CAP 2012

Petite revue de presse et blogs,ouverte en mars 2007 pour soutenir une femme politique humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux cruciaux.

13 novembre 2009

Métallos et dégraisseurs une pièce engagée

Par res publicain le 12/11/2009

A voir pour ceux qui le peuvent, à promouvoir partout, cette pièce de Patrick Grégoire, issue de témoignages d'ouvriers, retrace avec bonheur l'histoire de l'entreprise en France, des années 20 à nos jours : du paternalisme, du Front Populaire, des guerres au management et aux délocalisations :
Faites tourner l'information, contactez des gens de théâtre :
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2009/11/12/15771416.html
Je l'ai vue hier soir et ce fut un régal, mêlant qualité, exigence artistique et humour, esprit, petite et grande histoire !

"METALLOS ET DEGRAISSEURS" UNE PIECE DE THEATRE SUR LA MEMOIRE OUVRIERE A VOIR ET A PROMOUVOIR ABSOLUMENT !

Ni misérabiliste, ni caricaturale, ni manichéenne ou pontifiante, "Métallos et Dégraisseurs", pièce de Patrick Grégoire, nous offre un moment de joie, d'humour et de tendresse, parfois grave, en retraçant une histoire ouvrière qui est aussi une part de notre histoire commune.

Astuces scéniques, belle écriture emplie d'esprit, références historiques, décors sobres mais idoines, acteurs de talent : cette pièce de théâtre engagée et humaniste, nous rappelle, en ces temps de souffrance au travail, de chômage de masse et de règne du tout-libéral, ce qu'a été et ce qu'est la vie en entreprise.

Une entreprise dépendant d'Arcelor-Mittal, dont les ouvriers de Gandrange avaient été lâchement abandonnés par Nicolas Sarkozy,, dont la politique anti-économique ravage la France, ouvriers soutenus par Ségolène Royal...


Ségolène Royal tacle Nicolas Sarkozy
envoyé par laboitafilms. - L'info internationale vidéo.


Contribution de S. Royal : intervention d'E. Martin
envoyé par E-LN. - L'actualité du moment en vidéo.


Ségolène rencontre les syndicats Arcelor-Mittal
envoyé par StarLuke. -


FR3 Lorraine 20 mai 2008
envoyé par acgandrange. - L'info video en direct.

A voir et à promouvoir d'urgence !

LA COMPAGNIE TAXI-BROUSSE PRÉSENTE MÉTALLOS ET DÉGRAISSEURS

SPECTACLE THÉÂTRAL AUTOUR DE LA MÉMOIRE OUVRIÈRE -

Mtallos_et_degraisseurs

En 1779, le premier haut-fourneau est installé à Sainte-Colombe sur Seine. L'aventure industrielle va résonner dans le village pendant plus de deux siècles. La fabrique a eu jusqu'à 600 salariés dans le milieu des années 1970. Désormais propriété d'Arcelor Mittal, elle n'emploie plus que 50 personnes et ses jours semblent comptés.

« Métallos et dégraisseurs », c'’est l'histoire de cette usine métallurgique, à travers sept générations de tréfileurs, de 1866 jusqu’à nos jours. Cent cinquante ans d'histoire, rythmé par un comédien percussionniste à travers les sons du personnage usine en point central, qui dirige, dicte et nourrit.

Le texte a été écrit à partir de témoignages d’ouvriers et de documents historiques. Des années fastes aux années noires, des grandes grèves aux avancées sociales, des joies aux peines, des femmes et des hommes nous ont livré leurs regards sur leurs vies de métallos. Les rencontres entre petite et grande histoire rendent compte de tous ces espoirs humains, qu'ils soient  positivistes, paternalistes ou communistes.

« Métallos et dégraisseurs », par ses distances et son humour, se situe ostensiblement dans la lignée de théâtres politiques à la Bertolt Brecht ou Dario Fo.

L'exposition photographique « une vie de Métallos » vient compléter le spectacle avec pour fond sonore les témoignages des ouvriers.

