08 juillet 2009
EMPRUNT NATIONAL
http://www.telos-eu.com/fr/article/du_grand_emprunt_et_des_deficits
04 juillet 2009
Emprunt Sarkozy, la stratégie du camouflage
Extraits:
Toute la semaine, bercé du refrain présidentiel «Oui, j'ai changé», le
gouvernement a mis en scène le grand emprunt national 2010. «Construire l'avenir», comme l'assure le pouvoir, ou camoufler l'urgence de trouver des ressources nouvelles? Derrière ce déluge de communication se cache une autre réalité: l'Etat
est confronté à une crise budgétaire sans précédent. Même des
responsables de l'UMP s'en inquiètent qui évoquent un «emprunt obligatoire». Jamais sans doute depuis que Nicolas Sarkozy est président (photo devant le congrès réuni à Versailles), le décalage n'est apparu aussi criant entre les mots et la réalité. Analyse.
(..)
-
Forte semaine que celle qui s'achève, dense, inquiète, tout entière sous le signe de l'emprunt national en 2010 et des priorités «pour préparer l'avenir». Commencée dimanche 27 juin par un séminaire gouvernemental à Matignon, elle aura laissé entrevoir les réformes en cours, la taxe carbone, les niches sociales, l'allongement de l'âge légal du départ à la retraite, la mobilité des fonctionnaires, le travail le dimanche, le regroupement des collectivités locales. Le tout dans un contexte d'incendie financier à tous les étages de l'Etat.
Hormis en temps de guerre – la référence a été explicite à l'Assemblée nationale mardi soir –, jamais les finances publiques n'ont été aussi calamiteuses. Le déficit de l'Etat atteindra entre 125 et 130 milliards d'euros cette année; celui de la Sécurité sociale 20 milliards; et 10 milliards pour les collectivités locales. Avec les dettes précédentes et compte tenu du fait que la France n'emprunte plus seulement pour rembourser le capital de sa dette mais pour acquitter les intérêts de cette dette, ce sont 250 milliards d'euros au total qui devront être levés en 2009. En 2002, la dette représentait 58% du PIB. Elle atteindra 80% en 2009. Du jamais vu.
C'est une course folle. Quand le Président, mercredi, incapable d'une proposition concrète nouvelle devant les partenaires sociaux, concède au patronat qu'il peut discuter d'une diminution des charges, ce énième rafistolage n'émeut personne. Il suffit pourtant de jeter un œil à l'annexe V du projet de loi de finances pour 2009.
En matière d'exonération de cotisations sociales, le montant constaté a été de 28,9 milliards d'euros en 2007, 33,3 milliards en 2008. Il sera de 32,6 milliards en 2009. Il devrait atteindre 33,2 milliards d'euros en 2010 et 33,8 milliards d'euros en 2011. Or 92% de ces exonérations sont compensées, soit par dotations budgétaires de l'État, soit par des recettes fiscales affectées. Comme la perspective des élections régionales et le discours dans lequel s'est enfermé le gouvernement interdisent d'augmenter les recettes, il n'y aura guère d'autres choix que de faire financer cet éventuel nouvel allègement de charges par l'Etat! L'annonce signifie donc que Nicolas Sarkozy contribue à creuser un peu plus le trou de la dette publique qu'il prétend vouloir combler.
Fantastique spectacle que celui de ces hommes politiques reconduisant toujours les mêmes recettes, les mêmes promesses, alors même que la Cour des comptes, les instances bruxelloises et le Fonds monétaire international ne cessent de les interpeller pour qu'ils changent leur méthode. Le Parlement a bien tenté de freiner cette course folle à la dette. Ainsi, la loi de programmation des finances publiques pour la période 2009-2012 encadre la création de dépenses fiscales nouvelles et de niches sociales, avec la mise en place d'une règle de compensation systématique des nouvelles mesures. Chaque année, ce que l'on augmente d'un côté doit être diminué de l'autre. Mais comment faire ?
-
Le FMI demande «une stratégie crédible»
Jeudi, dans un entretien complaisant au Nouvel Observateur, il est demandé au Prince si l'époque marque «la fin du sarkozysme flamboyant et de l'élan réformateur». Le décalage de la réponse laisse songeur: «Non, non, non, et non. La crise, ce n'est pas la fin des réformes. Elles continueront. Mais je dois tenir compte des critiques, des épreuves, des échecs, pour essayer de faire mieux. Je veux conduire ces réformes en cherchant une adhésion large, en développant la discussion. J'écoute, j'apprends, peut-être même je progresse.»
