29 octobre 2009
UPPC sur le travail:... Remettre l'humain au coeur de l'entreprise: il y a des solutions.
Souffrance au travail: Royal ouvre le débat (JDD)
Une université "populaire et participative" lancée à l'initiative de Désirs d'avenir a réuni mercredi près de 500 personnes à la mairie du 4e arrondissement parisien, apprend un communiqué du collectif créé par Ségolène Royal. La réunion, animée entre autres par l'ex-candidate à la présidentielle de 2007, portait sur le thème de la souffrance au travail et analysait notamment "le drame des suicides à France Télécom, les records d'accidents du travail, 'intensification des tâches, la précarisation des jeunes, des femmes et des salariés de plus de 50 ans".
Ségolène Royal: "si l'on veut remettre l'humain au coeur de l'entreprise, il y a des solutions."
Par RichardTrois
sur LE POST
le 29/10/2009

L'université populaire et participative de Désirs d'Avenir consacrée au travail
Ségolène Royal
et Gaetan Gorce, député PS de la Nièvre animaient hier soir
l'université populaire et participative de Désirs d'Avenir consacrée au
travail.
Dans le contexte actuel de la multiplication des suicides dans
certaines grandes entreprises, l'atmosphère de cette université était
particulièrement empreinte de gravité. Les 600 personnes qui ont
répondu à l'invitation Ségolène Royal ont écouté attentivement et dans
un silence inhabituel les ouvriers, les chercheurs, journalistes et
chefs d'entreprises qui se sont exprimés pour détailler les sources du
mal-être et de la souffrance que vivent un grand nombre de travailleurs
au quotidien mais aussi de proposer des solutions très concrètes.
Quelques minutes avant le début de cette université, Ségolène Royal a accordé une interview à France Info que voici.
Interrogée sur l'AngolaGate, Ségolène Royal s'est prononcée pour une réforme profonde et démocratique du "secret-défense" en matière de ventes d'armes et des commissions afférentes.
Sur le thème du travail et de la souffrance actuelle, la Présidente de Poitou-Charentes, très au fait de ses questions par son travail sur les restructurations et les délocalisations qui ont lieu dans sa région, a esquissé des solutions notamment inspirées par les modèles scandinaves. Une esquisse parce qu'elle a très rapidement été interrompue pour être questionnée sur le PS.
Elle a néamoins pu exprimer l'une de ses propositions :
"On
voit une mutation du travail. C'est la première fois que l'on voit
comme cela une accumulation de suicides, une immense détresse dans le
travail dans certains secteurs.
Pourquoi ? Parce que le travail est en train d'évoluer. Il y une perte
de sens, une montée de la précarité au travail. Il y a aussi une
question liée à la mobilité contrainte à la fois au sein de
l'entreprise mais aussi d'une région à l'autre qui suit des
délocalisations ou des stratégies économiques qui parfois ne sont pas
suivies d'une accompagnement humain.
Si l'on veut remettre l'humain au coeur de l'entreprise, il y a des solutions.
Il faut revaloriser massivement la médecine du travail qui est aujourd'hui le parent pauvre. (...) Là
où la médecine du travail fonctionne, là où les chefs d'entreprises
sont soucieux du bien-être de leurs salariés alors les entreprises
fonctionnent bien.
Je dis que l'excès de libéralisme, de
précarité par lesquelles ont croit que cela va augmenter la rentabilité
produisent tout le contraire."
J'aurais l'occasion de vous en faire un compte rendu plus détaillé de
cette très riche et très intéressante université sur le travail (après
mon travail :-) ).

L'université populaire et
participative de Désirs d'Avenir consacrée au travail dans la salle de
la Mairie du 4ème Arrondissement de Paris, hier le 28 octobre - cc
RichardTrois
A lire sur LePost.fr:
- Ségolène Royal explique sa démarche pour "construire un projet politique à la fois pragmatique et radical"
- Ségolène Royal: "Je n'ai pas peur d'aborder le débat sur l'identité nationale"
26 avril 2009
EMPLOI Pour les jeunes : l'urgence
25 avril 2009 - 20:18
Plan présidentiel pour « la formation, l'apprentissage et la professionnalisation des jeunes » : appelé « plan d’urgence » ce programme porte bien son nom. En effet, plus de six mois après le début de la crise financière rien n’avait été fait pour la population la plus touchée : les jeunes. C’est donc dans l’urgence que Nicolas Sarkozy tente de donner le change.
