le député PS, Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal, a estimé mercredi que la présidente de Poitou-Charentes et le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, étaient les deux leaders PS "en situation" pour être candidat du parti à la présidentielle de 2012.(....)
Selon lui, l'associaton "Désirs d'Avenir", animée par Ségolène Royal "n'est pas un PS bis" mais "une pointe avancée" en matière d'"innovation". Toutefois, "il n'y pas d'avenir pour aucun leader du PS en dehors du Parti socialiste", prévient-il.
15 avril 2009
Barak Obama d'accord, mais étudions aussi Kevin Rudd pour préparer 2012!!!
Par Gilles 06 le 10/04/2009 sur le site DA national
... Barack Obama semble être une personnnalité très rigoureuse et cela se ressent dans sa manière de s'exprimer, rien à voir avec le Guide de la Révolution UMP! J’apprécie particulièrement ses offensives contre certains milieux financiers peu scrupuleux, sa position sur la Turquie, et ses piques envoyés au Guide de la Révolution UMP, bref un type vraiment bien ! Cependant je pense qu'il faut que Ségolène Royal ne s'intéresse pas uniquement à Barack Obama pour étoffer ses idées.
J'aimerais que son équipe s'inspire du 1er ministre australien le travailliste Kevin Rudd pour sa future stratégie présidentielle. Je pense que la réunion animée par Benoît Thieulin qui doit avoir lieu le 27 mai prochain à Paris dont le sujet est axé autour de la campagne d’Obama pourrait étudier la campagne de Kevin Rudd. (...)
Kevin Rudd a axé la campagne de 2007 sur le problème du changement climatique dont l'Australie est particulièrement exposée. Il a promit de faire ratifier le protocole de Kyoto par l'Australie, chose que John Howard s'est toujours refusé.
Kevin Rudd a surtout su s'entourer d'une équipe avec une stratégie
de communication vidéo très performante par l'intermédiaire du support
You-Tube. (...)
http://www.alp.org.au/labortv/UhEB1twTwz
http://www.alp.org.au/labortv/6WS0ngVYPF
Depuis son élection en novembre 2007, Kevin Rudd a fait ratifier le protocole de Kyoto par l’Australie, il s’est lancé sur un vaste politique volontariste envers l’énergie solaire en mettant fin au nucléaire dans son pays, enfin au nom de son pays il fut le 1er chef de gouvernement australien à présenter publiquement des excuses envers le peuple aborigène pour le mal qui leur a été fait.
Pour terminer, Ségolène Royal devrait s'intéresser à la mise en
place des débats participatifs qu'a mise en place Kevin Rudd en
Australie.
http://www.alp.org.au/media/0108/mspm200.php
(...)
Gilles 06
PS: Kevin Rudd comme Barack Obama est un véritable visionnaire. Il est favorable à ce que l'Australie devienne une république alors qu'en ce moment elle est encore dépendante du Commonwealth britannique donc a comme chef de l'Etat la Reine Elisabeth 2. Dans son gouvernement on trouve comme ministre de l'environnement Peter Garrett, ancien chanteur du célèbre groupe de rock australien Midnight Oil, un écologiste bien moins consensuel que Nicolas Hulot, il fut contre les essais nucléaires de la France à Mururoa. Pour terminer, il faut retenir comme nom Jullia Gillard, vice-1er ministre australien, chargé des relations avec la reine, une personnalité à part, http://fr.wikipedia.org/wiki/Julia_Gillard , elle est une femme sur qui on devra compter à l'avenir.
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COMPLEMENT D'INFORMATION par N@dine
sur le site DA National
Une campagne qu'on pourrait qualifier en Europe de "conservatrice", axée sur la classe moyenne mais qui tranchait quand même avec celle ultra droitière de Howard. Deux axes forts cependant : signature de Kyoto et éloignement de Bush, ce qui n'est pas rien. Mais on est loin du volontarisme du programme de campagne d'Obama. Normal, la demande locale n'est pas la même.
http://www.quindiblog.eu/log/politique_ocanie/
Kevin Rudd, 50 ans, a commencé sa carrière en tant que diplomate, en poste à Stockholm, puis à Beijing (il parle le mandarin couramment). Il a par la suite rejoint le gouvernement travailliste de l'état de Queensland, devenant directeur du cabinet du premier ministre de l'état, avant de se faire élire député au parlement fédéral en 1998. Se faisant voir dans tous les talk shows, expositions et débats, il s'est fait apprécié rapidement par la classe moyenne australienne. Sa femme, Thérèse Rein, est elle aussi fortement politisée au sein du parti travailliste.
