27 novembre 2009
DSK et la puissance de manipulation des multimilliardaires qui jouent au Monopoly avec la planète.
Domnique Strauss-Kahn, spécialiste de la méthode Coué
sur BETAPOLITIQUE
Alors que les médias dociles braquent tous leurs projecteurs sur l’agent de désinformation grassement appointé par le FMI qu’est le socialiste de façade Dominique Strauss-Kahn, président officiel du club des amateurs de cigares et grand queutard devant l’Eternel, les spécialistes les plus sérieux, dont Jean Paul Fitoussi de l’OFCE, annoncent le pire et dénoncent les manipulations d’opinion orchestrées par les lobbies de la haute finance...
Le 26 novembre 2009 restera une date mémorable car pour la première fois dans l’Histoire, un économiste de Science Po, Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, aura osé s’aligner en direct à 8h45 au micro de fRance Inter, sur les positions radicales du malheureux Michael Moore, dont le dernier film "Capitalism : a love story" montre le désarroi face à la puissance de manipulation des multimilliardaires qui jouent au Monopoly avec la planète.
En effet, M. Fitoussi, qe l’on ne peut guère soupçonner de sympathies avec Julien Coupat, estime que "les pouvoirs politiques on été manipulés par les grandes banques" et que "les conditionnabilités" (néologisme utilisé par l’intéressé pour faire plus scientifique) n’ont pas été suffisamment définies par les clowns du G20.
Il faut entendre par cet euphémisme alambiqué que l’arnaque de la socialisation des pertes et de la privatisation des profits des spéculateurs perdurera et qu’elle ne n’est accompagnée d’aucun moyen de contrôle des gouvernements.
Passant sous silence le fait hilarant que les paradis fiscaux ont été
autorisés à se coopter entre eux pour sortir des indexations "grises" (
le Luxembourg peut se porter garant de Monaco et la Belgique jurer
qu’Andorre et les Iles anglo-normandes na pratiquent pas le blanchiment) M. Jean-Paul Fitoussi s’est ainsi longuement désolé de " l’absence de transparence des grandes banques "
notant au passage que celles-ci continuent d’engranger des bénéfices
FICTIFS et de distribuer des bonus à ceux qui se disent à juste titre
"après nous le déluge".
Revenant sur l’intervention opportune du président du FMI grand (et
gros) rassembleur des fRançais de bon sens, Jean-Paul Fitoussi nous a
rappelé que ce dernier, malin comme le chat d’Alice, a bien insisté sur
le fait qu’ au moins 50% des actifs toxiques n’avaient pas été éliminés des bilans opaques des banques,
et qu’à ce jour, personne au monde n’était en mesure de définir le
montant de l’escroquerie planétaire opérée par les milieux financiers
qui en 2008 annonçaient 40 milliards de dollars de pertes, un bilan qui
se chiffre au final à ce jour, à 4000 milliards, soit CENT FOIS PLUS
que ce que ces crânes d’œufs assermentés avaient déclaré en ouvrant
leurs comptes truqués aux Banques Centrales
M. Fitoussi, décidément très remonté ce matin là, n’a pas hésité à affirmer que le concept de "sortie de crise" avait été directement insufflé aux clébards des médias, par la BNP et consorts, regrettant que cette méthode Coué masque l’explosion imminente de la prochaine bulle financière qui nous précipitera cette fois dans le chaos et la récession mondiale.
Ce digne observateur des colossales manipulations de chiffres nous signale au passage que les équipes d’Obama annoncent le prochain krach boursier pour le milieu de 2010
et que le chômage de masse ne pourra cesser tant que les profits de la
spéculation seront comme aujourd’hui très supérieurs à ceux proposés
par l’investissement industriel.
Pas étonnant dans ces conditions que la mère Lagarde et notre premier
ministre Fifi la Détresse continuent de se lamenter sur l’inévitable
progression des faillites et du chômage pour l’année prochaine. Ils
savent bien à quoi s’en tenir.
