17/07/12

Une fuite massive de capitaux menace l'Europe

Sur MEDIAPART

 

 

Pour l’instant, les dirigeants européens gardent un silence absolu sur le sujet, dans l’espoir de pouvoir encore contrôler le mouvement en cours. Tout juste, quelques responsables y font-ils allusion à mots couverts. Comme le premier ministre italien Mario Monti annonçant, la semaine dernière, dans un discours des plus alarmants, que le pays est en guerre sur plusieurs fronts. Ou comme le chef économiste de la Banque centrale européenne, Peter Praet, annonçant, mardi dernier, que la crise de la zone euro est désormais « plus profonde et plus dangereuse » qu’au moment de l’effondrement de Lehman Brothers, sans en dire beaucoup plus.

Les observateurs étrangers, eux, ne prennent plus tant de précautions. « L’une des choses qui me préoccupent le plus actuellement, c’est que cette crise oppose un marché qui bouge rapidement à un processus qui bouge très lentement (…) Une désintégration de la zone euro impulsée par les marchés est en cours », s’alarme un responsable de la réserve fédérale de Saint Louis, James Bullard, dans un entretien au Wall Street journal.

Les taux d'intérêts divergents entre les pays de la zone euro et la fuite des capitaux sont les signes que la monnaie unique est « lentement en train de se défaire », a renchéri Stephen Gallo, un stratégiste du Crédit Agricole, vendredi sur Bloomberg. « Ce à quoi nous assistons maintenant, c’est au démaillage de l’ensemble du projet européen. »

Cette inquiétude qui sourd se retrouve dans les chiffres. Même s’ils sont partiels, tous donnent des signaux de plus en plus alarmants. D’abord, il y a la formidable divergence entre les taux d’intérêts au sein de la  zone euro. Tandis que l’Espagne emprunte à près de 7 % , et l’Italie à plus de 6 %, l’Allemagne lève des fonds à des taux de plus en plus négatifs, c'est-à-dire qu'il faut payer pour pouvoir acheter des titres! La semaine dernière, elle a emprunté plus de 3 milliards d’euros au taux record de – 0,0344 %. Aujourd'hui à nouveau, le Trésor français a lancé une émission à six mois à un taux négatif de 0,015 %. Alors que certains commençaient à se réjouir que la France ait désormais le même statut que l’Allemagne de pays refuge, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a douché leur enthousiasme, sans s’attarder plus sur le sujet. « Ce n’est pas une bonne nouvelle », a-t-il déclaré.

Il ne pouvait dire moins. Des taux négatifs sont une anomalie, le signe d'importants problèmes économiques. Dans le cas présent, ils sont l’expression d’un grave dérèglement au sein de la zone euro, d’une dérive entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud, les capitaux fuyant ce qu’ils considèrent être des zones à risque pour se réfugier dans les pays considérés comme plus sûrs, acceptant même de perdre de l’argent pour mettre dans l’immédiat leur argent en sûreté.

 

La fuite hors de l'Europe du Sud

Cette fuite des capitaux hors de l’Europe du Sud est à l’œuvre depuis plusieurs mois. La Grèce a vu partir plus de 160 milliards d’euros en quelque mois. Selon une étude de JP Morgan, les investisseurs étrangers ont vendu près de 100 milliards d’euros d’obligations espagnoles, soit l’équivalent de 10 % du PIB, entre novembre 2011 et mars 2012. Mais le flux semble s’accélérer depuis avril, les déposants espagnols se joignant aux banques et financiers étrangers pour mettre leur argent en sécurité hors du pays. Une étude du Crédit suisse montre l’ampleur des mouvements : plus de 150 milliards d’euros ont quitté l'Espagne!

 

 

© Crédit suisse

Les chiffres de la BCE donnent une autre image de ces tensions. Les banques espagnoles ont emprunté en juin auprès de la Banque centrale le montant record de 337 milliards d’euros, contre 287,8 milliards en mai. En un mois, leur besoin de financement a augmenté de 17,2 %.

Les nouvelles mesures de rigueur annoncées par le gouvernement de Mariano Rajoy et les discussions sur le sauvetage du système bancaire espagnol, estimées à 100 milliards d’euros, montant qui risque d’être entièrement à la charge du pays contrairement à ce qui avait été annoncé lors du sommet européen du 26 et 27 juin, pourraient encore accélérer cette fuite. Selon l’étude de JP Morgan, plus de 200 milliards d’euros pourraient encore quitter le pays dans les mois à venir.

L’Italie subit le même régime que l’Espagne. Depuis la crise de la dette à l’automne dernier, les investisseurs se sont massivement  débarrassés de leurs titres italiens. 160 milliards d’euros, soit là encore 10 % du PIB, auraient quitté le pays au cours des derniers mois. Mais là encore, les déposants nationaux commencent à se joindre aux financiers internationaux, tous cherchant des refuges plus sûrs. Là encore, JP Morgan pense que 200 milliards d’euros supplémentaires pourraient sortir du pays dans les prochains mois.

En décidant d’abaisser de deux crans à Baa 2 la note de l’Italie vendredi, l’agence de notation Moody’s a insisté sur ce nouveau risque pour justifier sa mesure. « Le haut niveau de la dette italienne et le montant significatif de financement nécessaire (415 milliards d’euros, soit 25 % du PIB – ndlr) en 2012-2013, aussi bien que la base en diminution des investisseurs étrangers, génèrent un risque de liquidité accrue (…) La faiblesse de l’économie et la vulnérabilité croissante d’un arrêt brutal du financement de la dette souveraine constituent un facteur de risque substantiel pour les autres émetteurs (non gouvernementaux ) en Italie, alors que les revenus, l’accès aux liquidités et aux financements pourraient être drastiquement réduits pour toutes les classes d’emprunteurs ».

