CAP 2012

Petite revue de presse et blogs, ce blog a été ouvert en mars 2007 pour soutenir une femme politique, humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux qui me

22 janvier 2009

Laurence Parisot s’offre une conseillère à mi-temps pour… 300.000 euros!

Alors que la présidente du Medef ne cesse de saluer le courage de patrons des banques qui ont renoncé à leurs bonus, l'Express nous révélait ce matin que Laurence Parisot s'est attachée les services d'une conseillère spéciale, qualifiée de gourou par certains, pour 300.000 euros annuels. A mi-temps!

Lire l'article de Marianne

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13 janvier 2009

Kouchner: responsable public et affairiste (M. A. J. le 13.01.09)

 

Exclusif : l’étrange diplomatie africaine de Bernard Kouchner

Pierre Péan se prépare à publier dans les semaines qui viennent un livre-portrait sans complaisance sur Bernard Kouchner. L’enquête dont Marianne2 a pu avoir accès à certains extraits en avant-première, met en cause le désintéressement du « French doctor » : peu avant de devenir ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner aurait facturé, via une société créée par deux proches collaborateurs, plusieurs rapports à certains Etats, dont le Gabon....

(...)Les prestations de Bernard Kouchner telles que décrites par l’enquête de Pierre Péan, semblent bien poser un problème d’une autre ampleur puisqu’il était en charge du groupement ESTHER au moment de la signature des contrats et que ses « clients », hommes d’états africains, pouvaient espérer, en lui commandant des rapports, bénéficier de l’appui de la France pour l’octroi de subventions internationales. La réaction du gouvernement à ce qui pourrait peut-être devenir « le dossier Kouchner » ne manquera donc pas d’intérêt.

Lire l'article

°°°°°°°°°°°°°°

m.a.j.:

 

Affaire Kouchner: riposte du ministre, nouveaux éléments

Où l'on apprend que Bernard Kouchner confirme, involontairement, les informations publiées par Marianne2 hier, ainsi que par Bakchich, en publiant plusieurs documents sur le dossier.

(...)
Refusant de se transformer en petit télégraphiste du Quai d’Orsay, le journaliste de l’AFP a repris l’essentiel de la contre-argumentation du ministre ainsi que les principaux éléments de l’article de Marianne2. Il est vrai que l’argumentaire de Bernard Kouchner semble pétri de contradictions, et d’imprécisions :

1)    Le Ministre évoque deux sociétés qu’il a créées, BK Conseil et BK Consultants, sans indiquer pourquoi la seconde, société en nom personnel, a succédé à la première.

2)    Il indique à la fois qu’il n’a jamais « appartenu à la société IMEDA » tout en précisant « qu’il en était l’un des consultants », ce qui, s’agissant d’une société de conseil, est tout de même un lien assez puissant, surtout quand ladite société est créée par deux des proches collaborateurs du ministre.

3)    Il indique qu’il n’a jamais été rémunéré au titre de la Présidence d’Esther, octroyée grâce à ses bonnes relations avec Dominique Ambiel et le Premier ministre de l’époque Jean-Pierre Raffarin. Mais Pierre Péan s’était contenté d’évoquer « une fonction officielle » sans indiquer que le ministre avait été payé pour l’exercer.

4)    Enfin, Bernard Kouchner reconnaît avoir « pu être amené à évoquer son rapport sur l’Assurance maladie au Gabon avec le président Bongo ».  Mais c’était « uniquement pour s’informer de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi née de ce rapport. » Dans le monde feutré des relations diplomatiques, cela pourrait revenir un peu au même, surtout si, derrière les rencontres officielles, s’agite un proche du ministre pour accélérer le paiement des factures comme le rapportait Pierre Péan.