Quant à ineffable Dominique Strauss-Kahn qui s’est bien gardé de
commenter l’envolée symptomatique des prix de l’or, sa diatribe sur " la nécessité de poursuivre les efforts de relance engagés
" doit se traduire comme un appel à cracher une fois de plus au
bassinet des banques qui espèrent bien soutirer encore quelques
centaines de milliards de dollars aux états exsangues, jusque au moment
où elles nous mettront tous devant le fait accompli.
Bien entendu, une poignée de multimilliardaires avertis se sera
engraissée au passage et les contribuables et les ménages n’auront plus
qu’à se serrer la ceinture, confrontés à une inflation galopante sur
les denrées de premières nécessité et à une augmentation drastique de
la fiscalité, en particulier celle des impôts locaux et des taxes,
puisque les catégories sociales redevables d’une imposition sur le
revenu fondent comme neige au soleil dans un pays sans emploi, et que,
grâce à Nicolas 1er, le "bouclier fiscal" et les domiciliations à
l’étranger protègent les fRançais spéculateurs et leurs amis de la
jet-set de tout prélèvement étatique "abusif".
On pourra dire en conclusion, que M. Dominique Strauss-Khan, en
spécialiste de le Méthode Coué est venu à la rescousse de M. Nicolas
Sarkozy, désormais à bout d’argument sécuritaires, et que cette
intervention n’aura eu pour finalité que de donner un peu de répit aux
boursicoteurs qui disposent désormais de moins de six mois pour mettre
leurs pactoles à l’abri avant le futur grand chambardement qui
s’annonce encore plus sévère que le précédent.
Tout ceci ne serait que billevesées si la solution à cette gabegie ne
pouvait pas devenir soudain militaire. Car comme chacun sait, à chaque
fois que les financiers ont mis le capitalisme en situation de crise
insoluble, il aura suffi d’une bonne guerre pour que tout rentre dans
l’ordre. D’ici à ce que l’actuel Prix Nobel de la Paix qui s’apprête à
envoyer 40 000 hommes de plus en Afghanistan, ne nous en concocte une
atomique dans la zone Indo-Pakistanaise pour sauver Wall-Street, il n’y
a qu’un pas, ou plutôt un doigt sur le bouton rouge.
Souhaitons que cette hypothèse de Cassandre apocalyptique ne soit
qu’un fantasme dépressif. En attendant, si vous croisez DSK dans un
palace, demandez-lui si la méthode Coué peut aussi fonctionner pour
l’unification des forces de Gauche. Ce serait une alternative vertueuse
à la folie égotique et aux mensonges qui pourrissent les derniers
lambeaux de la démocratie française.
Et un dernier conseil, méfiez-vous de votre banque, elle n’hésitera pas
à vous mettre sur la paille et à vous exclure de toute vie sociale pour
un simple découvert de 150€. La brave imbécile du guichet vous
expliquera " que c"est pas elle, c’est l’ordinateur qui décide..."
Eco-Synergies
- rushesinfos1
09 novembre 2009
Quelle différence entre ce gangster et un trader ?
De l’étonnant hold-up de Lyon et des sentiments inavouables qu’on se surprend à éprouver
Plus que son montant de 11,6 millions d’euros, la méthode du hold-up commis jeudi 5 novembre 2009, dans le centre de Lyon, laisse pantois et, même, on l’avoue, un brin admiratif.
Un hold-up rémunérateur sans violence ni coup de feu
Un des convoyeurs de fonds du fourgon qui venait de charger des liquidités à la Banque de France, en est soupçonné. Il aurait profité, au cours d’une halte, de l’éloignement inexpliqué de ses deux collègues, pour s’enfuir illico avec le magot au volant du fourgon, GPS et téléphone soigneusement désactivés.
