CAP 2012

Petite revue de presse et blogs, ce blog a été ouvert en mars 2007 pour soutenir une femme politique, humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux qui me

26 octobre 2009

Ségolène Royal et le besoin d'un nouveau PS

Ségolène Royal est confrontée au besoin de rénovation du PS qui prend le chemin d'impasse faute de reconnaître des points de passages obligés.

La rénovation du PS passe par 4 arbitrages qui sont un point de passage obligé pour la performance électorale de cette formation politique.

- Tout d'abord, par l'effet de la pyramide des âges, une certaine droitisation de l'opinion est intervenue.(...)

- Ensuite, second facteur, le PS refuse de tirer toutes les conséquences pratiques de la présidentialisation quasi-absolue du régime. (...)

- Troisième facteur, le parti politique doit être une logistique performante. Par les modalités légales de financement de la vie politique, le parti politique est d'abord un "trésor de guerre" et une équipe de moyens humains. Si cette logistique n'est pas entièrement organisée pour livrer le combat présidentiel de "son" candidat, elle pénalise la compétitivité de ce candidat dans des proportions considérables rendant probablement impossible toute victoire.

- Enfin, le parti doit être un outil de rassemblement. Or le PS est un lieu d'éclatements et non pas de rassemblement.
Ce tableau montre que le PS est aujourd'hui en difficulté parce qu'il renonce à accepter les " nouvelles règles du jeu ".(...)

Dans ce contexte, le PS s'éloigne excessivement des règles de base des partis politiques modernes efficaces. (...)

A cet égard, les stratégies de Ségolène Royal, Dominique de Villepin et François Bayrou ont au moins un point commun : faire vivre le dialogue direct avec l'opinion pour que l'opinion impose sa force notamment aux partis politiques.

Une nouvelle étape dans la démocratie d'opinion est ouverte.

Lire l'article (EXPRIMEO)

Posté par Jocegaly à 16:19 - DECRYPTAGE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2009

Hollande et Bayrou, PS et MODEM, 2 ans après.

PS: Hollande ouvre une porte à Bayrou        On s'arrache François Bayrou. Après Dominique de Villepin, qui avait fait part de son intention de rencontrer le leader du Modem, c'est désormais François Hollande qui évoque, dans les colonnes de L'Express, une hypothétique collaboration avec l'élu centriste. "Qu'il abatte ses cartes et affiche ses idées, et nous aussi. Si les divergences l'emportent sur les convergences, chacun comprendra le refus de l'alliance. Si c'est l'inverse, alors il faudra en tirer les conclusions", a déclaré le député de Corrèze. Tout en expliquant qu'"on ne règle pas une question d'alliance entre deux tours d'une présidentielle" (allusion à la rencontre Bayrou-Royal en 2007), l'ex-premier secrétaire du PS considère que le président du Modem "n'a aujourd'hui ni les forces pour prétendre être présent au second tour de la présidentielle, ni le projet politique lui permettant de fédérer autour de lui".



Hollande veut reparler d'alliance avec Bayrou   Selon le journal Le Monde, le chef de l'Etat s'inquiéterait d'un effondrement de la gauche permettant à François Bayrou d'accéder au second tour de la présidentielle de 2012.



Hollande: "Ce que je propose à Bayrou" Extrait:

(...)  Mais c'était exactement le but du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, le 28 avril 2007 !

On ne règle pas une question d'alliance entre deux tours d'une présidentielle. Alors n'attendons plus. C'est à lui de sortir de l'ambiguïté dans laquelle il se trouve. Proposons-lui de parler de politique sociale, fiscale, économique ou étrangère, et de ne pas se limiter à la condamnation de la concentration des pouvoirs, de l'atteinte aux libertés et à la laïcité... Qu'il abatte ses cartes et affiche ses idées. Et nous aussi.(...)

 

Posté par Jocegaly à 01:19 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 avril 2009

Strasbourg et Bastia: La villa de Clavier est intacte.