« C'est un cercle vicieux. On leur demande de l'expérience pour pouvoir travailler, mais il faut avoir travaillé pour avoir de l’expérience […] Il y a deux choses qui marchent et en quoi je crois, c'est la formation en alternance et l'apprentissage. 70% des jeunes qui suivent ces cursus trouvent un emploi. »
Si le constat fait par le président est juste, sa prise de conscience a été trop tardive… Ainsi les jeunes passent après les amis du pouvoir et les banques. Ségolène Royal a, elle, déjà pris le problème à bras le corps depuis longtemps avec les emplois tremplins.
« Le chef de l'Etat a donc choisi de faire "le pari de l'apprentissage" en accordant des avantages financiers aux entreprises pour qu'elles recrutent davantage d'apprentis ou de jeunes en contrats de professionnalisation, dont le nombre a chuté ces derniers mois. »
Ce point est intéressant car il met en lumière l’incohérence du gouvernement. En effet si on s’intéresse aux causes de cette chute on se rend compte qu’elle est due à une politique hostile au contrat de professionnalisation. En effet, par l'article 53 du Projet de loi de finances de 2008, le gouvernement a supprimé l'exonération attachée aux cotisations du contrat, rendant ce dernier moins intéressant pour les entreprises. Ce n’est donc pas tant la crise financière qui est à mettre en cause que la volonté incohérente du président et de son gouvernement.
Mais le plus grave étant que la réponse apportée par le président ne résout en rien le problème des jeunes diplômés. En effet qu’en est-il pour les milliers de jeunes qui ont déjà obtenu leur diplôme et qui ne peuvent donc plus faire de l’alternance? Nicolas Sarkozy esquive.
De plus, si la volonté est de promouvoir la professionnalisation, pourquoi ne pas augmenter le nombre de filières en alternance ? Notamment dans le supérieur pour faire face au chômage des jeunes diplômes. Nicolas Sarkozy a-t-il conscience, par exemple, que pour 600 demandes, une licence professionnelle en gestion des ressources humaines n’offre que 20 places ?
Il est donc nécessaire que le pouvoir en place reprenne rapidement conscience de la réalité pour agir juste. En effet, une autre mesure du plan correspond à la rémunération des stagiaires à partir de deux mois de stage, contre trois aujourd'hui. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy, décrit par la presse française comme téméraire, se contente t-il de deux mois ? Ce n’est pas cohérent : travailler plus ne permettrait donc pas de gagner plus ? Pourquoi attendre deux mois ? Peut être pour faire plaisir à son ex-camarade de classe, Mme Parisot, présidente du Medef…
Autre mesure du plan : le recours aux contrats aidés, longtemps honnis par la droite. Là aussi quelle perte de temps ! Encore une preuve de l’incohérence d’un président trop dogmatique.
Enfin, Nicolas Sarkozy a déclaré lors de son discours : «L'argent public, je veux qu'il finance l'emploi, pas le chômage. Je suis venu vous dire que vous aurez une formation et un emploi, pas que vous allez survivre avec une allocation sociale pour rester chez vous».
Le président du pouvoir d’achat semble omettre qu’aucune protection financière n’est prévue pour les jeunes de moins de 25 ans qui n’ont pas d’emploi… laissant des milliers de jeunes dans une misère intolérable.
Nicolas Sarkozy a donc annoncé de manière tonitruante un plan qui arrive bien tard, sans ambition, ce qui semble désormais être la marque de fabrique du sarkozysme : beaucoup de discours et d’incohérences mais peu d’actes. Nicolas Sarkozy n’a pas su anticiper ni même réagir assez vite au problème.
25 avril 2009
Chômage des jeunes : Sarkozy condamné à l'échec ?
Par François Krug sur le blog RUE89
Nicolas Sarkozy présente ce vendredi son plan contre le chômage des jeunes. Un de plus : depuis trente ans, les contrats réservés aux 15-25 ans et les aides aux entreprises se sont enchaînées, sans beaucoup de résultats. Des TUC au CPE, Eco89 passe en revue les dix dispositifs les plus marquants. Sarkozy réussira-t-il là où tous ses prédécesseurs ont échoué ?