Le véhicule n’a été retrouvé que trois heures plus tard dans une ruelle discrète. On suppose que le convoyeur y a transféré son butin en toute tranquillité dans un autre véhicule aux caractéristiques évidemment ignorées. La scène n’a eu aucun témoin. Le retard pris dans le déclenchement des recherches semble avoir donné au cambrioleur une avance suffisante pour peut-être quitter la France. Il paraît avoir programmé son départ : les policiers ont découvert que son appartement était soigneusement rangé, que son frigo comme ses comptes bancaires étaient vidés.
Aucune violence, aucun coup de feu, tout en douceur ! Seuls une préparation minutieuse de longue haleine et un sang-froid dans l’audace ont fait d’un apparent employé de confiance, après une dizaine d’années de service irréprochable, un gangster chanceux qui va peut-être couler des jours heureux dans quelque paradis fiscal tropical.
Il est possible que ce coup de maître soit l’œuvre d’une équipe experte. Rien n’est mieux pour l’information requise par pareil casse qu’un agent infiltré dans la place depuis longtemps qui lève toute méfiance ; il pourrait n’avoir été recruté par le gang que récemment : l’infiltration - ou l’entrisme - est un des moyens les plus sûrs d’obtenir l’information extorquée stratégique la plus fiable qui soit dans un milieu fermé et étroitement contrôlé comme celui des convoyeurs de fonds : on évite tout risque et toute violence inutile.
Quelle différence entre ce gangster et un trader ?
« Il ne faut point juger des gens sur l’apparence » (1), conseille La Fontaine en écho au proverbe, « Il n’est pire eau que l’eau qui dort ». Mais ce n’est pas la morale qu’on est tenté de tirer. Après tout, qu’est-ce qui différencie ce gangster aux mœurs policées qui rafle sans coup férir 11,6 millions d’euros et un trader que des bonus faramineux de récompense poussent à faire gagner toujours plus de milliards à sa banque au casino de la finance internationale ?
L’un et l’autre ne font-ils pas fortune avec l’argent des autres ? Pour le gangster, c’est évident : il détourne tranquillement les « galettes » pleines de billets de banque qu’il était chargé de convoyer dans diverses institutions. Mais que fait d’autre le trader « en prenant des positions », comme on dit dans le milieu, à découvert, c’est-à-dire sans disposer, loin de là, de la totalité de l’argent qu’il met en jeu, en misant seulement momentanément sur une différence de hausse ou de baisse des cours, qui lui dégagera le pactole convoité ? À quelle création de richesse correspond le magot raflé, en milliards parfois à en juger par « l’affaire Kerviel » à la Société Générale ? D’où vient l’argent qui tombe ? N’est-ce pas de l’enrichissement sans cause ? L’opération ne ressemble-t-elle pas à un détournement comparable au vol du convoyeur qui s’enfuit avec son butin ? La seule différence n’est-elle pas que le vol du trader est légal et que celui du gangster ne l’est pas !
On objectera que le trader prend des risques qui méritent d’être récompensés à hauteur de son audace. Et le gangster donc ? N’en prend-il pas lui aussi d’énormes, mettant même sa liberté en jeu alors que le trader ne risque pas la prison ? L’argent qu’il emporte n’est-il pas le salaire du coup de poker tenté ? Dans l’un et l’autre cas, l’argent ne tombe-t-il pas dans les mains du plus culotté et dénué de scrupules ?
Comment rester encore honnête ?
Sans justifier évidemment le hold-up, pas plus que le jeu immoral du trader à la table du casino de la finance mondiale, on ne peut écarter d’une chiquenaude une autre morale. Dans une société où l’argent est mesure de toute chose, comment rester honnête quand on voit les salaires du bas de l’échelle stagner, ceux du haut flamber et les banques provisionner des sommes fabuleuses pour offrir des bonus à leurs traders qui leur font gagner des mille et des cents en jouant des sommes folles qu’ils n’ont même pas ?
Quelle valeur encore reconnaître au travail qui ne pourra jamais rapporter profits aussi considérables ? Puisque les règles du jeu entre travail et rémunération sont pipées, la tentation n’est-elle pas grande de ne plus les respecter ? Qui, en son for intérieur, ne juge pas l’exploit du convoyeur de Lyon avec une secrète bienveillance, sinon admiration, et ce d’autant plus qu’on ne s’en sent pas capable ?