La campagne "centriste" s'est basée sur un positionnement de préservation des acquis économiques (dont le spectaculaire taux de croissance continu depuis 17 ans et les surplus budgétaires à répétition), défendant les "valeurs australiennes" et le rôle de la famille. Cette campagne a aussi inclus un dose de conservatisme social avec une "immigration ordonnée" et un refus de nouveaux droits pour les aborigènes; ce que les australiens ont qualifié de "mee-too-ism" (le moi aussi en référence aux politiques existantes de John Howard). La dénonciation par Kevin Rudd des nouvelles dépenses prévues dans le programme du parti libéral ont aussi fait mouche en démontrant sa modération budgétaire et fiscale. Par contre, afin de contrer d'autres aspects de la politique conservatrice gouvernementale, M. Rudd a proposé d'améliorer la législation du travail (permettant ainsi aux syndicats de récupérer une partie de leur pouvoir perdu) et d'investir lourdement dans l'éducation (son vice- premier ministre est aussi ministre de l'éducation).
Seul pays industrialisé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto avec les États Unis, l'environnement est devenu un enjeu majeur, au fur et à mesure de la campagne électorale australienne. M. Rudd a ainsi promis la mise en place d'infrastructures permettant l'obtention de 20% de la génération d'électricité par le biais d'énergies renouvelables d'ici 2020 (en accord avec les objectifs du protocole de Kyoto) - l'Australie étant le pays avec les centrales d'énergie les plus polluantes au monde. Il a aussi fixé un budget (AU$200 millions - €120 millions) pour la préservation de la grande barrière de corail au large de l'Australie. A l'inverse, M. Howard habitué à la position traditionnelle des conservateurs, a accusé M. Rudd de mettre en péril l'industrie australienne du charbon (l'Australie est un des principaux exportateurs mondiaux) et, à l'image des républicains américains, a refusé de prendre des engagements environnementaux. De façon générale, l'environnement a joué un rôle primordial dans la campagne (annonciateur des futures campagnes politiques dans toutes les démocraties) compte tenu des effets ressentis du changement climatique (sècheresses chroniques). Pour symboliser le dépassement de cette querelle, au lendemain de sa victoire, Kevin Rudd a annoncé que l'Australie allait finalement signer le protocole de Kyoto.
L'alignement de l'Australie sur la position des États-Unis tout au long de la guerre en Irak aura finalement coûté cher à John Howard. Les 1000 troupes australiennes stationnées en Irak auront fait l'objet d'intenses débats, de même que l'alliance et le support militaire sans failles apporté par l'Australie aux États Unis. Les rapports entre Kevin Rudd et George Bush se sont même sérieusement dégradés après la promesse électorale faite par Rudd de retirer les troupes de combat d'Irak (environ 500), suivie de critiques directes à son encontre par Bush.
Cependant, Kevin Rudd a démontré vouloir dépasser ces querelles lors de son discours de victoire en lançant un appel à la coopération positive entre les deux pays. Cet épisode sonnera cependant la fin de la stratégie d'alliance sous forme de coalition en Irak de George Bush: ses principaux alliés diplomatiques ayant tous pris leur retraite (Blair, Aznar), perdu les élections (Berlusconi, Howard) ou été promus à d'autres fonctions (Barroso).
La politique régionale de l'Australie a aussi été un enjeu important de ces élections. Le gouvernement de John Howard a, lors de plusieurs sommets régionaux, snobé les représentants des îles pacifiques à l'est de l'Australie (Fidji, Vanuatu, Salomon...) ce à quoi M. Rudd a répondu en mettant en avant une politique de développement régional (lutte contre la pauvreté et le sida, aide humanitaire etc.). M. Rudd a aussi profité de sa connaissance du mandarin pour discuter directement avec le président chinois Hu Jintao (dont le pays est le principal partenaire commercial de l'Australie) lors du récent sommet de l'APEC (ce qui a beaucoup plu aux électeurs).
Finalement, une dose d'humour a aidé quand M. Rudd a failli faire dérailler sa campagne sous le poids d'accusations le plaçant dans un strip-club lors d'une visite au siège des Nations Unies (il s'est alors défendu en avouant ne plus se souvenir de rien après une telle consommation d'alcool). De même sa fermeté a été payante quand des militants libéraux ont cherché, lors de la dernière semaine de campagne, à le dépeindre comme un supporter de l'islamisme radical.
