13 novembre 2009
Métallos et dégraisseurs une pièce engagée
Par res publicain le 12/11/2009
A voir pour ceux qui le peuvent, à promouvoir partout, cette pièce
de Patrick Grégoire, issue de témoignages d'ouvriers, retrace avec
bonheur l'histoire de l'entreprise en France, des années 20 à nos jours
: du paternalisme, du Front Populaire, des guerres au management et aux
délocalisations :
Faites tourner l'information, contactez des gens de théâtre :
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2009/11/12/15771416.html
Je l'ai vue hier soir et ce fut un régal, mêlant qualité, exigence artistique et humour, esprit, petite et grande histoire !
"METALLOS ET DEGRAISSEURS" UNE PIECE DE THEATRE SUR LA MEMOIRE OUVRIERE A VOIR ET A PROMOUVOIR ABSOLUMENT !
Ni misérabiliste, ni caricaturale, ni manichéenne ou pontifiante, "Métallos et Dégraisseurs", pièce de Patrick Grégoire, nous offre un moment de joie, d'humour et de tendresse, parfois grave, en retraçant une histoire ouvrière qui est aussi une part de notre histoire commune.
Astuces scéniques, belle écriture emplie d'esprit, références historiques, décors sobres mais idoines, acteurs de talent : cette pièce de théâtre engagée et humaniste, nous rappelle, en ces temps de souffrance au travail, de chômage de masse et de règne du tout-libéral, ce qu'a été et ce qu'est la vie en entreprise.
Une entreprise dépendant d'Arcelor-Mittal, dont les ouvriers de Gandrange avaient été lâchement abandonnés par Nicolas Sarkozy,, dont la politique anti-économique ravage la France, ouvriers soutenus par Ségolène Royal...
Ségolène Royal tacle Nicolas Sarkozy
envoyé par laboitafilms. - L'info internationale vidéo.
Contribution de S. Royal : intervention d'E. Martin
envoyé par E-LN. - L'actualité du moment en vidéo.
Ségolène rencontre les syndicats Arcelor-Mittal
envoyé par StarLuke. -
FR3 Lorraine 20 mai 2008
envoyé par acgandrange. - L'info video en direct.
A voir et à promouvoir d'urgence !
LA COMPAGNIE TAXI-BROUSSE PRÉSENTE MÉTALLOS ET DÉGRAISSEURS
SPECTACLE THÉÂTRAL AUTOUR DE LA MÉMOIRE OUVRIÈRE -
En
1779, le premier haut-fourneau est installé à Sainte-Colombe sur Seine.
L'aventure industrielle va résonner dans le village pendant plus de
deux siècles. La fabrique a eu jusqu'à 600 salariés dans le milieu des
années 1970. Désormais propriété d'Arcelor Mittal, elle n'emploie plus
que 50 personnes et ses jours semblent comptés.
« Métallos et
dégraisseurs », c'’est l'histoire de cette usine métallurgique, à
travers sept générations de tréfileurs, de 1866 jusqu’à nos jours. Cent
cinquante ans d'histoire, rythmé par un comédien percussionniste à
travers les sons du personnage usine en point central, qui dirige,
dicte et nourrit.
Le
texte a été écrit à partir de témoignages d’ouvriers et de documents
historiques. Des années fastes aux années noires, des grandes grèves
aux avancées sociales, des joies aux peines, des femmes et des hommes
nous ont livré leurs regards sur leurs vies de métallos. Les rencontres
entre petite et grande histoire rendent compte de tous ces espoirs
humains, qu'ils soient positivistes, paternalistes ou communistes.
«
Métallos et dégraisseurs », par ses distances et son humour, se situe
ostensiblement dans la lignée de théâtres politiques à la Bertolt
Brecht ou Dario Fo.
L'exposition photographique « une vie de
Métallos » vient compléter le spectacle avec pour fond sonore les
témoignages des ouvriers.
La création a eu lieu les 8 et 9 Mai
derniers, dans le berceau du projet, à Sainte-Colombe-sur-Seine (21) en
présence de l'ensemble des ouvriers collectés avec un succès
incontestable auprès de quatre cents spectateurs.