 

"Quelque chose seulement possible dans les pays émergents"

Ces déplacements massifs de capitaux n’avaient jamais existé avec une telle ampleur dans la zone euro. Une partie se réfugie en Allemagne, aux Pays-Bas, en Finlande et maintenant en France. D’où les taux négatifs. Mais de l’avis de nombreux observateurs, ce n’est qu’une étape.

© Business Week

Les responsables des hedge funds, qui ont beaucoup spéculé ces deux dernières années sur les dettes européennes, estiment que les taux allemands sont juste une conséquence de la fuite des capitaux au sein de l’Europe, et qu’ils devraient au moins doubler au cours des douze prochains mois. Certains ont déjà décidé de quitter complètement la zone euro, estimant que l’avenir n’était plus prévisible nulle part en Europe. PIMCO, l'un des plus grands fonds obligataires du monde, qui gère plus de 250 milliards de dollars, est ainsi en train de convertir ses titres européens en bons du Trésor américains. « C’est la moins pire des solutions », a-t-il expliqué.

Car un deuxième mouvement est en train de se mettre en marche. Après avoir cherché refuge en Europe du Nord, les financiers sont en train d’abandonner l’ensemble de la zone euro. Tous s’y mettent. Les financiers et les banquiers vendent de l'euro à tour de bras. Citigroup vient d'annoncer qu'elle avait renoncé à toute activité de banque de détail en Europe, afin de se préparer à l'éventualité de l'éclatement de la zone euro.

En avril, la Banque centrale européenne a enregistré la chute la plus importante de dépôts depuis la création de la monnaie unique : 57 milliards d’euros ont été retirés de ses livres. Les banques centrales des pays émergents ont également diminué, pour la première fois, leurs réserves en euros pour se réfugier sur le dollar. Selon le FMI, leurs avoirs en devise européenne ont diminué de 35 milliards au cours du seul premier trimestre.  Mais les entreprises et les particuliers commencent aussi à suivre.

« L’incertitude grandissante en Europe amène nos établissements, particulièrement dans les zones frontalières, à enregistrer un afflux notable d’argent. La grande majorité de ces nouveaux déposants sont italiens, français et même allemands », a reconnu dernièrement un responsable bancaire suisse.

La manifestation de ces fuites éperdues se lit dans les cours de l’euro. La monnaie unique a perdu 13,4 % de sa valeur face à la monnaie américaine depuis fin octobre, pour tomber à 1,22 dollar. Les analystes tablent sur une nouvelle chute de l’euro, qui pourrait tomber, selon leurs prévisions, jusqu’à 1,15 dollar dans les prochains mois. Mais c’est surtout la Suisse qui fait figure de refuge. La Banque centrale suisse fait face à un afflux de capitaux qui la préoccupe, et elle dépense des milliards pour maintenir le niveau du franc suisse à 1,20 euro, niveau qu’elle juge essentiel pour la compétitivité de son économie.

Réserves en devises étrangères de la banque centrale suisseRéserves en devises étrangères de la banque centrale suisse

La baisse de l’euro, longtemps surévaluée, pourrait être une bonne nouvelle pour les économies européennes : les productions européennes regagnent une meilleure compétitivité en termes de prix face aux économies étrangères. Cela devrait relancer les exportations. L’ennui est que la dépréciation de la monnaie européenne est d’abord liée aux plans d’austérité massifs imposés dans toute l’Europe, aux risques de récession, et aux craintes qu’inspirent désormais la zone euro.

En petit comité, les responsables européens ne cachent pas le danger de la situation. Dernièrement, Frank Moss, directeur général chargé des relations européennes et internationales au sein de la BCE, a fait cette confidence étonnante : « La zone euro fait face à un arrêt brutal des flux de capitaux en provenance du reste du monde. C'est quelque chose que nous pensions seulement possible dans des petits pays en développement dans le reste du monde. »

La zone euro et la monnaie unique sont des créations sans précédent, qui rendent les comparaisons difficiles. Il y a pourtant un exemple qui pourrait être rapproché de ce qui se passe en Europe aujourd’hui : l’Amérique du Sud des années 1970 et 1980. Brésil, Chili, Argentine étaient alors confrontés à une situation d’endettement massif. Le FMI leur imposa des programmes d’austérité drastiques qui alimentèrent des fuites de capitaux gigantesques d'investisseurs effrayés par l’instabilité politique et sociale, ce qui amena dans ces pays la disparition de la démocratie.

Faut-il en déduire que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? « Il serait temps d’admettre que les pays de l’Europe du Sud ne rembourseront jamais leurs dettes, et de les renégocier plutôt que d’attendre, comme les responsables l’ont fait en Amérique du Sud, ce qui a amené à sacrifier le continent pendant plus d’une décennie », commente un analyste de Citigroup. D’autant que l’Europe risque d’entraîner avec elle le reste du monde.

 

 

 

Lire aussi

 

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19/04/12

Le plan de bataille des financiers (Présidentielles 2012)

Le plan de bataille des financiers from mutins on Vimeo.

