CAP 2012

Petite revue de presse et blogs,ouverte en mars 2007 pour soutenir une femme politique humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux cruciaux.

04 décembre 2009

«Sur la laïcité, un peu de douceur, M. le président !»

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro : «Sur la laïcité, un peu de douceur, M. le président !»

 

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, Propos recueillis par Judith Waintraub, 4 décembre 2009.


Le président du Mouvement républicain et citoyen, Jean-Pierre Chevènement regrette la tournure prise par le débat sur l'identité nationale.

Le Figaro : Faut-il débattre de l'identité nationale ?
Jean-Pierre Chevènement : Oui, à condition que cela serve l'unité nationale, donc en dehors des périodes électorales. Je vous rappelle qu'en 1985, j'ai rétabli la Marseillaise et l'éducation civique, à l'école. Le débat tel qu'il est posé actuellement se prête à des dérapages regrettables. Je pense par exemple aux propos du maire de Gussainville sur les 10 millions d'étrangers que «nous payons à ne rien faire».

Des propos condamnés par Éric Besson…
Certes, mais cela montre l'erreur d'avoir rapproché l'identité nationale de l'immigration. L'identité nationale a beaucoup plus à voir à mes yeux avec les choix de politique extérieure et européenne. La droite et la gauche ont, ensemble, substitué à la France l'Europe comme horizon. Et le traité de Lisbonne est un mécanisme d'impuissance, d'où un gros risque d'effacement pour notre pays. Les délocalisations industrielles, le chômage et les inégalités qui explosent, menacent ainsi notre identité nationale.

L'islam menace-t-il notre identité ?
Nous définir par rapport à l'islam serait remettre en cause nos propres principes républicains. Nous devons appliquer et faire appliquer ceux-ci et prêcher l'exemple.


A-t-on eu tort de légiférer sur le port du voile à l'école ou de vouloir le faire sur la burqa ?
Ce sont deux problèmes différents. L'école est le sanctuaire de la République, Jacques Chirac a eu raison d'y interdire les signes ostensibles d'appartenance religieuse. Le port de la burqa dans la rue est extrêmement minoritaire (367 cas recensés par la police). Des prises de position d'autorités musulmanes appelant à respecter le principe républicain d'égalité entre hommes et femmes devraient permettre d'obtenir des résultats plus probants qu'une loi. Évitons aujourd'hui le piège de la provocation !

Faut-il réviser la loi de 1905 ?
Pourquoi vouloir constamment bouleverser ce qui marche ? Si j'avais un conseil à donner à Nicolas Sarkozy, c'est de ne pas abuser des électrochocs. Le massage cardiaque est souvent plus efficace, j'en parle d'expérience. Un peu de douceur, monsieur le président !

Que vous inspire le référendum suisse sur les minarets ?
La question était idiote ! Demandez aux Suisses si les musulmans doivent être libres de pratiquer leur religion, ils répondront oui. Ces lieux de culte doivent s'intégrer à nos paysages. J'y ai veillé à Belfort pour la grande mosquée inspirée des toits plats des mosquées andalouses : l'horizontal des lignes et le béton rose s'harmonisent admirablement avec le profil des fortifications et le grès des Vosges.

Y a-t-il un problème d'intégration en France ?
Il y a un phénomène de mascaret, comme quand un fleuve entre dans la mer. La population autochtone n'accepte pas facilement le non-respect des valeurs républicaines. Mais malgré les discriminations, l'intégration des jeunes nés de l'immigration par l'école et l'emploi continue à fonctionner, selon les études de l'Insee. Cessons de culpabiliser la République.

Voir l'entretien en ligne sur le site du Figaro.



Le blog de JP CHEVENEMENT




 

01 novembre 2009

CHEVENEMENT (vidéos sur YOUTUBE)

Chevènement sur l'identité nationale, le traité de Lisbonne et 2012

Chevènement sur l'identité nationale, le traité de Lisbonne et 2012

Chevènement sur Chirac

Chevènement sur Chirac

Chevènement face à Eric Besson au Sénat sur l'identité nationale

Chevènement face à Eric Besson au Sénat sur l'identité nationale

"L'identité nationale de la France, c'est l'identité républicaine !"

"L'identité nationale de la France, c'est l'identité républicaine !"

Posté par Jocegaly à 15:53 - CHEVENEMENT - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 septembre 2009

Chevènement: «Un désaccord philosophique fondamental avec les verts»

Jean-Pierre Chevènement - Forum | Vendredi 25 Septembre 2009

Pour Jean-Pierre Chevènement, la gauche ne devrait pas s'interdire de discuter avec Bayrou, ou saluer trop vite les victoires des Verts. Au lieu de courir après des alliances improbables, la gauche devrait travailler sur ses fondamentaux.



Jean-Pierre Chevènement (photo: dmonniaux - Flickr - cc)

Jean-Pierre Chevènement (photo: dmonniaux - Flickr - cc)


Marianne : Vous avez rencontré en tête à tête François Bayrou, que la direction du PS persiste à tenir à distance...
Jean-Pierre Chevènement : François Bayrou a déclaré vouloir tendre la main à la gauche et il a demandé à me voir. Il n’y a pas de raison de refuser de débattre sur le fond avec le président d’une formation qui est alliée au PS dans nombre de régions et de municipalités ! Un refus de dialogue dans ces conditions démontrerait un sectarisme qui est la plaie de notre vie politique.

Vous ne lui demandez donc pas, comme Martine Aubry, de donner des preuves d’évolution à gauche ?
J.-P.C. : Son évolution, qui l’éloigne de la droite, obéit à une logique politique. François Bayrou mène un combat courageux. Il est ostracisé par la droite. Il demande à débattre du fond. Ayons confiance en la force de nos idées : allons-y !