Dimanche, François Fillon fixait la méthode et le calendrier de lancement de l'emprunt 2010. Jeudi, Nicolas Sarkozy assurait une fois de plus qu'il avait changé. Ne s'agit-il plus que de rassurer face aux énormes enjeux de cet emprunt? Car toute la semaine, c'est bien cet emprunt 2010 qui aura occupé tout le paysage. Mais qui peut croire que dans cette situation financière et sociale que connaît la France de 2009, le gouvernement pourra à la fois contraindre ce qu'il appelle les «mauvaises dépenses» (trop de fonctionnaires, trop de privilèges sociaux...) et développer «les dépenses d'avenir».
Dans ce même registre du distinguo entre le «bon» et le «mauvais», Eric Woerth, le ministre en charge du budget, se sera multiplié presque tous les jours, dans les médias et au Parlement, pour expliquer qu'il y a deux sortes de déficit, le normal, autour de 40 milliards d'euros, et celui directement imputable à la crise, autour de 85 milliards. On voit bien l'objectif. Mais a-t-il convaincu au-delà du cercle de ceux qui soutiennent déjà sa politique ? Pas sûr.
Quelle réforme, pour quelle France demain ? Mardi soir, lors du débat d'orientation des finances publiques, le même Eric Woerth s'est montré explicite : s'il n'est pas question d'augmenter le poids de la fiscalité, il est en revanche d'actualité de faire pression sur les dépenses des santé (+3% en 2010, contre + 3,3 en 2009) et de passer au peigne fin les 42 milliards d'euros de niches sociales et fiscales existantes.
Dans l'aridité du débat et sa solennité, le sujet permit une minute de détente quand le ministre du budget s'autorisa un trait d'esprit: «Aucune niche prise séparément n'est illégitime, mais l'immense chenil qu'elles forment toutes ensemble cache une meute ingérable pour les finances publiques.» Succès à droite comme à gauche. «Quelle belle phrase!», s'esclaffa Jérôme Cahuzac. «Elle est de moi», rétorqua l'homme de Bercy. Le lendemain, Jérôme Cahuzac, député PS du Lot-et-Garonne, empruntait à Pierre Mendès France: «Les comptes en désordre sont le signe de nations qui s'abandonnent.»
Les citations ministérielles n'arrangeront pas la situation. L'entreprise France n'a jamais été aussi faible. Quand elle a payé ses dettes, ses fonctionnaires, sa quote-part à l'Europe et mis dans la machine publique ce qui lui est nécessaire pour fonctionner, il ne lui reste rien. Le constat a fait l'unanimité chez les députés: l'Etat peut mobiliser vingt milliards d'euros mais guère plus, sauf à emprunter encore et encore. Dans la ronde de centaines de milliards d'euros qui volent depuis que la crise fait rage et que les plans de relance et de sauvetage se succèdent, cette vérité est venue cogner toute la semaine à la porte des politiques.
L'emprunt Sarkozy promis pour 2010 s'inscrit dans ce contexte. Emprunter sur les marchés financiers ou auprès des Français, c'est encore s'endetter. Qui remboursera ? Les générations suivantes qui par définition ne sont pas là pour protester. Mais jusqu'où un pays peut-il aller dans le trou qu'il creuse chaque année ? Ce lundi 29 juin, une note du FMI est venue tirer la sonnette d'alarme. Les argentiers demandent à la France «une stratégie crédible» pour un redressement de ses comptes dès 2010.
François Fillon, la veille, avait bien tenté de calmer les inquiétudes. «Aucune dépense de fonctionnement ne sera financée par cet emprunt, pas plus que la création d'emplois publics, dont nous allons au contraire continuer de réduire le nombre. Il ne s'agit pas non plus d'engager des dépenses classiques d'investissement. Nous n'allons pas solliciter l'épargne des Français pour rénover les bâtiments publics, accroître des dépenses sociales ou pour financer les collectivités locales et moins encore pour financer l'absence de réformes.»
Nicolas Sarkozy, devant le congrès de Versailles, s'était déjà essayé à l'exercice: l'emprunt 2010 ne sera pas la manifestation d'un gouvernement dispendieux mais la marque d'un volontarisme politique.
