21 mars 2009
Souvenirs: Congrès de Reims... le dessous des cartes
Les magouilles socialistes de l'avant-congrès de Reims
Congrès de Reims - Mariages et trahisons
Publié le 13/11/2008 N°1887 Le Point
Au PS, le combat des chefs dure depuis plus d'un an. Aubry, Royal,
Delanoë, Hamon et les autres bataillent pour être calife à la place de
Hollande. Récit d'un vaudeville permanent.
Michel Revol
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Harlem Désir en sort, l'air un peu perdu. « On m'a dit que vous étiez là ? » demande benoîtement le bras droit de Bertrand Delanoë. Et comment ! Depuis des heures, une pleine garnison de journalistes attend la réaction du grand perdant de la soirée. A 2 heures du matin, les résultats du vote des motions sont sans appel : Royal (29 %) a gagné, Delanoë, présumé favori (25 %), est défait, Aubry à égalité. Dans le couloir blafard de Solferino, les journalistes fondent sur Désir. Puis, d'un coup, une grappe se tourne vers le grand escalier de Solferino : le solide Patrick Mennucci, soutien marseillais de Ségolène Royal, descend les marches. « Vous êtes content ? » lui demande-t-on bêtement. « On n'est pas mécontent ! » répond-il avec gourmandise. Mennucci se garde bien de fanfaronner : Ségolène n'est pas majoritaire seule. Elle devra s'allier pour gagner un congrès qui s'annonce historique. Le long chemin qui mène depuis dix-huit mois à Reims, avec ses embûches et ses chausse-trapes, n'est pas terminé.
L'affaire aurait pu être pliée il y a belle lurette. Après les législatives de juin 2007, un conseil national du PS se tient dans un grand hôtel parisien. La moquette onctueuse de la salle de conférences étouffe à peine la fronde qui se prépare : Ségolène Royal veut prendre le parti. Elle n'est pourtant pas là. « La salle avait été préparée pour la siffler », argumente Jean-Louis Bianco. Mais l'ex-candidate a préparé son coup. Elle veut mettre aux voix la tenue d'un congrès extraordinaire. François Hollande ne l'entend pas de cette oreille. Quelques jours avant, ses lieutenants appellent les soutiens de Royal. « Leur message était clair : si tu votes pour, tu seras mis en minorité », se souvient l'un d'eux. Le soir du scrutin, seuls trois élus votent pour la résolution. Hollande a gagné la première manche du congrès.
Jospin règle ses comptes
Les bataillons peuvent se mettre en branle. Le premier à partir à la conquête du siège de Hollande, c'est... Lionel Jospin. L'ex-Premier ministre a une seule idée en tête : éviter que l'ex-candidate prenne Solferino. Fin 2006, juste après la victoire de Royal à la primaire socialiste, Jospin organise la riposte. Il réunit ses proches dans le bureau de Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement de Paris. « Compte tenu de ce qui va se passer [à la présidentielle, NDLR], il faut continuer à travailler ensemble », expose Jospin. Dès le printemps 2007, Harlem Désir, Elisabeth Guigou ou encore Jean Glavany entament leurs déjeuners hebdomadaires pour préparer 2008. Jospin préside. Delanoë n'est pas encore candidat, mais il est au centre du dispositif.
Le complot du Train bleu
A la rentrée 2007, Ségolène Royal et Martine Aubry se remontent aussi
les manches. Un matin de septembre, la maire de Lille invite ses
proches à boire un café dans son appartement de Montparnasse, à Paris.
La conversation roule sur le futur congrès. Aubry craint que, comme
lors de la primaire, les éléphants ne se neutralisent et laissent
passer Royal. Mais qui, dans son entourage, peut faire obstacle à
l'ex-candidate ? Aubry elle-même ? Elle a une autre priorité, la
reconquête de Lille. Marilyse Lebranchu ? Justement, l'ex-garde des
Sceaux arrive dans la pièce. Elle est accueillie par des rires. « Tu
tombes bien, on parlait de toi ! » lance François Lamy. Le député maire
de Palaiseau lui expose l'idée. « Et pourquoi pas ! » répond, bravache,
Marilyse Lebranchu. Un plan est établi : on n'évoquera la candidature
de Lebranchu qu'après les municipales. Puis, si les vents sont
favorables, Aubry prendra le relais. En attendant, elle garde un fer au
feu avec Delanoë en participant à ses déjeuners. Mais, entre les deux
leaders, la sauce ne prend pas. « On se sentait méprisés par les
jospinistes », se plaint un proche d'Aubry.
Quelques semaines plus tard, les jospinistes lancent un ballon d'essai. Ils organisent, à Paris, une journée autour de Delanoë. « On voulait savoir si l'hypothèse Bertrand pouvait prendre », dit l'un de ses soutiens. Mais une bombe éclate : le lendemain, des extraits du livre de Jospin (« L'impasse ») sont publiés dans la presse. L'ex-Premier ministre y déverse sa rancoeur envers Royal. Delanoë enrage. Depuis plusieurs mois, il essayait de se démarquer de Jospin. Tous ses efforts tombent à l'eau. « C'est la cata », dit-il à un intime. Jospin comprend-il qu'il parasite Delanoë ? Lors du déjeuner des jospinistes qui suit, il déclare : « J'ai dit ce que j'avais à dire, je me mets en retrait . » En clair : il passe le témoin à Delanoë.
A l'automne, une troisième force se met en branle. Avec la bienveillance de Strauss-Kahn et de Fabius, l'un parti au FMI, l'autre retiré en « sage actif », les reconstructeurs s'allient pour empêcher le choc Royal-Delanoë. Durant des mois, trois têtes pensantes se voient presque tous les dimanches soir au Train bleu, la brasserie de la gare de Lyon. L'endroit est pratique : le fabiusien Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis, arrive de la banlieue est, le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis du 19e arrondissement et le jeune lion Arnaud Montebourg du TGV en provenance de la Bourgogne. Les serveurs de la brasserie connaissent bien le trio. Lorsque Bartolone y dîne avec son épouse, il y a quelques semaines, l'un d'eux s'approche du couple : « Ils ne sont pas là, les deux autres ? ! »
Le coup de semonce de Mauroy
Après sa belle victoire aux municipales, en mars, Martine Aubry se sent pousser des ailes. Les discussions avec les reconstructeurs, qui la veulent pour locomotive, peuvent reprendre. Mais Aubry hésite. Son fidèle François Lamy tente de lui forcer la main. Le lundi qui suit sa réélection, Martine Aubry retrouve sa garde rapprochée dans son appartement parisien. Lamy lui glisse un bout de papier avec ces quelques mots griffonnés : « Moi, Martine Aubry, déclare être candidate à être premier secrétaire du PS. » La maire de Lille écarte le papier avec une moue : « Ça va pas, non ! »
Ségolène Royal n'a pas l'intention de se faire doubler. Début janvier, elle a laissé entendre qu'elle pourrait être candidate. Mais elle est un peu seule. Peu de grosses fédérations la suivent. Elle tente donc d'étoffer ses soutiens. Au printemps, elle consulte beaucoup. Elle le fait toujours avec le sourire, mais parfois avec des pratiques douteuses. Gilles Pargneaux, puissant patron des socialistes du Nord, en est victime.
Un jour, dans son bureau du boulevard Raspail, Ségolène Royal lui fait les yeux doux. « Viens travailler avec moi , lui dit-elle . Grâce à mes relations, tu auras des portraits dans la presse parisienne . » Pargneaux repousse l'offre. Son refus n'y fait rien : en avril, dans la plaquette en couleur qui présente l'équipe de Ségolène Royal, son nom figure en bonne place ! Enrôlé de force, Pargneaux ! L'affaire énerve Pierre Mauroy, le ténor du Nord. Le 20 avril, dans l'avion qui ramène les caciques du PS des obsèques d'Aimé Césaire, l'ex-Premier ministre prend place auprès de Ségolène Royal. De sa grosse voix il gourmande la présidente de Poitou-Charentes : « Arrête de jouer avec les gens comme tu le fais, ça ne se fait pas . » Après sa victoire à Paris, Bertrand Delanoë peut se concentrer sur Solferino. Sa décision n'est pas encore prise. Mais il continue, lui aussi, son « mercato », comme un président de club de foot. Juste avant les vacances de Pâques, il reçoit une jeune élue dans son grand bureau de l'hôtel de ville. Elle en rigole encore : « J'ai été l'adjointe de Bertrand pendant sept ans à la mairie, mais je ne l'avais jamais rencontré en tête à tête. Là, on a discuté pendant une heure et quart ! » Le maire de Paris cajole la jeune femme, l'incitant à le rejoindre pour le congrès. « Il n'y a que moi qui peux faire obstacle à Ségolène », tente-t-il de la convaincre. Il est tout aussi séducteur avec Jean-Noël Guérini, le patron de la puissante fédération PS des Bouches-du-Rhône. « Tu es incontournable », le flatte-t-il lors d'une entrevue. « Je suis un enfant de Gaston Defferre, plus rien ne m'émeut », rigole avec l'accent et sa voix nasillarde « Jean-Nono ».