En fait, le seul important à retenir de la défense du ministre est le choix de l’avocat Georges Kiejmann, l’un des avocats les plus redoutables (et les plus redoutés) du barreau de Paris. Ce choix montre à quel point Bernard Kouchner considère le dossier comme crucial.
Le mobilisation de ce  ténor du barreau était d’autant moins superflue que, quelques heures après la publication du communiqué kouchnérien, Xavier Monnier publiait, sur le site bakchich.info les documents qui valident tous les chiffres cités par Pierre Péan dans Marianne2 lundi. Bakchich apporte un élément complémentaire en reproduisant un écran du site IMEDA (écran aujourd’hui disparu d’Internet) indiquant la nature des prestations («  un audit complet du système gabonais et proposition de réforme » et « l’élaboration d’un nouveau plan national de développement sanitaire ») ainsi que l’auteur du travail, Bernard Kouchner, Président de BK Conseil.  
Lire l'article intégral

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12 janvier 2009

Qui fait le lit d'un antisémitisme, au XXIè siècle!!!

Mais qui donc, au XXI S , s'acharne à faire ressurgir un antisémitisme injuste!!!


Un cocktail Molotov lancé sur une synagogue
                                                L'attaque s'est produite à Saint-Denis, provoquant un début d'incendie dans un restaurant voisin.>>






Des réservistes israéliens mobilisés à Gaza
                                                Une mobilisation qui laisse penser qu'Israël entre dans une «troisième phase» avec une nouvelle vague d'assauts.>>





Gaza: les munitions au phosphore blanc sont-elles autorisées?
                                                L'organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) a accusé samedi Israël d'utiliser des munitions au phosphore blanc dans la bande de Gaza. Ce n'est sans doute pas faux, mais cela n'a rien d'illégal au regard du droit international. HRW reconnait d'ailleurs...>>


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14 décembre 2008

L’Union européenne capitule devant Israël

le texte adopté par l'Union européenne intègre des références à la politique de voisinage européenne, au Maroc, à la Tunisie, et à presque tous les Etats arabes, références purement formelles qui permettent de faire passer l'essentiel : le point 9, qui affirme la détermination du Conseil à rehausser les relations avec Israël.
Lire l'article

13 novembre 2008

Réfugiés afghans: chasse à l'homme, puis un charter pour Kaboul

Goncourt et chasse à l’homme

       

Communiqué LDH et déclaration d’Atiq Rahimi

       

Jeudi 6 novembre 2008 : sur ordre du ministre de l’Identité nationale, le préfet déclenche la chasse aux réfugiés afghans autour de Calais. Hélicoptères munis de projecteurs, battues organisées dans les forêts… Pendant que le gibier est ainsi rabattu, les journalistes prévenus par des militants associatifs sont eux-mêmes encerclés par la police sur le parking de l’hoverport de Calais.

 

Vendredi 7 novembre 2008 : nouvelle traque, retour des hélicoptères, des projecteurs et des chiens policiers pistant l’odeur des Afghans. Le président de l’association Salam est ceinturé, mis torse nu, menotté et placé en garde à vue… pour « outrage », un délit qui submerge décidément les tribunaux ces temps-ci. La chasse a été bonne : 54 Afghans de plus sont placés en rétention à Coquelles.

 

Lundi 10 novembre 2008 : le prix Goncourt est décerné à Atiq Rahimi, écrivain afghan, qui a dû s’exiler au Pakistan en 1984 avant de demander l’asile en France.

 

Mardi 11 novembre 2008 :

la France

et le Royaume-Uni font avancer l’Europe de l’expulsion en affrétant un charter pour Kaboul. Destination : un pays dont les familles de soldats français savent à quel point, comme le soutient Monsieur Hortefeux, il est un « pays sûr ». Parmi les derniers Afghans reconduits à Kaboul par l’Australie, certains ont été mutilés puis décapités.

 

La Ligue

des droits de l’Homme salue le choix des jurés du prix Goncourt qui honore et la littérature et

la France. Elle

considère que l’envol du charter prévu aujourd’hui pour Kaboul déshonorerait notre pays.

