24 avril 2009
Mon inquiétude pour la Guadeloupe : qu'attendent-ils pour agir ?
Comment ne pas être inquiet de ce qui se passe aujourd’hui en Guadeloupe ? La presse n’en parle plus – ou presque. Le gouvernement reste silencieux. Mais le conflit social qui a secoué l’archipel en février dernier n’est pas apaisé, car les promesses n’ont pas été tenues.
N’attendons pas les prochaines révoltes.
Yves Jégo s’est permis de dire hier que je suis rentrée piteuse des Antilles.
Plutôt que de faire des commentaires politiciens méprisants, il ferait mieux de se hisser à la hauteur des problèmes auxquels font face les Antillais
Je l’informe – puisqu’il ne se rend plus sur place – que la tension est toujours vive en Guadeloupe. Les 200 euros promis dans le protocole d’accord n’ont toujours pas été versés aux salariés, comme me l’a confirmé Elie Domota hier au téléphone.
C’est très grave.
Qu’attend le pouvoir pour agir ?
Qu’il y ait une nouvelle flambée de
colère, afin de pouvoir ensuite traiter les
salariés excédés de casseurs ?
Comme pour Continental, il ne faudrait pas que, par son silence, le pouvoir soit responsable de la violence, puis fasse mine ensuite de s’en étonner pour s’en indigner et, enfin, réprimer. Dans le cas des salariés de l’équipementier automobile, il a quand même fallu en arriver à des actes extrêmes pour le gouvernement accorde une réunion tripartite. Pourquoi, alors que les salariés le réclament depuis des semaines, le dialogue ne s’est-il pas tenu ?
En Guadeloupe, des mouvements sociaux continuent d’éclater ici et là. Ce qui ne présage rien de bon.
Nicolas Sarkozy vient
d’annoncer le report de son voyage outre-mer.
Je lui conseille pourtant de s’y rendre rapidement afin de se
rendre
compte que les accords conclus ne sont pas appliqués.
Il doit prendre les décisions préventives qui
s’imposent. Pour que la paix sociale soit
définitivement rétablie en Guadeloupe.
Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.

Ségolène Royal
09 mars 2009
Antilles , crise... (mise à jour le 9 mars)
Enquête en Guadeloupe après les propos de Domota
Créé le 06.03.09 à 11h20
Le porte-parole du LKP Elie Domota (c), manifeste le 14 février 2009 au Moule (Guadeloupe)/Julien Tack AFP
A lire aussi
- Sortie de crise : Un accord signé en Guadeloupe met fin à la grève
- Décryptage : Une première victoire en Guadeloupe, en attendant les Etats généraux
- Accord : Les principaux points
- Chrono : Retour sur la colère en Outre-mer
- Timeline : Cinq semaines de grève aux Antilles
- Article : Yves Jégo en tournée aux Antilles à partir du 16 mars
JUSTICE - Le leader du LKP avait affirmé jeudi que les entreprises appliqueraient l'accord ou quitteraient la Guadeloupe...
Domota dans le
collimateur. Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé ce samedi avoir
ouvert une enquête judiciaire, notamment pour provocation à la haine
raciale, après les déclarations du leader du LKP, Elie Domota, qui
avait affirmé jeudi que les entreprises appliqueraient l'accord ou
quitteraient la Guadeloupe.
«Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir
l'esclavage», avait-il ajouté. Le leader du LKP avait affirmé qu'il
comptait poursuivre les blocages d'entreprises qui refusent d'augmenter
les bas salaires de 200 euros. «Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe», avait-t-il menacé.
Le LKP reste «très ferme» sur la question. Particulièrement visée sur
le terrain, l'hôtellerie et la grande distribution. Pour Elie Domota,
il est «hors de question, aujourd'hui d'aller faire des courses dans
des entreprises qui exploitent des guadeloupéens, dans les entreprises
qui ne donnent pas 200 euros à leurs salariés». Le LKP demande donc aux
guadeloupéens «de ne pas faire de courses dans les entreprises qui
n'appliquent pas l'accord».