Les colères de Delanoë
Avril 2008. Un café près des Invalides. François Lamy, Yves Durand (député du Nord), Adeline Hazan (maire de Reims) et quelques autres sont en avance. Ils attendent leur chef de file, Martine Aubry. Ce jour-là, ils veulent la convaincre d'accepter l'offre des reconstructeurs. Au même moment, gare du Nord, Martine Aubry descend du TGV qui arrive de Lille. Son portable sonne. Elle décroche : « Bonjour Martine, c'est Laurent [Fabius, NDLR]. Je suis avec toi, vas-y . » Mais la maire de Lille entend mal. Elle croit à un canular. Pourtant, lorsqu'elle arrive au café où l'attendent ses amis, elle est motivée. « Il faut qu'on aille plus loin », dit-elle. Elle le fait le 1er juin. A l'école des Arts et Métiers, à Paris, quelque 800 reconstructeurs sont rassemblés. Même les amis de Benoît Hamon, tenants de l'aile gauche du PS, sont là. Comme un symbole, Martine conclut la journée. Au moment de prendre la parole, elle se lève, renversant ses notes. Elle les rassemble mais n'en a guère besoin : la maire de Lille est très inspirée. Va-t-elle trop loin ? L'une de ses phrases est mal interprétée. Visant Manuel Valls, elle brocarde les socialistes qui « ajoutent une épithète » à socialiste. Delanoë le prend pour lui : quelques semaines plus tôt, il s'est affirmé « socialiste et libéral ». Entre les deux camps, les portables et les esprits s'échauffent. François Lamy s'accroche avec Harlem Désir, alors que Martine Aubry a droit à une explication de texte musclée avec Bertrand Delanoë, en visite à Jérusalem...
A l'époque, Delanoë semble un peu tendu. En juin, lors d'un bureau national du PS, il découvre que Solferino veut nettoyer les fichiers des adhérents. L'opération revient à éliminer quelque 1 500 militants parisiens, a priori soutiens du maire de Paris. Delanoë se lève, pointe le doigt vers Hollande et le menace : « Toi, le premier secrétaire, tu dois agir ! » Un peu plus tard, devant quelques fidèles, il est plus imagé : « Si on prend le parti, on lavera tout ça à l'Ajax ! »
Les conjurés de Thoumieux
L'été apaise les esprits. Bertrand Delanoë part plusieurs semaines dans sa maison de Bizerte, en Tunisie. Il nage beaucoup, se promène dans la région et réfléchit. Quelques amis passent le voir : Max Guazzini, patron de NRJ ; Christophe Girard, son adjoint à la culture ; Jean Glavany, son fidèle ami. Pendant des soirées entières, les deux hommes parlent du PS. « Je crois qu'il avait déjà pris sa décision, raconte Glavany. C'est à Bizerte qu'il l'a formalisée . » Quelques semaines plus tard, le maire de Paris réunit ses amis chez Thoumieux, une brasserie proche des Invalides. Lors du déjeuner, il leur annonce qu'il y va. « J'ai bien réfléchi, je sais que ça va être galère, mais vous l'aurez voulu ! » Autour de la table, tout le monde opine. Jospin aussi. Curieusement, toutefois, l'ex-Premier ministre sort de la réserve qu'il observait depuis octobre 2007. L'ex-locataire de Matignon revient à la charge pour cibler sa meilleure ennemie, Ségolène Royal. « Il a tout fait pour bloquer une alliance avec elle ! Il est en désaccord sur tout : le Zénith, le parti, les alliances », confie un convive. L'été a aussi été fructueux pour Martine Aubry. Elle passe une partie de ses vacances au Maroc. DSK, en villégiature dans sa maison de Marrakech, l'invite à déjeuner. Il l'assure de son appui pour mener les reconstructeurs, avec un solide argument : « Ils ont passé un deal : si Dominique prend l'Elysée en 2012, elle ira à Matignon », confie un des principaux leaders strauss-kahniens.
Moscovici piégé
Reste à régler le cas Moscovici. Ce sera fait à La Rochelle, lors de l'université d'été 2008. Depuis le début de l'année, le député strauss-kahnien du Doubs vise le siège de Hollande. Il regarde avec dédain les reconstructeurs. « C'est une virtualité en termes de congrès », dit-il. Les reconstructeurs vont se venger. Le traquenard est préparé en juillet. Au début de l'été, une grande table est réservée en terrasse, au restaurant Les Flots, près du vieux port de La Rochelle. Deux jours avant l'université d'été, Martine Aubry prend les choses en main. Elle décide-enfin-de s'allier avec ce qui reste des reconstructeurs : une partie des strauss-kahniens, Montebourg et les fabiusiens, ennemis jurés de Moscovici. On fêtera-et on médiatisera-le mariage aux Flots. Mosco n'est pas averti. Dans le TGV qui l'emmène à La Rochelle, il croise Laurent Fabius. « Tu viens demain au déjeuner ? » l'interroge l'ex-Premier ministre. Mosco tombe des nues. Mais il refuse l'invitation. « Si Fabius est là, je ne viens pas », dira-t-il ensuite à un intime.
Le samedi, sous le soleil rochelais, le règlement de comptes tourne à l'humiliation. Les journalistes ont été prévenus par Claude Bartolone. Le bras droit de Fabius a tellement bien fait les choses que les caméras envahissent la terrasse des Flots. Un peu débordée, la troupe (Aubry, Fabius, Huchon...) demande à se réfugier à l'intérieur. Une grande table est disponible, mais elle a été réservée par Hollande. Bon prince, le premier secrétaire la cède. La scène qui s'ensuit est restée célèbre : Moscovici, qui jurera ne pas connaître le lieu des agapes, s'attable à une terrasse voisine, seul. Il voit pourtant ses ex-amis, comme Montebourg, rentrer aux Flots. Dans le restaurant, Camba fait mine d'envoyer des textos à sa fille. En fait, il écrit à Mosco : « Casse-toi ! » Le week-end rochelais est un spectacle permanent. Et, pour beaucoup, désolant. Vers 1 heure du matin, dans la nuit du vendredi au samedi, l'attachée de presse de Ségolène Royal converse avec Manuel Valls au milieu des touristes. « On n'avait pas vu ça depuis le congrès de Rennes [où Jospin et Fabius se déchirent, NDLR], non ? » demande-t-elle. « Rennes, au moins, c'était élégant », répond sèchement Valls.
Le congrès approche à grands pas. Les flirts entre les camps s'intensifient. Après plusieurs rencontres, les barons locaux tels Guérini et Collomb, maire de Lyon, s'accordent avec Ségolène Royal. Ils y mettent une condition : qu'elle ne brigue pas le siège de son ex-compagnon. Elle n'est que la locomotive qui doit les emmener dans la majorité du parti. D'ailleurs, elle se plie volontiers aux exigences des barons : elle mettra sa candidature au frais. Elle fait encore mieux fin septembre : juste avant le dépôt des textes en vue du congrès, Ségolène Royal dit en rigolant à ses amis qui s'interrogent sur l'ordre des signataires : « Mettez-moi où vous voulez, en dernière place si ça vous chante ! »
Quelques heures avant l'heure H de dépôt des motions, le 23 septembre, Ségolène Royal propose même à Pierre Moscovici d'être son candidat pour Solferino. Mais, le matin même, Mosco a rencontré Delanoë à l'hôtel de ville. Il est prêt à rallier le maire de Paris. L'offre de Ségolène Royal retarde l'accord. A midi, les partisans de Delanoë sont au restaurant. Le maire de Paris quitte la table. C'est Mosco qui l'appelle. Delanoë revient et dit à ses troupes : « Je viens d'avoir Pierre, il a dit non à Ségolène . » Tout le monde éclate de rire. A 14 h 30, nouvel appel de Moscovici. Cette fois, il accepte de signer la motion Delanoë. Toutefois, le maire de Paris fait passer la consigne : « Pas de triomphalisme. » Jusqu'au bout, malgré les sondages favorables, il ne veut pas donner l'impression que le congrès est gagné. Il a eu du nez.
Ségolène accélère
Malgré sa victoire lors du vote sur les motions, le 2 novembre, Ségolène Royal tergiverse. Les autres camps en profitent : certains évoquent la possibilité d'un front anti-Ségolène, réunissant les 70 % de voix qui ont voté contre sa motion. C'est pourquoi, lundi dernier, elle accélère. Lors d'un déjeuner organisé dans ses locaux du boulevard Raspail, elle évoque sa candidature au poste de premier secrétaire, en formant un ticket avec l'un de ses proches. Jean-Noël Guérini vire de bord : il annonce qu'il la soutiendra. D'autres tentent de s'engouffrer dans la brèche : lors du déjeuner, Vincent Peillon, François Rebsamen et Julien Dray avancent leurs pions pour devenir le fondé de pouvoir de Royal rue de Solferino. « Ségolène a su apaiser les esprits. Elle a montré des qualités d'animation que je ne lui connaissais pas », témoigne l'un des convives. Après la présidentielle, Royal s'était laissé ostraciser. Cette fois, elle est décidée à jouer son va-tout. A moins que...