Vous trouverez également ci-après un lien avec un reportage réalisé par France 3 : http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/info/54115679-fr.php
quelques images du spectacle : http://www.yvesnivot.com/metallos-SteCO
ainsi qu'un dossier complet concernant notre proposition.
Spectacle tout public à partir de 12 ans
Mise en scène et écriture : Patrick Grégoire
Agnès Billard
Attachée de production
compagnietaxibrousse@neuf.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
03 86 22 67 29
Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy
"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en danger notre héritage commun : la République. [Ce blog n'engage que mes seules opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]
"METALLOS ET DEGRAISSEURS" UNE PIECE DE THEATRE SUR LA MEMOIRE OUVRIERE A VOIR ET A PROMOUVOIR ABSOLUMENT !
Ni misérabiliste, ni caricaturale, ni manichéenne ou pontifiante, "Métallos et Dégraisseurs", pièce de Patrick Grégoire, nous offre un moment de joie, d'humour et de tendresse, parfois grave, en retraçant une histoire ouvrière qui est aussi une part de notre histoire commune.
Astuces scéniques, belle écriture emplie d'esprit, références historiques, décors sobres mais idoines, acteurs de talent : cette pièce de théâtre engagée et humaniste, nous rappelle, en ces temps de souffrance au travail, de chômage de masse et de règne du tout-libéral, ce qu'a été et ce qu'est la vie en entreprise.
Une entreprise dépendant d'Arcelor-Mittal, dont les ouvriers de Gandrange avaient été lâchement abandonnés par Nicolas Sarkozy,, dont la politique anti-économique ravage la France, ouvriers soutenus par Ségolène Royal...
Ségolène Royal tacle Nicolas Sarkozy
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FR3 Lorraine 20 mai 2008
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LA COMPAGNIE TAXI-BROUSSE PRÉSENTE MÉTALLOS ET DÉGRAISSEURS
SPECTACLE THÉÂTRAL AUTOUR DE LA MÉMOIRE OUVRIÈRE -
En
1779, le premier haut-fourneau est installé à Sainte-Colombe sur Seine.
L'aventure industrielle va résonner dans le village pendant plus de
deux siècles. La fabrique a eu jusqu'à 600 salariés dans le milieu des
années 1970. Désormais propriété d'Arcelor Mittal, elle n'emploie plus
que 50 personnes et ses jours semblent comptés.
« Métallos et
dégraisseurs », c'’est l'histoire de cette usine métallurgique, à
travers sept générations de tréfileurs, de 1866 jusqu’à nos jours. Cent
cinquante ans d'histoire, rythmé par un comédien percussionniste à
travers les sons du personnage usine en point central, qui dirige,
dicte et nourrit.
Le
texte a été écrit à partir de témoignages d’ouvriers et de documents
historiques. Des années fastes aux années noires, des grandes grèves
aux avancées sociales, des joies aux peines, des femmes et des hommes
nous ont livré leurs regards sur leurs vies de métallos. Les rencontres
entre petite et grande histoire rendent compte de tous ces espoirs
humains, qu'ils soient positivistes, paternalistes ou communistes.
«
Métallos et dégraisseurs », par ses distances et son humour, se situe
ostensiblement dans la lignée de théâtres politiques à la Bertolt
Brecht ou Dario Fo.
L'exposition photographique « une vie de
Métallos » vient compléter le spectacle avec pour fond sonore les
témoignages des ouvriers.
La création a eu lieu les 8 et 9 Mai
derniers, dans le berceau du projet, à Sainte-Colombe-sur-Seine (21) en
présence de l'ensemble des ouvriers collectés avec un succès
incontestable auprès de quatre cents spectateurs.
Vous trouverez également ci-après un lien avec un reportage réalisé par France 3 : http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/info/54115679-fr.php
quelques images du spectacle : http://www.yvesnivot.com/metallos-SteCO
ainsi qu'un dossier complet concernant notre proposition.