La création a eu lieu les 8 et 9 Mai derniers, dans le berceau du projet, à Sainte-Colombe-sur-Seine (21) en présence de l'ensemble des ouvriers collectés avec un succès incontestable auprès de quatre cents spectateurs.

Vous trouverez également ci-après un lien avec un reportage réalisé par France 3 : http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/info/54115679-fr.php quelques images du spectacle :  http://www.yvesnivot.com/metallos-SteCO ainsi qu'un dossier complet concernant notre proposition.

Spectacle tout public à partir de 12 ans

Mise en scène et écriture : Patrick Grégoire
 

Agnès Billard
Attachée de production
compagnietaxibrousse@neuf.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
03 86 22 67 29

Posté par Jocegaly à 15:32 - CRISE, analyses - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy

"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en danger notre héritage commun : la République. [Ce blog n'engage que mes seules opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]

"METALLOS ET DEGRAISSEURS" UNE PIECE DE THEATRE SUR LA MEMOIRE OUVRIERE A VOIR ET A PROMOUVOIR ABSOLUMENT !

Ni misérabiliste, ni caricaturale, ni manichéenne ou pontifiante, "Métallos et Dégraisseurs", pièce de Patrick Grégoire, nous offre un moment de joie, d'humour et de tendresse, parfois grave, en retraçant une histoire ouvrière qui est aussi une part de notre histoire commune.

Astuces scéniques, belle écriture emplie d'esprit, références historiques, décors sobres mais idoines, acteurs de talent : cette pièce de théâtre engagée et humaniste, nous rappelle, en ces temps de souffrance au travail, de chômage de masse et de règne du tout-libéral, ce qu'a été et ce qu'est la vie en entreprise.

Une entreprise dépendant d'Arcelor-Mittal, dont les ouvriers de Gandrange avaient été lâchement abandonnés par Nicolas Sarkozy,, dont la politique anti-économique ravage la France, ouvriers soutenus par Ségolène Royal...


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SPECTACLE THÉÂTRAL AUTOUR DE LA MÉMOIRE OUVRIÈRE -

Mtallos_et_degraisseurs

En 1779, le premier haut-fourneau est installé à Sainte-Colombe sur Seine. L'aventure industrielle va résonner dans le village pendant plus de deux siècles. La fabrique a eu jusqu'à 600 salariés dans le milieu des années 1970. Désormais propriété d'Arcelor Mittal, elle n'emploie plus que 50 personnes et ses jours semblent comptés.

« Métallos et dégraisseurs », c'’est l'histoire de cette usine métallurgique, à travers sept générations de tréfileurs, de 1866 jusqu’à nos jours. Cent cinquante ans d'histoire, rythmé par un comédien percussionniste à travers les sons du personnage usine en point central, qui dirige, dicte et nourrit.

Le texte a été écrit à partir de témoignages d’ouvriers et de documents historiques. Des années fastes aux années noires, des grandes grèves aux avancées sociales, des joies aux peines, des femmes et des hommes nous ont livré leurs regards sur leurs vies de métallos. Les rencontres entre petite et grande histoire rendent compte de tous ces espoirs humains, qu'ils soient  positivistes, paternalistes ou communistes.

« Métallos et dégraisseurs », par ses distances et son humour, se situe ostensiblement dans la lignée de théâtres politiques à la Bertolt Brecht ou Dario Fo.

L'exposition photographique « une vie de Métallos » vient compléter le spectacle avec pour fond sonore les témoignages des ouvriers.

La création a eu lieu les 8 et 9 Mai derniers, dans le berceau du projet, à Sainte-Colombe-sur-Seine (21) en présence de l'ensemble des ouvriers collectés avec un succès incontestable auprès de quatre cents spectateurs.

Vous trouverez également ci-après un lien avec un reportage réalisé par France 3 : http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/info/54115679-fr.php quelques images du spectacle :  http://www.yvesnivot.com/metallos-SteCO ainsi qu'un dossier complet concernant notre proposition.