La gagnante
Vainqueur surprise du vote sur les motions, Ségolène Royal s'estime légitime pour prendre la tête du parti.
Le perdant
Devancé nationalement, durement désavoué à Paris, Bertrand Delanoë, l'ex-favori des sondages, a manqué son pari.
Le retour
Grâce à son alliance avec les fabiusiens et certains strauss-kahniens, Martine Aubry empêche la victoire de Delanoë.
Le désaveu
Double échec pour François Hollande : il n'a pas réussi à former une grande majorité avant le scrutin et son candidat, Delanoë, a été battu.
Les faiseurs de roi
Pierre Mauroy - Le patriarche du Nord
L'ex-Premier ministre voulait soutenir Bertrand Delanoë. Mais il s'est rangé derrière Martine Aubry, adoubée par la puissante fédération du Nord (11 000 militants).
Pour le congrès de Reims, il se serait bien accommodé de la candidature de Vincent Peillon à la tête du parti .
Jean-Noël Guérini - Le patron de Marseille
II l'avait dit et redit : pas de présidentiable à la tête du parti. Le puissant patron du conseil général des Bouches-du-Rhône a apporté 73 % des suffrages de la fédération (7 000 militants) à la motion Royal. Au vu des résultats, il a admis qu'elle puisse concourir pour le poste de premier secrétaire.
Daniel Percheron - Le Pas-de-Calais à ses pieds
Avec le député Serge Janquin, patron officiel du PS dans le
Pas-de-Calais, le président du conseil régional Nord-Pas-de-Calais
règne sur la plus grosse fédération (15 000 militants). Martine Aubry y
a remporté près de la moitié des suffrages. Un geste du duo
Percheron-Janquin et le congrès peut basculer.
Georges Frêche - Le ségoléniste opportuniste
La fédération de l'Hérault (environ 6 000 cartes), qu'il dirige avec l'eurodéputé Robert Navarro, souhaitait se rallier à Delanoë. Le maire de Paris a refusé ce soutien sulfureux. Les deux hommes ont donc opté pour Ségolène Royal, soit un « don » d'environ 2 000 votes, déterminant dans sa victoire.
Petites phrases
« Si Fabius est là, je ne viens pas. » Pierre Moscovici
« Bonjour Martine, c'est Laurent. Je suis avec toi, vas-y ! » Laurent Fabius au téléphone à Martine Aubry, qui croit alors à un canular.
« Les interdictions de licenciement, ça me fait mourir de rire » François Hollande sur les annonces de Ségolène Royal
« Il n'assume pas l'histoire de la présidentielle » Ségolène Royal sur François Hollande
« Si on prend le parti, on lavera tout ça à l'ajax » Bertrand Delanoë
27 janvier 2009
Premier secrétaire du PS : qu'est-ce que c'est vraiment ?
Il existe plusieurs regroupements, associations ou organismes dans la société actuelle. Le terme "Premier Secrétaire" est généralement attribué au premier responsable des ces institutions. La personne occupant ce poste est élue par les membres d'un parti ou désignée par les autorités, selon le cas. Elle est chargée de prendre des décisions importantes. Le Premier Secrétaire peut s'adresser au leader des divers syndicats, partis, églises ou associations. Il peut également être appelé secrétaire général ou secrétaire exécutif.
En Russie, le secrétaire général est un dirigeant décideur qui détient le pouvoir suprême, tandis qu'en Chine, du temps de MAO Zedong, c'était un poste surclassé et très honorifique. Les organisations internationales ont aussi leur premier secrétaire, tout comme les partis politiques. Les organisations confessionnelles ainsi que l'administration peuvent également avoir leur secrétaire général. Pour le cas de la France en particulier, depuis l'année 1969, 10 grands noms se sont succédés au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste : Alain Savary a occupé ce poste de 1969 à 1971, et il a été succédé par François Mitterrand jusqu'en 1981. Ensuite Lionel Jospin a pris le relais pendant 7 ans puis Pierre Mauroy y est resté jusqu'en 1992. Par ailleurs, la mission de Laurent Fabius n'a duré qu'une seule année, tout comme celle de Michel Rocard et de Henri Emmanuelli. Lionel Jospin a repris le poste pour une durée de 2 ans, de 1995 à 1997. François Hollande est celui qui a occupé ce poste le plus longtemps parmi tous ceux qui ont été déjà à la tête du Parti, pendant onze ans.
Récemment, pendant le congrès de Reims du 14 au 16 novembre, le Parti socialiste a procédé à l'élection de leur nouveau Premier Secrétaire. Martine Aubry a été élue au second tour du 21 novembre au dépens de sa concurrente Ségolène Royal. La fonction de Premier Secrétaire est souvent destinée au futur candidat permanent à la direction suprême des affaires du pays, surtout quand le parti est du côté de l'opposition.
Le candidat élu à ce poste par les militants du parti peut avoir de plus grandes ambitions : celles de s'imposer aux législatives et même à l'élection présidentielle. Le Premier Secrétaire doit assurer une mission plus que politique, c'est un futur leader et il dirigera le pays lors des prochaines élections. Les adhérents peuvent prétendre à la victoire de leur Premier Secrétaire, dès que ce dernier est choisi pour occuper ce poste. Soulignons que, même si c'est le Premier Secrétaire qui décide, il doit se conformer à la décision du congrès pour gérer les affaires du Parti. La stratégie utilisée par les partis doit être respectée afin de pouvoir tenter sa chance et de parvenir à être élu premier secrétaire d'un parti. Ce poste est une étape obligée dans une carrière politique et surtout pour accéder aux postes à plus hautes responsabilités de l'Etat. L'objectif des candidats au poste de premier secrétaire est donc toujours le même : être candidat aux prochaines présidentielles. La stratégie la plus courante est également pareille : jouer sur l'affrontement et la peur des partisans par rapport à la défaite. C'est pour cela que la mise en place d'un comité de pilotage de la campagne législative est importante.

C'est la période la plus opportune pour les déclarations les plus enthousiastes, car c'est à ce moment que les gens sont les plus intéressés par les discours politiques et les promesses y afférentes. Comme on l'a dit auparavant, le poste de premier secrétaire dans un parti politique est destiné aux leaders. Les prétendants à ce poste doivent avoir les qualités requises, à savoir : les compétences de leader, la capacité de convaincre, le sens de la négociation, ainsi que des qualités confirmées de manager et une facilité en communication. Ce poste est une référence pour accéder à une plus haute fonction dans les affaires politiques, c'est un stage pour apprendre à diriger un pays, car tout commence au bas de l'échelle. Ceux qui veulent prétendre à ce poste doivent avoir un caractère exceptionnel de leader. Ainsi, s'adresse-t-il aux personnes déterminées et rigoureuses, compétentes et aptes à maintenir l'harmonie dans un parti et plus tard dans un pays. Les rôles qui incombent à un premier secrétaire sont beaucoup plus importants que ce que certains imaginent, ce n'est pas juste un titre honorifique, cela entraîne de grandes responsabilités et des tâches plus lourdes. Une fois élu à ce poste, on peut espérer viser un poste plus important. La population accorde principalement sa confiance à quelqu'un qui est issu des partis politiques fiables. Et être premier secrétaire vaut la peine d'essayer de gravir les différents échelons de la hiérarchie politique.