«Des sortes de tontons macoutes du LKP»
Après cette sortie vigoureuse de Domota, Frederic Lefebvre, député et
porte-parole de l'UMP, avait repliqué, vendredi, tout aussi finement,
sur RMC. Elie Domota, «on voit bien que c'est un indépendantiste et il
a sans doute l'impression qu'il a été élu président de la République de
la Guadeloupe. Il faut qu'il se calme».
La suite n'est pas moins énergique: «Je pense qu'aujourd'hui il faut
faire cesser ces opérations d'intimidation qui ressemblent plus à des
opérations de type mafieuses», a confié Lefebvre, «des sortes de
tontons macoutes du LKP». Rappelons que les tontons macoutes
sont le triste nom des miliciens paramilitaires qui assuraient la
protection du dictateur d'Haïti François Duvalier. Et, surtout,
commettaient viols, tortures, meurtres, arrestations arbitraires et
extorsions contre les opposants politiques et les populations civiles
de l'île. *
La procédure de l'extension de l'accord lancée
La procédure d'extension à toutes les
entreprises privées de Guadeloupe de l'accord sur les salaires dans
l'île, qui a été ratifié par des organisations patronales minoritaires,
a tout cas été lancée ce samedi, avec la parution d'un avis en ce sens
au Journal officiel. La veille, le ministère du Travail avait
annoncé dans un communiqué qu'il lancerait samedi ou dimanche cette
procédure d'extension.
L'accord interprofessionnel sur les salaires prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires. Mais il est limité pour le moment à 15.000 à 30.000 salariés car le Medef et plusieurs autres organisations patronales majoritaires ne l'ont pas signé.
Une rumeur de grève par SMS
Par ailleurs, une rumeur de grève répandue par SMS sèmait le trouble dans l'île. De
très longues files d'attente se sont formées vendredi à la mi-journée
devant la plupart des stations-services de la Guadeloupe à la suite
d'une rumeur annonçant une grève des personnels de l'unique dépôt
pétrolier insulaire.
Des automobilistes qui s'y pressaient pour faire le plein ont indiqué qu'ils tentaient ainsi de se prémunir contre «les conséquences de la grève à la Sara» (Société anonyme de la raffinerie des Antilles, ndlr). La Sara a aussitôt démenti la nouvelle.
Source 20minutes.fr avec agence
* complément d'info sur lefevre et les tontons macoutes: http://bellaciao.org/fr/spip.php?article81705
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Appels au calme après de violents incidents en Martinique
ANTILLES - Trois policiers ont été blessés...
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a qualifié ce samedi d'«inacceptables» les incidents survenus en Martinique, où des policiers ont essuyé des tirs. La veille, Yves Jégo avait indiqué souffrir «de voir ces images de Martiniquais qui se déchirent entre eux». «J'espère que l'esprit de responsabilité va triompher», a affirmé vendredi soir le secrétaire d'Etat, qui était l'invité du journal de Télé-Guadeloupe et s'exprimait en duplex depuis le siège de RFO à Malakoff (Hauts-de-Seine).
Un peu plus tôt, le préfet de Martinique avait lancé un appel au calme. «Je voudrais faire un appel solennel à la population parce qu'aujourd'hui des incidents extrêmement graves ont eu lieu», a déclaré Ange Mancini vendredi soir sur RFO.
Rester chez soir après 20h
Il a demandé «à l'ensemble de la population de rester calmes et chez
eux» après 20h et précisé qu'il remettait «en place, en concertation
avec la ville, le système de protection» comme après les émeutes des
nuits du 24 au 25 février et du 25 au 26, c'est-à-dire un déploiement
massif de forces de l'ordre.
Pour vendredi, «si nous sommes intervenus, c'est parce que des personnes ont été menacées», a-t-il justifié, faisant référence aux békés (descendants de colons blancs) molestés lors d'une manifestation qu'ils avaient organisée à Fort-de-France avec d'autres agriculteurs et socio-professionnels pour réclamer «le droit de travailler».
