CAP 2012

Petite revue de presse et blogs,ouverte en mars 2007 pour soutenir une femme politique humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux cruciaux.

06 octobre 2009

Anne roumanoff : Clearstream pour oublier le reste?

L’avantage du procès Clearstream, c’est qu’on ne nous parle presque plus de la grippe A.

Un peu plus d’absentéisme que d’habitude dans les entreprises (là où on s’arrêtait trois jours pour un rhume, on s’absente une semaine par précaution), quelques classes qui ferment de-ci de-là, les solutions hydroalcooliques ont même refait leur apparition dans les pharmacies. On se refait la bise, on se serre à nouveau la main. Et surtout, on n’entend plus du tout parler de Roselyne Bachelot. Les spéculations vont bon train: Roselyne a-t-elle attrapé la grippe A? A-t-elle décidé de servir de cobaye pour prouver l’innocuité de son vaccin à un milliard d’euros?
Le problème des chiffres, c’est qu’ils sont cruellement précis. Prenez le déficit budgétaire: 140 milliards d’euros. "Pour une fois qu’on bat un record quelque part", ironise mon beau-frère. "Si on gérait nos comptes comme l’Etat gère son budget, on serait interdit bancaire."L’endettement représente 84% du PIB. "Il y en a qui vont en commission de surendettement pour moins que ça", remarque ma bouchère. "Quand Sarkozy avait dit qu’il irait chercher la croissance avec les dents, on n’avait pas compris qu’il creuserait le déficit avec une pelle."
Les hommes politiques se battent pour être président de la République, pourtant le pouvoir ne rend pas heureux. Il n’y a qu’à voir la tête de notre président au G20… Cet homme est surmené ou alors il souffre de l’indifférence de Barack Obama. Même Newsweek l’a remarqué: Barack ne calcule pas Nicolas. Le journal américain ose la comparaison: Barack et Nicolas, c’est Denzel Washington et Joe Pesci. (Joe Pesci, c’est celui qui jouait le gangster psychopathe dans Les Affranchis. Ils exagèrent, ces Américains!)
Ce n’est pas facile d’occuper un poste à responsabilités, tout le monde veut prendre votre place. Raymond Domenech a piqué une colère contre les 65 millions de sélectionneurs qui le critiquent en permanence. Dominique Strauss-Kahn a failli se prendre une chaussure en pleine tête au FMI tandis que Martine Aubry se réjouit des résultats du référendum sur la rénovation du PS. Les militants se sont prononcés en faveur du non-cumul des mandats mais on a oublié de leur demander leur avis sur les petits boulots socialistes: Jack Lang a été envoyé en mission en Corée du Nord (comme s’ils n’avaient déjà pas assez de problèmes là-bas) ; Claude Evin a été nommé à la tête de l’Agence régionale de santé ; Claude Allègre (qui n’a été nommé nulle part et qui semble en concevoir une certaine aigreur) s’est attaqué à Nicolas Hulot, qui le lui a bien rendu.
Aux terrasses des cafés, où on profite des derniers rayons de soleil avant que l’automne ne s’installe définitivement, la crise est dans toutes les conversations:
– Nous, en un an, on est passés de quinze salariés à trois, plus deux stagiaires.
– Maintenant quand tu arrives au bureau le matin, t’as l’impression d’entendre la voix de Nikos Aliagas qui annonce: "Qui-va-quit-ter-l’a-ven-ture?"
Au Franprix de la rue Caulaincourt, une mère de famille demande que son chèque de 18 euros ne soit encaissé que le 20 octobre. Après avoir grimacé, la caissière accepte.
Le vingt-quatrième suicide à France Télécom ne rend pas les usagers plus tendres, au contraire. Il paraît qu’au téléphone, certains clients ironisent méchamment: "Si je vous dis que je n’ai plus de connexion Internet, vous n’allez pas vous suicider?" Les usagers ne font pas de quartier: France Télécom doit faire face à des résiliations d’abonnements en série pour des raisons "éthiques".
L’orange est amère pour des employés déjà pressés comme des citrons.
Pendant ce temps, le procès Clearstream continue. Chacun campe sur ses positions. Dominique de Villepin, toujours aussi élégant, semble ravi d’être l’objet de toutes ces attentions médiatiques. La victime de "l’acharnement d’un seul homme" n’a pas l’air trop malheureux. Des flashes qui crépitent, des caméras qui se bousculent, on se demande parfois si on est dans un tribunal correctionnel ou au défilé de mode masculine printemps-été 2010.

