CAP 2012

Petite revue de presse et blogs,ouverte en mars 2007 pour soutenir une femme politique humaniste, et manifestant - rare en politique - une cohérence certaine entre DIRE et FAIRE. Il se veut aussi l'écho de quelques sujets généraux qui me semblent cruci

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14 octobre 2009

Danemark: le massacre des dauphins, rituel dans les îles FEROE..

....DANEMARK : UNE HONTE
 

 









 


 





Duele ver como destruímos y nos acabamos todos los regalos que Dios nos da... 

DANEMARK: UNE HONTE,


FAIS LE PASSER, EN ESPERANT QUE QUELQU'UN PUISSE FAIRE QUELQUE CHOSE POUR Y REMEDIER TERRIBLE !!!! AUCUN DOUTE : LA PIRE DES BETES SUR LA PLANETE EST BIEN L'ÊTRE HUMAIN !!! .


BIEN QUE ÇA SEMBLE INCROYABLE, CHAQUE ANNEE, CE MASSACRE BRUTAL ET SANGUINAIRE SE REPRODUIT DANS LES ILES FEROE, QUI APPARTIENNENT AU DANEMARK. LE DANEMARK, UN PAYS SUPPOSE 'CIVILISE', MEMBRE DE L'UNION EUROPENNE. TROP PEU DE PERSONNES SUR TERRE CONNAISSENT CET EVENEMENT HORRIBLE ET DEPOURVU DE SENSIBILITE QUI SE REPETE CHAQUE ANNEE. CE MASSACRE SANGUINAIRE EST LE FRUIT DE JEUNES HOMMES QUI Y PARTICIPENT POUR DEMONTRER QU'ILS ONT ATTEINT L'AGE ADULTE (!!). C'EST ABSOLUMENT INCROYABLE QUE RIEN NE SOIT FAIT POUR QUE CETTE BARBARIE CESSE. UNE BARBARIE CONTRE LE 'CALDERON', UN DAUPHIN SUPER INTELLIGENT QUI A LA PARTICULARITE DE S'APPROCHER DES GENS PAR CURIOSITE.
> > > STP, PASSES CE MESSAGE A TOUS TES CONTACTS !! HONTE AU DANEMARK !!!

Mon commentaire:

Posté par Jocegaly à 23:06 - ECOLOGIE, CROISSANCE, DECROISSANCE...? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 octobre 2009

Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial

                                                                                   
 
                        (Nouvelle édition revue et augmentée)
                        

Michel                           Chossudovsky                         

                          Illustrateur                           : Dave Landry
                         
                          ISBN                           2-921561-83-2
                          383 pages
                          30 $ / 27 €

                         

                         
                         

                         


                           
                            La                             première édition de La mondialisation                             de la pauvreté, de Michel Chossudovsky,                             publiée en 1998 et traduite en 11 langues,                             a eu un succès retentissant à travers                             le monde, permettant à des centaines de milliers                             de gens de comprendre l’ampleur des conséquences                             de la mondialisation marchande sur les individus et                             les sociétés, au Nord comme au Sud.                             Son auteur propose aujourd’hui une seconde édition                             mise à jour, augmentée de quelque 150                             pages et enrichie de recherches et d’analyses                             additionnelles, ce qui en fait un ouvrage de brûlante                             actualité.
                           
                            Michel Chossudovsky fait le point sur la situation                             économique et sociale, dégradée                             jusqu’à l’effondrement par les                             politiques des institutions financières internationales                             comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire                             international, dans les pays africains, les pays d’Amérique                             latine, les pays du Sud-Est asiatique ainsi que dans                             l’ex-Union soviétique et les Balkans.                             Il n’oublie pas d’actualiser son analyse                             de la crise financière en Occident et de la                             guerre économique qui frappe ses sociétés.
                           
                            L’auteur inclut en outre des chapitres entièrement                             nouveaux sur la manipulation des données réelles                             de la pauvreté mondiale, sur les conséquences                             des politiques de la Banque mondiale sur les droits                             des femmes, ainsi que sur la ruine de l’économie                             paysanne en Éthiopie, la destruction économique                             de l’Albanie et la recolonisation de la Corée.
                           
                            Professeur d’économie politique,                             conférencier prisé sur la scène                             internationale et conseiller auprès de pays                             en développement, d’organismes internationaux                             et des Nations Unies, Michel Chossudovsky est l’auteur                             d’un second best-seller, Guerre et mondialisation                             (Écosociété).
                           

                           

                         

TABLE                             DES MATIÈRES

(................)