Spectacle tout public à partir de 12 ans

Mise en scène et écriture : Patrick Grégoire
 

Agnès Billard
Attachée de production
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Source: SARKONOREPUBLIC

Posté par Jocegaly à 15:17 - CRISE, analyses - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2009

JL Bianco: Encadrer ou mettre un terme au credit revolving

Extrait:

Actuellement est débattu au Parlement un projet de loi qui vise à moraliser le crédit à la consommation. Une réforme bienvenue, mais toujours bien insuffisante pour mettre fin à des pratiques qui frôlent souvent l’arnaque et participent au surendettement des ménages.

Rappelons que ce type de crédit (appelé aussi "crédit permanent" ou "crédit renouvelable") consiste à mettre à disposition d’un emprunteur une somme d’argent (jusqu’à 21 500€) sur un compte particulier ouvert auprès de l’établissement prêteur de ce crédit. Cette formule est généralement assortie d’une carte de crédit utilisable dans le réseau des commerces affiliés qui acceptent cette carte.

Le taux effectif global (TEG) varie entre 16 et 22% (plus du tiers sont supérieurs à 19%), c’est à dire qu’une somme de 100 euros empruntés génère entre 16 et 22 euros d’intérêts à payer (en plus du remboursement du capital)… L’astuce de nombreuses sociétés de crédit revolving est d’affecter une grande partie des remboursements mensuels à des frais divers et variés (frais d’envois, frais de prélèvements, frais d’assurance, frais de tenue de compte) ce qui diminue d’autant la part du capital remboursé qui est parfois insignifiante… La durée de remboursement du crédit revolving quand on ne puise pas dans la réserve disponible peut alors être extrêmement longue…

Si les crédits revolving ne représentent "que" 21% du volume total des crédits à la consommation accordés aux ménages aujourd’hui, ce sont les personnes aux bas revenus qui y ont principalement recours.

(...)

Il est en tous les cas essentiel de pénaliser les établissements qui prendraient trop de risques et d’accorder de meilleures conditions aux emprunteurs.

Lire l'article: le blog de JLouis Bianco "de près de loin"

Posté par Jocegaly à 14:55 - CRISE, analyses - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 septembre 2009

Parler de la crise avec le sérieux de l’ironie ...

... un livre de Frédéric Lordon, « la crise de trop »

Réussir à faire jubiler son lecteur quand on traite de la crise financière et économique qui ravage aujourd’hui le monde, n’est pas une mince affaire, surtout en visitant méthodiquement les austères arcanes de la finance internationale avec son jargon anglo-américain hermétique qui raffole de sigles abscons comme les « Alt-A-RMBS » , les « options ARM », les « SPV » ou les « CDO synthétiques ou ordinaires ». Mais c’est la performance de Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS, dans son livre « La crise de trop – Reconstruction d’un monde failli », que de réussir à dérider son lecteur même pour rire jaune (1).

Des retournements de veste désopilants

Il faut dire que, si tragique que soit l’événement, vu sous un certain angle, on touche à la farce la plus désopilante puisque les chantres illuminés du marché déréglementé se retrouvent cul par-dessus tête et qu’on les voit brûler avec la même ardeur l’idole qu’ils adoraient hier. L’aveu en tout premier lieu du grand-prêtre, Alan Greenspan, maître pendant si longtemps de la Réserve fédérale étasunienne et « père de la golden finance » est proprement ahurissant : « Ceux d’entre nous, a-t-il confessé, qui avaient vu en l’intérêt propre des institutions de crédit le moyen de protéger leurs actionnaires (tout spécialement moi-même) sont dans un état d’incrédulité choquée ». Ils peuvent l’être, en effet, ces rusés personnages !

F. Lordon s’amuse à mettre en parallèle ce que fulminaient hier hommes politiques, banquiers, patrons et journalistes et ce qu’ils osent affirmer aujourd’hui. Les retournements de veste sont sidérants. Les pratiques financières affranchies de toutes règles, la libre concurrence prétendument « non faussée », les mérites de l’actionnariat tout-puissant tant chantés sont désormais condamnés avec la même virulence à l’exception de quelques égarés comme Nicolas Baverez qui n’en démord pas : « La mondialisation, dit-il à la façon de Georges Marchais soldant le stalinisme, conserve des aspects positifs ». Il soutient même ce curieux raisonnement : « l’autorégulation des marchés est un mythe », mais « le libéralisme est le remède à la crise ». Autrement dit, l’autorégulation des marchés qui est au cœur du libéralisme déréglementé est responsable de la crise, mais le libéralisme qui est la maladie, est son propre remède. Comprenne qui pourra !