 

Paris, le 11 novembre 2008

Lire l'article sur le site de la LIGUE DES DROITS DE L'HOMME



Informé de l’arrestation dans la région de Calais de dizaines de jeunes Afghans qui
tentent de passer en Grande-Bretagne, de leur placement en rétention au CRA de
Coquelle et des menaces d’expulsion par charter qui pèsent sur eux, l’écrivain
franco-afghan Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 fait la déclaration suivante :

La présence en France de ces 54 jeunes afghans témoigne de la situation que
connaît actuellement l'Afghanistan.
Les renvoyer dans leur pays c'est les condamner à un avenir incertain, c'est prendre
le risque de les laisser aux mains des fondamentalistes qui détournent le désespoir
de cette jeunesse à des fins religieuses extrémistes.
Pour combattre l'obscurantisme , les armes à notre disposition sont multiples; mais
la plus sûre et la plus efficace est l'éducation. En offrant l'asile à ces jeunes, comme
elle le fit pour moi en 1985, la France les aidera à poursuivre leurs études et à ne
pas tomber dans l'abîme de l'ignorance.

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03 novembre 2008

Israël et Palestine

La radicalisation de certains colons inquiète les autorités israéliennes

Militant d'extrême droite proche des idées du rabbin Meir Kahane assassiné aux Etats-Unis en 1990, cet ultra nationaliste religieux refuse de répondre lorsqu'on lui demande si la terre sur laquelle il s'est installé appartient à des Palestiniens. Il se contente de montrer le ciel du doigt. Un peu plus loin, un drapeau orange flotte au vent avec l'inscription "La terre d'Israël appartient au peuple d'Israël".
(...)
Il existe plus d'une centaine de colonies sauvages. Dès 2001, Ariel Sharon, alors premier ministre, avait promis de les démanteler. Elles sont toujours là et leurs occupants sont désormais une source d'inquiétude pour le pouvoir.
Lire l'article

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30 octobre 2008

QUAND IL S'AGIT DES BANQUES, aujourd’hui tout est possible ...

 

QPenser l’impensable (le monde diplomatique )

 

Ainsi donc tout était possible. Une intervention financière massive de l’Etat. L’oubli des contraintes du pacte de stabilité européen. Une capitulation des banques centrales devant l’urgence d’une relance. La mise à l’index des paradis fiscaux. Tout était possible car il fallait sauver les banques.

Pendant trente ans, la moindre idée d’une altération quelconque des fondements de l’ordre libéral afin, par exemple, d’améliorer les conditions d’existence de la majorité de la population s’était pourtant heurtée au même type de réponse : tout ceci est bien archaïque ; la mondialisation est notre loi ; les caisses sont vides ; les marchés n’accepteront pas ; savez-vous que le mur de Berlin est tombé ? Et pendant trente ans, la « réforme » s’est faite, mais dans l’autre sens. Celui d’une révolution conservatrice qui livra à la finance des tranches toujours plus épaisses et plus juteuses du bien commun, comme ces services publics privatisés et métamorphosés en machines à cash « créant de la valeur » pour l’actionnaire. Celui d’une libéralisation des échanges qui attaqua les salaires et la protection sociale, contraignant des dizaines de millions de personnes à s’endetter pour préserver leur pouvoir d’achat, à « investir » (en Bourse, dans des assurances) pour garantir leur éducation, parer à la maladie, préparer leur retraite. La déflation salariale et l’érosion des protections sociales ont donc enfanté puis conforté la démesure financière ; créer le risque a encouragé à se garantir contre lui. La bulle spéculative s’est très vite emparée du logement, qu’elle transforma en placement. Sans cesse, elle fut regonflée par l’hélium idéologique de la pensée de marché. Et les mentalités changèrent, plus individualistes, plus calculatrices, moins solidaires. Le krach de 2008 n’est donc pas d’abord technique, amendable par des palliatifs tels que la « moralisation » ou la fin des « abus ». C’est tout un système qui est à terre.