Lire l'article (ecosociete.org)

Posté par Jocegaly à 13:20 - ECOLOGIE, CROISSANCE, DECROISSANCE...? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le syndrome du Titanic : Nicolas Hulot sonne l’alarme

Depuis quelques jours, on ne voit que Nicolas Hulot sur les plateaux télé pour promouvoir son film, « Le syndrome du Titanic » qui sort aujourd’hui en salles. Déjà, les téléspectateurs ont pu voir maintes fois la bande-annonce, assez violente, et qui montre les différences entre notre société de consommation et le mode de vie des pays pauvres de la planète… Une réalité que l’on prend en pleine face et qui nous accable de remords ! (c’est d’ailleurs le reproche fait au film par Daniel Cohn Bendit)… Dans une interview accordée à « 20 minutes », Nicolas Hulot explique qu’il a préféré la diffusion de son film « Le syndrome du Titanic » au cinéma car le grand écran apporte une « dimension émotionnelle incomparable ». Certes, mais pour toucher un maximum de personnes, il eut fallu une diffusion télé car tous les Français n’ont pas les moyens d’aller au cinéma…

Reste que le film « Le syndrome du Titanic » dénote d’avec ceux réalisés précédemment sur le même thème, le réchauffement climatique et la planète, car Nicolas Hulot a volontairement pris le parti d’aborder les conséquences sociales qu’entraîne déjà, aujourd’hui, le bouleversement climatique. Car sa prise de conscience aujourd’hui est bien celle-ci : la société de consommation entraîne notre perte, non seulement au plan écologique mais aussi au plan humain et social, c’est pourquoi il remet en cause la croissance illimitée qui ne peut exister évidemment puisque nous vivons dans un monde qui lui, est limité. Pour Nicolas Hulot, le discours est limpide : plus nos ressources deviennent rares, plus les conflits vont s’intensifier, d’autant plus que nous sommes dans une société de l’image et que les images de notre société d’abondance véhiculées via les chaînes télé et Internet, sont de plus en plus un choc pour les habitants des pays pauvres…

Le message passé par « Le syndrome du Titanic » : C’est tout de suite et maintenant qu’il faut agir : « tous les rapports des institutions le disent : c’est en fin d’année que l’Humanité entrera dans l’irréversible ou pas. On pourrait ne pas le dire, pour ne pas effrayer les gens, mais on nous reprocherait aussi de ne pas l’avoir dit assez tôt »…

…Un film à voir pour prendre un peu mieux conscience de l’urgence du problème…

Le syndrome du Titanic, Nicolas Hulot, bouleversement climatique














source: web-libre.org

Posté par Jocegaly à 13:07 - ECOLOGIE, CROISSANCE, DECROISSANCE...? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 octobre 2009

Le «syndrome du Titanic»: monsieur Hulot de retour au cinéma

mardi 6 octobre 2009                                                                    

Les aventures du Mr Hulot de Jacques Tati s'achèvent en 1973, l'année de ma naissance. Tati, c'était dans l'esprit d'une gamine — moi — née avec le premier choc pétrolier, les préparatifs et achats annuels pour la rentrée des classes et la virée avec sa mère dans le quartier Barbès à Paris, boulevard Rochechouart... Oui, je suis de cette génération des «X et Y» ou «Baby Bust et Why» de Tati discount», un des symboles du consumérisme, de l'ère des «Trente destructurantes», d'une société qui depuis 1979 entretient un modèle vicié et périmé. Je suis de ceux qui se demandent quand acceptera-t-on de reconnaître que cela fait 30 ans que l'on vit en crise pour enfin imaginer passer à autre chose.

«Je suis une enfant de cette société de consommation»*

De 1949 (Sortie de «Jour de Fête» de Tati) à 2009 (Sortie du «Syndrome du Titanic» de Hulot), en 60 ans, nos choix de développement ont fait plus de dégâts humains et environnementaux que dans toute l'histoire de l'humanité. Je ne pense pas que Jacques Tati aurait trouvé les ressources de nous faire rire face à la crise économique et sociale latente derrière laquelle s'esquisse une autre crise intimement liée à la première qui s'aggrave et s'exprime avec violence. Klauss, Mitch, Katrina ou encore Lothar et Martin ne sont pas des personnages de fictions et de cinéma, ce sont des cyclones et des tempêtes qui se multiplient, tuent des centaines, des milliers de personnes et dont les dégâts coûtent des millions, des milliards d'euros. C'est le dérèglement climatique qui nous promet l'aggravation de la misère dans le monde / pour tout le monde et des flux migratoires de près d'un milliard de personnes.

En 2009, quand Mr Hulot fait son cinéma, c'est presque sans surprise, que celui qui aujourd'hui a un prénom (Nicolas) et qui tente avec d'autres, de sensibiliser, d'alerter et d'accompagner, d'anticiper le changement plutôt que de le subir, ne nous amuse pas. Parce que le monde a changé et que le film de Nicolas Hulot est une invitation à admettre simplement que la croissance et les modèles d'hier sont bel et bien morts et à amplifier l'action vers un autre modèle de société plus solidaire et plus écologiste. Parce que le fantasque Mr Hulot de Tati, lui, n'a pas connu le deuxième choc pétrolier de 1979. Il n'a pas vécu la crise ouverte de la sidérurgie en Lorraine dont le plan de redressement n'évitera pas que la marche des sidérurgistes à Paris tourne à l'émeute...