Selon Le Monde, le nouveau plan représentera un milliard d'euros. Pas question, semble-t-il, de créer un nouveau type de contrat de travail. Sarkozy aurait choisi de relancer les dispositifs existants, comme le contrat initiative emploi ou le contrat de professionnalisation, et d'encourager la formation en alternance.
« Mettre les jeunes dans des parkings »
En apparence, rien de bien nouveau. Martin Hirsch promet pourtant un plan « original ». Invité du congrès de l'Unef ce jeudi, le haut commissaire à la Jeunesse a expliqué :
« Ce n'est pas un plan dans lequel on mettra les jeunes dans des parkings en attendant que le couvercle de la crise se lève. »
Des parkings ? C'est un résumé peu flatteur des plans lancés à droite comme à gauche pendant trente ans. Au cours de cette période, le taux de chômage des jeunes a oscillé entre un minimum de 9,7% et un maximum de 23,1%, selon les chiffres de l'Insee. Fin 2008, il s'élevait à 20,4%.
Comme le montre cette chronologie des dix plans les plus importants, deux stratégies ont alterné : inciter les entreprises à embaucher à coups d'aides et d'exonérations, voire en réécrivant le code du travail, ou créer des emplois de toute pièce dans le secteur public et les associations.
Paradoxe : au sein du gouvernement, l'UMP Laurent Wauquiez penchait pour la solution privilégiée par la gauche, celle des emplois publics. Et Martin Hirsch, proche de la gauche avant son arrivée au gouvernement, misait au contraire sur le privé.
Faut-il compter sur les entreprises ?
Comme le montre notre chronologie, c'est la solution privilégiée par tous les gouvernements de droite, de Raymond Barre en 1977 à Dominique de Villepin en 2006. Le recrutement de jeunes qualifiés coûterait trop cher, et l'Etat doit donc encourager les entreprises :
- En réduisant les charges, comme pour le Pacte national pour l'emploi des jeunes de Barre ou le Plan d'urgence du gouvernement Chirac en 1986
- En prenant en charge une partie du salaire, comme pour le Contrat jeune en entreprise de Jean-Pierre Raffarin en 2002
- En réduisant le salaire minimum appliqué aux jeunes, comme pour le Contrat d'insertion professionnelle d'Edouard Balladur en 1994, retiré après une vague de manifestations
- En assouplissant le Code du travail, comme avec la période d'essai de deux ans du Contrat première embauche de Villepin en 2006, un projet lui aussi abandonné sous la pression
Pour Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, miser sur le privé n'est pas la solution idéale. Sensible aux « effets d'aubaine », les entreprises recruteront peut-être des jeunes, mais le nombre total de chômeurs ne reculera pas pour autant :
« A volume d'activité constant, ce sera au détriment d'une autre catégorie. Le chômage fonctionne un peu comme une liste d'attente : si on aide les moins de 25 ans, on risque d'avoir un problème sur les plus de 25 ans. »
Faut-il créer des emplois publics ?
C'est la solution privilégiée par la gauche. Les travaux d'utilité collective de 1984, les contrats emploi solidarité de 1990 et les emplois jeunes de 1997 ont tous suivi la même logique : créer des emplois de toute pièce dans le secteur « non marchand » (administration, collectivités locales, associations…), sans remettre en cause les emplois déjà existants.