 

Un sujet de François Ruffin, réalisé par Olivier Azam - Les Mutins de Pangée - Avril 2012 - Avec Fakir et la-bas.org. lesmutins.org

 

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17/04/12

une nouvelle arme de la finance contre la France

 

Sur PLACE AU PEUPLE


J.-L. Mélenchon dénonce une nouvelle arme de la finance contre la France

Posté le 11 avril 2012 par Presse dans COMMUNIQUÉS DE PRESSE, PRESSE, S'INFORMER
 
J.-L. Mélenchon dénonce une nouvelle arme de la finance contre la France

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle de 2012, le 11 avril.

Pendant que Sarkozy et Hollande se font des querelles de mots sur la finance, celle-ci vient de s’offrir un nouveau pouvoir considérable en France. Je condamne la création annoncée pour lundi 16 avril prochain d’un nouvel instrument spéculatif contre la dette française. Lancé par la bourse de Francfort sur le Marché européen des produits dérivés, ce « contrat à terme sur les obligations d’Etat françaises » va offrir des moyens considérables aux spéculateurs pour attaquer notre pays.


Ce nouvel instrument de faire de l’argent sur le dos de notre peuple a aussitôt été saisi par les banksters qui ont déjà déclenché la crise de 2008 aux USA puis celle de la dette en Europe, comme les banques anglo-saxonnes Morgan Stanley et Barclays Capital.

Face à ce nouveau coup de force de la finance contre notre pays, je m’étonne du silence de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement pourtant si prompts à agiter la menace des marchés financiers contre la gauche.

J’invite François Hollande à prendre conscience du danger qui menace et à rejoindre ma stratégie de combat. Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits comme toutes les ventes à découvert et les CDS non adossés. Je préviens que des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation (article 410-1 du code pénal).

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14/04/12

Nicolas Sarkozy et l'AMF préparent un attentat financier pour le 16 avril

Sur WIKISTRIKE



Un véritable coup d'Etat financier va se jouer en France à partir du 16 avril. En effet, le président Nicolas Sarkozy via l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) vont permettre d'ouvrir sur l'Eurex, le marché des dérivés, un contrat à terme sur les emprunts d'Etat français, l'autorisation des ventes à découverts. 

Ce mécanisme purement spéculatif appelé en anglais «short selling» ou «shorting» consiste à vendre un titre dont on anticipe la baisse. Le vendeur s'engage à fournir à un certain prix à une certaine date, en faisant le pari que le titre va baisser entre temps … Et oui mes amis, l'AMF a mis fin à l'interdiction des ventes à découvert sur les titres émis par 10 grandes banques et sociétés d'assurance côtés sur le marché parisien ( AXA, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole … ). Que cela veut-il bien dire ? 

Cette pratique est parfaitement légale mais peu encadrée et risquée. En effet, les actions les plus fragiles deviennent particulièrement vulnérables ainsi que les places financières. En plus simple: les spéculateurs du monde entier pourront vendre simplement de la dette française et ce à coût bas avec un effet de levier de 20 pour les bons du trésor. Oui, avec 50 000 euros investit en cash, il sera possible de vendre à découvert 1 million d'euros d'emprunts d'Etat français en bons du trèsor … Depuis la disparition du MATIF (Marché à terme des Instruments Financiers), il y a 13 ans, il n'était plus aussi facile de spéculer contre la France.

Ce n'est pas tout mes amis … La vente à découvert peut être également un emprunt. En effet, l'acheteur emprunte un titre uniquement en échange de la promesse de le rendre un peu plus tard au moment de la liquidation. L'acheteur va pouvoir levendre, avec pour objectif que le cours baisse et qu'il puisse alors le racheter moins cher avant de le rendreà son prêteur. Lorsque la vente a découvert est gagée sur un emprunt detitre, elle peut en outre être reportée.

La vente à découvert peut également s'effectuer"à nu". C'est à dire que l'acheteur n'emprunte rien et qu'il se contente de vendreà terme des titres qu'il ne possède pas. Il parie sur la baisse du cours de ce titre afin d'acheter à moins cher que ce qu'il a promis de vendre. Pratiquée massivement, cette technique provoque la baisse des cours que souhaitent les vendeurs.

Comble du cynisme calculateur, des ordinateurs peuvent en « trading automatique » jouer sur des écarts très courts dans le temps et ce à large échelle. Un programme informatique spécifique pour pratiquer la vente et le rachat très rapide de titres dès qu'il s'oriente à la baisse. A grande échelle, cela présente le risque d'amplifier les baisses en déformant les cours.

Ce mécanisme est très dangereux pour les Etats, les entreprises et les investisseurs. Le vendeur n'est pas obligé d'avoir l'argent pour ce qu'il compte vendre. Tout cela est rendu possible contre le paiement d'une CRD ( Commission de Règlement Différé). Cela permettra de ne payer que 5 à 20 jours plus tard à condition que les titres soient éligibles au SRD (Service du Règlement Différé) ce qui est le cas des grandes capitalisations boursières. Bien entendu, cela n'est pas réservé à Mr et Mme Toulemonde qui n'ont pas un centime de côté. Ils ont déjà bien du mal à ce que leur banque leur accorde un découvert autorisé ou se font refuser des chèques pour 20 euros ...

Les vendeurs à découverts sont accusés depuis de nombreuses années d'être à l'origine des crises financières majeures. L'Agence Reuters, Bear Sterns, Lehman Brothers ont accusé de nombreux entrepreneurs « manipulateurs » de répandre de fausses rumeurs après avoir vendu à découvert les actions de leurs entreprises avant que ces dernières ne fassent faillite ou ne soient reprise par un concurrent. Un tel parallèle peut également tout à fait se faire au niveau des Etats et plus particulièrement ici au niveau de la France avec tout ce qui va de son lot de rumeurs et de manipulations d'un niveau bien plus considérable que celui des entrepreneurs indélicats. Cela ne sera possible en fait qu'avec la complicité complémentaire de nombreux politiques, médias, analystes et grands comptes ...