«Petits malfaiteurs»
Le préfet a «remercié personnellement» le député-maire de Fort-de-France Serge Letchimy, qui s'est interposé à plusieurs reprises pour calmer les gens. Ce dernier (Parti progressiste martiniquais, PPM, app-PS) a été pris en charge par les pompiers à l'intérieur de la Maison des syndicats «pour un malaise après avoir trop respiré de gaz lacrymogènes».
Les premiers incidents intervenus lors de cette opération escargot, qui se tenait sur la rocade de la ville, se sont rapidement propagés au centre-ville. La Maison des syndicats, siège du «Collectif du 5 février» qui mène le mouvement contre la vie chère et la paralysie économique de l'île depuis un mois, a été envahie de gaz lacymogènes, tandis que des affrontements se déroulaient dans des rues adjacentes.
«Des coups de feu tirés sur les forces de l'ordre»
«Des heurts extrêmement violents» ont eu lieu dans le centre, «où des coups de feu ont à nouveau été tirés sur les forces de l'ordre», a poursuivi le préfet Mancini. «Trois policiers ont été légèrement blessés par des plombs» de munitions de chasse, a-t-il précisé.
«Nous utiliserons tous les moyens nécessaires avec la mesure nécessaire pour éviter des drames», a-t-il assuré déplorant les «dommages collatéraux» mais fustigeant les «petits malfaiteurs» qui «agressent les forces de l'ordre».
«Le Collectif n'a rien à voir avec cette violence», a assuré le préfet, interrogé peu après sur ATV (chaîne locale privée), estimant que les incidents étaient le fait de «gens qui profitent de la situation».
Source 20minutes.fr
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Retour au calme à la Martinique, enquête contre Domota en Guadeloupe
Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête judiciaire, notamment pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature, après des déclarations du leader du "collectif contre l'exploitation" LKP, Elie Domota.
M. Domota avait déclenché une vive polémique en affirmant que les entrepreneurs qui refusaient l'accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires devraient "quitter la Guadeloupe" et qu'il ne "laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l'esclavage", référence aux descendants de colons blancs, souvent accusés de mainmise sur l'économie des Antilles françaises.(...)
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Enquête judiciaire : Domota se dit «étonné»
Le
parquet de Pointe-à-Pitre a ouvert cette enquête pour provocation à la
haine raciale. Le leader avait affirmé que les «békés» devraient
quitter la Guadeloupe s'ils n'appliquaient pas l'accord signé.
» DOSSIER SPECIAL - La Guadeloupe en ébullition
» Elie Domota menace les patrons
Mon commentaire: décidément à chaque fois que quelqiues dysfonctionnements sont relevés on dégaine des accusations de haine raciale ou antisémitisme!!! Ca devient franchement outrancier, sans compter que cela apporte de l'eau au moulin, brassant un magma putride, des authentiques racistes, et antisémites ! Ceci dit, on parle peu de néo colonialisme? ou bien est-ce une impression toute subjective?
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(m.a.j. le 9 mars)
Domota estime que les poursuites à son encontre sont "une manoeuvre"
Le leader du collectif guadeloupéen LKP Elie Domota a estimé lundi que l'ouverture d'une enquête pour "provocation à la haine raciale" à son encontre n'était qu'"une manoeuvre de plus pour tenter de nous intimider".
"Ce ne sont que des mensonges", "c'est une manoeuvre de plus pour tenter de nous intimider", a déclaré le leader syndical sur Europe 1. "S'il y a convocation devant les tribunaux, nous ferons en sorte que le tribunal soit l'espace où il y aura ce qu'on peut appeler le grand déballage sur la réalité sociale, historique et culturelle de la société guadeloupéenne en 2009", a-t-il assuré.
21 février 2009
Antilles Ch. Taubira : dans les DOM, les importateurs font la loi
Invitée de Parlons Net, premier club de la presse Internet, Christiane Taubira a évoqué la situation en Guadeloupe, bien sûr, mais elle a aussi fait un sort à la nouvelle mode de la discrimination positive. Sans langue de bois. Ça change
Cette semaine Parlons Net reçoit Christiane Taubira. La députée de
Guyane, apparentée socialiste, était jeudi 19 février à l'Elysée avec
les autres élus d'Outre-Mer. Elle juge sévèrement l'attitude du
gouvernement dans la cirse guadeloupéenne. Pour l'interviewer,
Bénédicte Charles de Marianne2.fr, Samuel Potier du Figaro.fr et Julien
Martin de Rue89.com. Une émission animée par David Abiker (France
Info).