Spectacle tout public à partir de 12 ans
Mise en scène et écriture : Patrick Grégoire
Agnès Billard
Attachée de production
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06 septembre 2009
JL Bianco: Encadrer ou mettre un terme au credit revolving
Extrait:
Actuellement est débattu au Parlement un projet de loi qui vise à moraliser le crédit à la consommation. Une réforme bienvenue, mais toujours bien insuffisante pour mettre fin à des pratiques qui frôlent souvent l’arnaque et participent au surendettement des ménages.
Rappelons que ce type de crédit (appelé aussi "crédit permanent" ou "crédit renouvelable") consiste à mettre à disposition d’un emprunteur une somme d’argent (jusqu’à 21 500€) sur un compte particulier ouvert auprès de l’établissement prêteur de ce crédit. Cette formule est généralement assortie d’une carte de crédit utilisable dans le réseau des commerces affiliés qui acceptent cette carte.
Le taux effectif global (TEG) varie entre 16 et 22% (plus du tiers sont supérieurs à 19%), c’est à dire qu’une somme de 100 euros empruntés génère entre 16 et 22 euros d’intérêts à payer (en plus du remboursement du capital)… L’astuce de nombreuses sociétés de crédit revolving est d’affecter une grande partie des remboursements mensuels à des frais divers et variés (frais d’envois, frais de prélèvements, frais d’assurance, frais de tenue de compte) ce qui diminue d’autant la part du capital remboursé qui est parfois insignifiante… La durée de remboursement du crédit revolving quand on ne puise pas dans la réserve disponible peut alors être extrêmement longue…
Si les crédits revolving ne représentent "que" 21% du volume total des crédits à la consommation accordés aux ménages aujourd’hui, ce sont les personnes aux bas revenus qui y ont principalement recours.
(...)
Il est en tous les cas essentiel de pénaliser les établissements qui prendraient trop de risques et d’accorder de meilleures conditions aux emprunteurs.
Lire l'article: le blog de JLouis Bianco "de près de loin"
05 septembre 2009
Parler de la crise avec le sérieux de l’ironie ...
... un livre de Frédéric Lordon, « la crise de trop »
Réussir à faire jubiler son lecteur quand on traite de la crise financière et économique qui ravage aujourd’hui le monde, n’est pas une mince affaire, surtout en visitant méthodiquement les austères arcanes de la finance internationale avec son jargon anglo-américain hermétique qui raffole de sigles abscons comme les « Alt-A-RMBS » , les « options ARM », les « SPV » ou les « CDO synthétiques ou ordinaires ». Mais c’est la performance de Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS, dans son livre « La crise de trop – Reconstruction d’un monde failli », que de réussir à dérider son lecteur même pour rire jaune (1).
Des retournements de veste désopilants
Il faut dire que, si tragique que soit l’événement, vu sous un
certain angle, on touche à la farce la plus désopilante puisque les
chantres illuminés du marché déréglementé se retrouvent cul par-dessus
tête et qu’on les voit brûler avec la même ardeur l’idole qu’ils
adoraient hier. L’aveu en tout premier lieu du grand-prêtre, Alan
Greenspan, maître pendant si longtemps de la Réserve fédérale
étasunienne et « père de la golden finance » est proprement ahurissant : « Ceux d’entre nous, a-t-il confessé,
qui avaient vu en l’intérêt propre des institutions de crédit le moyen
de protéger leurs actionnaires (tout spécialement moi-même) sont dans
un état d’incrédulité choquée ». Ils peuvent l’être, en effet, ces rusés personnages !
F. Lordon s’amuse à mettre en parallèle ce que fulminaient hier
hommes politiques, banquiers, patrons et journalistes et ce qu’ils
osent affirmer aujourd’hui. Les retournements de veste sont sidérants.
Les pratiques financières affranchies de toutes règles, la libre
concurrence prétendument « non faussée », les mérites de l’actionnariat
tout-puissant tant chantés sont désormais condamnés avec la même
virulence à l’exception de quelques égarés comme Nicolas Baverez qui
n’en démord pas : « La mondialisation, dit-il à la façon de Georges Marchais soldant le stalinisme, conserve des aspects positifs ». Il soutient même ce curieux raisonnement : « l’autorégulation des marchés est un mythe », mais « le libéralisme est le remède à la crise ». Autrement dit, l’autorégulation des marchés qui est au cœur du libéralisme déréglementé est responsable de la crise, mais le libéralisme qui est la maladie, est son propre remède. Comprenne qui pourra !