Pour Mathieu Plane, cette stratégie de « traitement social du chômage » est encore la plus efficace :
« Dans le secteur marchand, il y a un effet d'aubaine. Dans le public, vous pouvez augmenter le volume global et ce ne sera pas au détriment d'une autre catégorie. Les entreprises sont dans une logique d'ajustement très forte, et la seule entité qui peut contrebalancer cet effet, c'est l'Etat, en jouant le rôle de recruteur. »
Une seule solution : le plein emploi
Mais pour Mathieu Plane, le véritable problème est celui de l'enseignement et de la formation. Le taux de chômage des jeunes doit être interprété avec précaution, rappelle l'économiste de l'OFCE :
« Il ne porte pas sur l'ensemble des jeunes, mais sur la population active de cette classe d'âge. C'est celle qui est sortie le plus tôt du système scolaire, elle est moins qualifiée que la moyenne des jeunes. Ça reporte le problème à la question de la qualification. »
Ce manque de qualification condamnerait une partie des jeunes à la précarité :
« Les jeunes sont sur-représentés dans la précarité, dans les CDD et les intérims. Ils sont une variable d'ajustement très forte pour les entreprises. »
La seule solution, « c'est le plein emploi », résume Mathieu Plane. C'est-à-dire une situation où le rapport de force entre les recruteurs et les jeunes s'inverserait :
« Le problème est lié au chômage de masse. Tant qu'on aura ce chômage de masse et qu'il n'y aura pas de tension sur le marché du travail, les entreprises ne se tourneront pas vers cette main-d'œuvre. Ou alors il faudra mettre énormément d'aides sur les jeunes, mais ça ne fera que déplacer le problème. »
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
- ► Michel Wieviorka : Plan de relance, et les jeunes dans tout ça ?
- ► Chômage : 40 ans d'embarras des politiques à la télé
- ► On licencie même dans les services à la personne
- ► Tous nos articles sur le chômage
Ailleurs sur le Web
- ► Chômage des jeunes: Wauquiez et Hirsch à front renversé, sur LeFigaro.fr
- ► "Jeunes dans la crise", un document du Haut commissariat à la Jeunesse
- ► L'évolution du taux de chômage des jeunes, sur le site de l'Insee
Sarkozy fait un geste en direction de la jeunesse
(...) 25% des jeunes, premières victimes de la crise, sont
au chômage. «Une génération sacrifiée», comme dit le haut-commissaire à la Jeunesse, qui, si on ne l'insère pas, risque de coûter très cher à la société.
Harmonisation
entre contrats de professionnalisation et contrats d'apprentissage,
développement des contrats en alternance pour les métiers en tension
(bâtiment, sages-femmes, hôtellerie...). L'idée du chef de l'Etat et de
Martin Hirsch est de ne surtout pas refaire les emplois-jeunes de la
gauche. «Je plaide pour qu'on oriente les jeunes vers le secteur économique, affirme le haut-commissaire. L'histoire passée montre que financer l'emploi non marchand est une impasse à moyen terme.» D'où l'idée de donner un coup de pouce aux entreprises qui les embauchent, le temps que passe l'orage.
Des
mesures suffisantes pour mettre fin au «malaise de la jeunesse» ? Sans
doute pas(...)
Ghislaine Ottenheimer
19 avril 2009
Un "flashmob" à Paris pour dénoncer les entreprises qui abusent des stages
....
Génération Précaire, qui a l'intention de multiplier ce genre de "flashmobs" dans les prochaines semaines, a indiqué espérer que "la commission mise en place par Martin Hirsch va faire des propositions qui vont vraiment favoriser l'emploi des jeunes et mettre fin aux stages abusifs".
Le collectif, né en 2005, réclame un strict encadrement des stages en entreprises, avec des durées limitées, une rémunération correcte et une véritable formation.
Un décret du 31 janvier 2008 impose aux entreprises de verser au minimum 398,13 euros par mois pour 35 heures hebdomadaires, pour un stage étudiant de plus de trois mois consécutifs.
28 janvier 2009
La crise: petit historique des chiffres
La crise avant la crise
Par Michèle Delaunay, mardi 27 janvier 2009 à 13:57 dans Journal
Le Gouvernement a beau jeu de mettre les difficultés du pays et celles des Français sur le dos de "la crise". Ces difficultés sont d'abord liées à la gestion calamiteuse des comptes publics depuis 2002, lourdement aggravée depuis juin 2007.
Ce billet, on s'en doute, sera plus riche en chiffres qu'en vers de Rimbaud. Il me parait important que chacun puisse disposer de données précises.
1- Le pays est aujourd'hui en récession et le vote en juin 2007 du "Paquet fiscal" (Fabius parle très justement du "boulet" fiscal) nous prive des marges de manoeuvre qui serait aujourd'hui nécessaires
Trois mesures de ce paquet fiscal ont plombé les comptes d'entrée de jeu : . la défiscalisation des heures supplémentaires . le renforcement du bouclier fiscal . la quasi suppression des droits de succession
L'ensemble correspond à une facture de 15 milliards d'euros. Il a eu l'effet exactement contraire à celui qu'annonçait Mme Lagarde ("le choc de croissance") : il a ruiné la chance d'éviter la décroissance.