Il n'a pas vécu les années Thatcher et le développement des idées libérales et monétaristes, ni les promesses socialistes des années 90 actives, technologiques et gaies, les années Tapie et Mitterrand où tout était permis. Il a échappé, 20 ans plus tard, en 1999 à Tony Blair et Gerhard Schröder qui portent une social-démocratie européenne adaptée aux exigences du libéralisme...

« Le modèle économique dominant n'est plus la solution»*

C'est vrai que le «Syndrome du Titanic» nous renvoie une image féroce et barbare de notre société humaine. Mais sa vision est à la mesure de ce système développé, entretenu et inique. Il réaffirme une évidence: les réponses aux crises sociales et écologiques sont plus que jamais indissociables! Avec un peu d'honnêteté, ce n'est pas compliqué de reconnaître que la crise des équilibres du vivant ébranle les équilibres sociaux en pénalisant d'abord les plus démunis, aussi bien dans les pays du Sud que dans les Etats industrialisés et que l'environnement n'est pas qu'une préoccupation de bobos. Ce n'est pas si difficile à comprendre que nous devons répondre à une crise systémique (sociale, économique, financière, énergétique, écologique, climatique...) et que cette crise globale nous oblige raisonnablement à engager des mutations radicales vers un autre modèle économique pour offrir un nouvel horizon de civilisation.

Les solutions pragmatiques, responsables, réalisables pour opérer la transformation existent (depuis le Pacte écologique: le New Green Deal). Nous ne disons pas que cette mutation sera facile mais qu'elle est nécessaire, qu'il est encore temps, que nous avons encore les moyens d'agir et que le génie humain a encore la marge de démontrer ce qu'il comporte de meilleur! Le refus du fatalisme est le moteur de nos actions, le ciment de nos convictions et le sens de notre engagement. Ce projet collectif auquel je crois et pour lequel je me suis engagée, après Alsace Nature et FNE, au sein d'Europe Ecologie, suppose de l'audace et de l'imagination: nous en avons et nous l'utilisons!

«Je ne suis pas née écologiste, je le suis devenue»*

Et le film de Nicolas Hulot, pour moi, invite à l'action et constitue incontestablement une pierre supplémentaire à la construction et à l'acceptation du projet de société qui nous permettra de sortir durablement de la crise globale à laquelle nous devons faire face et dont nous ne sortirons pas sans un volontarisme collectif et politique fort !

Le cinéma de Jacques Tati, qui portait un regard drôle et ironique sur notre société et nous amusait avec nos excès dans «Play Time» ou «Trafic», est bien loin. En 2009, fini le Monsieur Hulot, personnage tendre et amusant, place à un autre Monsieur Hulot, qui porte un regard sensible et grave sur notre société et nous interroge sur d'autres excès. «Le Syndrome du Titanic» sera t-il aussi accessible que les films de Tati? Je le pense, parce qu'il offre à voir et à comprendre, nous renvoie à nos contradictions et nos paradoxes. Il s'adresse de manière personnelle à des personnes conscientes, intelligentes et responsables. Ce que nous sommes tous.

Ma génération ne connaît pas la sécurité de l'emploi, n'a pas connu le monde sans sida, elle est née avec les débuts de l'intérêt du grand public pour l'écologisme qui a évolué au fil des catastrophes et des risques du progrès révélés (Tchernobyl, amiante, Sandoz, Amoco, AZF, etc). Elle a grandi, avec le développement des moyens de communication, dans les contradictions, l'illusion et le virtuel. Elle n'a plus aucune croyance et s'est créée ou s'est vue imposer de nouveaux repères... Et pourtant c'est une génération qui a de l'imagination et cultive l'espoir, un tout autre espoir que celui des «baby boomer» et de leurs héritiers dont l'idéal est le capitalisme et le droit à la possession, ceux qui se demandent depuis 30 ans quand reviendra la croissance.

Ces nostalgiques de l'allégresse de cette période de forte croissance économique des «Trente glorieuses», caractérisée par une croissance forte de la production industrielle, qui n'ont mené aucune réflexion critique des conséquences de ce modèle de développement et ont reporté sur les générations suivantes le coût de leurs choix passés. Bien sûr, il appartient à chacun de nous de prendre de la hauteur et de la distance face à toute chose et tout événement. Mais à quel moment cette distance et cette hauteur de vue deviennent-elles de l'indifférence, du cynisme, du fatalisme ou de l'inconscience?

«Le Syndrome du Titanic» ouvre une fenêtre sur le monde et la société. On peut décider d'ignorer cette réalité. On peut discuter sans fin si une autre manière de présenter cette réalité aurait plus d'impact. On peut s'interroger sur les effets que produira ce film sur chacun d'entre nous et dans nos comportements à venir. On peut encore se dire «bon très bien et après?». Ou encore, on peut rentrer chez soi, reprendre une vie «normale» et espérer le prochain Ushuaia Nature pour se changer les idées...