F. Lordon réunit ainsi un florilège des numéros peu glorieux
auxquels se livrent ceux qui se sont tant trompés, avec une insistance
particulière sur les socialistes français comme M. Rocard ou J. Attali, et
les journalistes de gauche comme Julliard ou Joffrin. On laisse au
lecteur le plaisir de les découvrir, assaisonnés par l’auteur des
remarques assassines et souvent clownesques qu’ils méritent. Juste un
exemple pour donner le ton. Jacques Julliard du Nouvel Observateur
demandait par exemple, en août 2007, si « les socialistes (croyaient) encore à leurs mythes tels que la lutte de classes, le prolétariat, la nationalisation des moyens de productions. » Or voici qu’en octobre 2008, observe F. Lordon,
« un certain Julliard, probablement un usurpateur d’identité, écrit
ceci « Comme à chaque nouvelle crise, le capitalisme financier
appliquera la même recette : prendre l’argent là où il est,
c’est-à-dire chez les pauvres. Quant aux banquiers, j’en vois beaucoup
de ruinés, mais aucun de pauvres. Et pas un seul en prison alors qu’ils
viennent de faire perdre au monde entier 20 à 30 % de sa valeur (…) »
Ah c’est sûr, il est méconnaissable notre Julliard !(…) (A-t-il été) mordu par un renard ? culbuté par une bête à cornes ? Un fâcheux lui aurait allongé la tisane à l’alcool à brûler ? »
Le crédit fou pour pallier l’écrasement des salaires
Ceci dit, on sent bien que ce rire est terriblement jaune. C’est une
façon de ne pas désespérer devant le désastre. Car Frédéric Lordon en
analyse minutieusement les causes. Il va de soi que cette crise des
« subprimes » n’est pas tombée du ciel. Il a fallu pour en arriver là
tourner le dos à la période fordienne qui faisait des salaires le
moteur essentiel de la production pour le marché intérieur : je paie
bien mes ouvriers , disait l’industriel américain, pour qu’ils achètent
mes voitures. Dans une jungle mondialisée, les salaires sont devenus de
simples variables d’ajustement face à la pression actionnariale
insensée et à la libre concurrence échevelée. Et les ménages
américains, faute de ressources, en sont venus à s’endetter dans des
proportions invraisemblables, jusqu’au jour où les
défauts de remboursement se sont multipliés en cascades, entraînant la
chute du château de cartes constitué des titres qui avaient été
diffusés à travers le monde pour en disséminer les risques.
Des propositions
Le rôle des banques est évidemment passé à la loupe. Outre les
rémunérations obscènes de leurs dirigeants et de leurs traders y
compris aujourd’hui en pleine crise, se sont-elles comportées à la
hauteur du service public qu’elles assurent en devant garantir la
sécurité des encaisses monétaires ? Non, à l’évidence,
quand on songe aux 4.000 milliards de pertes bancaires, selon le FMI.
L’auteur avance donc des propositions pour organiser « un système
socialisé du crédit » qui ne soit plus aux mains des banques privées
puisqu’elles ont fait la preuve de leur impéritie, mais qui ne soit pas
non plus entre celles de l’État dont les tentations politiques et
démagogiques peuvent être aussi dangereuses.
D’autres solutions coulent de source. L’étau qui a étranglé les
salaires, doit être desserré mais en en prenant les moyens : les
profits démesurés de l’actionnariat doivent être plafonnés et la
concurrence sauvage mondialisée jugulée. À cet égard, l’auteur réserve
un sort particulier au débat sur « le protectionnisme », « ce concept vide de sens »,
qui serait synonyme de guerre. Que signifie, en effet, cette
concurrence sauvage entre des systèmes sociaux si inégaux à travers le
monde, dont le résultat est à terme l’alignement des plus développés
comme ceux d’Europe occidentale sur les plus archaïques ?