2-A la fin de l'année 2001, le déficit du budget de l'Etat s'élevait à 32 milliards d'euros.
Pour 2009, le déficit de la loi de finance initiale a été fixé à 57,8 milliards. Le collectif budgétaire censé mettre en oeuvre le plan de relance vient de porter cet objectif à 79,3 milliards.
Désormais, les prévisions gouvernementale estiment le déficit de l'Etat à 86,5 milliards d'euros, son plus haut niveau depuis 8 ans.
En deux ans, le déficit du budget de l'Etat a plus que doublé. Le niveau de déficit de fin 2001 a été multiplié par 2,7. En 8 ans la droit n'a jamais retrouvé le niveau de déficit laissé par le gouvernement Jospin fin 2001.
3-Fin 2001, le déficit public correspondait à 1,6% du PIB
Un premier record de hausse a ensuite été atteint en 2003 avec 4,2% du PIB, suivi d'une relative stabilisation de 2005 à 2007 au dessous de la barre des 3%, comme exigé par la Communauté européenne.
Pour l'année 2008, le déficit repassera la barre communautaire et atteindra 3,2% du PIB
4- Alors que la dette publique avait baissé entre 97 et 2001, passant de 58,5% du PIB à 56,2%, elle n'a cessé depuis 6 ans de dépasser la limite européenne de 60%
En 2005, alors que Nicolas Sarkozy était ministre des finances, elle atteint le niveau record de 66,2% du PIB.
Pour 2008, elle dépassera 66%.
Pour 2009, le gouvernement table sur 69,1% mais la Commission Européenne avance 72,4% du PIB
5 - Le régime général de la Sécurité sociale était en excédent en 99, 2000 et 2001. Il ne l'a plus été depuis 7 ans, battant un record de durée dans le déficit.
En chiffre, le niveau de déficit le plus élevé a été atteint en lorsque Xavier Bertrand était Ministre de la Santé : 11,9 milliards d'euros.
Les lois et réformes accumulés n'ont apporté aucune solution durable et, depuis 2002, le déficit cumulé dépasse 67 milliards d'euros.
La dette sociale a atteint fin 2007, 129,8 milliards d'euros, soit 6,9% du PIB.
6 - Pour la 4ème fois en 4 mois, le déficit du budget de l'Etat pour 2009 a été revu à la hausse. Estimé à 52 milliards d'euros initialement, il a reçu la semaine dernière de la part de la ministre des finances une aggravation spectaculaire : 86,5 milliards d'euros.
Soit 34,5 milliards d'euros de plus que ce qui était programmé dans le budget initial que nous avons voté.
7- Au quatrième trimestre 2008, le PIB a reculé de -1,1% d'après les dernières estimations de la banque de France, ce qui devrait provoquer un demi point de déficit supplémentaire.
La commission européenne table sur un recul de - 1,8% du PIB français en 2009. Elle prévoit pour cette même année une dette publique de 72,4 % du PIB.
Le programme de stabilité du gouvernement est établi sur des chiffres radicalement différents (dette 69,1% du PIB en 2009).
Je livre ces chiffres très austères presque sans commentaires sinon trois remarques :
- avant comme pendant la crise, la gestion du budget de la France est également mauvaise. La droite censée savoir gérer alors que la gauche dépense montre qu'il en va tout autrement.
- La crise "venue d'ailleurs" n'est aucunement seule en cause dans l'aggravation de la situation du pays.
- les chiffres transmis par le gouvernement sont régulièrement caducs et la France perd aujourd'hui toute crédibilité au yeux des instances communautaires.