Je suis ressortie simplement déstabilisée de la projection du film. Parce que celui-ci m'a touchée dans l'intimité de la réflexion qui m'a conduite à être là où je suis aujourd'hui. J'y ai retrouvé des mots, des auteurs, des hommes, des images, des expériences qui ont construit ma réflexion, mon regard sur le monde et m'ont conduite à m'engager.

Sandrine Bélier

Les citations avec * sont tirées ou adaptées du film «Le Syndrome du Titanic».

Image de une: Fjord de Akobshavn, en Norvège. Jacob Strong/Reuters


Source: SLATE 

 

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05 octobre 2009

Energie solaire : Poitou-Charentes revoit à la hausse ses ambitions

Jeudi, 01 Octobre 2009

Dans son édition du mardi 29 septembre, le journal Les échos (www.lesechos.fr) apporte un démenti aux allégations erronées du journal Libération en date du 22 septembre sur le bilan de la politique environnementale de la Région Poitou-Charentes. Ci-dessous des extraits de cet article.

L'équipe de Ségolène Royal


"En Poitou-Charents, les projets d'investissement dans la production d'énergie solaire dépassent largement les objectifs fixés. L'annonce, hier, de l'implantation d'une usine de panneaux solaires à Châtellerault répond à cette demande.

Energie solaire : Poitou-Charentes revoit à la hausse ses ambitions

Solaire Direct, un des leaders français de l'énergie solaire, va investir 11 millions d'euros dans la construction d'une unité de production de panneaux solaires qui sera implantée près de Châtellerault (Vienne). L'usine, qui emploiera dans un premier temps une centaine de salariés, devrait être opérationnelle au premier trimestre 2011 et fabriquera chaque année 120 000 panneaux, soit une capacité de production électrique de 36 mégawatts. Le PDG de Solaire Direct, Thierry Lepercq, et Ségolène Royal, Présidente du Conseil régional Poitou-Charentes, ont signé un protocole d'accord qui prévoit l'accompagnement du développement de l'entreprise par la région.

« C'est une première, estime l'industriel. C'est la première fois qu'une Région a la volonté de valoriser son patrimoine solaire et de développer une filière économique dans ce serteur ». Solaire Direct avait répondu à un appel à projets lancé par la direction des industriels par la région Poitou-Charentes afin de développer la filière de production d'équipements du secteur des énergies renouvelables. Quatre autre dossiers d'implantations industrielles, qui permettraient de créer 250 emplois, sont en cours d'étude.

[...]

Parallèlement, le Poitou-Charentes a décidé d'étoffer le plan photovoltaïque régional lancé en février dernier et doté de 400 million d'euros de crédits financés à parts égales par la Banque Européenne d'Investissements (BEI) et le Crédit Agricole. Ce plan prévoyait le financement des projets de centrales pohotovoltaïques présentés par les entreprises, les associations et collectivités pour un total de 650 000 mètres carrés de panneaux d'une puissance global de 62 mégawatts-crête d'ici à 2012.

« Depuis le 27 février , date de démarrage du plan, nous avons mis à l'instruction 230 projets qui représentent 200 millions d'euros d'investissements, soit la moitié de l'enveloppe prévue, constate Jean-François Macaire, vice-président du Conseil Régional en charge de l'économie. A ce rythme, le plan sera bouclé avec deux ans d'avance ».

[...]

« Avec 270 mégawatts de puissance installée, nous allons multiplier par quatre notre objectif initial de 65 mégawatts, poursuit l'élu. Nous espérons que la BEI, qui est habituée à financer des projets beaucoup plus importants, continuera à nous accompagner ».

Source: RETABLIR LA VERITE

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Tags : ecologie, Royal, énergie solaire

Réchauffement planétaire : reprise annoncée (II)

Le 4 octobre, les médias sont nombreux à évoquer la question du rechauffement climatique et de l'effet de serre. Romandie News fait état des déclarations d'hier du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon appelant à un accord conséquent entre cent quatre-vingt dix pays à l'occasion de la conférence de Copenhague qui doit avoir lieu du 7 au 18 décembre. Samedi, le Centre d'Actualités de l'ONU soulignait le lien entre la lutte contre le changement climatique et les perspectives de « paix » et de « prospérité » pour l'ensemble de la population de la planète. Mais les choses sont-elles si simples, le système économique et social ne serait-il pour rien dans la pollution sous toutes ses formes ? Vendredi, la même source répercutait une déclaration d'Yvo de Beer, directeur exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), très critique envers la politique des pays industrialisés en la matière. Quels intérêts déterminent la politique des puissances occidentales, alors que les coupoles parlent de plus en plus de « gouvernance mondiale » ? La taxe carbone de Nicolas Sarkozy, à laquelle Daniel Cohn-Bendit s'est empressé de « dire banco », est-elle autre chose qu'une manoeuvre des lobbies industriels? Et quel usage sera fait de la « crise climatique » dans le concret ? L'OTAN s'y intéresse déjà, et son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen a explicitement évoqué devant les médias (RTL Info Belgique / AFP) « des mouvements de populations et des conflits » liés à une éventuelle baisse de la production alimentaire.