Et l’auteur de fustiger cette « concurrence des marchés » qui « (n’) est (que) le protectionnisme (dénié) des structures » si inégales. « Concurrence non distordue vraiment, demande-t-il, avec
l’Estonie ou la Macédoine qui fixent à zéro leur impôt sur les
sociétés ? Ou la Roumanie où les employés de Renault-Daccia payés 300
Euros par mois sont une sorte d’élite salariale ? » Ce fameux concept de « concurrence non faussée », conclut-il, est « une parfaite ineptie ».
À la mondialisation, préconise-t-il, devrait se substituer
l’interrégionalisation qui permettrait à l’Europe de s’édifier en
préservant son modèle social.
F. Lordon n’a pas de sarcasme assez loufoque pour stigmatiser la
malfaisance de la Commission européenne qui n’a rien trouvé de mieux en
pleine crise du siècle que de rappeler les États à leur obligation de
limiter à 3 % leur déficit budgétaire ! « On cherche des images », écrit-il, pour donner une idée du « délire » de cette Commission : « une
ambulance arrêtée par une police bizarre parce qu’elle vient de passer
à l’orange en se rendant sur une scène de carambolage ? Un avion à
court de carburant interdit d’atterrir par la tour de contrôle parce
qu’il y a à bord un yaourt périmé ? »
Le problème de la responsabilité
Si on avait à émettre une réserve, ce serait au sujet de la notion
de responsabilité. Imprégné d’une culture marxiste, à l’évidence, F.
Lordon ne croit qu’à la pression des structures pour faire marcher
droit les hommes. Il en vient à minimiser la part de responsabilité
individuelle et la toujours possible inflexion malveillante des
structures par les dirigeants. Selon lui, les financiers, traders et
banquiers n’ont jamais agi qu’en vue d’une recherche maximale du profit
pour laquelle ils étaient payés. N’importe qui d’autre aurait agi de la
même manière à leur place, sous peine de perdre son emploi.
Sans doute. Mais on ne peut s’empêcher d’entendre dans ce
raisonnement celui que tenaient les exécutants nazis des génocides juif
et tzigane devant le Tribunal de Nuremberg, de l’officier SS au kapo :
« Je ne suis pas responsable ! » ont-ils répété tous en chœur. Mais qui
alors est responsable ? Sans aucun doute, les concepteurs, les
organisateurs, « les architectes « , « les
ingénieurs » de la déréglementation ont-ils une part écrasante de
responsabilité. Seulement, sans les exécutants, aux tâches bien
cloisonnées et circonscrites, le désastre aurait-il pu survenir ? On
croyait que le cataclysme de la Seconde Guerre Mondiale avait enclenché
un commencement de prise de conscience : n’a-t-on pas condamné M. Papon
en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité parce que, comme
simple secrétaire général de la Préfecture de Gironde, il n’avait pas
désobéi aux ordres qui lui prescrivaient de rafler des innocents ?
On est tenté de répondre à F. Lordon que la structure est certes un instrument capital dans le gouvernement des hommes. Il n’en reste pas moins que quand la structure déraille et devient malveillante sous l’action des dirigeants, il faut que les exécutants soient capables de le dénoncer, d’en sortir coûte que coûte et dire non ! Sinon, on n’en finira pas de répéter toujours les mêmes erreurs et, dans la même soumission aveugle à l’autorité, les pires crimes continueront à être commis par des individus loyaux, consciencieux et toujours irresponsables.
Il reste que, même si on peut émettre une réserve majeure comme celle-ci, le
livre de F. Lordon est passionnant. La finance est replacée au cœur du
débat politique et cesse d’être une activité périphérique réservée à
des initiés aux mœurs incompréhensibles. La crise qui vient de
survenir, montre bien qu’à laisser la finance entre les mains des
financiers, comme en d’autres temps, la guerre aux mains des
militaires, on court à la catastrophe.
(1) Frédéric Lordon, « La crise de trop – Reconstruction d’un monde failli », éditions Fayard, 2009.