Le Mardi 27 Janvier 2009 à 14:10
Article écrit par Toli
14 janvier 2009
. Réforme des collectivités: le PS demande à Guigou de revoir sa copie
13.01.09 | 21h48
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Le Bureau national du PS a demandé mardi soir à Elisabeth Guigou, secrétaire nationale à la Réforme de l'Etat, de revoir sa copie sur la réforme des collectivités territoriales, ses propositions ayant été vivement contestées par plusieurs membres, notamment par des sénateurs PS. Dans la perspective de son audition le 28 janvier devant la commission Balladur sur la réforme des collectivités, avec Martine Aubry, la députée a présenté un texte devant le BN, exécutif du parti, a-t-on appris de sources concordantes. Mme Aubry n'a pas participé au BN. Le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, a estimé que le texte "était à revoir et méritait une nouvelle introduction politique pour faire passer le message : nous ne laisserons pas le président de la République agir pour supprimer des contre-pouvoirs, supprimer des collectivités", a-t-il résumé pour l'AFP. "Nous n'avions pas à rentrer dans le piège que nous tendait Nicolas Sarkozy", a-t-il assuré, jugeant que "ce débat devrait se tenir au Parlement et devant nos militants, ne pas être confisqué uniquement par le Bureau national". Mme Guigou a dit, selon M. Rebsamen, qu'"elle allait tenir compte de ce qui a été dit". Selon une autre source, son texte sera remanié. Harlem Désir, chargé de la coordination au PS, a tenu à préciser qu'il n'y avait "pas de remise en cause de la cohérence politique du document présenté" par Mme Guigou. Le PS lui a simplement "demandé de compléter le document et de le préciser", a-t-il déclaré à l'AFP. Auparavant, le groupe PS du Sénat avait mandaté à l'unanimité son président Jean-Pierre Bel pour demander à la direction l'abandon de ce texte, assurant n'avoir pas été associé à son élaboration, ont indiqué plusieurs sénateurs socialistes. "Ceux qui travaillent sur cette réforme n'ont a pas été consultés, on a reçu le texte ce matin, il n'y a pas une mesure précise que l'on rejette mais c'est l'ensemble du texte qui ne convient pas, sur la méthode et le fond", a déclaré un sénateur socialiste sous couvert d'anonymat. "C'est un texte qui ne nous paraît pas correspondre à la situation d'aujourd'hui, nous ne voulons pas passer sous les fourches caudines de Sarkozy", selon un autre. "Nous sommes tous vent debout contre ce texte", s'est plaint un troisième. Devant la presse mardi matin, Elisabeth Guigou avait présenté les grandes lignes de son texte, soulignant que le parti souhaitait "une vraie réforme, dense et qui ne soit pas le prétexte à des manoeuvres électorales". |
04 janvier 2009
PS, congrès et suites. Analyses: du dehors, et du dedans...
Congrès du Parti socialiste (vidéo)
Aprés l'échec du congrès de Reims , le Parti Socialiste implosera-t-il...
"Aprés l' échec du congrès de Reims , le Parti Socialiste implosera t - il en 2009?" - Répondez à cette question sur Yahoo! Questions/Réponses, ou à l'une ...
PS, digérer le vinaigre de Reims - Yahoo! Actualités
Pour répondre à la crise, les socialistes veulent élaborer un 'contre-plan de relance' · Le 75e congrès du Parti socialiste en direct ...
Et, aussi...
PS: LES TUEURS D'ESPOIR
PAR NICOLAS DOMENACH ET MAURICE SZAFRAN
Dans l'hebdo "Marianne" du 29 Novembre 2009
Avec leurs querelles intestines et leur foire aux ambitions personnelles, les caciques se sont employés à assassiner toute espérance. Affligeant .
Le dégoût. La honte. Le désespoir. La rage aussi, et d'autant plus enragée qu'elle n'est pas écoutée.
Ils sont des milliers et des milliers, des milliers de milliers de militants, de sympathisants, ou même de citoyens, que les palinodies socialis-tes n'ont pas fait rire, même si elles pourraient paraître comiques en leur dérisoire égotisme. Il ne faudrait pas oublier, jamais, et pourtant comme on les a mésestimés, tous ces Français qui se sont sentis ridiculisés, mais aussi insultés par cette tragique bouf-fonnerie partisane. Il est vrai que cet affligeant spectacle ne date pas d'hier. Voilà des années maintenant que le PS se soucie d'abord de lui-même et, in fine, uniquement de lui-même, plutôt que du pays, des vies et même des âmes dont il a, en principe, la charge.
Nous nous sommes moqués. Beaucoup. Le PS, ou le Parti d'en sourire. Mais le ridicule ne les a pas tués. Nous avons crié, aussi. Fort. Au point d'être honnis par tous les « petits marquis » rosés. Mais pas assez fort sans doute, puisqu'ils n'ont eu de cesse de perpétrer ce qui ne fut pas seulement de petits meurtres entre camarades, ce qui ne fut pas seulement un suicide.
Après tout, cela ne regarderait qu'eux. Non, ces tristes personnages ont commis un assassinat. Le meurtre de valeurs, de références, d'espérances collectives. Leur crime est là : ils avaient déjà abandonné le peuple en ces années de dérive néolibérale bourgeoise ; cette fois, ils se sont employés à massacrer jusqu'à l'espoir d'un ressaisissement. Et ce, au cœur d'une crise économique et sociale qui s'annonce impitoyable. Messieurs les assassins, bonsoir !
Car le Parti socialiste ne leur appartient pas. Le PS, c'est plus que le PS. Plus que ses combines, ses arrangements entre élus, ses compromissions même, et ses reniements passés d'avec les engagements fondateurs.
L'espérance de solidarité ancrée dans son histoire était un gage que le monde de demain ne serait pas complètement sauvage. Une petite lumière dans la nuit. Le PS, en principe, et en dépit de tous ses avatars si souvent pitoyables, restait, malgré ses trahisons, une force de recours, une puissance symbolique, une consolation même hypothétique, un souvenir de fraternité qui pouvait, qui savait rimer avec avenir et humanité. Le PS, au fond, appartient au patrimoine collectif de la nation.
On a tous eu, ou presque, un frère, un oncle, un parent qui a pleuré quand Mitterrand et le PS se sont élevés au ciel élyséen, avant de jurer, quelques années plus tard, qu'on ne l'y reprendrait plus. Mais beaucoup sont restés attachés à la justice tout simplement, et au PS de Jaurès. Un parti de gauche, le grand parti de la gauche, face à la droite sarkozyste régnante. Alors que l'avenir tourne au noir, que le présent nous alarme, il y avait urgence à ne pas davantage abîmer cette formation qui l'était déjà trop. Une nécessité impérieuse d'abord pour tous les « sans », les sans-emploi, les sans-toit, les sans-grade, les sans-projet, les sans-but qui pouvaient croire, qui avaient encore l'illusion de croire, sinon au socialisme révolu, du moins au pôle d'opposition, voire de proposition, que le PS pouvait représenter. Le môle de résistance était mol, mais au moins offrait-il une rassurance, une garantie que le pouvoir ne se permettrait peut-être pas tout. Puisque le PS avait autrefois existé, il ne faudrait pas que Sarkozy le chatouille trop pour qu'il... réexiste.
La responsabilité historique des chefs les plus titrés, dans ce massacre à ciel ouvert comme il en est des égouts, ne saurait être escamotée. D'abord, parce qu'ils ont eu en charge ce parti qu'ils ont laissé dériver, avant de contri-buer à le couler. « Tous ensemble, tous ensemble, ouais... » Laurent Fabius, Michel Rocard, Lionel Jospin, Pierre Mauroy... Ah, le beau rassemblement des « anciens » qui ont mis un mouchoir, rouge évidemment, sur leurs détestations passées, au nom d'une haine supérieure !
"Tout sauf Ségolène" ...Après quarante années de combat les uns contre les autres, ils ont retrouvé une seconde jeunesse pour brûler la diablesse. L'ancien candidat battu à l'élection présidentielle par Jean-Marie Le Pen est même allé jusqu'à assimiler les royalistes aux social-fascistes collabos de Marcel Déat. Lionel Jospin a toujours reproché aux autres les fautes qu'il a commises.
Certes à la manœuvre, à la magouille même, Fabius, Rocard, Jospin, Mauroy et quelques autres ont gagné. Mais à quel prix ? Voilà des moralistes, ceux qui n'ont cessé de donner des leçons aux autres, à la Terre entière, les voilà décrédibilisés. Professeurs de bonne conduite démocratique, fervents avocats des procédures électives, ces jocrisses n'ont en fait cessé de couvrir des irrégularités, des fraudes qu'un résultat disputé a mis au grand jour.
Hommes doubles, à double vie, au double langage et aux urnes à double fond. Hier encore, ils accusaient l'extrême droite de faire de la magouille une spécialité. Dans leur esprit étriqué, la droite, c'était déjà l'extrême droite. Et ils révèlent à leur tour des pratiques humaines et électorales « dignes » du Front national au temps de son explosion.
Et comme ces « démocrates » s'étaient moqués de ces « gauchistes verts » qui, à l'issue d'un vote tumultueux pour désigner leur champion à l'élection présidentielle de 2007, n'avaient réussi à donner que deux voix d'avance à Dominique Voynet sur Yves Cochet ! Les écologistes avaient décidé de revoter, ce qui avait permis de dégager une candidate incontestée. Les socialistes, eux, n'ont pas pu revoter.