 

Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit réclament une « fiscalité écologique ». Cohn-Bendit estime même que Nicolas Sarkozy « a de bonnes intuitions » (Nouvel Observateur). Avec la crise du Parti Socialiste, une écolo-social-démocratie semble se substituer progressivement à la social-démocratie « tout court ».

Mais la taxe carbone, est-ce une question d'intuition ?

Sans doute, l'un des exposés les plus francs sur la question est celui de l'analyste et financier Martin Hutchinson dans un éditorial publié par Money Morning, intitulé Will Global Warming Alarmism Disappear Like the Hula-Hoop?:

http://www.moneymorning.com/2009/10/02/global-warming/

Après avoir exprimé un scepticisme marqué à l'égard des prévisions actuelles sur le rechauffement planétaire et ses conséquences, Hutchinson prend la défense des lobbies industriels et s'oppose à toute perspective de mesures contraignantes à leur égard. Il s'en prend notamment aux réglémentations dites CAFÉ (Corporate Average Fuel Economy), qu'il accuse d'avoir porté un coup à l'industrie automobile US.

Hutchinson estime, en revanche, qu'un taxe carbone ne poserait aucun problème sérieux aux industriels et serait bien préférable. Tout un programme, par rapport auquel force est de constater la convergence entre « nos écologistes » attitrés et les groupes de pression de l'industrie US. On peut parier que les lobbies industriels européens et français ne pensent pas différemment.

Une taxe n'est que de l'argent, et au fond pas grand-chose pour des industriels à qui les Etats peuvent offrir des compensations financières indirectes et qui, de leur côté, peuvent répercuter les taxes sur le prix que devra payer le « petit consommateur ». En revanche, des dispositions réglementaires sur la production elle-même pourraient être vraiment contraignantes.

Doit-on s'étonner si vendredi dernier à Göteborg les ministres des finances des vingt-sept pays de l'Union Européenne se sont déclarés favorables à la création d'une taxe carbone ?

Banco, pour Cohn-Bendit et associés, mais aussi pour les multinationales et les lobbies financiers. Et tout compte fait, la course à la tant vantée « gouvernance mondiale » l'emportera-t-elle sur toute solution réelle au problème du rechauffement climatique ?

 

Dans notre article du 2 octobre, nous avions rappelé l'état des recherches en matière de rechauffement planétaire. Le point de vue de la plupart des chercheurs ne semble pas s'accorder avec le scepticisme affiché dans l'éditorial de Money Morning.

Contrairement à ce que laisse entendre Martin Hutchinson, le ministère danois du Climat et de l’Energie rappelle sur le site des organisateurs de la Conférence de Copehnague quatre conséquences particulièrement importantes du rechauffement :

http://fr.cop15.dk/climate+facts/a+quelles+cons%c3%a9quen...

- Augmentation des sécheresses et des inondations

- Réduction de la glace et des neiges

- Renforcement des phénomènes météorologiques extrêmes

- Élévation du niveau de la mer

Qui en fera les frais, si ces prévisions se confirment ? Pas les multinationales.

 

De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen a estimé le 1er octobre que les conséquences du changement climatique pour la sécurité « pourraient être considérables » et ajouté notamment :

http://www.nato.int/cps/fr/natolive/news_57793.htm

« Nous savons que les phénomènes atmosphériques violents – tempêtes et inondations catastrophiques – se multiplieront. Que ceux qui doutent encore des incidences de ces phénomènes sur la sécurité – et des difficultés politiques qu’ils créent – considèrent ce qui s’est produit à la Nouvelle-Orléans en 2006. »

(fin de citation)

Mais « ce qui s’est produit à la Nouvelle-Orléans en 2006 » est loin d'être sans rapport avec la situation sociale interne des Etats-Unis. Qui en parle ? S'agit-il vraiment d'un problème de « sécurité » ?

Sauf qu'au moment des événements de la Nouvelle-Orléans, l'armée des Etats-Unis était « très prise » par la guerre en Irak.

 

De son côté, évoquant la Conférence de Copenhague de décembre 2009, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a récemment mis l'accent sur cinq objectifs :

http://www.un.org/fr/climatechange/summit2009/

http://www.un.org/fr/climatechange/summit2009/summary.shtml

- Des mesures renforcées propres à aider les plus pauvres et les plus vulnérables à s’adapter aux effets des changements climatiques;

- Pour les pays industrialisés, des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions ;

- Pour les pays en développement, des mesures adaptées à la situation de chacun et assorties de l’appui nécessaire;

- Des moyens financiers et technologiques nettement plus importants;

- Une structure de gouvernance équitable.