Mr le président des français, Mr Nicolas Sarkozy mais que faites-vous à la France là? Qu'est-ce que ces basses manœuvres financières qui livrent tous les français, oui du dernier né, au vieillard qui se meurt à la vindicte financière? C'est cela votre amour de la France?

Autoriser cela à 6 jours du premier tour de l'élection présidentielle revient à organiser un attentat financier sur la France. C'est vraiment indigne d'un président et son gouvernement.

Honte à vous et ceux qui comptent profiter de cela pour mieux asservir le peuple français. Médias faites votre travail.

A la vue de ce qu'il se passe en Grèce, en Espagne, en France et partout ailleurs dans le monde, il se pose la question de la nécessité absolue de la création d'un Tribunal International des Crimes et Génocides Financiers et Economiques. Oui, il faut pouvoir réprimer toutes ces exactions comptables et financières qui sont réalisées en toute impunité en un simple clic et un éventuel coup de téléphone par les traders et autres larbins technologiques de nos politiques et banskters. Leurs implications ont directement des répercussions sur la vie de tous les jours de millions de personnes. La mascarade de la crise doit être mise à jour.

Diffusez cette information mes amis car le 16 avril 2012, c'est presque demain. L'AMF peut interdire cela. Le temps presse mes amis …

Non, la finance ne gagnera pas, nous n'y sommes pas asservis. Français de droite, de gauche, tous ensemble contre ce pillage, cette "chronique d'une mort annoncée" ...

AAA, on vous rigole au nez, vous nous faites plus peur, nous nous informons et organisons …

Révolution Citoyenne mes amis afin de mettre l'Humain d'Abord.

RESISTANCE !!!

 

PLUME CITOYENNE

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13/04/12

Le "produit financier" que Mélenchon déteste

 

 Sur EUROPE1

Par Mounia Van de Casteele

Publié le 13 avril 2012 à 15h03 Mis à jour le 13 avril 2012 à 15h10

 
 
Jean-Luc Mélenchon s'est insurgé contre le "contrat à terme" qui sera lancé lundi 16 avril

Jean-Luc Mélenchon s'est insurgé contre le "contrat à terme" qui sera lancé lundi 16 avril © MAXPPP

DECRYPTAGE - Quels sont les enjeux de ce "contrat à terme" que l'Allemagne lancera lundi ?

Après son billet de blog et un passage sur France 2, Jean-Luc Mélenchon a joué la carte du happening contre ce qu'il décrit comme une "nouvelle arme de la finance envers la France". Il fait référence à un contrat à terme venu de notre voisin Outre-Rhin, qui permettra, dès le 16 avril, de gagner de l'argent en spéculant sur la dette française. Europe1.fr fait le point sur la situation.

 

Que dit Mélenchon ?

A l'instar d'Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon est vent debout contre ce nouveau produit. Le 11 avril il dénonçait sur son blog un contrat qui allait "offrir des moyens considérables aux spéculateurs pour attaquer notre pays". "Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits", écrivait-il. Après en avoir remis une couche jeudi soir sur France 2, il s’est ensuite emporté devant le siège de l'AMF, vendredi, lors d'un happening d'une dizaine de minutes, soutenu par une poignée de militants. "La finance s'apprête à sauter à la gorge de notre pays, dès que l'élection aura lieu, et peut-être même avant !", a-t-il accusé.

"Un nouvel instrument de dictature financière" :


France 2 - Des paroles et des actes (Spéciale... par poupy51

Et même Jean-Pierre Jouyet, le président de l'AMF, d'ordinaire réservé, s'est désolé du signal envoyé. A dix jours du premier tour de la présidentielle, il a également jugé le "timing" très inopportun. "Le moment est inopportun, compte tenu de l'élection présidentielle en France, et des tensions sur les taux espagnols constatés en début de semaine. Cela sous-entend qu'il y a un risque sur la dette française, puisque ce contrat donne la possibilité aux investisseurs de se couvrir. C'est un message négatif et quelque soit le résultat des urnes", a-t-il indiqué.

Qu'est-ce que ce produit ?

Ce "produit spéculatif" sera lancé lundi par une filiale de la bourse allemande, Eurex. Concrètement, c'est une sorte de "pari" sur l'évolution des taux d'intérêt français. Plus ceux-ci s'envoleront, plus les spéculateurs seront gagnants. Or, la hausse des taux d'intérêts est corrélée avec l'augmentation de la dette. Ce produit peut donc se traduire par une spéculation sur la détérioration de la situation économique de la France.

Mais, à la base, ce type de produit est plutôt un outil d'assurance, dont le but est de garantir les investisseurs, en l'occurrence les détenteurs d'une partie de la dette nationale, contre les risques encourus. Un tel produit, très populaire, existait d'ailleurs en France dans les années 1990, au sein du Matif (marché à terme des instruments financiers).

Pourquoi lancer ce produit ?

Ce produit existe déjà sur la dette allemande. La question est donc : pourquoi en lancer un, aujourd'hui, sur la dette française ? Pour les spécialistes en valeur du Trésor, la réponse est simple : "ce sera sans doute un produit pour jouer le "spread", l'écart de taux entre la France et l'Allemagne". Cela va donc mettre en exergue le contraste entre les deux pays. Le signal est clair : après la perte de son triple A, la France risque de décrocher par rapport à l'Allemagne, première économie européenne et moteur de la zone euro, toujours montrée en exemple.