Pourquoi ce qui est permis aux banques ne le serait pas au citoyen lambda ? Si au moins on avait sous les yeux des exemples de probité ! Mais quels sont ceux que donnent certains politiques en vue, de l’affaire Elf à l’Angolagate, en passant par les scandales de la Mairie de Paris et d’Ile-de-France, qui corrompent la société française depuis tant d’années ?
Le seul espoir de fortune qui est permis au citoyen lambda est de jouer à « Euro millions » que, dans une publicité, la Française des jeux ne cesse pas de lui seriner, et en plus avec un parfait cynisme… sur les premières mesures de l’Alléluiah du « Messie » de Haendel ! La simple honnêteté ne commence-t-elle pas à devenir héroïque ? Paul Villach
(1) La Fontaine, « Le Paysan du Danube », « Fables », XI, 7.
dE
08 septembre 2009
Le rassemblement permet une première victoire de la “taxe tobin verte”
Je me suis toujours battu pour la taxe Tobin et ai fait parti du groupe
travaillant sur cette dernière dès 1997. Rappelons qu’elle n’avait pu
être adoptée au Parlement européen à cause de la droite mais aussi de
l’extrême gauche…
Ce jeudi 3 septembre, le Parlement européen s’est prononcé en faveur d’une
"taxe tobin verte" en adoptant les amendements déposés en commission du
Développement par Vincent Peillon et une coalition "arc-en-ciel"
d’eurodéputés (notamment Catherine Trautmann et Kader Arif pour le PS,
Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly pour Europe Ecologie, Marielle de Sarnez
et Jean-Luc Bennahmias pour le MoDem, Kartika Tamara Liotard pour la
Gauche unitaire européenne/PC).
Le texte adopté en commission, malgré l’opposition du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), appelle les Etats et la Commission européenne à défendre, en décembre, lors de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, "la mise sur pied d’une taxe internationale sur les transactions financières dont les revenus seraient affectés aux besoins environnementaux des pays en développement".
Comme le rappelle Vincent Peillon, "avec
une taxe Tobin même limitée à un taux de 0,1%, nous pourrions déjà
lever plus de 250 milliards de dollars par an pour lutter contre le
réchauffement climatique, permettre à la moitié de l’humanité de
continuer à se développer et initier une nouvelle ère de régulation du
capitalisme global".
Sur le blog de Jean Louis Bianco
26 août 2009
Rétablissons la vérité sur les bonus
26 août 2009 - 20:56
Rétablissons la vérité sur les bonus
Par l'équipe de Ségolène Royal
• La réunion à l’Elysée avec les dirigeants des banques françaises a-t-elle débouché sur des décisions efficaces ? Il est permis d’en douter.
En effet :
- Avec le versement étalé sur trois ans de deux tiers des bonus, on ne récompensera plus nous dit-on les prises de risques qui se révèleraient désastreuses pour les banques.
- Cette partie du bonus ne sera en effet débloquée que si les performances de la banque le justifient, et donc si les traders ont eu un comportement vertueux.
- Enfin, au moins un tiers de la fraction différée des bonus sera versée sous la forme de titres, « gelés » pour une durée minimale de deux ans, ce qui accroîtra les fonds propres des banques.
• En réalité, ces mesures ne résoudront rien.
Le problème posé par les rémunérations variables dans le secteur bancaire n’est à ce stade absolument pas traité.
- « Pas de bonus sans malus, ce n’est pas à tous les coups on gagne ». Voilà ce qu’a dit Nicolas Sarkozy hier, à l’issue de la réunion.
- Pourtant, le gouvernement ne met pas en place un système de malus. Les traders trop téméraires ne s’exposent pas à des « amendes » (conformément au principe « pollueur / payeur !). Tout ce qu’ils risquent, c’est de gagner un peu moins d’argent.