 

L'ordre doit régner à Strasbourg. Pas à Bastia ?

Si Nicolas Sarkozy a fermement dénoncé les casseurs de Strasbourg, les violents affrontements de Bastia ne lui ont inspiré aucun commentaire.

Cocktails Molotovs,  charges contre les policiers, incendies de bâtiments. Ce week-end, Strasbourg a connu une journée d’affrontements et de violences sans précédents suscitant la réprobation la plus ferme du chef de l’Etat : «Ce que je souhaite, c'est que les casseurs soient punis avec la plus extrême sévérité», a déclaré Nicolas Sarkozy.

Quoi de plus normal sinon que les événements décrits se sont déroulés à Bastia en marge d’une manifestation contre les « violences policières » et que Nicolas Sarkozy a fait l’impasse sur les émeutes corses. Organisée quelques heures avant le début des incidents, à l'initiative de l'organisation indépendantiste Corsica Libera, la manifestation s'était  déroulée dans le calme jusqu'aux abords de la préfecture de Bastia.

Un état de droit à géométrie variable
Strasbourg-Bastia, des violences aux causes incomparables et qui, pourtant, devraient susciter la même dénonciation de fond. Pourtant, du côté de la Corse, à cette heure,  la réaction présidentielle se fait toujours attendre.

(...)

Mais, aux dernières nouvelles, Clavier n'a eu à déplorer aucune dégradation. Rien à signaler donc...

Lire l'article

Posté par Jocegaly à 19:32 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 mars 2009

Obama, Merkel, Sarkozy...

Obama en Normandie: pourquoi Sarkozy y tient absolument

...C'est (..) pour Nicolas Sarkozy une manière de justifier son atlantisme de façon indiscutable.


Obama n'ira pas en Normandie le 3 avril

La Maison Blanche n'a finalement pas retenu l'idée d'une visite dès avril pour au moins deux raisons:

1/ L'emploi du temps extrêmement chargé de Barack Obama cette semaine là.

2/ La colère d'Angela Merkel de voir la France accueillir la première le nouveau président américain sur le Vieux Continent alors qu'il lui semblait acquis que celui-ci serait reçu conjointement par la France et l'Allemagne lors du somment de l'Otan de Strasbourg-Kehl - ce qui sera finalement le cas.



Obama fait tout pour vexer Sarkozy

(...) «Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d'amitié afin de construire un monde plus sûr». A votre avis, à qui s'adresse la lettre de Barack Obama dont cette phrase est extraite? (...)

Posté par Jocegaly à 20:40 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

En s'isolant, le NPA met en péril la lutte contre le capitalisme

(...) Ce dont il est ici question, c’est de l’orientation faussement politique du NPA et de son caractère extrêmement nuisible dans le cadre d’une éventuelle future unification de la « gauche de la gauche » ;  faisant subjectivement écho à un appel lancé par des militants minoritaires, cet article est conçu comme une mise en garde adressée aux partisans d’une telle union face à l’espoir que pourrait illusoirement représenter à leurs yeux le NPA tel qu’il existe aujourd’hui.

Capitaliser sur le thème de l’urgence

Pour faire court, le programme politique de la NLCR se résume à la notion de révolution (non revisitée depuis Fanon). Tactiquement, il s’agit de capitaliser sur la misère sociale qui alimente une contestation propice au déclenchement de luttes particularistes que le NPA compte, à terme, fédérer sous sa bannière syndicalo-révolutionnaire après avoir soufflé sur des braises d’ores et déjà incandescentes.

(...)

La contestation pour unique programme 

(...)  En résumé, deux types de discours et de stratégies se télescopent ici :  par exemple, sur le plan national, le NPA se targue d’un côté de vouloir instituer un gouvernement « socialiste du XXIe siècle » afin de redistribuer les richesses, principalement par l’intermédiaire de services publics restaurés et élargis ;  de l’autre, il entend le faire à la suite d’une révolution qui aura pour objectif l’éradication de l’Etat, instrument politique jugé intrinsèquement bourgeois donc mauvais par essence, et du capital.