Les premières nominations de son gouvernement semblent aller dans le bon sens, avec une promotion de la méritocratie et des femmes (dont la vice-premier ministre Julia Gillard) plutôt que la préservation gouvernementale de l'équilibre des pouvoirs au sein du camp travailliste. Un petit clin d'oeil a été fait à tous les fans de musique en nommant Peter Garrett (ex-chanteur de Midnight Oil) ministre de l'environnement. Cependant, plusieurs nuages politiques pourraient assombrir le panorama: les droits des aborigènes, la gestion des ventes d'uranium à l'Inde, l'important taux d'immigration, les problèmes d'intégration des musulmans, l'inflation croissante sont tous devenus des sujets urgents à traiter.
Mon commentaire: A suivre ...
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06 avril 2009
Howard Dean: campagne présidentielle
Compte-rendu d'un déjeuner de presse organisé par le think-tank Terra Nova avec Howard Dean
Le CR de TERRA NOVA: ICI
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Les sept conseils de Mister Dean aux socialistes français
Sur MEDIAPART
Extrait:
(...) Reconnu comme l'architecte de la modernisation de l'appareil démocrate ayant permis pour une large part la victoire d'Obama, Howard Dean a livré au public socialiste ses enseignements des "techniques partisanes" qui ont remis en marche une organisation laminée par le néoconservatisme bushiste.
Après une rencontre samedi 4 avril avec Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS aux relations internationales, et les candidats aux européennes, il a déjeuné avec des journalistes français puis a tenu conférence à la maire du IVe arrondissement parisien, en compagnie d'Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation, et de la députée Delphine Batho, qui reviennent d'un voyage aux Etats-Unis où ils ont participé à un séminaire avec les responsables des partis socialistes et socio-démocrates ainsi que des think-tank européens.
S'il s'est bien gardé de «jouer au donneur de leçons comme un consultant américain», le récit par Howard Dean de son expérience à la tête du parti démocrate laisse apparaître des enseignements d'Amérique, que les socialistes français regardent avec grand intérêt.
Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, s'est ainsi félicitée du «changement d'attitude vis-à-vis de la gauche américaine, trop longtemps caricaturée comme un parti de supporters», tandis qu'Arnaud Montebourg y a vu «une méthode permettant de penser la victoire de la gauche, malgré un système partisan fracturé, des militants démoralisés et des institutions contre nous, face à une droite unie et concentrant tous les pouvoirs».
Au gré des discussions de chacun, Mediapart a dégagé les enseignements qui ont émergé des débats et qui résonnent avec acuité aux oreilles des dirigeants socialistes français. La preuve par sept.(...)
Lire l'article (abonnés MEDIAPART)
Le compte rendu de Nadine, une participante
Petite correction de deux petites choses par rapport à l'article de médiapart :
-Le mode de scrutin préférentiel est
cité par Howard Dean en référence au système irlandais de
primaires.
-Le biconceptualisme consiste à tenter le plus poss
ible d'apporter une réponse démocrate à une problématique
républicaine. Cela a été le cas par exemple concernant les unions
homosexuelles, l'électorat conservateur hostile étant par contre
très réceptif à la notion d'égalité des droits des individus.
I- Dominique Bertinotti a accueilli une
assistance nombreuse en sa mairie à l'initiative de la Fondation
Terra Nova.
On y a débattu de la modernisation de la vie
politique au travers de l'étude du "cas américain".
Passionnant. Riche de perspectives. Rappel malicieux de Dominique :
"On ne meurt jamais d'avoir trop d'idées !"
-Howard Dean (président du parti
démocrate de 2005 à janvier 2009, désormais "président
émérite") a présenté les méthodes, les outils qui ont
permis à l'équipe démocrate d'Obama d'être victorieuse.
-Delphine
Batho a exposé quels pouvaient être les principes à en retenir
pour gagner en France.
-Arnaud Montebourg a évoqué le principe
des primaires à la française.
J'ai noté "à la volée"...
Sur le calendrier
-L'initiative des échanges, il y a un mois, avec les gauches européennes vient de l'équipe Obama constatant le peu de liens formels entre la gauche américaine et les socialistes et socio-démocrates du vieux continent.
-Howard Dean a ensuite naturellement assisté au Forum progressiste du PSE à Bruxelles puis rencontré la direction du PS français.
Sur le fond
-Tous les outils de campagne ont été
pensés, réalisés, testés en grandeur nature sous la férule de
Dean, depuis la défaite de 2004.