Le scrutin, qui a présidé à la désignation de Martine Aubry, restera donc à jamais pollué par le soupçon de tricherie. Cette marque de l'infamie oblitère et mine une légitimité déjà très contestée. Car la maire de Lille a sans doute des titres de gloire à faire valoir, et elle s'y est employée ; en particulier son passé de ministre de gauche, avec, notamment, la couverture médicale universelle et les 35 heures, même si leur systématisation fut une catastrophe. Mais ce n'est pas elle qui a gagné. C'est Royal que ses alliés ont fait perdre. L'énergie de Martine Aubry, tout à fait réelle, n'a guère entraîné de véritable dynamique. De quelle idée forte fut-elle porteuse, sinon de barrer la route à la prise de pouvoir de la « sainte-nitouche » ? Elle n'a été choisie, intrumentalisée, que parce qu'il fallait une femme pour abattre une femme. Une femme qui servait les intérêts de ces messieurs, contre une femme qui menaçait de... faire le ménage et d'ouvrir grand les fenêtres. Aubry a été élue pour que rien ne change face à une Royal qui, sans doute maladroitement (mais ça fait aussi son « charme »), menaçait de tout bouleverser. Pourra-t-elle, dans ce contexte, rénover quoi que ce soit, et même étouffer Royal sous une rénovation sans Royal ? On peut, pour le moins, en douter.
La nouvelle première secrétaire est donc ligotée. Par ceux qui l'ont faite reine, la droite du parti et la gauche de la gauche, ce front si unique qu'il ne peut qu'exploser. Strauss-kahniens, fabiusiens, hamonistes, formidables manœuvriers qui tenteront demain de la manœuvrer pour la faire tomber. Ah, ils ont « bien joué », pour « planter » Bertrand Delanoë qui, il est vrai, avait lui-même explosé de suffisance et d'insuffisance durant cette campagne interne. Mais le maire de Paris était tout de même arrivé devant sa collègue lilloise au premier tour ; c'est lui qui aurait dû être élu ; c'est lui que les aubrystes ont poignardé en cette nuit des fausses résolutions rémoises. Et l'on voudrait que cet homme, qui s'est rêvé aux plus hautes res-ponsabilités, se contente demain de lécher ses plaies en son palais de l'Hôtel de Ville ou à Bizerte, sa ville natale en Tunisie ! Qui a vaincu par le poignard périra... Aubry devra sans cesse regarder derrière son dos et compter ses doigts après avoir serré les mains. A qui peut-elle faire confiance ? A elle-même ? Même pas.
Car, pour l'emporter, elle a fait campagne contre l'alliance avec le centre, après s'être alliée avec les centristes lillois, ce qui lui a permis d'être brillamment élue à la mairie.
Ce mensonge fondateur, à l'instar du processus torve de son élection, lui soustrait le crédit dont elle aurait besoin pour remettre la maison socialiste d'aplomb. Elle est pourtant contrainte de s'y employer, et même de s'attaquer aux fondements, alors que l'essentiel des forces qui ont fait son succès sont ceux qui l'ont laissée s'effondrer. Autrement dit, le feuilleton n'est pas fini. Cet épisode particulièrement piteux en annonce d'autres. Pas seulement « les feux de la haine », le duel passionnel de deux femmes - Royal-Aubry - dont les médias vont narrer avec délectation le moindre rebondissement. Pas seulement non plus le ballytrap et les chausse-trapes qui vont se multiplier avec les autres présidentiables quasi reconnus - Strauss-Kahn, Fabius, Delanoë - ou aspirant à l'être - Montebourg, Peillon, Valls, etc. Cette foire aux ambitions, si souvent désespérante, pourrait en fait dissimuler des raisons... d'espérer ! Même si le vieux monde jette ses feux aveuglants, le nouveau finira par surgir. Peut-être...
En fait, ça bouge au PS sous l'apparence de l'immuable. La crise économique et sociale renferme un formidable accélérateur d'idées comme de particules partisanes. Le PS maintenu commence de s'interroger sur son « intelligence avec l'ennemi », sur ses connivences avec l'idéologie néoli-bérale, sur ses concessions multiples à la vulgate moderniste du marché tout-puissant. Jamais la financiarisation n'aurait atteint cette frénésie paroxystique sans la complicité des sociaux-démocrates, aujourd'hui partout, ou presque, défaits en Europe.
Tout est à repenser chez les socialistes, et d'abord le rôle de l'Etat, qui ne saurait être seulement distributeur ou protecteur, mais aussi préventif et inventif. Eteindre les incendies financiers, c'est bien. Anticiper les crises, c'est mieux.
Mesurer les injustices ne suffit pas quand il s'agit de les réparer. La gauche redécouvre l'impératif de lutte contre les inégalités sociales, enfin. Mais il lui faut aussi réfléchir à son impensé des inégalités culturelles, aux manières d'y remédier. Elle n'a pas seulement à reprendre la rue, mais la pensée, individuelle et collective. Impossible, pour le PS notamment, de s'y soustraire, puisque l'ancien s'effondre sous les pieds, et que l'hypersarkozysme autoritaire déclenche un puissant appel d'air.
Déjà ont pris leurs marques, se sont précipités même, l'extrême gauche de Besancenot et le centre révolutionnaire de Bayrou.
Les communistes et républicains sociaux arrivent avec Jean-Luc Mélenchon, tandis que les écolos reprennent du poil de la bête avec Daniel Cohn-Bendit.
Les gaullistes tentent de ressusciter avec Nicolas Dupont-Aignan, alors même que Dominique deVillepin a repris un discours au clairon.
Chacun a déjà la tête aux élections européennes, plus précisément à la nécessité de refonder une ambition européenne qui redonne son sens à l'expression « communauté ». D'ici là, la crise économique et sociale va obliger à accélérer encore la révolution culturelle que même les néolibéraux ont été contraints d'entreprendre.
Et vous voudriez qu'on la leur abandonne ? • N.D.et M.S.
12 novembre 2008
Congrès PS “DOCUMENT DE TRAVAIL OUVERT”
Remis aux représentants des différentes motions par Ségolène Royal, ce texte intitulé « Document de travail ouvert » est depuis lundi 10 novembre entre les mains des principaux dirigeants du parti socialiste.
Il se propose de « structurer la réflexion et les échanges » afin de servir de base aux discussions préparatoires à la constitution d’une majorité au congrès de Reims.
Il vise, par la même occasion, à déminer le terrain. Si la nécessité de baisser le prix des cotisations est réaffirmé, aucun montant n’est avancé. Le seuil de 20 euros est donc négociable.
Surtout, ce texte prend soin de préciser que tout élargissement des alliances devra intervenir après avoir rassemblé la gauche. Une façon d’évacuer le procès intenté contre Ségolène Royal et prévenir l’apparition d’un front « anti-Royal » sur le thème du refus de l’alliance avec le MoDem.
« Pour l’unité et le renouveau du Parti Socialiste Les militants ont voté le 6 novembre. Par leur vote, ils ont affirmé leur désir d’une transformation profonde de notre parti et leur soif de fraternité et d’unité. Ils l’ont fait dans un contexte où le monde change, où le libéralisme échoue et où monte la demande d’un projet de gauche.
Face aux souffrances sociales qui s’accumulent, nos responsabilités ne peuvent plus être différées. Il y a urgence. Agir pour que les valeurs humaines s’imposent, porter haut l’exigence de justice sociale et d’émancipation de la personne humaine, c’est depuis toujours l’ambition des socialistes.
Nos valeurs sont d’une vibrante actualité. Le temps est venu d’écrire une nouvelle page de notre histoire. Celle du socialisme du 21ème siècle. La France a besoin d’un Parti socialiste à la hauteur des grands choix politiques qui l’attendent, capable de faire bloc pour s’opposer et proposer.
Le congrès de Reims doit être le point de départ d’un patient et passionnant travail de reconquête idéologique autour de nos valeurs et de nos idées face à la droite, d’élaboration programmatique fondée sur une démocratie militante, participative et active, de mobilisation pour attirer les forces de la jeunesse, les salariés, les catégories populaires et moyennes et construire un nouveau rapport de force politique. Un travail considérable nous attend.
Nous proposons de mettre le parti en mouvement autour de quatre grands chantiers destinés à redonner au PS toute sa place auprès des Français. Avec la ferme volonté de mettre en avant une équipe cohérente, voulant vraiment rénover et fédérant tous les talents, toutes les intelligences, toutes les convictions. Tous ensemble, les socialistes peuvent réussir cette transformation nécessaire
.
1 - Répondre d’abord à l’urgence de la crise financière et sociale
Nombreux sont celles et ceux, personnes âgées, jeunes, salariés précarisés, chefs de PME qui ressentent durement les conséquences de la crise. Nous devons leur dire qu’une autre politique est possible. C’est au Parti socialiste de la proposer. La France entre en récession. Nous devons partout sur les territoires évaluer les effets de cette crise. Ce bilan, dressé par les fédérations en lien avec les élus locaux, sera le préalable à l’organisation d’un grand forum global associant le mouvement social, syndicats, représentants des services publics, salariés en lutte, entrepreneurs, associations, universitaires, altermondialistes, consommateurs, petits épargnants… Ce forum global aura une dimension européenne. La réponse à la crise du capitalisme n’est pas le domaine réservé des cercles technocratiques et des sommets intergouvernementaux. L’efficacité de la réponse en dépend.