Vous participeriez donc au « Parlement de l’alternance » proposé par Bayrou ?
J.-P.C. : Il y a deux ans, le MRC avait proposé des assises de la gauche pour la refondation républicaine d’un parti de toute la gauche. Il faut débattre du fond, et cela sans sectarisme : pourquoi donc ne pas réunir, à cet effet, un « Parlement de l’alternance », y compris avec François Bayrou ? L’important, c’est de sortir la gauche du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée, faute d’avoir su tirer les leçons de ses échecs depuis 1993. Et, pour ce faire, il est plus efficace de travailler sur le fond que d’attendre une quelconque repentance de ceux qui ont cédé aux sirènes du néolibéralisme.

C’est-à-dire ?
J.-P.C. :
Il faut commencer par analyser la crise actuelle de la mondialisation financière. Comprendre à la fois la déflation salariale exercée par les pays à très bas coût salarial et saisir cette dimension politique si rarement évoquée. Le système de la globalisation financière fonctionne sur la base de la domination politique des Etats-Unis et d’une monnaie mondiale qui est le dollar. Le rapport de forces mondial a changé et va encore changer avec la montée de la Chine. Nous sommes pris en étau. La « moralisation du système » ne suffit pas. Le problème est politique : il faut remettre en cause un libre-échangisme destructeur et la suprématie du dollar dans le système monétaire international.

Le volontarisme de Nicolas Sarkozy, y compris sur le terrain industriel, ne vous satisfait pas ?
J.-P.C. :
Je ne fais pas de l’antisarkozysme systématique, mais je constate que malgré quelques initiatives utiles, concernant Alstom, par exemple, il n’y a pas de véritable politique industrielle pour lutter contre la délocalisation de nos industries. Il n’y a d’ailleurs plus de ministère de l’Industrie ! Idem avec la régulation financière. Le système bancaire n’a pas été assaini. Après les avoir renfloués, on reprend les mêmes et on recommence.

Vous auriez souhaité qu’on nationalise les banques ?
J.-P.C. : Et pourquoi pas, au cas par cas ? On aurait ainsi favorisé l’accès au crédit, notamment des PME, toujours en souffrance. Il ne faut pas en rester au verbe comme le fait Nicolas Sarkozy quand il reçoit les banquiers. Les nationalisations et la planification ne sont pas des « gros mots ». J’observe d’ailleurs que Paul Krugman recommande le retour à la planification, dans le domaine énergétique par exemple.

Sur les questions énergétiques, vous êtes toujours en désaccord avec les verts ?
J.-P.C. : J’ai un désaccord philosophique fondamental avec les verts. Ils pensent, comme Malthus, que le monde est trop petit pour l’homme. Or, les prophéties de Malthus au début du XIXe siècle se sont révélées fausses. Je crois en la raison de l’homme, en ses capacités d’invention et de créativité. Je n’ai pas d’hostilité de principe vis-à-vis des écologistes. Ils ont quelquefois de bonnes idées. Comme ministre de la Recherche et de l’Industrie, j’ai créé l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) en 1982, l’ancêtre de l’Ademe actuelle, car il y a à faire pour promouvoir les économies d’énergie. Je me situe dans l’héritage rationaliste des Lumières, je combats l’obscurantisme et la technophobie.

Vous leur reprochez de négliger la question sociale ?
J.-P.C. : La préoccupation de l’emploi et du développement économique leur échappe. Par ailleurs, on n’a pas le droit d’interdire le développement aux pays du Sud. C’est pourquoi il faut changer notre modèle de développement. La taxe carbone, sur le principe, je suis pour. Mais cet impôt écologique ne doit pas devenir une taxe antisociale. Il faut donc intégrer cette taxe dans une réforme fiscale plus vaste et plus juste.

Aujourd’hui, vous avez l’impression de subir la domination de l’idéologie écologiste ?
J.-P.C. : Elle est dans l’air du temps, c’est vrai. Mais, depuis vingt-cinq ans, j’ai plutôt eu l’impression de subir – et avec quelle force – la pression de l’idéologie libérale. La mode écolo actuelle, favorisée par M. Sarkozy, ne permettra pas de s’en défaire, bien au contraire. Les commentateurs ont surestimé le résultat des verts aux élections européennes où ils n’ont, somme toute, recueilli que 6,3 % des votes des électeurs inscrits... Le gouvernement par perversité et le PS par bêtise ont créé une vaste bulle médiatique autour de Daniel Cohn-Bendit, une bulle telle qu’aucun autre responsable politique n’en a jamais bénéficié ! C’est une vache sacrée. Je m’agenouille... Mais, malgré les efforts de M. Sarkozy pour souffler dans les bronches des écologistes, il est probable, selon moi, que cette bulle se dégonflera aux élections régionales.

A gauche, certains pensent que vos idées ont fait leur temps. Quel rôle pensez-vous encore pouvoir jouer dans la reconstruction de l’opposition ?
J.-P.C. : S’agissant de Mme Duflot, je dois être un peu moins jeune qu’elle, ça, c’est vrai. Mais de là à dire qu’elle incarnerait le neuf et moi le vieux... Je laisse ça aux « communicants ». Comme d’autres avant moi : Clemenceau, Mendès France, je considère la République comme « une idée toujours neuve ». Je définis mes positions à l’aune de l’intérêt public. Ils ne sont pas nombreux à le faire dans ce qu’on appelle – expression que j’abhorre – la « classe politique » ! Si porter haut l’exigence républicaine dans tous les domaines est ringard, je revendique la palme de la ringardise !

Propos recueillis par Renaud Dély et Nicolas Domenach

Jean-Pierre Chevènement est président du mouvement républicain et citoyen.


Source: MARIANNE

Posté par Jocegaly à 13:45 - CHEVENEMENT - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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