Autour de lui déjà s’affairent ceux qui espèrent le relever, le replâtrer, le ripoliner, afin que demain il inflige à la société quelque nouveau tour pendable. Les médecins qui miment l’indignation devant les (in)conséquences du libéralisme sont ceux-là mêmes qui lui fournirent tous les aphrodisiaques — budgétaires, réglementaires, fiscaux, idéologiques — grâce auxquels il s’est dépensé sans compter. Ils devraient se juger disqualifiés (lire « Les disqualifiés »). Mais ils savent que toute une armée politique et médiatique va s’employer à les blanchir. Ainsi, MM. Gordon Brown, l’ancien ministre des finances britannique dont la première mesure fut d’accorder son « indépendance » à la Banque d’Angleterre, José Manuel Barroso, qui préside une Commission européenne obsédée par la « concurrence », Nicolas Sarkozy, artisan du « bouclier fiscal », du travail le dimanche, de la privatisation de La Poste : ces trois-là s’emploient, paraît-il, à « refonder le capitalisme »...

Cette effronterie découle d’une étrange absence. Car où est la gauche ? L’officielle, celle qui a accompagné le libéralisme, déréglementé la finance pendant la présidence du démocrate William Clinton, désindexé les salaires avec François Mitterrand avant de privatiser avec MM. Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn, taillé à la hache dans les allocations versées aux chômeurs avec M. Gerhard Schröder, n’a à l’évidence d’autre ambition que de tourner au plus vite la page d’une « crise » dont elle est coresponsable.

Soit, mais l’autre gauche ? Peut-elle à un moment pareil se contenter de dépoussiérer ses projets les plus modestes, utiles mais tellement timides, sur la taxe Tobin, une augmentation du salaire minimum, un « nouveau Bretton Woods », des fermes éoliennes ? Pendant les décennies keynésiennes, la droite libérale a pensé l’impensable et profité d’une grande crise pour l’imposer. Dès 1949, Friedrich Hayek, le parrain intellectuel du courant qui enfanta Ronald Reagan et Mme Margaret Thatcher, lui avait en effet expliqué : « La principale leçon qu’un libéral conséquent doit tirer du succès des socialistes est que c’est leur courage d’être utopiques qui (...) rend chaque jour possible ce qui, récemment encore, semblait irréalisable. »

Alors qui proposera la mise en cause du cœur du système, le libre-échange (1) ? « Utopique » ? Aujourd’hui tout est possible quand il s’agit des banques...

Serge Halimi

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02 octobre 2008

Rémunérations des PDG, parachutes, et bla bla sarkozien

                                                                     

Sur MEDIAPART:

Extrait

Rémunérations des PDG: Sanofi, le cas d'école scandaleux

 

Voilà un beau cas d'école! Alors que Nicolas Sarkozy ne cesse, depuis quelque temps, de faire des déclarations enflammées contre les rémunérations excessives que se versent les PDG des grands groupes français, Sanofi va offrir, comme si de rien n'était, à son futur directeur général, Chris Viehbacher, qui prendra ses fonctions le 1er décembre, une somme faramineuse, qui va le faire entrer de but en blanc dans les sommets des plus belles rémunérations du CAC 40. Le groupe pharmaceutique fait la sourde oreille aux injonctions présidentielles de manière d'autant plus ostentatoire qu'il met en chantier un nouveau plan social.

 

Le géant français de l'industrie pharmaceutique, dont le conseil d'administration est présidé par Jean-François Dehecq, un ami proche de Jacques Chirac, a annoncé par un communiqué de presse, le 10 septembre, que son directeur général, qui est donc le patron exécutif, Gérard Le Fur, était écarté, et qu'un successeur lui avait été choisi, en la personne de Chris Viehbacher, un germano-canadien francophone, qui était jusqu'à présent l'un des cadres dirigeants d'un groupe rival, GlaxoSmithKline (GSK).