Si le président de l'AMF reconnaît que ce produit "assez banalisé", et qui a toujours existé, "apporte de la liquidité", il admet toutefois l'impuissance de la France quant à son lancement.

Peut-on interdire ce produit ?

"Eurex est une société allemande privée. Interdire ce produit n'est ni de notre ressort, ni de celui des autorités de régulation européenne. Nous n'avons pas les moyens de nous y opposer, ni de dire quoi que ce soit", explique Jean-Pierre Jouyet.

Si on ne peut pas empêcher les traders de faire ce genre de paris, la bourse et les banques allemandes étant privées, il serait néanmoins envisageable de poser certaines conditions. La solution pourrait donc être de revenir à la logique initiale, en exigeant que seuls ceux qui possèdent de la dette française puissent acheter ces contrats à terme, dans un souci de protection, et non pas dans un but spéculatif.



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12/04/12

Le danger d’une nouvelle attaque de la finance contre la France

 
Communiqué du 12/04/12 sur le blog de JL Mélenchon
 

J'ai lancé l'alerte hier contre la création d'un nouvel instrument financier de chantage contre la dette de l'Etat français.

Je me réjouis de voir qu'une prise de conscience commence et se traduit par plusieurs de position dans mon sens. Je note que M. Jouyet président de l'AMF me donne raison pour dénoncer le danger.

Je m'étonne du silence de Nicolas Sarkozy qui a pourtant voix au chapitre comme président de la République française.

J'adjure François Hollande de comprendre le danger et d'entendre ma stratégie d'affrontement avec la finance qui nous menace.

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08/04/12

Décolonisons l'Europe !!! de l'occupation financière

Sur MEDIAPART

 

 

DECOLONISONS L’EUROPE

 

Ce matin l’article des Echos sur la Grèce est exemplaire :  A Athènes, une armée d'experts étrangers reconstruisent l'Etat grec

 

Le contenu l’est encore plus :

Ses voisins européens, la Commission de Bruxelles, le FMI et la BCE ont mis à la disposition du gouvernement grec une armée de hauts fonctionnaires experts en collecte fiscale, politique budgétaire, réforme administrative, sécurité sociale, politique foncière. Objectif : l'aider à refonder entièrement un Etat devenu avec les années pléthorique, inefficace et corrompu ;

 

Je ne peux m’empêcher de mettre en parallèlle de cet article démentiel  des Echos celui de Marianne 2

Un mensonge de plus de sarkozy , la Grèce n'est pas sauvée . 

 

article de Gérard Filoche dans lequel il explique que la démocratie Grecque est pulvérisée .

Les élections législatives sont sans cesse repoussées. Elles devaient avoir lieu en février, le gouvernement parle maintenant de mai ou de juin. Il faut dire que les sondages donnent 40 % des suffrages aux partis de gauche qui refusent les plans de destruction sociale.

Le peuple Grec réclame des élections et un audit citoyen de la dette .. on lui refuse les deux .. et on lui envoie des fonctionnaires corrompus,  dont tous les plans ont échoués , en mettant en plus à la charge de ce même peuple  Grec les conséquences des erreurs de ces hommes … et en lui imposant de continuer à payer pour les intérêts financiers de banquiers privés … à qui on vient d’octroyer 3 FOIS le montant de la dette totale Grecque à un taux défiant toute concurrence (1%) ..

Ces cadeaux insensés faits par Draghi  aux banques privées le sont avec le sang du peuple Grec et bientôt celui des Espagnols , des Portugais , des Italiens et des Français .. Comme on vient de le voir : on aide les intérêts financiers plutôt que les peuples .

En France nous avons aboli les privilèges par la Révolution Française . L’Union Européenne actuelle les a visiblement rétablis .. et pour être sûre que les peuples obéissent on leur envoie les KAPOS Européens pour fixer les règles budgétaires ..

Jérôme Cazes ,  particulièrement bien placé pour connaître le sujet , (ex Directeur Général de la Coface) vient de  publier un thriller  que l’on peut trouver sur le NET en PDF et dont je ne saurais que vous recommander la lecture de toute urgence .

555 Jeudi rouge 

 

Il explique dans les présentations faites de son livre que la Crise Grecque n’aurait pas pu avoir lieu sans la finance spéculative actuelle .

« Le problème n’est pas la Grèce mais la finance spéculative qui l’a rendu possible »

 

La robotisation actuelle , la financiarisation de l’économie est en train de coloniser nos nations  en détournant  tous les flux financiers de l’investissement productif et de la rémunération du travail pour les centrer uniquement sur des plus values totalement stériles et court termistes .. qui ne font rien d’autre que de créer des bulles qui détruisent les richesses réelles produites par les peuples .

Pour comprendre comment cette colonisation financière tue l’avenir de nos enfants et celui de la planète, il suffit de prendre deux exemples très simples .

Tout d’abord un petit tableau chiffré des flux comparés PIB et industrie financière et de leur évolution depuis 2002 ..

La sphère économique mondiale

(unité : le téra dollar soit le millier de milliards de dollars)

Et l’exemple suivant .. Nous allons avoir besoin dans les années à venir d’investissements stratégiques majeurs dans les domaines des énergies renouvelables .

Ces investissements ne seront rentables que sur de longues périodes . Les emplois qu’ils vont créer , les recherches , les avancées technologiques mettront sans doute plusieurs décennies  avant d’être rentabilisés .