D'où le constat implacable :
impossible de s'y mettre trois mois avant l'échéance ! Il n'y avait
jamais eu de plan à long terme ces 45 dernières années et les
démocrates ont toujours perdu sauf pour Carter (venant après le
Watergate et Clinton, homme politique le plus talentueux depuis
Roosevelt)
-Le business-plan prévoyait la
"stratégie des 50 Etats" : n'en laisser aucun à
l'adversaire, même les prétendus "intouchables"(Alaska,
Virginie, Colorado...)
Ça peut nous inspirer pour Neuilly !
-La base technique (internet et base de données) permettait de rattraper le retard sur les Républicains dont on avait vu comment ils l'avaient emporté en 2004 (bricolage en Floride)
-On a décidé de réinvestir le champ
des catégories "oubliées" habituellement des démocrates,
notamment les chrétiens évangélistes très conservateurs. Les
jeunes surtout dont les priorités (pauvreté, climat, Darfour)
étaient proches de celles des démocrates.
C'était la première
élection où les moins de 35 ans étaient plus nombreux à voter que
les plu s de 65 ans.
Ils sont aussi la première génération
réellement multiculturelle.
A ce sujet, une des grandes idées de la campagne fut d'abandonner les habituels bureaux d'animation de campagne (13) orientés vers les différentes communautés. Pour la première fois il n'y en a eu qu'un seul ! Il était temps : en 2030, la population non-blanche sera minoritaire. Qu'ils le veuillent ou non les WASP doivent intégrer une Amérique multiculturelle et multiraciale mais unie en un même projet.
-Obama a redonné le pouvoir aux citoyens, il leur a délégué sa parole en munissant ceux qui s'engageaient d'outils et de formations leur permettant d'être ses représentants sur le terrain. Chacun s'est senti concerné par l'élection et on est loin des sections qui ne savent pas quoi faire de leurs militants pendant les campagnes, à part des tractages (on convainc un sur cent mille) et des collages... Alors qu'un porte à porte bien ciblé donne des retournements à proportion de un sur quatorze contacts...
-Le plus important : on ne peut utiliser les outils et les techniques participatives (empowerment) que si le projet politique et ses valeurs en sont le reflet. En gros, Obama n'a pas manipulé des idiots heureux pour les occuper pendant trois mois mais leur a mis le pied à l'étrier pour la suite. On est loin du compte en France.
Power to the people, quoi... Mais n'est-il pas déjà un peu tard ? Je suis restée rêveuse en écoutant nos orateurs conclure qu'on allait y penser, qu'on allait réfléchir, qu'on allait construire... Quand ?
II- La stratégie comporte aussi une
analyse fine de l'électorat "réfractaire" aux thèses
démocrates dans les états très conservateurs et dans les
catégories de population qui ont l'impression d'être oubliées, par
exemple les salariés "moyens" du privé.
Les approches
sont donc diverses selon les populations concernées bien qu'il y ait
unité "au sommet".
La dynamique démographique implique
aux USA un message fort en direction des jeunes.
Chez nous ce sont
les anciens qui ont pesé de manière dét erminante. Tout un
symbole.
Dans "Change we can believe in" Obama pose très
crûment le problème de l'implication générationnelle dans
l'éducation des jeunes. Il fait donc le lien.
Un paradoxe : beaucoup d'électeurs qui se déclarent démocrates quant aux principes concernant les taxes sont aussi très conservateurs concernant les valeurs.
Le mot d'ordre général est de convaincre que le gouvernement en préparation sera le gouvernement de chacun, que la campagne est leur campagne. Pour cette reconquête idéologique de la population le principe de "biconceptualisation" est à l'oeuvre.
Il consiste à déterminer quels seront
les arguments qui auront une réponse démocrate à une problématique
conservatrice. Pour cela il faut mettre en avant les valeurs plutôt
que les techniques programmatiques.
La plupart des électeurs
américains s'intéressent en fait peu aux méthodes mais avant tout
aux valeurs portées par les uns et les autres. Ils font ensuite
confiance aux institutions pour la mise en oeuvre.
(Ce qui ne risque pas d'être le cas en France où le bricolage institutionnel partisan est devenu la première forme de gouvernance.)
L'histoire personnelle d'Obama a été un des facteurs clés de la victoire. Mais son équipe a mis en oeuvre une quasi révolution des méthodes.
Au bout du compte, on peut s'effrayer de la nature des outils : 220 millions d'américains ont été mis en fiches qui comportaient jusqu'à 600 renseignements. C'est la plus grosse collecte d'informations individuelles jamais réalisée.