Prise de son: Pierre Minne - Pierric Charles
Images: Philippe Pallarès - Jean-Michel Després
Parlons Net reçoit Christiane Taubira
envoyé par FranceInfo
Reçue
à l'Elysée jeudi dernier avec les élus d'Outre-Mer, Christiane Taubira
est très critique à l'égard des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy,
qui répondent «assistanat» (les 280 millions d'euros de RSA) à des
revendications qui concernaient l'exploitation. De même, elle explique
que le silence de Michèle Alliot-Marie depuis le début de la crise en
Guadeloupe est très mal ressenti par les Français d'Outre-Mer qui y
voient une forme de mépris. Pour Christiane Taubira, ce silence est un
aveu de désintérêt, de même que la seule réponse donnée par la ministre
de l'Intérieur et des Dom-Tom : l'envoi de gendarmes. «En Guadeloupe, historiquement, les crises ne donnent pas lieu à des négociations mais à de la répression»,
déplore-t-elle. Et d'en déduire que les territoires d'Outre-Mer sont
encore considérés comme des territoires d'exception. Notamment à cause
de l'attitude des importateurs en situation de monopole : «Ce sont les forces de l'importation qui détiennent ces territoires et ont intérêt à ce qu'ils restent des territoires captifs».
L'exception, c'est aussi ce qui caractérise les politiques de discrimination positive, que Christiane Taubira qualifie de «grosse connerie». Ne serait-ce que parce que, si l'affirmative action
peut avoir un sens aux Etats-Unis, elle n'en a pas en France, où les
communautés noires n'ont pas la même histoire que les Afro-américains.
Et d'ailleurs, demande-t-elle, qu'est-ce que la «discrimination
positive», quel est le contenu de cette proposition? « Si c'est nommer un préfet musulman, un journaliste noir et d'en faire tout un plat, ça ne règle rien» car ça ne corrige pas les vraies inégalités. Qui sont sociales avant tout.
Parlons Net Off: Christiane Taubira et la franc-maçonnerie
envoyé par FranceInfo
La question «off»
C'est
maintenant une tradition à Parlons Net : l'invité évoque la question
qu'il n'aurait pas aimé qu'on lui pose… et y répond. Christiane
Taubira, qui assure qu'elle répond à toutes les questions, s'explique
ici sur ses rapports avec la Franc-maçonnerie, une obédience dont elle
est proche mais à laquelle elle n'appartient pas.
Samedi 21 Février 2009 - 07:00
Bénédicte Charles
Commentaire: écouter attentivement les résultats de l'enquête donnés par Taubira (il ne sont pas encore parus dans la presse publique!!!)
20 février 2009
Guadeloupe : Thuram prend position sur la situation face à FOG
Sur Le Post
Par FullHdReady
le 19/02/2009
Lilian Thuram était l'invité du Grand Journal ce mercredi.
Face à Franz-Olivier Giesbert, le footballeur, originaire de Pointe-à-Pitre, a expliqué que, selon lui, les problèmes actuels des Antilles étaient directement liés à l'histoire de l'esclavage.
Et que le coeur du problème venait d'une mauvaise redistribution des richesses.
(Source:
Canal +)
A lire aussi :
- Thuram: le mouvement social de Guadeloupe bientôt importé en métropole?
- Que dit Lilian Thuram, qui a refusé un poste au gouvernement, à Raymond Domenech, à qui on n'a rien proposé?