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21 décembre 2008
Enfermés dehors
Enfermés dehors (3/3): qu'avons-nous fait de nos fous? Sur Marianne
Les sans-abri sont-ils les victimes de la politique psychiatrique menée en France depuis trente ans? La fermeture des lits en hôpital psychiatrique n’a-t-elle pas jeté à la rue des malades qu’hier la société prenait encore en charge? Pour le savoir, regardez ce troisième et dernier épisode de notre enquête sur les SDF.Dans une tribune intitulée «Ce que j'ai à dire sur les sans-domicile-fixe» et publiée dans le Monde le 2 décembre dernier, Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et ancien président d'Emmaüs France, racontait son «malaise quand les premiers bâtiments qui ont été mobilisés pour des places de stabilisation sont d'anciens pavillons de psychiatrie désaffectés... Ceux qui pour une part sont à la rue, quand ils auraient nécessité une hospitalisation dans un service de santé mentale, se retrouvent des années plus tard dans les anciens hospices, avec les soins en moins...». La fermeture des lits en psychiatrie aurait-elle rempli les rues?
Une partie de nos sans-abri seraient donc les victimes de la politique de sectorisation de la psychiatrie menée en France depuis plus de trente années. L'historien Roland Hureaux la décrit ainsi dans un commentaire posté sur le premier article de cette série: «Cette théorie issue des critiques de Michel Foucault et d'autres contre l'"enfermement" et des courants de l'antipsychiatrie a mené à ne garder en hôpital que le minimum de malades. Les autres devaient être peu à peu entraînés à se débrouiller tout seuls en étant renvoyés chez eux et en faisant l'objet d'un suivi en externat. Le but de tout cela n'était pas de faire des économies de moyens: découper la France en "secteurs psychiatriques" quadrillant l'ensemble de la population coûte plus cher que les anciens "asiles" mais on voit le résultat de cette politique folle qui postule que tout malade est un homme potentiellement en bonne santé et qu'il suffit de le pousser un peu dans la vie (dans la rue) pour qu'il redevienne un homme normal».
Sur le terrain, le discours est le même. Que ce soit le sociologue Patrick Declerck, qui a passé plus de 15 ans compagnie des sans-abri pour leur apporter un soutien psychique ; le Dr Mercuel, qui a mis en place un service de psychiatrie entièrement consacré aux sans- abri, à l’Hôpital Saint Anne mais aussi en ambulatoire ; ou encore Xavier Emmanuelli, le fondateur du Samu Social ; tous expliquent non seulement comment l’évolution de la psychiatrie en France a jeté à la rue des sans-abris, mais aussi pourquoi la société est responsable de ses fous et de ses pauvres. Surtout lorsque ce sont les mêmes.
Retrouvez les deux premiers volets de notre enquête
- Retrouvez aussi l'interview de Patrick Declerck : Les SDF, ces contre-exemples qui nous font rentrer dans le rang
Samedi 20 Décembre 2008 - 13:07
Virginie Roels
28 octobre 2008
IMPÔT: Plus de 7.000 foyers aisés n'ont pas acquitté d'impôt sur le revenu en 2007
http://www.lesechos.fr/info/france/4790411-plus-de-7-000-foyers-aises-n-ont-pas-acquitte-d-impot-sur-le-revenu-en-2007.htm
Extrait:
Selon les données 2007 de l'impôt sur le revenu (IR) publiées hier par le ministère de l'Economie, il apparaît que 7.076 contribuables disposant pourtant d'un revenu fiscal de référence de plus de 97.500 euros n'ont acquitté, l'an dernier, aucun impôt sur le revenu. Si cela ne représente que 1,4 % des foyers fiscaux disposant de hauts revenus, le nombre de non-imposables aisés progresse chaque année. En 2006, parmi ceux déclarant un revenu fiscal de plus de 78.000 euros, ils n'étaient que 5.100 foyers à être non imposables. En 2005, ils n'étaient que 3.500. Sur des revenus plus larges mais comparables sur l'ensemble de la période, l'évolution est encore plus flagrante : parmi les foyers déclarant 39.000 euros et plus, ils étaient 110.000 non imposables l'an dernier, contre seulement 43.500 en 2006 et 35.500 en 2005.
Cette progression tient à plusieurs facteurs. La dernière réforme du barème de l'impôt sur le revenu y est pour beaucoup.(...)
16 avril 2008
La loi TEPA critiquée par les entreprises
Extrait de l'article sur LA TRIBUNE
(...) la loi TEPA, qui semblait être la base de départ d'un "détricotage" de la loi sur les 35 heures, ne devrait pas du tout être utilisée dans cette perspective par les entreprises: 88% d'entre elles ne prévoient pas de renégocier les accords, difficilement négociés, de réduction du temps de travail à la suite du vote de la loi.