F. Lordon réunit ainsi un florilège des numéros peu glorieux auxquels se livrent ceux qui se sont tant trompés, avec une insistance particulière sur les socialistes français comme M. Rocard ou J. Attali, et les journalistes de gauche comme Julliard ou Joffrin. On laisse au lecteur le plaisir de les découvrir, assaisonnés par l’auteur des remarques assassines et souvent clownesques qu’ils méritent. Juste un exemple pour donner le ton. Jacques Julliard du Nouvel Observateur demandait par exemple, en août 2007, si « les socialistes (croyaient) encore à leurs mythes tels que la lutte de classes, le prolétariat, la nationalisation des moyens de productions. » Or voici qu’en octobre 2008, observe F. Lordon, « un certain Julliard, probablement un usurpateur d’identité, écrit ceci « Comme à chaque nouvelle crise, le capitalisme financier appliquera la même recette : prendre l’argent là où il est, c’est-à-dire chez les pauvres. Quant aux banquiers, j’en vois beaucoup de ruinés, mais aucun de pauvres. Et pas un seul en prison alors qu’ils viennent de faire perdre au monde entier 20 à 30 % de sa valeur (…) » Ah c’est sûr, il est méconnaissable notre Julliard !(…) (A-t-il été) mordu par un renard ? culbuté par une bête à cornes ? Un fâcheux lui aurait allongé la tisane à l’alcool à brûler ? »

Le crédit fou pour pallier l’écrasement des salaires

Ceci dit, on sent bien que ce rire est terriblement jaune. C’est une façon de ne pas désespérer devant le désastre. Car Frédéric Lordon en analyse minutieusement les causes. Il va de soi que cette crise des « subprimes » n’est pas tombée du ciel. Il a fallu pour en arriver là tourner le dos à la période fordienne qui faisait des salaires le moteur essentiel de la production pour le marché intérieur : je paie bien mes ouvriers , disait l’industriel américain, pour qu’ils achètent mes voitures. Dans une jungle mondialisée, les salaires sont devenus de simples variables d’ajustement face à la pression actionnariale insensée et à la libre concurrence échevelée. Et les ménages américains, faute de ressources, en sont venus à s’endetter dans des proportions invraisemblables, jusqu’au jour où les défauts de remboursement se sont multipliés en cascades, entraînant la chute du château de cartes constitué des titres qui avaient été diffusés à travers le monde pour en disséminer les risques.

Des propositions

Le rôle des banques est évidemment passé à la loupe. Outre les rémunérations obscènes de leurs dirigeants et de leurs traders y compris aujourd’hui en pleine crise, se sont-elles comportées à la hauteur du service public qu’elles assurent en devant garantir la sécurité des encaisses monétaires ? Non, à l’évidence, quand on songe aux 4.000 milliards de pertes bancaires, selon le FMI. L’auteur avance donc des propositions pour organiser « un système socialisé du crédit » qui ne soit plus aux mains des banques privées puisqu’elles ont fait la preuve de leur impéritie, mais qui ne soit pas non plus entre celles de l’État dont les tentations politiques et démagogiques peuvent être aussi dangereuses.

D’autres solutions coulent de source. L’étau qui a étranglé les salaires, doit être desserré mais en en prenant les moyens : les profits démesurés de l’actionnariat doivent être plafonnés et la concurrence sauvage mondialisée jugulée. À cet égard, l’auteur réserve un sort particulier au débat sur « le protectionnisme », « ce concept vide de sens », qui serait synonyme de guerre. Que signifie, en effet, cette concurrence sauvage entre des systèmes sociaux si inégaux à travers le monde, dont le résultat est à terme l’alignement des plus développés comme ceux d’Europe occidentale sur les plus archaïques ?