Les flux financiers nécessaires à  ces investissements sont aujourd’hui totalement captés par une économie de casino , ne réagissant désormais plus que sur des plus values totalement court terme , puisque leur durée n’excède pas la micro seconde . C’est aussi  cette automatisation destructrice qui est décrite par Jérome Cazes dans son roman .

Et de plus comme ces banques gèrent mal .. on nous impose par des plans d’austérité déments et contre productifs de combler leurs pertes ..

La seule urgence est bien de décoloniser l’Europe de l’occupation financière qui est en train de la tuer et de tuer tout avenir humain et écologique pour ses descendants .

Effectivement nous avons besoin d’une vraie révolution citoyenne et civique pour saisir la portée de ces enjeux essentiels .

Cette révolution s’appelle l’indépendance financière et la restauration par tout moyen du pouvoir monétaire dans les mains des politiques. La France a un poids suffisant dans l'Europe pour pouvoir se livrer à ce bras de fer impératif .. car une chose est certaine , elle aura derrière elle les peuples Européens qui ne peuvent accepter cette colonisation et ils commencent à être  nombreux à faire cette prise de conscience

 

 

COMMENTAIRES et compléments d'information:

(...) L'article de l'OCDE est effectivement exemplaire de ridicule achevé . Ils prennent conscience d'un gros dysfonctionnement , mais sont prêts à reconfier les responsabilités aux mêmes pour corriger le dysfonctionnement !!!! . Cet article confirme d'ailleurs exactement ce que raconte Jérôme Cazes . 

La crise que nous traversons actuellement est la conséquence du court-termisme des financiers de Wall Street, de la City et d’ailleurs, uniquement préoccupés par les résultats du prochain trimestre et d’indicateurs financiers à court terme. En tant qu’investisseurs institutionnels détenant d’importantes participations dans des entreprises du monde entier, nous devons penser à la croissance à long terme et adopter une démarche durable, qui sera profitable à toutes les parties prenantes et contribuera à ramener la stabilité sur les marchés. Les bénéficiaires des fonds de pension font confiance à leurs fiduciaires pour gérer leur intérêt à long terme et préserver leur capital. S’ils y parviennent, nous serons tous gagnants – retraités et salariés actuels et futurs. En revanche, leur incapacité à réussir générerait à nouveau des bénéfices extraordinaires pour le secteur des services financiers et entraînerait ainsi la formation d’une nouvelle bulle du prix des actifs, cette fois-ci alimentée par les deniers publics.

J'aurais dû préciser dans le titre de mon billet de blog : occupation financière par les majors US .. L'intégralité de mon blog est consacrée à cette mise sous tutelle . Quand au problème des fonds de pension évoqué par l'OCDE , ils sont effectivement essentiellement américains et ces fameux gestionnaires qui seraient devenus "moraux" n'ont de cesse que de transférer l'épargne Européenne vers les fonds de pension US pour boucher les trous qu'ils ont créés !!! .

Mes billets de blog qui font les liens pour démontrer ces tentatives de transfert d'épargne sont 

celui  sur les CDS
celui  sur les actionnaires des Agences de Notation
celui sur le chateau de cartes des fonds de pension
celui sur l'économie de Casino et le Krach boursier . 

UBU est vraiment en dessous de la réalité pour décrire ce qui se passe actuellement . 

 

 

 

Ce matin , je vais ajouter :

Décolonisons l'Europe de l'occupation intellectuelle qui l'appauvrit et la condamne .. en m'appuyant sur un texte particulièrement ciblé , quand on voit le niveau de ce qui occupe l'espace médiatique depuis 48 H . 

 Cette analyse est  tirée du Bulletin trimestriel de Leap 2020 , Map Novembre (bulletin trimestriel) , que vous pouvez télécharger gratuitement sur le Net .  

Et au vu de ce qui se passe depuis 48 sur nos chaines de télé , on peut se demander si nous ne sommes pas en train de dépasser les USA dans cette sursimplification et ce que l'auteur nomme des "références kafkaiennes" . 

Plusieurs facteurs ont mené les USA dans l’impasse dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui. Principalement l’état lamentable du système d’enseignement qui est sans doute le pire du monde industrialisé (ou développé). Les dysfonctionnements de ce système génèrent non seulement une extrême pauvreté, des inégalités et une violence souvent à l’origine de manifestations, mais il interdit aussi tout débat sur ce qui se passe aux USA, la responsabilité de l’Etat et les directions qu’il souhaite prendre.

Pour illustrer cet état, notons que 50% des adultes sont incapables de lire un livre du niveau “fin de primaire” ce qui les condamne à être mis en marge de la société. A tel point que certains Etats projettent le nombre de places nécessaires en prison pour partie sur les résultats de test de lecture d’écoliers. L’illettrisme est en lien direct avec la pauvreté, le taux de crime et d’internement5. A titre d’exemple, la ville de Detroit, la plus affectée par ces phénomènes connait un taux d’analphabétisme de 47%6. 

L’échec de ce système éducatif fait passer l’Amérique à côté de l’essentiel et entraîne une chute du niveau du débat d’idées dans les domaines sociaux, politiques ou économiques. “Sur-simplifications” et idées toutes faites sont la norme, les medias étant souvent l’exemple de références Kafkaïennes.

D’une part, nous avons les carences de ce système éducatif qui font le lit du dogmatisme et de l’affrontement systématique dans les débats socio-économiques et politiques. D’autre part, nous avons d’autres facteurs qui, une fois combinés avec ces carences, nous conduisent tout droit vers les troubles sociaux, les affrontements et les manifestations de rue.