2 - Cinq orientations pour bâtir le socialisme du 21ème siècle
1) La finance doit être au service de l’économie productive et non pas au service d’elle-même. Et l’économie productive doit être au service de l’épanouissement humain. Cela suppose un nouvel 2
ordre économique et social juste, contre la précarité et pour la société du travail bien rémunéré, rééquilibrant le rapport capital/travail.
2) Il faut un Etat préventif et stratège qui change les rapports de force. Distribuer après coup ne suffit plus. Cela suppose un nouveau modèle de croissance associant dynamisme économique, politique industrielle, progrès social et écologie.
3) Faire partout le choix écologique de l’excellence environnementale. Urgence sociale et urgence environnementale sont désormais liées. Cela suppose de favoriser une croissance sobre qui tienne compte de la rareté des ressources, d’organiser l’après-pétrole et de promouvoir de nouvelles révolutions technologiques.
4) Oser la démocratie jusqu’au bout et refonder le pacte républicain. Cela suppose de nouvelles institutions, de nouveaux pouvoirs pour les territoires, une réelle démocratie sociale et participative, le pluralisme médiatique, l’indépendance de la justice. Cela suppose d’avoir pour objectif de l’égalité réelle et de reconnaître la France métissée comme une chance. 5) Réorienter l’Europe pour la relancer.
3 - Faire du Parti Socialiste une force neuve
Notre objectif est de faire du Parti Socialiste le grand parti démocratique, populaire et de mobilisation sociale dont la France a besoin. Le respect du vote des militants sera la règle absolue, car c’est la condition première d’une unité nouvelle des socialistes.
Nous voulons construire un parti de masse. Le montant de l’adhésion ne doit plus être un obstacle au militantisme qui est d’abord un don de temps.
Des responsabilités seront décentralisées aux fédérations pour que le parti fonctionne de façon ascendante en s’appuyant sur notre action concrète dans les régions, les départements et les communes.
Des dotations financières plus importantes leur seront attribuées aux fédérations.
Une université populaire de la connaissance sera créée dans chaque région pour permettre à tous les citoyens d’accéder à la culture politique qui permet à chacun d’avoir les outils de compréhension et d’analyse pour intervenir dans les débats d’idées.
Le parti organisera de nouvelles formes de militantisme : réseaux de solidarité concrètes, actions en direction des salariés, implantation dans les quartiers, place des nouvelles technologies, recrutement de nouveaux adhérents etc.
4 - Fédérer la gauche
La stratégie des socialistes a toujours consisté d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d’un contrat de gouvernement. Celui-ci doit être préparé par un comité d’action de la gauche, ouvrant la perspective à terme d’une fédération. Ce comité ouvrira largement ses débats en associant les militants, en organisant des campagnes de mobilisation et d’actions. C’est à partir de cette stratégie que les socialistes ont vocation à s’adresser seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite. »
.
10 novembre 2008
Revue de presse
1) Notre motion
- Nouvel Obs / Segolene ferait un bon 1er secretaire pour 51% des Francais: http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20081109.FAP6923/segolene_royal_ferait_un_bon_premier_secretaire_du_ps_p.html
Verbatim: "Ségolène Royal ferait un bon premier secrétaire du PS pour 51% des Français, selon un sondage Viavoice pour "Libération" rendu public dimanche soir. Auprès des sympathisants de gauche, cette opinion est partagée par 64% des personnes interrogées et, plus précisément encore, par 73% des sympathisants socialistes"
- Le Monde / Les sympathisants PS preferent Royal comme leader: http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/09/les-sympathisants-du-ps-preferent-royal-pour-leader_1116637_823448.html
- Lyon Capitale / "Les sympathisants PS exigent d abord le changement, c est pour cela qu ils ont choisi Royal pour le mener": http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=02&article=6608
- Reuters & Nouvels Obs / Au PS le camp Royal est sous pression: http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/topnews_reuters/20081109.REU6563/au_parti_socialiste_le_camp_de_segolene_royal_est_sous_.html
Verbatim:
"Traversée par des ambitions contraires, l'équipe de Ségolène Royal entame une semaine à hauts risques, sous la pression des autres courants du Parti socialiste qui attendent ses propositions de rassemblement"
"Dans l'entourage de Martine Aubry, on attend des "propositions politiques pour tenir compte du vote de jeudi en faveur d'un renouvellement ancré à gauche", explique Laurence Rossignol, l'une des porte-parole de la maire de Lille (...) Car "dans l'état actuel des choses, il est impossible de s'allier avec Ségolène Royal", tranche Claude Bartolone"
"Député européen, ancien adversaire de la Constitution européenne, Vincent Peillon, 48 ans, penche pour un accord avec Martine Aubry. Numéro deux du PS sous la houlette de François Hollande, François Rebsamen, 57 ans, est partisan d'un rapprochement avec Bertrand Delanoë - ce que Ségolène Royal appelle en privé un "retour à la case départ"
"Jeudi soir, alors que la défaite du maire de Paris se profilait, le premier secrétaire sortant a multiplié les coups de téléphone avec ses "amis" dans l'entourage de Ségolène Royal. "Toutes les dix minutes, il demandait: 'Alors comment on fait ?", raconte l'un d'entre eux."
- Le JDD / Qui comme premier secretaire ?: http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200845/ps-qui-en-premier-secretaire_163853.html
Verbatim:
"Avec sa victoire lors de la consultation des militants socialistes, Ségolène Royal a gagné le droit de prendre l'initiative. Tout le week-end, et alors que la socialiste a fait silence radio, ses "camarades" sont montés au créneau pour lui demander de dévoiler son jeu."
"Et François Hollande, soutien du maire de Paris l'a enjoint - sur l'air du défi - de "prendre l'initiative" rapidement en proposant "une orientation majoritaire" et en avançant "un nom de premier secrétaire"
"Or, la question de l'identité du premier secrétaire est délicate pour Ségolène Royal, porteuse du germe de la zizanie au sein de ses troupes, ce dont ont conscience ses "camarades""
"Elle n'a pas les moyens d'être candidate
sur son nom sinon, elle perd Gérard Collomb(le maire de Lyon) et
Jean-Noël Guérini (le président du conseil général des Bouches-du-Rhône)",
qui ne veulent pas d'un PS dirigé par un présidentiable, explique un
proche. Voir. L'opinion semble avoir de nouveau basculé de son côté.
Dans une enquête Viavoice pour Libération, à paraître lundi, 51%
des Français jugent que l'ex-candidate à la présidentielle ferait un
bon Premier secrétaire pour le PS. Et le pourcentage grimpe à 64% pour
les sympathisants de gauche."
"Attention, prévient Manuel Valls dans le JDD, "si
Ségolène Royal était empêchée a priori, victime d'un front du refus, il
y aurait une révolte des militants, et une incompréhension dans
l'opinion"
- Rue 89 / Bout a bout, Segolene Royal peut elle aller au bout: http://www.rue89.com/blog-ps/2008/11/09/bout-par-bout-segolene-royal-peut-elle-aller-au-bout
Verbatim: "Parmi les premiers à entendre leur téléphone sonner, les anciens alliés partis voir ailleurs si l'herbe était plus verte et surtout le pré carré réservé plus grand. Deux entre autres: Arnaud Montebourg, ex-porte-parole durant la présidentielle mais aujourd'hui soutien de Martine Aubry; Michel Sapin, ami intime de longue date de l'ancien couple phare du PS, qui avait préféré se ranger derrière François Hollande et Bertrand Delanoë"
- L Express / La motion Royal espere un accord dans les 48 H: http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-motion-royal-espere-un-accord-sur-un-nom-dans-les-48-heures_81507.html
- Le Monde / PS: les tractations se multiplient a l approche du congres: http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/09/ps-la-motion-royal-va-proposer-un-premier-secretaire_1116649_823448.html
- Le Figaro / Peillon n est pas candidat pour succeder a Hollande: http://www.lefigaro.fr/politique/2008/11/09/01002-20081109ARTFIG00138-peillon-n-est-pas-candidat-pour-succeder-a-hollande-.php
Verbatim: "Vincent Peillon ne voit «pas pourquoi» Ségolène Royal, dont la motion est arrivée en tête pour le congrès de Reims, «devrait renoncer» au poste de premier secrétaire. «Elle aurait plus de légitimité que beaucoup d'autres», mais dit-il, «elle a fait ce geste de responsabilité» (ndlr: de mettre sa candidature au Frigidaire) «qui a été utile à tout le monde»"
2) Autres motions-
- AFP / F Hollande "d autres configurations sont possibles" en cas de rejet des propositions de Royal: http://afp.google.com/article/ALeqM5hUdfkJ3ud9q2f0yTi6t1rASVDR_g
Verbatim: "M. Hollande ne demande pas à cette motion "de renier son point de vue mais de faire des compromis nécessaires" car "quand on veut rassembler, il faut faire des compromis", a-t-il insisté en rappelant que les autres motions ont obtenu 70% du vote des militants."