Et l’auteur de fustiger cette « concurrence des marchés » qui « (n’) est (que) le protectionnisme (dénié) des structures » si inégales. « Concurrence non distordue vraiment, demande-t-il, avec l’Estonie ou la Macédoine qui fixent à zéro leur impôt sur les sociétés ? Ou la Roumanie où les employés de Renault-Daccia payés 300 Euros par mois sont une sorte d’élite salariale ? » Ce fameux concept de « concurrence non faussée », conclut-il, est « une parfaite ineptie ». À la mondialisation, préconise-t-il, devrait se substituer l’interrégionalisation qui permettrait à l’Europe de s’édifier en préservant son modèle social.

F. Lordon n’a pas de sarcasme assez loufoque pour stigmatiser la malfaisance de la Commission européenne qui n’a rien trouvé de mieux en pleine crise du siècle que de rappeler les États à leur obligation de limiter à 3 % leur déficit budgétaire ! « On cherche des images », écrit-il, pour donner une idée du « délire » de cette Commission : « une ambulance arrêtée par une police bizarre parce qu’elle vient de passer à l’orange en se rendant sur une scène de carambolage ? Un avion à court de carburant interdit d’atterrir par la tour de contrôle parce qu’il y a à bord un yaourt périmé ? » 

Le problème de la responsabilité

Si on avait à émettre une réserve, ce serait au sujet de la notion de responsabilité. Imprégné d’une culture marxiste, à l’évidence, F. Lordon ne croit qu’à la pression des structures pour faire marcher droit les hommes. Il en vient à minimiser la part de responsabilité individuelle et la toujours possible inflexion malveillante des structures par les dirigeants. Selon lui, les financiers, traders et banquiers n’ont jamais agi qu’en vue d’une recherche maximale du profit pour laquelle ils étaient payés. N’importe qui d’autre aurait agi de la même manière à leur place, sous peine de perdre son emploi.

Sans doute. Mais on ne peut s’empêcher d’entendre dans ce raisonnement celui que tenaient les exécutants nazis des génocides juif et tzigane devant le Tribunal de Nuremberg, de l’officier SS au kapo : « Je ne suis pas responsable ! » ont-ils répété tous en chœur. Mais qui alors est responsable ? Sans aucun doute, les concepteurs, les organisateurs, « les architectes « , « les ingénieurs » de la déréglementation ont-ils une part écrasante de responsabilité. Seulement, sans les exécutants, aux tâches bien cloisonnées et circonscrites, le désastre aurait-il pu survenir ? On croyait que le cataclysme de la Seconde Guerre Mondiale avait enclenché un commencement de prise de conscience : n’a-t-on pas condamné M. Papon en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité parce que, comme simple secrétaire général de la Préfecture de Gironde, il n’avait pas désobéi aux ordres qui lui prescrivaient de rafler des innocents ?

On est tenté de répondre à F. Lordon que la structure est certes un instrument capital dans le gouvernement des hommes. Il n’en reste pas moins que quand la structure déraille et devient malveillante sous l’action des dirigeants, il faut que les exécutants soient capables de le dénoncer, d’en sortir coûte que coûte et dire non ! Sinon, on n’en finira pas de répéter toujours les mêmes erreurs et, dans la même soumission aveugle à l’autorité, les pires crimes continueront à être commis par des individus loyaux, consciencieux et toujours irresponsables.

Il reste que, même si on peut émettre une réserve majeure comme celle-ci, le livre de F. Lordon est passionnant. La finance est replacée au cœur du débat politique et cesse d’être une activité périphérique réservée à des initiés aux mœurs incompréhensibles. La crise qui vient de survenir, montre bien qu’à laisser la finance entre les mains des financiers, comme en d’autres temps, la guerre aux mains des militaires, on court à la catastrophe.


 Paul Villach sur AGORAVOX

(1) Frédéric Lordon, « La crise de trop – Reconstruction d’un monde failli », éditions Fayard, 2009.

Posté par Jocegaly à 15:55 - CRISE, analyses - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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