 

 

 

 

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Le CAC 40 prépare un troisième tour financier

| Par Martine Orange

 

Ce mercredi 4 avril, les membres du conseil d’administration de l’Association française des entreprises privées (AFEP), présidé par le publicitaire Maurice Lévy, se sont une nouvelle fois réunis. Officiellement, les membres de ce club, qui regroupe l’essentiel des grandes entreprises françaises, n’interviennent jamais dans le débat politique. Ils entendent juste faire un lobbying aussi discret qu’efficace pour défendre la cause des grands groupes et faire passer au Parlement ou à la Commission européenne les textes législatifs qu’ils jugent importants pour faire « entendre leur voix et défendre l’économie française ». Pourtant, il n’y a pas un sujet qui les passionne autant que la politique. Et, en ce temps de campagne présidentielle, la passion tourne presque à l’obsession. Ce matin-là, la discussion était entre soi.

 Autour de la table, le consensus est vite trouvé parmi les grands patrons pour juger la campagne en cours : ils sont déçus. « Affligeant », « populiste »,

« lamentable », les débats en cours les accablent. La récupération des thèses de Marine Le Pen par Nicolas Sarkozy comme la montée de Jean-Luc Mélenchon, porte-étendard d’un parti communiste qu’ils pensaient bien enterré depuis vingt bonnes années, qui déborde François Hollande sur sa gauche, les inquiètent : les extrêmes donnent le ton de la campagne présidentielle et les candidats centraux sont pris en otage, jugent-ils.

Unanimes, tous signent des deux mains le constat fait par l’hebdomadaire libéral britannique The Economist de la semaine : la France est dans le déni. Elle mène la campagne présidentielle la plus frivole de l’Occident, délaissant les problèmes essentiels, celui de sa dette et de son économie. Il y a bien François Bayrou, qui tient un discours de vérité. « Mais il est inaudible », déplorent  certains participants. Crédité de 10 % dans les sondages, il fait du surplace. Conclusion des dirigeants du CAC 40 : « Les Français ne veulent pas entendre la vérité. »

Nicolas Sarkozy, lui, est parfaitement conscient de la situation, soutiennent certains, disant l’avoir vu récemment. Mais, quand il a commencé à faire campagne sur la crise au début de l’année, il a plongé dans les sondages, expliquent-ils aux autres. Il a alors abandonné, pour reprendre les thèmes de la sécurité et de l’immigration, chers à Marine Le Pen.

« Son vrai programme viendra après, s’il est élu », pronostique un grand patron, pour rassurer les autres. François Hollande, en revanche, les effraie. Ni lui ni son entourage n’ont pris la mesure des difficultés qui attendent la France, soupire-t-on autour de la table.

Même s’ils n’ont pas toujours apprécié la présidence de Nicolas Sarkozy, sa reconduction leur paraît de loin préférable. Mais il y a les sondages. L’hostilité que suscite Nicolas Sarkozy peut-elle s’effacer en moins de trois semaines ?  Pour l’instant, François Hollande reste le grand favori du deuxième tour. Comment se positionner par rapport à lui ?  « De toute façon, quel que soit le candidat, il n’aura pas le choix. La réalité va le rattraper très vite. Les marchés financiers, qui se tiennent tranquilles pour l’instant, vont se réveiller au lendemain des élections », soutient un participant.

Tout le monde acquiesce : il y  aura bien un troisième tour financier dans cette campagne. La spéculation sur la dette française leur semble inévitable au lendemain de l’élection présidentielle, si le nouvel élu leur paraît ne pas entrer dans le cadre convenu de la politique européenne.

 

"La France pire que l'Espagne"

© bloomberg

La menace n’est pas nouvelle. À plusieurs reprises, le Wall Street journal ou le Financial Times, bibles du monde financier, se font écho d’une possible riposte des marchés financiers sur la dette française dès le lendemain des élections, si la France ne votait pas bien. Selon nos informations, François Hollande a reçu dès l’automne plusieurs visiteurs du soir, venus l’avertir des dangers qui péseraient sur la France s’il s’aventurait à faire des promesses inconsidérées, sortant du strict programme des figures imposées par l’Europe et les marchés financiers. 

Nicolas Sarkozy, qui n’ignore rien des débats financiers et patronaux, s’en est d’ailleurs fait écho lors de sa conférence de presse de jeudi. « Hollande, soutenu par Mélenchon : la sanction sera immédiate. Il ne faudra pas deux ans, comme en 1981, mais deux jours. Ce sera l’Espagne », a-t-il prévenu.

Une étude de la banque allemande Berenberg sur la France vient confimer l'analyse des grands patrons. Publiée le 2 avril, elle a fait le tour de l'AFEP. Ses auteurs estiment que la France représente le risque numéro un en Europe cette année. Sa situation est pire que celle de l’Italie et de l’Espagne. À la différence de ses voisins, expliquent-ils, la France est « la seule économie européenne de taille significative qui a besoin de réformes importantes du côté de l’offre mais qui n’a pas encore vraiment commencé à les mener ». Les réformes suggérées sont sans surprise : baisse des dépenses publiques, réforme du marché du travail, changement dans la fiscalité et les charges sociales. Une nouvelle dimension est ajoutée : une réforme de l’éducation, le modèle de l’école publique et gratuite semblant manifestement inadapté.

Dans les rangs de l’AFEP, on applaudit. « Oui, la France va beaucoup plus mal que l’Espagne », répète-t-on. La comparaison risque d’apparaître très vite dans les discours. Même si elle est momentanément en suspension, après les attaques en règle du gouvernement de Mariano Rajoy par Nicolas Sarkozy, lors de sa conférence de presse.