- AFP / Congres du PS, Jospin indique soutenir "pleinement" Bertrand Delanoe: http://afp.google.com/article/ALeqM5j3MdDA25E9igalI8cwcQGuUnsLfw
Verbatim:
Dans un communiqué en forme de mise au point, M. Jospin, adhérent à la section La Chapelle-Goutte d'or (Paris XVIIIe), relevant que "certains" ont tiré "des conclusions déplaisantes et fausses de (son) absence au vote du 6 novembre au PS", fait valoir qu'il n'a pas voté parce qu'il était "à Tallinn ce soir-là pour un colloque"
- AFP / Intense tractations, l equipe Royal proposeras un candidat d ici mardi: http://afp.google.com/article/ALeqM5ibcD_cYm2MGtOd-xgOxWflMDDdGQ
Verbatims:
"(Harlem Desir) a réaffirmé, sans trop y croire, son souhait d'un axe Delanoë-Aubry: "il n'est peut-être pas trop tard pour que ceux qui, sur le fond, ont des conceptions communes puissent essayer de les faire avancer dans ce congrès"
"Fort de son beau score (près de 19%), Benoît Hamon, représentant l'aile gauche du parti, estime être toujours dans le jeu pour la succession Hollande, malgré la défection de Jean-Luc Mélenchon. Il a précisé sur France 2 qu'il "discute", notamment avec le camp de Mme Royal"
- Le Figaro / Harlem Desir tacle Royal : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/11/09/01011-20081109FILWWW00101-harlem-desir-tacle-segolene-royal.php
Verbatim: ""Or il se trouve qu'on peut être en tête et avoir des positions qui empêchent de rassembler une majorité", a-t-il ajouté. Il a cité comme exemple la question des alliances, assurant que "la majorité des socialistes ne souhaitent pas des alliances avec le Modem", et celle des cotisations sociales, qualifiées de "taxe" par Ségolène Royal. "Nous ne sommes pas pour un parti de supporters, la majorité des socialistes sont pour un parti de militants", a-t-il lancé.
- PS: le clan Royal se donne deux jours pour avancer: http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-PS-Le-clan-Royal-se-donne-deux-jours-pour-avancer_39382-743160_actu.Htm
Verbatim: "Pour obtenir les résultats définitifs, il manque encore la zone pacifique, la Martinique et la Guadeloupe. Par ailleurs, Martine Aubry conteste les résultats de La Réunion où Bertrand Delanoë l'a emporté avec 58% des voix et où elle n'a obtenu que 2%"
- Nouvel Obs / Besancenot refuse un rapprochement avec Melanchon et Dolez: http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/20081109.OBS0203/besancenot_refuse_un_rapprochement_avec_melenchon_et_do.html
- Le Monde / Pour Besancenot, Melanchon veut construire une sorte de nouveau PS: http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/09/pour-besancenot-melenchon-veut-construire-une-sorte-de-nouveau-ps_1116651_823448.html
07 novembre 2008
Le et les congrès du PS: En savoir plus
En savoir plus sur... les congrès du PS
Dans CHALLENGES
Le
PS organise son 22e congrès du 14 au 16 novembre à Reims. Petit tour
d'horizon de l'importance de ce moment dans la vie du parti.
A quoi sert un congrès ? Organisé en moyenne tous les deux ans
depuis la création du parti en 1969, le congrès sert à (au moins) trois
choses: débattre des orientations idéologiques ; déterminer les
rapports de forces en vue de l'élection des instances (la direction du
parti est désignée à la proportionnelle des scores obtenus, le plancher
étant de 5% dans au moins 15 fédérations) ; depuis 1997, à faire élire
le premier secrétaire par les militants.
Quelles sont les principales étapes du Congrès ? Dans un premier temps, les socialistes rédigent des textes: des "contributions générales", des "contributions thématiques" sur des sujets variés (éducation, environnement, politique étrangère…) et enfin des motions,
les textes soumis au vote à bulletin secret des militants à jour de
cotisations. Du 7 au 9 novembre, les Congrès fédéraux se réuniront pour
élire les délégués au congrès national. Lors du congrès en lui-même,
une "commission des résolutions" se réunira pour tenter d'arriver à une
synthèse des motions susceptible de constituer une majorité. Le premier
secrétaire sera désigné par un vote des militants le 20 novembre, avec
un second tour éventuel le 21.
Qui présente une motion ? Six motions sont en lice: celle de Bertrand Delanoë, soutenue par le premier secrétaire François Hollande et le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault ; celle de Ségolène Royal, alliée à la "Ligne claire" des grands élus locaux (Gérard Collomb, Jean-Noël Guerini…) ; celle de Martine Aubry, qui compte parmi ses soutiens deux anciens Premiers ministres, Pierre Mauroy et Laurent Fabius ; celle de Benoît Hamon, qui rassemble la gauche du parti (Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli...) ; celles, enfin, du Pôle écologique et du courant Utopia.
Qui est candidat au poste de Premier secrétaire ?
On peut "mener" une motion sans être candidat au poste de premier
secrétaire, et inversement. Font notamment figure de candidats à la
tête du parti Bertrand Delanoë, Julien Dray, Vincent Peillon, François
Rebsamen, Martine Aubry et Benoît Hamon. Ségolène Royal, elle, a
annoncé qu'elle mettait sa candidature au "frigidaire". L'élu deviendra
le neuvième première secrétaire, après Alain Savary (1969-1971),
François Mitterrand (1971-1981), Lionel Jospin (1981-1988 et
1995-1997), Pierre Mauroy (1988-1992), Laurent Fabius (1992-1993),
Michel Rocard (1993-1994), Henri Emmanuelli (1994-1995) et François
Hollande (1997-2008).
Quels ont été les Congrès les plus marquants ?
Les spécialistes distinguent généralement les congrès selon leur degré
d'affrontement et selon le fait qu'ils donnent lieu davantage à des
débats idéologiques ou à des luttes intestines. Le congrès le plus
connu est sans doute celui d'Epinay:
en juin 1971, François Mitterrand prend le contrôle d'un parti dont il
n'était pas membre trois jours plus tôt, en s'appuyant sur les
fédérations du Nord et des Bouches-du-Rhône et la gauche du parti
(représentée par Jean-Pierre Chevènement) et en prônant une alliance
avec le PC. Viennent ensuite le congrès de Metz
d'avril 1979, marqué par l'affrontement entre François Mitterrand et la
"deuxième gauche", moins étatique, de Michel Rocard ; puis le congrès
de Rennes
de mars 1990, où le PS se casse en trois tiers
(Jospin-Mauroy/Rocard/Fabius) dans une atmosphère de guerre civile.
Dans une moindre mesure, on cite aussi souvent le congrès de Valence,
en octobre 1981, où le PS se lance dans la surenchère ("des têtes vont
tomber") alors que François Mitterrand vient d'arriver au pouvoir, et
celui de l'arche de la Défense en 1991, où il affirme que le capitalisme "borne [son] horizon historique".
Pourquoi le congrès de Reims peut-il être marquant ?
Parce qu'il survient après une nouvelle défaite électorale lors de
l'élection présidentielle 2007. Parce qu'il soulève des débats
idéologiques sur le positionnement du parti (Bertrand Delanoë ayant
soulevé une polémique en se revendiquant "social et libéral"). Parce
que, comme avec les héritiers du mitterrandisme à Rennes en 1990, il
met face-à-face les héritiers de Lionel Jospin (Bertrand Delanoë,
Ségolène Royal, Martine Aubry…). Enfin parce que, pour la première fois
depuis le même congrès de Rennes, aucune motion n'a obtenu la majorité
absolue, toutes plafonnant sous les 30%.
par Jean-Marie Pottier, journaliste à Challenges.fr, vendredi 7 novembre.
CONGRES PS: Calendrier
- Jeudi 6 novembre 2008 : Vote dans les sections sur les motions (date limite de présentation en section pour pouvoir voter : 31/03/08)
- Du vendredi 7 novembre au dimanche 9 novembre: congrès fédéraux
- Du vendredi 14 novembre au Dimanche 16 novembre : congrès national à REIMS
- Jeudi 20 novembre : Vote sur le 1er secrétaire national, fédéral et secrétaires de section
- Vendredi 21 novembre : second tour éventuel
- Samedi 22 novembre : Conseil national : désignation du BN et du SN
21 octobre 2008
Congrès de Reims, mode d'emploi
Chère amie, cher ami,
Comme tu le sais, le Parti
socialiste prépare en ce moment son Congrès national, qui se tiendra à Reims du
14 au 16 novembre.
Tous les militants du parti sont invités à se prononcer sur les six motions
qui ont été déposées.