 

Tel est donc censé être le rôle de la Conférence de Copehnague qui, pour les pays industrialisés, en restera à des « objectifs » d'après cette relation.

S'agissant de la pollution industrielle des pays « riches » ou de leurs délocalisations, il semble que l'on soit loin de l'esprit contraignant d'accords comme celui de Marrakech de 1994 instituant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) avec, en annexe, l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS). Pour le « commerce mondial », on avait eu affaire à une politique autrement plus expéditive.

Qui contraindra les grands industriels à changer leurs pratiques ?

Et que signifie la notion de « gouvernance équitable », dans un contexte de « mesures » qui devront viser « les pays en développement », « les plus pauvres et les plus vulnérables »... ? Que deviendra la souveraineté des pays les moins influents ?

 

Voir aussi notre article :

Réchauffement planétaire : reprise annoncée (I)

 

Indépendance des Chercheurs

indep_chercheurs@yahoo.fr

http://www.geocities.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com

Groupes de discussion :

http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques

http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance


SOURCE:  COURRIER INTERNATIONAL "La science au XXIè siècle"

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Tags : cohn-bendit, duflot, Politique, rechauffement climatique, rechauffement planétaire, sarkozy, société, taxe carbone, écologie

04 octobre 2009

REVOLUTION SILENCIEUSE en Poitou Charente


Jean-François Macaire 21 sept 2009
envoyé par dXXXb. - L'info video en direct.

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05 septembre 2009

Climat: Deux enfants parlent de l'écologie, et de leur planète

il y a 17 ans, en 1992, Séverine SUZUKI 13 ans s'adresse à l'ONU ...

et en 2007, un jeune garçon:

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Climat: un échec à Copenhague précipiterait le monde dans l'abîme, selon Ban Ki-moon

[ 03/09/09 - 17H50 - AFP ]

© AFP - Fabrice Coffrini

Cliquez ici

Le changement climatique s'accélère et le monde "fonce vers l'abîme", a alerté jeudi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à une centaine de jours du Sommet de Copenhague qui doit décider de la stratégie mondiale contre les émissions de gaz à effet de serre.

"Nous avons le pied collé sur l'accélérateur et nous fonçons vers l'abîme", a lancé M. Ban devant la 3ème Conférence de l'ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine.

Le monde "ne peut pas se permettre" un échec de la Conférence de Copenhague de décembre prochain, a averti le secrétaire général des Nations Unies. Le prix à payer serait lourd "pour la génération actuelle, pas seulement pour les générations futures", a-t-il mis en garde.(....)

Lire l'article

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Tags : climat, Copenhague

Paul Ariès: "Rendre la décroissance désirable."

Sur le blog : SIX PIEDS SUR TERRE

Décroissance Voici une interview de Paul Ariès, politologue et écrivain, directeur de la publication Le Sarkophage. Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, à l'occasion du Contre-Grenelle de l'environnement, organisé à Lyon.

Comment un partisan de la décroissance traverse-t-il la période actuelle, frappée par une crise financière, économique et sociale ?

D’un côté, cette crise repousse toujours plus loin le sentiment d’urgence écologique… L’heure est à défendre le pouvoir d’achat et les emplois. On repousse à demain l’idée qu’il faille non pas seulement mieux partager les richesses, mais aussi changer la recette du gâteau car ce gâteau est totalement indigeste socialement et écologiquement. La meilleure preuve en est la relance de l’industrie automobile. On sait que la voiture est condamnée écologiquement mais on continue à la favoriser. Cette crise risque aussi de renforcer le sentiment d’impuissance : chacun sait bien que le ciel risque de nous tomber sur la tête mais on ne sait pas quoi faire. D’un autre côté, la crise actuelle montre que nous avons vécu sur des mensonges depuis des décennies. Non, il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. Non, on ne peut pas toujours accélérer sans que cette vitesse ne finisse par être insupportable. Non, l’avenir n’est pas au village planétaire mais à une Europe où chaque pays aurait ses propres moyens de vivre. Les gens ne croient plus en des lendemains radieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.

Les jeunes ont aussi ce sentiment d’être les laissés-pour-compte de cette société d’abondance. Ils parlent avec colère de leur appartenance à la génération des bac + 5 à 1 000 euros. Les idées de la décroissance sont donc beaucoup plus facilement compréhensibles. Il va falloir apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Il faut organiser le ralentissement de la société et sa relocalisation. Il faut retrouver individuellement et collectivement le sens des limites.

La crise apparaît-elle comme une bonne nouvelle pour les objecteurs de croissance ?

La crise n’est pas une bonne nouvelle, ni une revanche, pour la décroissance. Je n’ai cessé de combattre l’idée d’une pédagogie des catastrophes chère à l’économiste Serge Latouche. Les crises accouchent en effet plus souvent d’Hitler et de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, comme le prouve la relance du nucléaire. La crise est génératrice de misères matérielles mais aussi morales. Hannah Arendt disait qu’il n’y a rien de pire qu’une société fondée sur le travail sans travail. J’ajouterai qu’il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. La crise est donc porteuse à la fois du pire et du meilleur.