- 1 mort en Guadeloupe: "Ce n'est pas une balle perdue"
- Guadeloupe: des journalistes cibles de manifestants
Par FullHdReady
19 février 2009
Sarkozy à la télé: un peu de social mais pas de Guadeloupe
Lire l'article du POST
18 février 2009
Antilles: dossier de presse
Michaux-Chevry propose "un front uni" face à Sarkozy NOUVELOBS.COM | 18.02.2009
Un délégué syndical tué par balle à proximité d'un barrage en Guadeloupe LEMONDE.FR avec AFP | 18.02.09
L'Elysée veut prendre en main le dossier de la Guadeloupe LEMONDE.FR | 17.02.09
"Le risque, c'est que le LKP perde le contrôle du mouvement" LEMONDE.FR | 17.02.09
L'outre-mer, une économie sous perfusion LE MONDE | 17.02.09
-
Aubry: de Gaulle, Mitterrand et Chirac "aimaient" les DOM - 18/02/2009 08h58 GMT
-
Luc Chatel appelle au calme en Guadeloupe - 18/02/2009 07h13 GMT
-
Chérèque dénonce le "retrait de l'Etat" en Guadeloupe - 18/02/2009 08h48 GMT
Antilles : Gerty Dambury et quelques vérités sur la Guadeloupe
Tribune -
Réduire
la crise à une exigence d’augmentation de « 200 euros pour les bas
salaires » est bien commode, quand tant d’autres questions surgissent.
A lire, le regard sans concession sur la mobilisation dans les Antilles
de l’écrivaine Gerty Dambury.
L’Humanité de lundi revient sur une mobilisation sans signe d’essoufflement, et toujours traitée avec mépris à l’Elysée.
Unité, solidarité, attache forte : en un seul mot, Lyannaj
Par Gerty Damburi, écrivaine [1].
Mardi 3 février 2009. La foule est dispersée autour du bâtiment des Mutuelles de la Guadeloupe occupé depuis plusieurs mois à la suite d’une escroquerie phénoménale : un liquidateur s’est emparé de tous les actifs des petites mutuelles de la Guadeloupe et a pris la fuite. Le bâtiment est tout ce qui a pu être sauvé. Il est devenu le « bik », lieu de rassemblement du LKP. Le symbole est fort en ces temps où la Guadeloupe entière, en direct sur Canal 10, une télévision locale, a assisté, médusée, durant quatre jours aux échanges entre le patronat, le préfet, les élus et les 49 membres du comité Lyannaj kont pwofitasyon (collectif contre les profits outranciers). Au cours de ce qui a été vécu comme un feuilleton, les Guadeloupéens ont découvert les dysfonctionnements dans leur île et les impuissances, voire les complicités de certains responsables - en particulier des services de l’État. Un débat avait débuté. Il a été interrompu par l’intervention d’Yves Jégo qui a chargé le préfet de lire un communiqué aux propos dilatoires puis de se retirer de cet échange en cours. Première faute du ministre aux yeux de la population… Il en fera d’autres et le gouvernement avec lui.

Surtaxés, volés, trompés, exclus des entreprises - car à diplôme égal, à compétences égales, on leur préfère toujours un candidat venu de France, un cabinet parisien, voire une quarantaine de Suédois embauchés pour faire le jardinage ou les chambres d’un hôtel appartenant à une collectivité locale parce que, pour faire le ménage, on exigeait que le candidat maîtrise couramment l’anglais « lu, écrit et parlé » mais pas le français, apparemment… -, les Guadeloupéens ont eu la pénible impression d’être des moutons à qui on mangeait la laine sur le dos tout en leur reprochant de vivre aux crochets de l’État français.
La foule est dispersée dans la rue Hincelin. Le soir tombe brutalement.
On se croise, on se reconnaît, on s’embrasse, on rit, on se taquine, on ME taquine, moi l’enfant qui râle contre les défaillances de la Guadeloupe mais « dont les yeux coulent si on presse le nez de son pays », dixit un ami.