Mais à partir de cela, une équipe restreinte de 125 personnes, pilotant 1,2 millions de volontaires, eux-mêmes responsables de 6 millions de bénévoles, organisés de manière très professionnelle, maîtrisant parfaitement les outils mis à leur disposition, ont réalisé un quadrillage extrêmement précis du territoire en privilégiant les interventions de proximité.
(Trois ans, c'est trop court ! Et pendant ce temps-là, à Solfé... on pense, on pense...on suppute, on suppute...)
Sur les primaires
Arnaud a rappelé que Howard Dean avait
travaillé sur les concepts sans savoir qui serait candidat et pour
cause. Les primaires ont d'ailleurs duré si longtemps que le parti
démocrate a dû se coller à la rédaction de la plate forme
politique post-convention de Denver.
Notons au passage que cette
grand-messe de réconciliation interne est la clé de voûte du
succès. A partir de l'intronisation du candidat, toute la machine
est en ordre de marcher derrière lui (ou elle).
Le vainqueur
intègre les perdants et une partie de leurs propositions dans la
plate forme de campagne ce qui élimine les oppositions internes mais
il peut compter sur leur totale loyauté ensuite.
Ça fait rêver, hein ?
Les primaires constituent en fait un
premier tour.
Alors quelles primaires en France ?
Jospin con
tre Emmanuelli ? Ségolène contre tout le monde ? On a vu les
résultats, calamiteux dans le premier cas.
Quand nous aurons
compris que les divisions à gauche sont aussi importantes aux Etats
Unis qu'en France mais que les institutions internes aux partis
obligent les challengers à la loyauté post-compétition, on aura
fait du chemin.
Et ce n'est pas gagné. A ce sujet une
réaction indécente pendant la fin de l'exposé d'Arnaud : un
braillard l'a quasiment mis en examen public dans ces circonstances
totalement hors sujet. Un peu de tenue, quoi !!!
Heureusement,
digne comme toujours Delphine a repris le discours pour valider
entièrement ce qu'il exposait.
C'est à dire la nature des expériences de nos voisins, notamment Italiens, qui voient la compétition entre 17 partis de gauche !
Une parenthèse : le mode de désignation français actuel des candidats à la candidature n'aurait jamais permis à Obama d'émerger. On mesure la toxicité des procédures en oeuvre chez nous. Obama n'était pas le candidat de l'appareil mais aux USA, tous les talent s peuvent s'exprimer. Il n'était sénateur de l'Illinois que depuis deux ans et pourtant... Ils ont choisi l'homme et ensuite le programme.
Une piste irlandaise semble intéressante : la sélection par listes. Chaque tour provoque l'élimination du dernier de liste. Cela évite les confrontations meurtrières et oblige les uns et les autres à un peu de tenue puisque ceux qui restent en lice auront besoin des voix des perdants pour faire éventuellement leur chemin jusqu'au sommet !
Une certitude : on ne peut pas continuer à avoir un parti rétréci à 100 000 militants (estimation haute !)
Les militants qui se drapent dans leur pureté pour revendiquer seuls des choix qui impliquent la nation feraient mieux de se voir comme les piliers des campagnes à venir en tant que relais idéologiques. C'est le talent d'Obama d'avoir persuadé chacun qu'il était un agent électoral indispensable. C'est cela qu'ils ont considéré comme un privilège inaliénable. Pas le fait de détenir un petit bout de carton avec un timbre à date.
Mon commentaire: un grand merci à Nadine pour la communication de ces notes
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DOCS EN STOCK fournis par Nadine
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=560:mis...
Terra Nova a présenté le 19 janvier le rapport de la mission conduite en décembre dernier aux Etats-Unis sur la campagne présidentielle. A partir de 80 entretiens avec les principaux acteurs de la campagne à Washington, New York et Chicago en novembre et décembre derniers, l’étude décrypte les innovations de la campagne présidentielle. Elle en tire des enseignements et des recommandations concrètes pour la vie politique française, tendant à sa modernisation et à la dynamisation de notre démocratie.
Lire ici le rapport de la mission (version de travail)
http://www.tnova.fr/images/stories/groupes-de-travail/006-mission-us/ter...
Lire ici la synthèse du rapport
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=560:mis...
Lire ici la présentation du rapport
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=560:mis...
Lire ici le récapitulatif des interventions média des membres de la mission
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=560:mis...
Voir ici le documentaire vidéo de la mission
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=575:dos...