 

Dans la foulée, d'autres informations ont été révélées, mais de manière plus discrète. Se gardant de publier un communiqué de presse, le groupe Sanofi a mis en ligne sur son site internet, les conditions financières du départ de Gérard Le Fur et de l'arrivée de Chris Viehbacher (que l'on peut télécharger ici). Dans l'un et l'autre cas, elles donnent le tournis.

 

Pour Gérard Le Fur, voici ce qu'explique le site internet : «Après avis du comité des rémunérations, le conseil d'administration du 10 septembre 2008 a constaté, conformément aux dispositions approuvées par l'assemblée générale du 14 mai 2008, que les conditions d'attribution à Monsieur Gérard Le Fur d'une indemnité égale à deux années de sa dernière rémunération totale étaient remplies. Toutefois, prenant en compte la durée limitée de son mandat, le Conseil a décidé, avec l'accord de Monsieur Gérard Le Fur, que seule la moitié de cette indemnité lui sera versée (à savoir 2.705.000 €).» Le directeur général va donc percevoir plus de 2,7 millions d'euros de golden parachute, alors qu'il a occupé ses fonctions à peine plus d'un an et demi, sa nomination à ce poste datant de janvier 2007.

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18 septembre 2008

Ockrent, France 24...: tout ça pour un livre?

La rédaction en chef de France24 décapitée

                               

 

                 

Grégoire Deniau, directeur de la rédaction de la chaîne, et Bertrand Coq, rédacteur en chef, ont été mis à pied.

Début du grand ménage à France24  : selon nos informations, Grégoire Deniau, directeur de la rédaction, a été mis à pied ce mercredi en fin de matinée, après que Bertrand Coq, rédacteur en chef, eut subi le même sort la veille. Grégoire Deniau a immédiatement quitté les locaux de la rédaction, avant d’être remplacé provisoirement par le directeur général, Gérard Saint-Paul.

En début d’après-midi, le président de France Monde (holding de tête de France24), Alain de Pouzilhac, a rencontré la rédaction. Rencontre « houleuse », selon des participants. Il a annoncé la nomination de Saint-Paul, directeur général en charge de l’information et des programmes -qui doit prendre sa retraite en novembre-, comme remplaçant par interim de Grégoire Deniau.

« Faute professionnelle »

Pouzilhac a surtout détaillé les motifs invoqués par la direction pour renvoyer les deux journalistes  : dans les deux cas, « faute professionnelle ». Pour Grégoire Deniau, c’est l’organisation d’un débat sur le 11-Septembre qui pose problème. Selon le président, il n’aurait « pas soutenu » ses troupes quand la direction lui a reproché d’avoir organisé ce débat, qui évoquait les « théories du complot ».

Concernant Bertrand Coq, Alain de Pouzilhac a fait état de problèmes de « comportement ». Selon nos informations, peu avant sa convocation et son départ, la direction cherchait en effet à étayer des accusations de « harcèlement moral » contre Bertrand Coq.

« Plusieurs journalistes se sont effectivement plaints de son comportement, mais ce problème a été réglé il y a plus d’un an », s’étonne un délégué du personnel. « Depuis un an, ses relations avec la rédaction se sont complètement améliorées. »

Bertrand Coq est un rédacteur en chef rude avec ses troupes (surtout avec les « deskers », les journalistes qui travaillent au siège). Comme Grégoire Deniau, dont il est proche, c’est un ancien grand reporter ; tous deux sont lauréats du prix Albert-Londres.

« Ça ressemble à un prétexte », estime un journaliste à propos de cet argument du comportement de Coq. « Mais comme il a un langage assez fleuri, ils ne manqueront pas de pièces pour le dossier. » Pouzilhac a d’ailleurs évoqué devant les journalistes des réclamations plus récentes à l’encontre du rédacteur en chef.

Une pétition de soutien circule dans les couloirs

Les deux intéressés n’ont pas encore été avertis des motifs précis de leur mise à pied, et le seront lors de leurs entretiens préalables à licenciement.