Le meneur du jeu, au micro, appelle les uns et les autres à se rapprocher, « sé moun-la vansé ». On se resserre et bientôt la rue est totalement envahie, les abords de l’église du Sacré-Cœur sont pleins d’une foule qui écoute, participe, joue aux questions-réponses avec celui qui mène le jeu « gentiment ». C’est le terme utilisé pour rappeler qu’il s’agit d’un mouvement non-violent. On évoque Gandhi, Martin Luther King, Marcus Garvey…
Les orateurs se succèdent. Ils représentent des catégories sociales différentes : producteurs agricoles, artistes, avocats, enseignants, consultants, pasteur baptiste…
La plate-forme de revendications du LKP a été réduite par les médias à une exigence d’augmentation de « 200 euros pour les bas salaires ». Combien de points n’ont jamais été évoqués : la question des expulsions des logements sociaux, celle d’une jeunesse qui connaît un chômage pléthorique et que la drogue et la violence éloignent du reste de la population, celle des violences faites aux femmes, celle de l’éducation - quand on sait que 19 classes du primaire sont sans enseignants depuis le début de l’année -, celle des handicapés dont l’appareillage coûte 50 % plus cher qu’en France hexagonale, celle des retraités - comment vivre avec 410 euros par mois dans une région où le surcoût atteint jusqu’à 4 fois le prix des produits vendus dans l’Hexagone ? -, celle du prix de l’eau qui varie de façon considérable d’une commune à l’autre, celle du surcoût du téléphone (si nous payons à Paris notre abonnement ADSL 30 euros/mois, il faut compter là-bas 79 euros par mois sans le téléphone illimité), et la liste est en effet longue : 146 points de revendication.
Mais plus encore, plus important, et il faut le dire « fondamental », il est surtout question, pour le LKP, de redonner à notre société humaine une nouvelle dimension. Cette société de consommation à outrance dont les méfaits ont commencé à se faire sentir il y a plus de dix ans, il faut lui tordre le cou. C’est le leitmotiv des membres du collectif. C’est une bataille qui ne concerne pas que la Guadeloupe. Le combat est engagé en ce sens. Il sera difficile, long, mais la parole est libérée et c’est, de mon point de vue, un pas important qui a été franchi avec ce mouvement. Le LKP appelle les Guadeloupéens à analyser leur rapport à la consommation, à s’interroger sur le sens qu’ils veulent donner à leur vie, sur les relations qu’ils entretiennent avec ceux qui les entourent : c’est le sens du mot « lyannaj ». « Unité, solidarité, attache forte ».
À l’initiative du LKP, les petits producteurs et les pêcheurs ont entamé un autre type de rapport marchand avec la population. Ventes directes, baisse des prix, organisation de marchés populaires, personne ne meurt de faim, loin de là. Les enseignants s’organisent pour faire travailler les élèves à distance, certaines associations font travailler les écoliers, les étudiants des classes préparatoires n’ont jamais été empêchés d’assister à leurs cours.
Les Guadeloupéens disent leur fierté retrouvée, même si la peur de la répression ou des effets de la grève sur les entreprises font dire à certains qu’il faut rechercher un compromis. Mais tous s’accordent à dire qu’il fallait faire quelque chose, ne pas en rester à cette société en souffrance.
Quoi ? N’est-il pas temps de mettre fin à ce va-et-vient de fonctionnaires qui se déplacent de la Réunion à la Guadeloupe, de Mayotte à la Martinique, de la Nouvelle-Calédonie à la Guyane en véritables chasseurs de « prime de vie chère », alors que leurs résultats sont loin d’être satisfaisants ? Ils vivent confinés dans des résidences qu’ils se réservent et dont les grilles sont bien fermées, à la manière du Brésil ou de l’ex-Afrique du Sud.
Faudra-t-il toujours opposer aux Guadeloupéens et aux Martiniquais un pseudo-racisme lorsqu’ils dénoncent de tels comportements et que, dans la mobilisation, tous ceux qui veulent concourir à l’avancée de ce pays sont mêlés quelle que soit leur origine ?
Il n’est pas question de « chasse au Blanc » ainsi qu’on a voulu le faire croire. Au contraire, le pays est calme, le « yonn a lot » est remis à l’honneur, les manifestations sont organisées, tranquilles mais déterminées. C’est la détermination d’une population sûre de son bon droit.