La démarche adoptée dans la perspective des prochaines élections européennes est symptomatique de cette courte-vue dogmatique.

Le but, non affiché, est de compter ses troupes, d’évaluer et d’exhiber ses forces afin, une fois le positionnement protestataire clairement établi, de prendre du poids sur l’échiquier politique.

(...)

Un totalitarisme peut en cacher un autre

Surfant allègrement sur la vague d’un mécontentement justifié à l’égard d’une droite dite « décomplexée » comme d’une opposition institutionnelle toujours aussi amorphe, le NPA a ainsi décidé de faire cavalier seul lors des européennes, tentant d’en rejeter la responsabilité sur celles et ceux qui lui avaient tendu une main fraternelle.

En réalité, les instances dirigeantes du NPA voudraient bien du pouvoir, mais à une seule condition :  ne pas le partager (...)

Pérenniser le règne de la droite décomplexée

Le NPA continue de glisser, la tête la première, sur une pente extrêmement savonneuse. (...)

 

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

   

Ailleurs sur le Web

Source: Rue 89

      

Posté par Jocegaly à 20:10 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 mars 2009

A propos de l'OTAN (Courrier International)

(liens pour Abonnés)


Avec l'OTAN va, tout s'en va

Extrait: ...Mais, si finalement la décision historique de réintégrer pleinement l'OTAN ne change rien, pourquoi tout ce vacarme en France ? Et pourquoi Sarkozy y accorde-t-il autant d'importance ? Une des réponses possible est psychologique : à la différence de De Gaulle, qui envahissait tout le champ médiatique de son immense présence immobile, Sarkozy, lui, occupe le terrain selon le principe du mouvement perpétuel.
Boris Biancheri La Stampa

Un marché de dupes
Extrait: A première vue, Nicolas Sarkozy semble avoir décroché le gros lot : en contrepartie de son retour au sein de la structure militaire intégrée de l'OTAN, Paris a obtenu de Washington le Commandement suprême allié transformation (SACT). Ce poste, toujours occupé par un général quatre étoiles, est l'une des deux plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire de l'Alliance. Il n'existe que deux commandements stratégiques au sein de l'OTAN : d'une part, le Commandement suprême pour les opérations, situé à Mons, en Belgique, et appelé SACEUR depuis l'époque de la guerre froide ; d'autre part, le SACT, basé à Norfolk, aux Etats-Unis, essentiellement chargé "d'encourager et de superviser la modernisation" de l'Alliance. Jusqu'à aujourd'hui, ces deux fonctions ont toujours été occupées par des Américains. N'importe quel Français un brin patriote serait donc en droit de penser que son pays revient dans l'OTAN sur un pied d'égalité avec les Etats-Unis, chose que même les Britanniques n'ont jamais réussi à obtenir.
Nikolas Busse Frankfurter Allgemeine Zeitung                    

L'Europe fait pschitt
Extrait: Reste un fait qui donne à penser que Nicolas Sarkozy entend avoir le beurre et l'argent du beurre. Entre autres conditions, le chef de l'Etat français a répété que les Etats-Unis devaient se défaire de leur méfiance à l'égard d'une structure européenne de défense. Washington accueille manifestement bien l'idée d'un nouveau renforcement de la dimension militaire de l'Union, quelles qu'en soient les modalités. Mais Nicolas Sarkozy doit comprendre qu'il n'y a pas de compromis possible qui permettrait à la France à la fois de jouer un rôle de premier plan dans la défense européenne et d'être membre à part entière de l'OTAN. Le souhait de l'UE de créer sa propre armée a toujours été une ambition malvenue et vouée à l'échec : le pays qui sera toujours le premier pourvoyeur d'hommes, à savoir la Grande-Bretagne, ne souhaite pas en faire partie. En réintégrant le commandement militaire de l'Alliance, la France doit accepter que, dans un avenir prévisible, l'OTAN soit la seule structure de sécurité supranationale digne de ce nom.
The Daily photograph

 

Posté par Jocegaly à 22:15 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 mars 2009

Méthode Sarkozy : un fait divers, une loi

                               

      

             

   

Dernière trouvaille du Président après une bagarre dans un lycée, la création du délit d' « appartenance à un groupement ».