A quoi ressemblerait ce meilleur ?

La crise peut être l’occasion de démentir tous ceux qui rêvent d’une société d’abondance. Elle peut être l’occasion pour la gauche de rattraper son retard théorique. La gauche mondiale est en effet dans une impasse politique car elle campe encore dans l’idée qu’il faudrait faire croître le gâteau (PIB) avant de pouvoir le partager plus équitablement. Les objecteurs pensent, au contraire, que puisqu’il n’est plus possible de faire croître le gâteau, la question du partage des ressources, sans cesse repoussée, devient plus que jamais incontournable.

C’est-à-dire ?

La première des décroissances que nous voulons est celle des inégalités sociales car c’est la condition première pour que les autres décroissances puissent être acceptables. Pas seulement par souci de justice sociale mais pour casser la logique actuelle d’imitation des modes de vie des classes aisées par les classes moyennes, car ce mode de vie petit-bourgeois n’est tout simplement pas généralisable. Puisqu’on ne pourra pas tous demain vivre comme des riches, il faut donc redevenir des «partageux». Puisque la planète ne pourra pas supporter trois milliards d’automobilistes, il faut sortir de la civilisation de la voiture et développer des transports en commun urbains quasi gratuits.

La crise actuelle est une crise systémique. Il n’est donc pas possible de penser trouver une issue en réglant quelques dysfonctionnements. J’avais montré dans Décroissance ou barbarie [éd. Golias] que la crise qui s’annonçait était autant une crise financière, économique, sociale, politique, institutionnelle que symbolique. Nous devons donc être capables de répondre à tous ces niveaux. Ce qui fait lien c’est la perte du sens des limites. Notre société capitaliste et productiviste a totalement sombré dans la démesure.

Un individu incapable de se donner des limites va nécessairement les chercher dans le réel : conduites à risque, toxicomanies, suicides, etc. Pour une société, c’est la même chose : incapable de se donner des limites, elle va aussi les chercher dans le réel : explosion des inégalités, épuisement des ressources, réchauffement planétaire, etc. La grande question est donc notre capacité à renouer avec le sens des limites, ce qui suppose d’en finir avec l’économisme et l’idéologie du progrès. Il faut au contraire faire primer la culture et le politique. La culture qui nous immunise contre les fantasmes les plus archaïques (toute-puissance, idée d’un monde sans limite), et la politique comme définition de la loi, première limite que nous rencontrons dans la société.

Cette crise est l’occasion idéale pour, peut-être, ouvrir la voie à toutes ces réflexions…

Le bilan de la crise au regard de nos thèses est en fait contradictoire. Sur le versant positif, on peut citer une prise en compte de nos questionnements par différentes sensibilités politiques, sociales, écologiques et par de grandes institutions comme la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] qui demande, par exemple, un moratoire sur les OGM ou par l’ONU qui rappelle que le problème n’est pas de produire plus d’aliments mais d’éviter d’en gaspiller le tiers.

Une nouvelle gauche écologiste se cherche, mais elle n’est pas encore à la hauteur des enjeux. Elle ne sait pas encore comment concilier les contraintes environnementales avec son souci de justice sociale et le besoin de reconnaissance (de dignité) face à une société du mépris. Elle propose donc sa propre version rose, rouge ou verte de la croissance face à la croissance bleue de Sarkozy. Einstein disait que lorsqu’on a la tête sous forme de marteau on voit tous les problèmes sous forme de clous. Il faut donc changer notre façon de penser, décoloniser notre imaginaire de consommateur. Le «toujours plus» n’est pas la solution ni dans le cadre du capitalisme, ni dans celui du socialisme. On n’a jamais autant parlé de «revenu minimum garanti» ni de «revenu maximal autorisé». Même Obama se dit partisan d’un salaire maximum annuel de 200 000 dollars.

D'obama à Borloo, tout le monde pique des idées aux objecteurs de croissance. Ca sent l'effet de mode, non?

Tout le monde se veut aujourd’hui écolo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l’environnement. Conséquence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oublié. Le pire est lorsque la décroissance passe dans certains médias pour être un discours d’adaptation à la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la récupération dans les poubelles pour les plus pauvres. La décroissance n’est pas une stratégie d’adaptation individuelle ou collective à la misère du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l’espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.

Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre à mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l’union sacrée pour sauver le système. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce système est foncièrement mauvais, immoral et dangereux.

Les objecteurs de croissance semblent avoir du mal à se constituer politiquement. Comment l’expliquez-vous ?

Nous avions proposé au Front de gauche (Parti de gauche et PCF) et au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de faire régionalement exception en accordant une tête de liste pour les européennes à un objecteur de croissance afin de montrer que la gauche en a fini avec son productivisme. Le grand danger serait que des forces politiques instrumentalisent certains de nos thèmes pour tenter de se verdir. Mon espoir était que les partis des gauches prennent au sérieux les questions que pose la décroissance ainsi que les débuts de réponses que nous apportons depuis des années. L’échec des négociations avec le NPA d’une part, et le Front de gauche, d’autre part, prouve que ces gauches ne sont pas encore à la hauteur des enjeux historiques.