Notes :
[1] Née en 1957 à Pointe-à-Pitre, professeur d’anglais de formation, Gerty Dambury a derrière elle une longue carrière d’écriture : poésie, dramaturgie, mise en scène. Gerty Dambury a notamment mis en lectures des textes de Frantz Fanon et d’Édouard Glissant
17 février 2009
Antilles : la Guadeloupe est à un moment périlleux. Un mois d'indifférence, de pourrissement, de manoeuvres et de maladresses
La crise de la Guadeloupe est à un moment périlleux. Un mois d'indifférence, de pourrissement, de manœuvres et de maladresses risque de déboucher sur la violence, ce qui serait le pire des scénarios pour ce département français dont tout le monde, y compris au gouvernement, reconnaît qu'il a de bonnes raisons de se révolter.(...)
D'autant que derrière le conflit de la Guadeloupe, c'est tout l'outre-mer qui se réveille, et pose les mêmes questions de vie chère, de justice sociale et économique, de dignité. Le "manifeste des neuf intellectuels" antillais rendu public lundi permet, à ce propos, de replacer la révolte de la Guadeloupe dans un cadre plus large, bien au-delà de la simple revendication sur la vie chère qui a déclenché le mouvement.(...)
Antilles: "l'extrême gauche défile...
... pour la Gadeloupe qui nous montre la voie"
(...) Au côté d’Arlette Laguiller (LO), se tiennent Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche)… et Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires). «Cette importante mobilisation est essentielle, dit Lozès. Il faut être nombreux pour dire que nul ne peut accepter une société à deux vitesses.»
Lui aussi ne décolère pas contre Sarkozy et ses troupes. «Il a fallu vingt-quatre jours au Président pour se rendre compte de la mobilisation et pour que les Guadeloupéens soient considérés comme des Français à part entière.» Et le représentant associatif d’énumérer: «En Guadeloupe, 1% de la population possède 52% des terres agricoles et 90% des richesses industrielles. C’est inacceptable!»
16 février 2009
Antilles Guadeloupe : derrière la crise sociale, l'antagonisme racial
(...) le leader du LKP, Élie Domota,
persiste, meeting après meeting, à pointer la responsabilité des békés,
expliquant, comme la semaine dernière dans France-Antilles : «Ce sont
eux, les arrière-petits-fils d'esclavagistes, qui refusent d'augmenter
les salaires et réclament encore et encore de l'argent [à l'État] pour
nourrir les arrière-petits-fils d'esclaves.» (...)
Mon commentaire:ci dessous un commentaire très intéressant - sans passion précis, étayé, clair, assorti d'informations dont il (ou elle) cite les sources... - à la suite d'une page de "Tian" sur "le post" :
CRISE ANTILLAISE AVEC JEGO MAIS SANS SARKO
Lundi 16 février 2009 – 16H04
PARTIE I (début)
Pour informations, sur ce lien, vous pourrez entendre par vous-même les assurances d’Yves Jégo :
Lien du JT de 19H30, RFO GUADELOUPE, du dimanche 15 février 2009 :
http://www.rfo.fr/v4_player2_jt.php3?ids=1&d=15&m=02&y=2009
Alors qu’Yves Jégo avait donné rendez-vous au Collectif pour
l’après-midi du dimanche 8 décembre, lorsque celui-ci s’est présenté,
on lui a annoncé que Jégo était en train de prendre l’avion pour Paris.
Voilà le texte du MESSAGE MINISTÉRIEL (laissé par Yves Jégo à
l’intention du Collectif) le dimanche 8 février et qui a été lu par le
préfet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges.
Cette lecture faisait part aux différentes parties en présence, au
World Trade Center de ce qui avait été acté entre patronat et collectif
et que Jégo se promettait, «soi-disant», de faire entériner à Paris.
Jégo avait donc bien donné des ASSURANCES sur des points très précis,
c’est clairement dit, LU, par le préfet de la Guadeloupe, Nicolas
Desforges.