Ce vote se tiendra le jeudi 6 novembre dans toutes les
sections, de 17 heures à 22 heures.
Tu as adhéré dans un formidable espoir de
renouveau pour notre pays, pour la gauche et pour notre parti. Tu peux encore relancer
l’espoir et la fierté d’être socialiste en votant pour la motion E conduite
par Ségolène Royal, Gérard Collomb et une nouvelle équipe. Cette
dernière changera en profondeur le Parti socialiste, son fonctionnement, sa relation aux
citoyens, sa façon de faire de la politique, son lien avec le mouvement social. Oui, demain
le Parti socialiste peut ressembler à France que nous voulons construire, diverse, ouverte et
respectueuse de chaque militant.
C’est un rendez-vous important
pour la vie démocratique de notre parti et pour son avenir. Il est donc fondamental que
toutes celles et tous ceux qui sont adhérents se rendent aux urnes pour participer à
la définition des orientations que prendra le Parti socialiste pour les trois prochaines
années.
Un certain nombre de militants nous ont
demandé le « mode d’emploi » du Congrès. Nous sommes donc heureux de
te rappeler ci-dessous les règles du vote en section.
Listes
électorales
Tous les adhérents inscrits au Parti socialiste avant le
31 mars 2008, peuvent voter, à condition d’être à jour de leurs
cotisations.
Si tu as adhéré
après le 31 mars 2006 et que tu n’as pas payé ta cotisation pour 2007 et 2008,
tu peux te mettre à jour en réglant le jour même du vote, le 6 novembre 2008
(même s’il est préférable de régler tes cotisations au
préalable auprès du trésorier de ta section).
Exemple : Tu as adhéré au
Parti socialiste le 7 avril 2006. Tu n’as pas réglé ta cotisation en 2007 et
2008. Tu peux tout de même voter, en te présentant avec le règlement des deux
années de cotisation.
Si tu ne sais pas si tu es inscrit sur la liste
électorale de ta section ou si tu as d’autres questions, n’hésite pas
à contacter le secrétaire de ta section pour vérifier ton statut ET à
envoyer un email à informations.congres@gmail.com. Nous te mettrons en
relation avec les responsables de ta région.
Nous te conseillons de vérifier ta présence sur
les listes sous 48 heures. En cas de problème, merci de nous faire remonter
l’information au plus vite en précisant ta section, ta fédération et
l’année de ta dernière adhésion.
Si tu n’es pas inscrit au
préalable, tu ne pourras pas voter.
Jour du
vote
Le vote aura lieu de 17 heures à 22
heures dans toutes les sections, sans exception. Il se fait à bulletin secret. Tu dois mettre
un seul bulletin dans l’enveloppe.
Aucune procuration ne sera possible.
Dépouillement et
résultats
Les sections dépouillent les bulletins
à partir de 22 heures et envoient le résultat à leur fédération.
Les fédérations doivent envoyer leurs résultats au niveau national avant
minuit. Les résultats nationaux seront connus dans la nuit du 6 au 7 novembre
2008.
C’est en proportion de ses
résultats que chaque motion envoie des délégués au congrès
fédéral, puis au Congrès de Reims.
C’est aussi en fonction des
résultats de ces votes que seront élus les membres du Conseil national.
Rendez vous donc nombreux aux
urnes le 6 novembre ! C’est important pour les socialistes ; c’est encore plus important
pour notre pays.
Amitiés
socialistes,
L’équipe de la motion E
présentée par
Gérard Collomb, Vincent Peillon, Delphine Batho, Jean-Noël
Guérini, Najat Vallaud-Belkacem, Aurélie Filipetti, Manuel Valls, Jean-Jack Queyranne,
Louis Mermaz, Robert Navarro, David Assouline, Patrick Mennucci, Hélène Mandroux,
Samia Ghali, Pascal Terrasse, Julien Dray, Yvette Roudy, Eric Andrieux, Alda Péreira
Lemaître, Dominique Bertinotti, Guillaume Garot, Jean-Pierre Mignard, Jean-Louis Bianco,
François Rebsamen, Ségolène Royal
www.fiersdetresocialistes.org
16 octobre 2008
Congrès PS: Militant socialiste, c’est à toi de décider !
(Lettre de Robert Denecker, ancien d'Epinay, aux militants socialistes)
Le congrès de Reims du Parti Socialiste est engagé. Comme d'habitude, nous avons eu droit à des contributions, aujourd'hui oubliées,
et maintenant à des motions soumises aux votes.
Chacune d'elles étale ses soutiens pour impressionner les militants.
On refait chaque fois la même
chose, à chaque congrès depuis Epinay, et cela dure
depuis ... 37 ans. Pourtant le monde a changé, la France a changé, les esprits
ont changé et la gauche se cherche une nouvelle identité,
de nouveaux modes de fonctionnement et un nouveau leader face à
Nicolas Sarkozy.
Mais, c'est quand même à
vous, militants que reviendra le dernier mot, c'est vous qui allez
voter. Plus vous serez nombreux à le faire, plus votre expression se
libérera des vieilles contraintes héritées du
passé. Je pense particulièrement à ceux d'entre
vous qui, marqués par la déception
après l'enthousiasme de la campagne présidentielle,
hésitez encore à reprendre votre carte 2008. Si vous le faites, chers amis, vous
pourrez vous exprimer, faire connaître votre sentiment et peser
sur la décision !
Une expression qui vous revient de
droit, à vous aussi bien qu'à celles et ceux qui sont à
jour de leurs cotisations. Vous vous rendez compte, nous nous rendons compte que la
plupart des éléphants et éléphanteaux qui
ont concocté certaines de ces fameuses motions sont conditionnés par la crainte
qu'ils ont de voir leurs habitudes et leurs prérogatives
bousculées ... Ils veulent bien parler de ravaler la façade du parti, mais
redoutent visiblement cette rénovation en profondeur et ce
rajeunissement dont le PS a un urgent besoin ! Leurs coalitions sont, hélas,
celles de l'immobilisme, cet immobilisme qui me rappelle étrangement
les dernières années de la SFIO,quand nous, les jeunes de l'époque
au PSU, mais aussi d'ailleurs, en luttant contre les tortures en
Algérie, voulions mettre ces « vieilles barbes » à
la Guy Mollet à la retraite, pour bâtir du neuf et du
vivant, pour reconstruire un parti qui bouge !
En effet, parmi les motions présentées, certaines incarnent la pérennité de l'ordre ancien où se font discrets, pour l'instant, les principaux antagonistes des luttes passées ! Laurent Fabius et Lionel Jospin, pour ne citer qu'eux, tout en respectant leurs personnes, ont fait leur temps, pourtant ils sont encore là et continuent, par personnes interposées, et à travers les désolantes querelles qui opposent publiquement Martine Aubry et Bertrand Delanoë, à régler leurs comptes. Car ils jouent en fait un rôle plus important que ne laisse paraître la discrétion à laquelle ils croient opportun de momentanément se résoudre ...
Puisse chaque militant avoir conscience, encore plus aujourd'hui qu'hier, de l'importance de son vote !
Ami, tu n'as besoin d'aucun conseil de personne et tu disposes de ton entière liberté de choix.
Quand tu te retrouveras seul dans
l'isoloir, tu seras, en effet, libéré de toute forme de
pression, si amicale soit-elle, et à même de faire
le choix que te dicte ta conscience !
Peut-être as-tu vu l'émission « Danièle MITTERRAND l'insoumise » publiée sur Arte le vendredi 3 octobre.
Le soir du second tour des présidentielles, dans la voiture de Danièle, la radio annonce « Nicolas Sarkozy est élu
président de la République »..« Arrêtez et mettez de la musique » demande-t-elle au chauffeur.
C'est Brel qui chante « Quand on a que l'amour ». Elle sourit, évoque ce qui attend Ségolène : « Ca va être terrible pour elle. Elle va être coupée en morceaux. Quand le parti veut démolir quelqu'un, il sait faire. C'est maintenant que je pourrais me rapprocher d'elle. On peut la critiquer, dire ce qu'on veut, mais qu'est-ce qu'elle a donné ! »
Ce sont les derniers mots de l'émission. Danièle Mitterrand avait vu juste, hélas!
Et cela continue, même en termes feutrés, dans la vie du PS aujourd'hui !
Tout simplement parce que Ségolène a la volonté et le courage de faire bouger les choses afin de faire prévaloir dans notre parti le renouveau dont il a un urgent besoin.
13 / 10 / 2008
Gérard Denecker, un ancien d'Epinay, qui n'a de leçon à donner à personne,mais qui sait que l'histoire nous apprend ce qu'il est avisé de ne jamais recommencer
Mon commentaire: Gérard DENECKER qui dit haut, fort et bien, ce que nous sommes nombreux à penser (et à dire de ci de là), de plus en plus nombreux, je l'espère.
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