Plus globalement, l'enquête montre que 39% des entreprises sondées considèrent que la loi TEPA constitue une contrainte pour elles, contre 35% qui l'évaluent comme une opportunité et 26% qui restent sans opinion. Plus l'entreprise est importante, plus la loi est considérée comme une obligation mal vécue. Pourtant 77% des entreprises sondées connaissent les avantages fiscaux et sociaux instaurés par la loi TEPA. Mais, parmi ces 77%, 74% affirment que les conditions qui président à l'instauration de ces avantages sont difficiles ou impossibles à satisfaire.(...)
03 avril 2008
Le parachutage doré du frère de DSK à Washington
L'affaire provoque des remous au sein de la Banque de France et dans les couloirs de Bercy. Marc-Olivier Strauss-Kahn a obtenu un titre sur-mesure et l'assurance d'un poste en or dans une organisation internationale. L'intéressé s'explique.
LE GROS LOT ! 250 000 $ (160 000 €) d'émoluments annuels, environ 150 000 € d'indemnité d'expatriation, une confortable enveloppe de frais de représentation, le tout entièrement défiscalisé. Un futur poste d'administrateur à la Banque interaméricaine de développement (BID), une discrète organisation internationale basée à Washington, et un titre de « représentant de la Banque de France en Amérique ». Et ce, en toute légalité.
C'est, selon nos informations, « le mercato en or » décroché par Marc-Olivier Strauss-Kahn, le numéro quatre de la Banque de France (BDF), pour rejoindre Isabelle, son épouse, partie en mai 2007 à Washington à la Banque mondiale. L'affaire fait scandale dans les couloirs de la Banque de France et de Bercy, où le dossier est classé top secret.
Une opération opaque
« Cet arrangement a été négocié en direct
entre l'état-major de la BDF, le cabinet de Lagarde, la direction du Trésor, sous l'oeil bienveillant
de l'Elysée », explique une source proche du dossier, choquée « par l'extravagance et l'opacité
de cette opération ».
Frère cadet du socialiste Dominique Strauss-Kahn, envolé fin septembre à Washington pour piloter le Fonds monétaire international (FMI) sur proposition de Nicolas Sarkozy, Marc-Olivier, 53 ans, dit Mosk, a fait toute sa carrière à la Banque de France. Depuis six ans, il en était le directeur général des études et des relations internationales. Un poste important, « l'équivalent du Quai d'Orsay de la Banque », explique un économiste. Pourtant, Marc-Olivier, haut fonctionnaire réputé pour son habileté à défendre ses intérêts et sa carrière, n'y brille guère. « Très perso, ondoyant, il a fini par agacer tout le monde. Quand il a demandé à rejoindre son épouse, cela a été un soulagement au siège de la BDF », raconte un connaisseur du dossier.
Cap sur Washington
Restait à trouver un point de
chute à l'impatient candidat au départ. Gros hic : la Banque de France n'a pas de poste disponible
aux Etats-Unis. Un émissaire officie déjà à New York, à proximité de Wall Street. Logique. Qu'à
cela ne tienne, la BDF décide de créer un poste sur-mesure, avec le feu vert du cabinet de Christine
Lagarde et de la direction du Trésor. Mosk sera représentant aux côtés du fonctionnaire « junior
» de New York. Seulement voilà, il veut son bureau à Washington. Il a repéré qu'un siège d'administrateur
se libérerait à l'automne 2008 à la Banque interaméricaine de développement. Une institution
internationale où la France fait de la figuration. Mais autre hic : un candidat a été adoubé
de longue date par Bercy, sachant que c'est Christine Lagarde, en tant que l'un des 47 gouverneurs
de cette banque, qui décide.
A l'étage des sous-gouverneurs de la BDF, on redouble alors d'effort ; on fait jouer contacts, réseaux, à Bercy, au Trésor. Finalement, le candidat désigné pour la BID est évincé. Priorité à Mosk. « La consigne est tombée sur ordre de Bercy avec l'appui de l'Elysée : on ne refuse rien à un Strauss-Kahn », explique une source du dossier.(...)