Un étudiant attaqué par un groupe de jeunes après une manif à Paris le 28 mars 2006 (Thierry Roge/Reuters).

Fait divers médiatique ? Réponse juridique. La méthode est désormais bien rodée :  à chaque événement spectaculaire de l'actualité, Nicolas Sarkozy propose d'introduire un nouveau délit dans le code pénal. Dernier épisode du feuilleton :  la bagarre survenue dans un lycée de Gagny et, dans la foulée, la création du délit d' « appartenance à un groupement ». Efficace ? Voire, il existe déjà...

Lire l'article

Posté par Jocegaly à 19:39 - DECRYPTAGE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Alain Minc, un symbole de l’épuisement des élites néolibérales

Par Éric Conan et Nicolas Domenach, journalistes à Marianne. Affirmer, en toute mauvaise foi, qu’on voit du Maurras ou du Pétain chez François Bayrou revient à banaliser des événements historiques tragiques.

Extrait:
Le maître du « cercle de la raison » refuse tout débat de fond avec François Bayrou.
Il ne souhaite pas disputer, mais lui régler son compte à l’aide de quelques formules qui se veulent définitives. Il n’argumente pas, il exécute en n’usant plus de son charme quasi documentaire, le « parler-Minc », ce mélange de cynisme et de franchise avec lequel il se plaisait à annoncer les sacrifices toujours recommencés que les masses devaient consentir, de gré ou de force. Non, cette fois, il a recours à des formules choc destinées à tuer symboliquement l’adversaire.

Il a d’abord commencé, il y a quelques semaines, à qualifier François Bayrou de « Le Pen light ». Mais sa trouvaille a fait pschitt. Alors l’intellectuel du sarkozysme vient d’augmenter la dose en veillant bien à ne pas s’attaquer à ce que dit François Bayrou, mais à ce qu’il est. (...)

Lire l'article

Posté par Jocegaly à 17:24 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 mars 2009

Cinq très mauvaises raisons de réintégrer l’Otan

Deux anciens premiers ministres de gauche (Laurent Fabius, Lionel Jospin) ; deux anciens premiers ministres de droite (Alain Juppé et Dominique de Villepin) ; un pilier de la politique étrangère française, de gauche et fort apprécié par la droite, Hubert Védrine ; deux candidats à la dernière élection présidentielle (Ségolène Royal et François Bayrou) ; la quasi-totalité des parlementaires de gauche ; plusieurs dizaines de l'UMP... Tous sont contre.

Lire sous l'onglet Prolonger les arguments de ces responsables.

Cet inventaire suffit à dire l'importance de ce qui se joue avec le choix solitaire effectué par Nicolas Sarkozy de rejoindre pleinement les structures du commandement intégré de l'Alliance atlantique. Choix solitaire (à l'image d'ailleurs de celui effectué par de Gaulle en 1966), puisque le Parlement n'est pas appelé à voter, que le Livre de la défense de 2008 ne l'évoque pas, que cette décision ne figure pas au programme présidentiel du candidat Sarkozy et que la loi de programmation militaire 2009-2013 n'en dit pas un mot.

C'est une rupture. Pas seulement du consensus politique qui a prévalu en matière de défense depuis presque un demi-siècle. C'est un tournant stratégique qui engage notre défense et notre diplomatie pour de très longues années : prise en 1966, la décision du général de Gaulle de quitter ce commandement intégré avait, depuis, défini de nombreux paramètres de notre politique étrangère.