Anne Roumanoff - Le Journal du Dimanche

Samedi 03 Octobre 2009

   

Anne Roumanoff 


Posté par Jocegaly à 18:12 - CLEARSTREAM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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CLEARSTREAM: Edwy Plenel et Gilbert Flam, parties civiles, mettent en cause la responsabilité d'anciens ministres dans l'affaire

Tandis que tous les regards se portent vers la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris devant lequel comparaissent les cinq prévenus de l'affaire Clearstream, une autre procédure, devant la juridiction administrative cette fois, mérite que l'on y prête attention. Lancée par Me Jean-Pierre Mignard, l'avocat d'Edwy Plenel, président du site Web Mediapart et ancien directeur de la rédaction du Monde, et du juge Gilbert Flam, tous deux parties civiles, elle offre un autre regard sur ce dossier en mettant en cause la responsabilité de plusieurs ministres et hauts fonctionnaires de l'Etat.

Leur action se fonde sur l'article 40 du code de procédure pénale selon lequel "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit, est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République". Dans une lettre adressée vendredi 2 octobre au premier ministre François Fillon au nom de chacun de ses clients - première étape de la saisine du tribunal administratif -, Me Mignard relève qu'aucune des autorités, qui a eu à connaître des différentes étapes de l'affaire Clearstream, n'a satisfait à cette obligation de dénonciation.

"Train fou de la rumeur"

Or, souligne l'avocat, si les faits portés à leur connaissance étaient exacts, "ils révélaient un système de corruption au coeur de l'Etat" et s'ils ne l'étaient pas, "il s'agissait d'un système de déstabilisation de l'Etat et d'une atteinte massive à la réputation morale de dizaines de personnes". "Dans les deux cas, poursuit Me Mignard, l'infraction ne souffrait aucun retard dans sa dénonciation." Ainsi relève-t-il que la direction générale de la sécurité intérieure (DGSE) qui, dès le 12 juillet, privilégie la manipulation, ne dévoile ses conclusions qu'à l'autorité politique et non pas aux autorités judiciaires.

La même observation vaut pour l'ensemble des ministres évoqué dans cette affaire : Dominique de Villepin au premier chef, mais aussi Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la défense, Dominique Perben, ministre de la justice, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin et... Nicolas Sarkozy, ministre de l'économie, "informé au plus tard en juillet 2004", qui se constitue partie civile en janvier 2006. "En sa qualité de victime, il était libre de décider à quel moment il devait saisir la justice. Mais en sa qualité de ministre, il ne pouvait s'abstenir de la dénoncer immédiatement", note Me Mignard.

Entendu par le tribunal, M. Plenel avait évoqué une instruction "menée sous un prisme univoque", celui de la rivalité entre MM. de Villepin et Sarkozy, au mépris des autres parties civiles. "Si tous ceux qui ont su très tôt que ces fichiers étaient faux l'avaient dénoncé, ils auraient pu arrêter ce train fou de la rumeur et de la calomnie", avait observé de son côté le juge Gilbert Flam. "J'accepte que l'on puisse considérer qu'un retard a été pris", a déclaré à la barre M. de Villepin, le 30 septembre, ajoutant : "Il y a eu un gel, une inhibition dans ce dossier, parce qu'il a été mis sous une cloche politique et qu'il apparaissait dangereux de s'en approcher."

Pascale Robert-Diard (LE MONDE)

Posté par Jocegaly à 17:18 - CLEARSTREAM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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