En attendant, la plupart des journalistes jugent ces sanctions disproportionnées, et une pétition de soutien circule dans les couloirs de la chaîne. Pour l’un d’eux, derrière les deux « prétextes » invoqués pour chacun des cadres, il s’agit bien d’une « reprise en main » de la chaîne par Christine Ockrent, la directrice générale de France Monde. « Sur le fond, les explications de Pouzilhac n’ont absolument pas convaincu. »

Notons que Bertrand Coq a écrit un livre à charge, il y a quelques années, sur le mari de Christine Ockrent  : « Les tribulations de Bernard K. en Yougoslavie ou l’imposture humanitaire » (Michel Floquet, Bertrand Coq, Editions Albin Michel, 1993).

A France24, le climat interne semble en tous cas tendu vis-à-vis du politique. Le 18 juillet, au milieu de son interview dans « Le talk de Paris », la diffusion d’un portrait de Bernard Kouchner a mis le ministre en rogne, comme nous le racontions dans cet article sur les relations du ministre avec les médias.

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29 août 2008

L'Europe doit défendre une nouvelle pratique des droits de l'homme

par Jean-Pierre Mignard

L'invasion de l'Irak en 2003 par les Etats-Unis, la répression de ses
minorités nationales par la Chine en 2008 et l'invasion de la Géorgie
par la Russie ont au moins une caractéristique commune. Ces trois
pays sont membres du Conseil de sécurité de l'ONU et, pour le
dernier, membre du Conseil de l'Europe. Le pays envahi, la Géorgie,
également. Et c'est une triste première.

La communauté internationale, concept juridique assez imprécis pour
tout suggérer et ne rien dire, ne peut trouver là aucun motif de
réconfort si l'on admet que les membres du Conseil de sécurité sont
les premiers gardiens du traité des Nations unies. Leur valeur
d'exemple est à terre et le pire est venu des Etats-Unis car, à la
différence des deux autres, c'est une démocratie accomplie. Quand
l'Amérique se parjure, les Etats voyous, grands ou petits, s'emparent
de leur butin. Guantanamo est une aubaine pour eux. Et si nous avons
tant critiqué les Etats-Unis dans ce bourbier inhumain qu'est l'Irak
c'est que lorsqu'ils trébuchent, c'est la démocratie qui tombe.
Souhaitons que les prochaines élections redonnent un pas ferme à ce
pays.

Les contempteurs du "droit-de-l'hommisme", néologisme venu des soutes
de la nouvelle droite, formule qui pour ses utilisateurs englobe des
ONG hystériques ou des professeurs chiffonnés, n'ont, en attendant,
guère de souci à se faire. Ils peuvent ricaner : le principe de
réalité est en pleine forme. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Les ralliements opportunistes aux traités, la cécité ou la
pusillanimité des démocraties ont peu à peu transformé des principes
de droit puissants et actifs, sortis pour l'essentiel des charniers
de la seconde guerre mondiale, en paravent commode pour tyrannies en
quête d'honorabilité.

Cassin affirmait que tant que les droits de l'homme seraient
maltraités il n'y aurait pas de paix dans un seul coin de la planète.
Il liait les droits de l'homme, ceux des peuples, la paix, la guerre.
Pour lui c'était un tout. C'est d'ailleurs le sens du préambule de la
Déclaration des droits de l'homme des Nations unies de 1948. "Battre
sa femme, c'est un autre jour tuer son voisin", dit le proverbe. Il y
a une continuité entre la violence domestique et l'agression des
autres. C'est vrai pour les Etats comme pour les personnes.

Il faut reprendre une nouvelle pratique des droits de l'homme, plus
exigeante, plus concrète et plus efficace. L'Europe, et d'abord la
France et la Grande-Bretagne, membres permanents du Conseil, devaient
élever le débat, au nom de l'Union européenne, sur une réforme du
statut des membres du Conseil de sécurité de l'ONU à l'aube de
l'adhésion de nouveaux membres.