 Mais, c’est surtout la suite de l’étude qui a attiré l’attention. Selon les analystes de la banque allemande, le salut de la France pourrait paradoxalement venir des agences de notation. Une attaque en règle sur la dette, suivie d’une nouvelle dégradation du pays offrent,  affirment-ils, « une lueur d’espoir ». « La perspective de jouer les seconds violons par rapport à l’Allemagne pourrait provoquer un électrochoc dans l’élite politique de la "Grande Nation" et éventuellement forcer le pays se réformer », expliquent-ils.

Le choc est rude, se dit-on dans l’assemblée patronale. Mais s’il faut en passer par là pour ramener les Français à la réalité et obliger le gouvernement à faire les « réformes indispensables »…  Dans les rangs de l’AFEP, beaucoup en vinrent à regretter de ne pas avoir un Mario Monti à la tête du pays. Le premier ministre italien est leur nouvel héros. Dégagé de toute contingence politique et démocratique, ce technocrate mène le programme d’ajustement qu’ils jugent nécessaire. Et de s'interroger : qui pourrait être notre Mario Monti ?

 

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La France mise à genoux par les spéculateurs après les élections -The Economist

 Ajoutée par le  4 avril 2012

Analyse de Marc Fiorentino qui dit, à juste titre, que la France sera attaquée après les élections, ( ou même avant ) par les marchés...

THE ECONOMIST :"Dès le lendemain de l'élection il faut s'attaquer à la France, spéculer contre la France, la mettre dans la situation de l'Espagne, de l'Italie"

Posté par Jocegaly à 12:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

20/02/12

Appel européen contre la dictature financière: bientôt 20.000 signatures!

 

 

Cet Appel est une initiative citoyenne née d'échanges entre lectrices et lecteurs de Mediapart. Il est proposé à la signature des citoyennes et citoyens européens. Il peut être imprimé, mis en ligne et diffusé sur tout support à la condition expresse que son intégrité soit respectée. Une charte lui est annexée afin que chaque signataire puisse prendre connaissance des conditions de signature, de publication, de diffusion et de suivi de la pétition.

 

APPEL EUROPÉEN CONTRE LA DICTATURE FINANCIÈRE 

Une crise sans précédent aggrave les inégalités sociales et la pauvreté et entraîne l’Europe vers une catastrophe imminente

Nous, citoyennes et citoyens d’Europe, affirmons que cette crise n’est pas fatale comme on voudrait nous le faire croire : des solutions existent et elles doivent aujourd’hui être imposées par les peuples. Devant l’irresponsabilité de nombreux gouvernements qui font payer aux citoyens la folie des vrais responsables de la crise de la dette, à savoir les Marchés financiers, nous appelons à refuser la dictature de la spéculation financière et ses terribles conséquences sur nos vies.

Les politiques actuelles conduisent à une impasse économique

Prétextant la crise de la dette, les gouvernements imposent partout des plans de réduction des dépenses publiques qui détruisent des institutions vitales pour le bien commun : École, Hôpital, Justice, Recherche, Sécurité sociale...

Après la crise de 2008, nos dirigeants nationaux et européens s’étaient fermement engagés à limiter les effets dévastateurs de la spéculation financière : ces engagements n’ont pas été tenus ! Pire : la spéculation la plus débridée se déchaîne impunément et mine toute chance de relance économique et de réduction du chômage.

Nous refusons que la finance soit une arme qui broie les peuples au profit des plus riches

Les organismes financiers doivent être au service de la vie sociale et de l’économie, et non l’inverse. Aussi, nous affirmons qu’il faut aujourd’hui changer de politique et de modèle économique.

Nous appelons les citoyennes et citoyens des pays européens à user de tous les moyens démocratiques et pacifiques dont ils disposent pour imposer les cinq premières mesures suivantes à leurs gouvernements et aux institutions européennes :

  • l’annulation des plans d’austérité ;
  • l’interdiction de toute spéculation financière aux banques de dépôts ;
  • une taxe substantielle sur les transactions financières harmonisée à l'échelle européenne ;
  • l’audit indépendant des dettes publiques en vue de leur résorption ou de leur annulation ;
  • des réformes fiscales visant à redistribuer équitablement les richesses.

Nous nous déclarons solidaires de tous les Indignés et nous appelons à soutenir, développer et fédérer au niveau européen tous les mouvements de protestation.

À cette fin, nous appelons à occuper chaque dimanche, massivement et pacifiquement, les places publiques des grandes villes. Ces rassemblements hebdomadaires se répéteront aussi longtemps que la volonté des peuples n’aura pas été entendue et respectée. Ils ont vocation à se transformer en véritables forums citoyens pour la reconquête de la souveraineté des peuples.  Reprenons en main nos destins pour lutter de façon unie et solidaire contre la dictature financière !

Mille rassemblements populaires pour une Europe des citoyens ! Mille forums citoyens contre la dictature financière !

 English version of this appeal.

Télécharger ici le texte de l'Appel au format PDF

Télécharger ici la Charte de l'Appel au format PDF

Les associations, syndicats, partis... souhaitant signer cet appel sont invités à adresser un mail à cette adresse: redaction@mediapart.fr. Leurs signatures seront publiées au fur et à mesure.

Les commentaires sont désormais fermés sur cette page. Vous pouvez poursuivre la discussion dans l'édition participative issue de l'Appel: http://blogs.mediapart.fr/edition/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere et où celui-ci se trouve reproduit.

 

Posté par Jocegaly à 20:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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