• D’une certaine manière, la politique des bonus s’aligne sur celle des stock-options. « Si tu ne gagne pas, tu ne perds rien ».
Dans ces conditions :
- Les mesures avancées ne dissuaderont pas les prises de risques excessives, les rétorsions encourues n’étant pas suffisamment dissuasives en regard des gains espérés.
- Plus largement, on ne touche pas au problème politique et presque philosophique que soulèvent les bonus. Les 500 millions d’euros qui restent provisionnés représentent tout de même une moyenne de 30 000 euros par salariés et en réalité pour certains beaucoup, beaucoup plus.
L’équipe de Ségolène ROYAL
21 août 2009
Eva Joly dénonce les filiales de la BNP dans les paradis fiscaux
L'eurodéputée Eva Joly (Europe-Ecologie)
s'en prend aux intérêts de la banque BNP Paribas dans les paradis
fiscaux. Lors des journées d'été d'Europe-Ecologie, vendredi 21 août,
elle a interpellé la banque française. "La BNP n'a pas été choisie au hasard, a-t-elle expliqué.
Dans notre travail sur l'Afrique, nous avons vu trop souvent la BNP
impliquée dans des montages sur le pétrole qui permettaient aux chefs
d'Etat de dégager des fonds dans leurs propres comptes ouverts dans les
paradis fiscaux", a expliqué l'ancienne juge anti-corruption.
"Nous souhaitons savoir pour la BNP ce qu'elle a gagné dans ses deux
filiales à Chypre, dans les 27 filiales au Luxembourg, dans les 21
filiales au îles Caïman", a-t-elle ajouté. Selon l'eurodéputé Pascal Canfin, BNP Paribas, "qui a reçu 5 milliards d'aides publiques", est la banque française qui a le plus de filiales – 189 – dans les paradis fiscaux. Selon lui, elle devrait "justifier de son activité".............
16 août 2009
Banques et crise. COLERE!!!!!!!!!!!!!!
Percutant.
13 août 2009
Najat Belkacem: L’argent des banques, l’argent de l’Etat : vertus publiques et vices privés.
Depuis mon dernier billet, l’actualité m’a incitée bien des fois à
revenir vers mon clavier pour une nouvelle chronique, mais je voulais
aussi m’astreindre à une petite cure de désintoxication au web. C’est
dur, mais c’est possible. Amis accros à Facebook, blogs et autres
Twitter, je vous assure que ça ne fait pas de mal de se délivrer un peu
de la tyrannie de l’actualité permanente, et de la remplacer par
quelques heures de lecture ininterrompues (ou presque). Cela ne change
rien à la dure réalité, mais ça peut aider à y voir plus clair.
Comment, par exemple, ne pas être sidérée par ce qui est en train de se passer entre les banques françaises et le gouvernement, après tous les discours de Nicolas Sarkozy sur la moralisation du capitalisme, les promesses sur les nouvelles règles du jeu de la profession, les garanties et les contreparties soi-disant obtenues en échange du plan de sauvetage du secteur bancaire par l’Etat ?
Dans un premier temps, j’aurais volontiers exprimé mon indignation envers les dirigeants de la banque qui, non seulement ont manqué à leur récent engagement sur la transparence des rémunérations, mais ne semblent pas mesurer leur part de responsabilité dans la crise économique et sociale que nous traversons.
En y réfléchissant davantage, c’est plutôt une lourde défaillance du gouvernement que dévoile l’affaire du milliard bonus de la BNP à ses traders, quelques mois après avoir bénéficié d’une aide de l’Etat de plus de 5 milliards.
Au-delà du cas de la BNP Parisbas, rappelons en effet, avec la Cour des
Comptes, qu’à la fin de l’année l’Etat aura déboursé quelques 173
milliards d’euros en prêts et apports de fonds propres pour les
banques, c'est-à-dire plus de 9% du PIB de notre pays. Ça promet pour
la suite des événements.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe du sauvetage du système bancaire en tant que tel, c’était bien entendu une nécessité pour l’Etat d’intervenir, mais plutôt de se demander ce que le gouvernement a cherché à obtenir en échange. Et ce qu’il a obtenu.