Elles ne sont pas encore prêtes à rompre totalement avec leur passif productiviste ou ne croient pas que les gens y seraient prêts. Nous avions suggéré au Parti de gauche de se dire Parti de gauche écologiste… Nous aurions aimé que le NPA se nomme Nouveau Parti anticapitaliste et antiproductiviste (NP2A). On nous a répondu que l’écologie allait suffisamment de soi pour ne pas avoir besoin d’être dite. On a même ajouté qu’il faudrait alors se dire antiraciste, antisexiste comme si la gauche avait été sexiste et raciste de la même façon qu’elle fut et reste productiviste et consumériste. Les milieux de la décroissance sont aussi responsables de cet échec par leur immaturité politique, par leur sectarisme idéologique ou leur refus de tout engagement politique.

Pourquoi faire parti ?

Se compter est d’abord une contrainte politique en démocratie. Si la vérité est en partage, donc aux suffrages, nous devons affronter le suffrage universel. Nous le devons d’autant plus que nous avons confiance dans la force de nos idées, dans la capacité à convaincre et à gagner une majorité de citoyens à notre combat. S’organiser est aussi la seule façon, aujourd’hui, d’être reconnu comme partenaire. Pour l’instant, la seule utilité des objecteurs de croissance est d’obliger l’ensemble des forces politiques à se positionner face à cette mutation civilisationnelle. Il y aura ensuite des décroissances de gauche et d’autres de droite et même d’extrême droite.

J’appartiens de cœur et de raison à la gauche et elle reste ma famille de pensée. Je pense cependant que ce passage par l’objection de croissance lui est indispensable. Sinon, la gauche est condamnée à disparaître non seulement en raison de la montée en puissance des nouveaux démocrates, mais aussi en raison de son incapacité à en finir avec son passif et son passé productivistes. La gauche doit devenir écologiste au moment même où le terme est vidé de son sens. La seule façon aujourd’hui d’être partisans de l’écologie politique, c’est d’être pour l’objection de croissance.

Comment s’articule la décroissance ?

Selon trois formes de résistance. D’abord, la simplicité volontaire qui consiste à vivre en conformité avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement nécessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent à des petits matins blêmes, on n’a finalement pas changé grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler à temps partiel, etc.

Mais si nous ne faisions que cela, la simplicité volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs à se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, à jouer à «plus-décroissant-que-moi-tu-meurs». La décroissance passerait alors d’un discours politique à une logique religieuse.

Le second piège serait d’entériner la division de la société et sa tendance à la dualisation. Notre but n’est pas de vivre entre nous une utopie concrète, il est de changer fondamentalement la société. Ensuite, les expérimentations collectives sont également indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au cœur de la société.

Nous devons cependant être conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacité de récupération. Il a détourné l’idée de microcrédit pour étendre la marchandisation. Il a dénaturé l’agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisième niveau de résistance, politique cette fois, est nécessaire.

Lequel ?

Nous devons inventer un paradigme politique capable d’articuler la prise en compte des contraintes environnementales avec le souci d’égalité sociale et le besoin de reconnaissance face à une société qui fonctionne toujours plus au mépris. L’idée d’une gratuité du bon usage face au renchérissement, ou à l’interdiction du mésusage, me semble constituer le socle de toute refondation d’une véritable alternative politique.

Non seulement parce qu’elle permet de répondre aux enjeux anticapitalistes et antiproductivistes, mais aussi parce qu’elle est à même de susciter le désir puisque nous portons la gratuité chevillée au corps. L’eau potable va devenir toujours plus rare au XXIe siècle, raison de plus pour en rendre son usage normal gratuit et pour interdire son mésusage, comme le gaspillage et pas seulement dans les golfs…

Quelle est la définition objective de l’usage et du mésusage ?

C’est aux citoyens de décider à tous les niveaux ce qu’est une consommation normale ou abusive. La décroissance est donc une façon de donner du grain à moudre à la démocratie participative, sinon elle ne sera qu’une illusion incapable de mobiliser le peuple et de lui rendre le pouvoir.
Pour cela, il faudrait réussir à prendre le pouvoir…

Si nous échouons politiquement, c’est aussi de notre faute. Nous sommes dans une période de recomposition totale, la gauche est toujours dans une impasse : le non majoritaire de la Constitution européenne ne sera pas, ou peu, représenté aux prochaines européennes.

On peut reprocher tout ce que l’on veut à la société consumériste, mais on n’arrivera à sa cheville en matière de désir. Cette société sait capter le désir : nous sommes tombés dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la décroissance, reste à rendre le projet désirable.

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Tags : décroissance, Paul Ariès, écologie
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