Il n'est nul besoin aujourd'hui de convoquer les mânes du Général, d'invoquer notre fameuse « exception» française ou de crier à une atteinte insupportable à l'indépendance de la France, comme le font certains parlementaires de droite et quelques souverainistes égarés, pour estimer que cette décision est mauvaise et dangereuse. Plutôt que la nostalgie d'une grandeur fantasmée, mieux vaut considérer cette décision au travers des nouveaux équilibres du monde qui se dessine et de la place que la France pourrait prétendre y occuper.

Et de ce point de vue, aucun des arguments avancés par le président de la République ne permet de justifier ce retour au cœur même de l'Alliance atlantique. C'est, en fait, un choix de pure idéologie qui a été fait et négocié par l'Elysée avec l'administration de George Bush. Que l'élection à la présidence américaine de Barack Obama puisse le rendre aujourd'hui plus présentable ne change rien au fond. Voici, parmi d'autres, cinq raisons pour lesquelles cette décision est inutile et néfaste.

(.....)

Lire l'article (abonnés de MEDIAPART)

Posté par Jocegaly à 18:50 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN


Nicolas Sarkozy commet un contresens en réintégrant l'OTAN
 
"Si l'élection du président Obama a d'abord réconcilié l'Amérique avec elle-même, elle a aussi posé les fondements d'une réconciliation de l'Amérique avec le reste de la planète. En dénonçant avec courage l'aveuglement de la puissance brute, en acceptant d'écouter le monde tel qu'il est, complexe, riche, mais aussi fragmenté et imprévisible, en plaçant sa confiance dans le dialogue avec tous plutôt que dans le coup de poing solitaire, il a sonné le glas d'une vision impériale dont le seul résultat aura été l'impasse irakienne.
 
Avec son retour dans le commandement intégré de l'OTAN, la France envoie un signal de repli sur la sphère occidentale qui va à rebours de la stratégie d'ouverture impulsée par Barack Obama. Cette décision, prise quand George W. Bush était encore en fonctions, n'est pas le gage d'une nouvelle relation avec les Etats-Unis, ces derniers ayant de plus en plus besoin d'une Europe politiquement forte et indépendante. Au fond, ce repli traduit un triple contresens : sur l'évolution du monde aujourd'hui ; sur le rôle de la France et de l'Europe dans les relations internationales ; sur les garanties de notre sécurité collective.

Le mur de Berlin est tombé depuis presque vingt ans. En vingt ans, de nouvelles puissances ont émergé, à l'image de la Chine, de l'Inde ou encore du Brésil. Les menaces ont changé, les conflits aussi. Les risques d'affrontement entre blocs ont laissé place à une prolifération de guerres civiles et à la déterritorialisation d'un terrorisme transfrontière. Des Etats se sont effondrés, de nouvelles zones grises sont apparues dans les interstices de l'ancien empire soviétique, les trafics de toutes sortes se sont globalisés.

Face à ces bouleversements, l'OTAN a traversé une crise d'identité profonde. Partiellement périmée par l'effondrement du Pacte de Varsovie, la doctrine de sanctuarisation de l'espace Atlantique a été élargie au profit d'une logique d'intervention extérieure, au Kosovo, puis en Afghanistan. Certaines ambiguïtés majeures n'ont pas pour autant été levées. L'OTAN demeure une organisation marquée par la guerre froide, avec pour corollaire le leadership politique et militaire que les Etats-Unis y exercent. Ainsi s'explique sa force d'attraction sur les anciens satellites de la Russie, désireux de s'affranchir de l'"étranger proche" de Moscou en se plaçant sous le "parapluie" américain.