Je crois en effet que si on peut discuter à l’infini pour savoir si une banque privée pourra jamais s’intéresser à autre chose qu’à ses intérêts, personne ne peut nier que l’Etat, lui, se doit d’être un peu plus qu’un guichet de prêt, et que son rôle est précisément de faire triompher l’intérêt général sur les intérêts particuliers.
Mais est-ce bien ainsi que l’Etat français s’est comporté ? Est-ce bien ainsi qu’il conçoit encore son rôle ?
En effet, au vu des déclarations de François Fillon et du Président de la République, il semblerait bien que leur seul objectif n’a jamais été que de se faire rembourser. Encore heureux. Et nous devrions les féliciter, les remercier devant tant de courage et d’ambition ?
Mais l’Etat n’est pas une banque, et les responsables politiques ne sont pas des traders : on ne peut pas se contenter d’une opération plus ou moins neutre sur le plan comptable, alors qu’une crise sans précédent prouve que c’est la logique même du système financier qui est pervers, notamment le mode de rémunération des opérateurs sur les marchés spéculatifs.
Nous ne pouvons aujourd’hui que constater que rien n’a été fait réformer le système et mettre fin à ses pratiques les plus pernicieuses. Pire, nous comprenons à quel point l’Etat ne s’est jamais vraiment senti en devoir de le faire, justifiant aujourd’hui son incapacité à gouverner et à réglementer les puissances de l’argent.
L’incurie de l’Etat est d’autant plus inquiétante pour la suite que le rapport de la Cour des Comptes cité plus haut estime que les banques ne tiendront pas non plus leurs engagements sur le financement de l’économie française d’ici la fin de l’année.
Nous l’apprendrons probablement lors d’une conférence de presse d’une banque aux résultats en hausse, certainement pas au travers d’un communiqué de l’Elysée, ou du gouverneur de la Banque de France.
Nous ne pourrons nous contenter, alors, d’une vague explication sur l’impuissance publique, le cynisme regrettable de quelques-uns, la « tolérance zéro » de Christine Lagarde ou la promesse d’en reparler au prochain sommet international.
Nous en conclurons simplement que le gouvernement n’a pas été la victime consentante d’un marché de dupes, mais le complice actif d’une véritable extorsion de fonds.
La source: N . Belkacem FaceBook
06 août 2009
ATTALI Banques: le triomphe des coupables
La crise, chacun le sait, est largement de la faute des banques américaines, qui ont trop prêté et développé des produits spéculatifs. Pour les sauver, le Trésor américain leur a prêté de l'argent sans intérêt. Celles de ces banques qui n'ont pas fait faillite continuent à agir comme avant, inventant de nouveaux produits spéculatifs et ne prêtant, très chers, qu'à celles des entreprises qui n'ont pas vraiment besoin de leur argent. Lire la suite l'article
Elles ont, en plus, aujourd'hui, une raison supplémentaire d'agir ainsi: tous les régulateurs leur enjoignant de reconstituer leurs fonds propres, elles le font, non seulement en utilisant tous les artifices comptables rendus possibles par les réformes d'avril, mais aussi en refusant de prêter aux particuliers et en exigeant des intérêts énormes des grandes entreprises désespérément à la recherche de liquidités.
Comme les intérêts que ces banques versent aux déposants sont proches de zéro, leurs bénéfices sont énormes. Et avec eux, elles peuvent recommencer à développer des produits spéculatifs, avec lesquelles elles comptent refaire les mêmes profits que par le passé, sans que personne ne vienne même, cette fois, leur opposer des réglementations. Et nul ne peut protester: qui pourrait se mettre mal avec son banquier ?