TEXTE LU au cours du JT dont le lien est ci-dessus :
Début de citation «Par exemple, afin de permettre l’augmentation
immédiate des bas salaires. L’assurance donnée à toutes les ENTREPRISES
GUADELOUPÉENNES qu’elles NE PAIERONT PAS DE CHARGES sur les salaires
jusqu’à 1,4 du SMIC et même jusqu’à 1,6 pour certains secteurs
prioritaires comme le tourisme Cette garantie devrait permettre
d’engager immédiatement une négociation rapide entre employer et
salarié pour une augmentation rapide des bas salaires...» Fin de
citation,
Yves Jégo se répand depuis quelques jours, sur toutes les radios et
chaînes de télévisions françaises, pour dire «Je n'ai jamais fait de
promesse sur l'augmentation des bas salaires, ce n'est pas un ministre
qui augmente les salaires dans une entreprise»...
CRISE ANTILLAISE AVEC JEGO MAIS SANS SARKO
Lundi 16 février 2009 - 16h02
PARTIE II (la suite)
Pour informations, sur ce lien, vous pourrez entendre par vous-même les assurances d’Yves Jégo :
Lien du JT de 19H30 du dimanche 15 février 2009 :
http://www.rfo.fr/v4_player2_jt.php3?ids=1&d=15&m=02&y=2009
(La suite)
Et comme je vous l’ai dit moi-même, ce n’est pas à l’État de régler des
problèmes de salaires, mais bien au patronat béké et syro-libanais qui
ont fait des profits EXAGÉRÉS et ont toujours obtenu une MANNE
financière de la part des gouvernements qui se sont succédés, SANS
AUCUN CONTRÔLE. L’État doit organiser le secteur des prix en Outre-mer
et doit pouvoir contrôler à tout moment. D’autant plus que les
supermarchés commandent de très grande quantité, obtiennent de grosses
ristournes, ne répercutent jamais sur la clientèle, mais en outre, vend
en fin de stock des produits presque périmés (ex. micros vers, non
visibles à l’œil nu, dans des biscuits Prince Lu pour les enfants)...
avec de petites remises, en francs de l’ordre de 0.30 centime).
CRISE ANTILLAISE AVEC JEGO MAIS SANS SARKO
PARTIE III (suite et fin)
Pour informations, sur ce lien, vous pourrez entendre par vous-même les assurances d’Yves Jégo :
Lien du JT de 19H30, RFO GUADELOUPE, du dimanche 15 février 2009 :
http://www.rfo.fr/v4_player2_jt.php3?ids=1&d=15&m=02&y=2009
Par ailleurs, voilà aussi une partie du texte rédigé sur le portail internet de Rfo :
http://guadeloupe.rfo.fr/imprimer.php3?id_article=889
«[…] Il s’agit, a-t-il dit, de «faire le point de la mise en œuvre de
ces mesures (négociées depuis huit jours, ndlr) qui vont changer la vie
des Guadeloupéens», mais aussi d’examiner le «point de blocage,
c’est-à-dire le conflit de travail entre les salariés et les
employeurs, puisque le dernier point qui bloque ne concerne pas l’État,
c’est un conflit entre salariés et employeurs». «J’ai présenté au
Premier ministre les résultats de la semaine de travail», a-t-il
ajouté, «les 132 mesures qui ont été approuvées pour régler le conflit
en Guadeloupe. Nous sommes entrés dans le détail de ces mesures
importantes pour la vie quotidienne des Guadeloupéens.»
L’intégralité de ce texte se trouve sur le lien suivant :
http://guadeloupe.rfo.fr/imprimer.php3?id_article=889
S'agissant du comité interministériel à l'Outre-mer à mettre en place,
ce comité avait été, me semble-t-il, évoqué par le candidat Sarkozy
lors de la campagne des présidentielles (à vérifier). Le candidat
promettait de mettre en place ce comité s'il était élu... Une fois élu,
Sarko ne s’est pas occupé de mettre en place le comité interministériel
promis, il avait obtenu ce qu’il voulait (les voix des électeurs)...
Envolées ses promesses.
Voilà Sarko dans ses œuvres, toujours égal à lui-même. ![]()
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