Fermée aux grandes puissances non occidentales, mais ouverte à des théâtres d'opérations extérieures, l'Alliance vit dans un entre-deux délicat. Elle apparaît désormais comme le bras armé de l'Occident dans le monde, sans avoir la légitimité dont bénéficierait une alliance à vocation universelle. Avant de décider d'une réintégration au sein du commandement militaire intégré, il aurait donc été souhaitable qu'un débat politique s'engage sur les nouvelles missions confiées à l'OTAN. Faut-il, alors que d'autres pays s'affirment sur la scène internationale, donner le sentiment de nous crisper sur la "famille occidentale" ?

Ne risquons-nous pas de nous enfermer dans une logique défensive d'avant-hier, alors même que le monde est en train de basculer ? Ne donnons-nous pas le signal de l'enfermement, alors que nous devons être dans un mouvement d'ouverture ?

Dès les années 1960, le général de Gaulle avait compris l'intérêt de jouer un rôle de "pont" entre l'Est et l'Ouest, entre le tiers-monde d'alors et ceux que l'on n'appelait pas encore les pays du Nord. Bien que la donne ait changé, cette posture est plus pertinente que jamais. Le monde a besoin de pays qui jouent le rôle de médiateurs, voire de recours, politique et moral. Cela vaut pour la France. Mais cela vaut aussi pour l'Europe dans son ensemble. L'indépendance de la politique étrangère n'est pas destinée à flatter l'esprit cocardier. Elle est le fondement d'une stratégie d'influence globale destinée à nouer le dialogue, en évitant d'être marqué au fer rouge par l'assignation à un camp.

Bien sûr, le retour dans les structures de l'OTAN ne signifie pas une adhésion de droit à toutes les opérations de l'Organisation, mais il est évident que notre participation aux commandements de l'OTAN fera peser sur nos choix d'engagement une pression morale considérable. L'étouffante pression de l'unanimité ne constituera jamais un gage sûr de notre liberté, car il faut beaucoup de force d'âme pour s'opposer lorsqu'on est seul. Non, le cadre de l'OTAN n'est pas aussi flexible et protecteur de notre indépendance diplomatique que Nicolas Sarkozy cherche à le faire croire. Or, les drames vécus en Irak ont prouvé que la France voyait juste. Cette voix pourra-t-elle encore s'élever demain ? Rien n'est moins sûr. En tout état de cause, ce tournant ne peut pas être pris sans un débat et un vote au Parlement.

Enfin, la réintégration de la France dans l'OTAN aurait pu se comprendre comme un choix tactique s'inscrivant dans le cadre d'un projet ambitieux pour une Europe de la défense indépendante. Des bases solides pour l'Europe de la défense étaient d'ailleurs selon Nicolas Sarkozy la condition nécessaire à notre retour dans l'OTAN. En lieu et place, on trouve un maigre bilan.

Les importants moyens humains et financiers qui vont être mis au service de l'OTAN auraient eu plus de sens s'ils avaient été précédés par de nouveaux moyens mis au service de l'Europe. On ne peut demander à l'Europe de la défense de progresser tout en consacrant plus de moyens à l'OTAN. Il y a ici une contradiction forte qui ressemble à un choix trop facile de l'OTAN contre l'Europe.

  Plus que jamais, il faut doter la France et l'Europe d'une vision stratégique. Les idéaux de paix et de démocratie que les pères fondateurs voulaient pour l'Europe, et qui sont les nôtres aujourd'hui, ne sont pas des horizons qu'il faut invoquer au détour d'un discours : ils sont les fondements réels de notre puissance et de notre rayonnement dans ce monde. L'Europe de la défense n'est pas seulement un dispositif militaire, c'est avant tout un pilier au service d'une identité propre, fondée sur le droit, l'esprit de justice et l'indépendance. Soyons-en sûrs : c'est de cette Europe dont les Etats-Unis et le monde ont besoin aujourd'hui.

Ségolène   Royal

Posté par Jocegaly à 17:06 - DECRYPTAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1  2  3   Page suivante »