Tout membre du Conseil qui ne soumettrait pas un litige relatif à une
question de souveraineté territoriale et le réglerait unilatéralement
par l'emploi de moyens militaires serait de jure suspendu du Conseil.
La Cour internationale de justice verrait sa compétence accrue et
serait seule apte à le trancher.

FOYER MISSIONNAIRE

De nombreux Etats, notamment d'Afrique, y recourent déjà. Mais cette
solution arbitrale de la Cour n'est que facultative. Elle doit
devenir la règle pour les Etats membres du Conseil. A haut niveau de
responsabilité, haut niveau de devoirs. Sinon le droit de veto
continuera à être un laissez-passer aux exactions, un viatique
d'impunité. Un rêve ? C'est ce que les cyniques opposaient à Briand.
On découvrit trop tard qu'ils étaient experts en cauchemar.

Chaque ministre européen en visite dans un pays signalé devrait
rituellement poser la question et réclamer des informations sur le
sort des prisonniers d'opinion. Pas seulement aux autorités à qui il
incombe de répondre en premier mais aussi aux organisations civiles,
sociales et professionnelles. Il devrait se constituer, peut-être
sous les auspices du commissaire européen aux droits de l'homme, un
secrétariat chargé de compiler le bilan de ces visites. Il y a 27
Etats membres qui composent l'Union. Imaginons que chaque ministre de
chaque Etat accorde une heure de son temps aux droits de personnes
persécutées lors de ses déplacements. Voilà un vrai bouclier pour les
démocrates menacés et persécutés et des marges de manoeuvre réduites
pour les Etats liberticides.

Le traité de l'OMC conditionne l'entrée de membres à la signature et
à la ratification du pacte international relatif aux droits civils et
politiques de l'ONU de 1966. C'est parfait mais que le traité de
l'OMC aille plus loin. Qu'il fasse un véritable travail de
vérification des engagements pris pour démasquer les signatures
opportunistes. Doutons qu'une justice indépendante en matière de
commerce voit le jour là ou l'on torture dans des caves. C'est un
tout et l'OMC gagnerait en estime.

Enfin, la confection des traités eux-mêmes devrait associer les
sociétés à leur processus. La très récente initiative de l'Union pour
la Méditerranée fait côtoyer d'authentiques démocrates avec des
personnalités qui n'ont rien à voir dans le champ des droits de
l'homme, sinon qu'elles y braconnent. M. Kadhafi a eu le bon goût de
décliner.

On dira que ce traité ne concerne pas les personnes, que l'on mélange
tout et que l'on va tout faire échouer. Ah bon, mais alors il sert à
quoi ? Rien n'empêche qu'un sommet régulier des sociétés civiles des
Etats signataires se réunisse pour contribuer à faire vivre le
traité, l'enrichir et veiller au respect de ses clauses. Les
organisations professionnelles, les universités, les ONG, les
chambres de commerce, les syndicats auraient leur mot à dire. Les
sommets mondiaux sur le sida ou l'Internet en sont des illustrations.
On y entendrait des choses désagréables ? Tant mieux. Ce serait le
signe d'un véritable échange.

Dernière objection, je la pressens. Pourquoi l'Europe serait-elle le
foyer missionnaire de cette entreprise car elle n'est pas parfaite ?
Loin de là en effet, nos centres de rétention seront un jour des
camps, et j'entends même les catholiques italiens du centre-droit
s'inquiéter d'un risque de résurgence du fascisme dans leur pays.

Je dirais d'abord parce que la guerre aux portes de l'Europe rend
cette réaffirmation volontaire et sans concession des droits de
l'homme comme un objectif géopolitique indispensable. Ensuite, plus
prosaïquement, parce que s'intéresser aux droits de l'homme chez les
autres, c'est un des plus sûrs moyens de les prendre au sérieux chez
nous. A force de s'agenouiller on finit par croire, disait Pascal.
Pour les droits de l'homme relevons-nous. Il est plus que temps.

Jean-Pierre Mignard, avocat à la cour

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