Alors qu'après 1929, des réglementations très strictes ont été imposées aux banques américaines, aujourd'hui, rien n'est imposé à personne. Le G20 n'aura été qu'une jolie comédie. De plus, Wall Street continue à disposer de considérables moyens d'influence. Des lobbys bancaires, fort bien dotés, arrosent le Congrès. Et les banquiers, devenus ministres ou superviseurs, réussissent à écarter toutes les législations qui pourraient gêner leurs ex et futurs employeurs.
En particulier, une seule banque tient tout: Goldman Sachs. Elle est l'objet aujourd'hui d'innombrables analyses critiques, dont la plus acérée est venue récemment du magazine Rolling Stones. Après avoir éliminé ses principaux concurrents, (dont Lehman)... Lire la suite sur Slate.fr
BNP: UN MILLIARD D'EUROS POUR SES TRADERS
Attaquée, BNP Paribas se défend
AFP

À gauche, Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP Paribas, à droite, Baudoin Prot, pdg © ERIC FEFERBERG ERIC PIERMONT/ AFP
La banque BNP Paribas "respecte scrupuleusement" les règles établies pour les bonus dans les banques telles qu'elles ont été établies par le G20, a assuré mercredi la banque à l'AFP à la suite de la publication d'un article dans Libération sur "le retour des bonus".
Selon le quotidien, la banque française "va discrètement accorder autour d'un milliard d'euros de primes à ses traders". "L'enveloppe à distribuer aux 17.000 salariés de sa filiale (Corporate and Investment Banking, banque de financement et d'investissement du groupe, ndlr) devrait dépasser sans problème le milliard", indique le journal soit "59.000 euros en moyenne par personne". (...)
05 août 2009
Bonus: Martine Aubry demande à Nicolas Sarkozy "des faits concrets"
Dans LE NOUVEL OBS
AP | 05.08.2009 | 18:31
Les pratiques financières qui ont conduit à la crise "sont de retour", a dénoncé mercredi le PS, après les informations de "Libération" sur le milliard d'euros de bonus que pourrait distribuer la BNP-Paribas. Martine Aubry demande à Nicolas Sarkozy de transformer ses "appels à la moralisation et à l'autorégulation" du secteur financier en "faits concrets".
D'après les calculs de "Libération", la BNP-Paribas a provisionné environ un milliard d'euros pour rémunérer ses traders au début de l'année 2010, une somme que la banque n'a pas démentie.
Cette annonce sonne "comme un véritable scandale", estiment la première secrétaire du Parti socialiste et le secrétaire national à l'industrie Guillaume Bachelay.
Dans un communiqué, ils rappellent les cinq milliards d'euros accordés par l'Etat à la BNP-Paribas lors du "Plan de sauvetage des banques" à la fin de l'an dernier. "Sans ce soutien de la puissance publique, BNP Paribas n'aurait pu réaliser 1,6 milliard d'euros de bénéfice au deuxième trimestre et reconstituer ses marges, alors même qu'elle assèche le crédit aux particuliers et aux PME", avancent-ils.
"Dans des discours tonitruants et promus comme tels (...), le président de la République a annoncé 'une moralisation du capitalisme' et promis la fin des bonus exubérants et des parachutes dorés en contrepartie des aides accordées aux banques", rappellent-ils. "Le décalage entre les mots et les actes est total".
Pour eux, "chacun mesure aujourd'hui la faute économique, politique et morale qui a consisté, de la part du gouvernement, à ne pas entrer dans le capital des établissements bancaires qui ont reçu l'aide de l'Etat, exigence sans cesse formulée par le Parti socialiste et l'ensemble de la gauche".
Dans la perspective du prochain G-20 de Pittsburgh en septembre, "il appartient à la France de prendre vraiment la tête d'un encadrement des pratiques financières et d'un plafonnement des rémunérations des acteurs du secteur", plaide le communiqué. Pour le PS, "les Français attendent de leur gouvernement qu'il fasse respecter par les banques l'ensemble des contreparties fixées en échange des aides reçues". AP