-
L'UMP parle d'«emprunt obligatoire»
Comment faire pour se donner des marges ? La gauche et les syndicats réclament l'abandon du bouclier fiscal et des mesures de justice fiscale. D'autres à droite font assaut d'imagination. Lundi, dans Les Echos, Gilles Carrez, le rapporteur UMP du budget, n'y va pas par quatre chemins: «Avec mes collègues, nous avons aussi évoqué l'idée d'un emprunt obligatoire, à taux nul ou faible, qui serait sollicité auprès des ménages aisés. La solidarité des plus aisés dans la crise que nous traversons s'exprimerait ainsi, non pas par une hausse d'impôt mais par une mobilisation partielle de leur épargne.»
Mais qu'est-ce qu'un emprunt obligatoire, si ce n'est un impôt déguisé? Voilà que le groupe UMP propose de faire payer les riches ! Panique à l'Elysée, il était urgent d'éteindre l'incendie. Et l'on a eu droit à cet autre moment de bravoure. C'était mardi à l'heure des questions au gouvernement. Avant de quitter la séance pas même achevée, Xavier Bertrand, le grand patron de l'UMP, interrogea François Fillon sur le caractère obligatoire de l'emprunt. Ce que l'on appelle téléphoner un message. La réponse du premier ministre se voulut lapidaire, donc définitive : pas question.
Mais les propos péremptoires ne suffisent pas à dessiner la France de demain et à gérer un pays. En réalité, ce gouvernement est coincé. S'il veut gagner les élections régionales, il n'est pas question de déplaire à l'UMP. Et la zizanie à gauche est indispensable. A-t-on entendu l'opposition cette semaine? Non ou à peine. (......)
Lire L'ARTICLE dans MEDIAPART
03 juillet 2009
Un état des lieux catastrophique des finances publiques
Prochainement, le Parlement aura à se prononcer sur la gestion budgétaire du gouvernement. Les chiffres pour l’année 2008 sont sans appel : la situation des finances publiques est plus que critique et annonciatrice de la récession actuelle.
En, 2008, la croissance a atteint difficilement 0,4% du PIB en raison :
- D’un déficit commercial abyssal : 55,7 Milliards d’euros en 2008 (40,5 milliards d’euros en 2007)
- D’une baisse de la consommation des ménages : 1% en 2008 (2,4% en 2007)
- D’une hausse ininterrompue du chômage : 8% en décembre 2008
- D’un recul de l’investissement public : 3,2% du PIB (3,3% en 2007)
Ainsi, le déficit public et la dette publique ont explosé en 2008, pour atteindre respectivement 3,4% (2,7% en 2007) et 68,1% (63,8% en 2007) du PIB…
La dette publique n’a fait qu’empirer, subissant sa plus forte progression depuis 1995. Les chiffres sont effrayants : chaque français actif supporte 47 400 euros de dette et 1 950 euros de paiement d’intérêts de la dette chaque année.
Nous connaissons une baisse importante des recettes fiscales (-11,7 milliards d’euros) est due notamment aux moindres recettes d’impôt sur les sociétés (-4,5 milliards d’euros) et de TVA (5 milliards d’euros) et à l’augmentation des remboursements et exonérations d’impôts. Cette situation révèle un système de prélèvement obligatoire injuste et de moins en moins progressif, au détriment des recettes de l’État et des contribuables.
Les dépenses brutes de l’Etat ont quant à elles augmenté de 3,4% en 2008. Le gouvernement n’a pas respecté la norme de dépense qu’il s’était fixée à 1,6% soit le niveau prévisionnelle de l’inflation. La hausse des dépenses de l’Etat ne peut pas être justifiée par l’adoption de plan de relance puisque les premières mesures ne sont intervenues qu’en 2009.
Le Président de la République multiplie les déficits mais le Président de la République et le gouvernement inventent chaque jour un nouveau déficit. Après le « mauvais déficit », le « déficit imputable à la crise », vient de naitre officiellement le « déficit dédié aux dépenses d’avenir », qui devrait être financé par un nouvel emprunt.
L’objectif de retour à l’équilibre de nos finances publiques pour 2012, longtemps maintenu à bout de bras de manière mensongère par le gouvernement, est aujourd’hui définitivement enterré.
Une nouvelle fois, la sincérité des comptes présentés par le gouvernement est mise en cause par la Cour des Comptes. Les sous-dotations budgétaires chroniques, le maintien d’une dette de l’État envers les organismes de sécurité sociale, les reports de charges qui amputent d’autant le budget de l’année 2009, sont les signes flagrants d’une mauvaise prévisibilité budgétaire ou d’un manque de volonté des pouvoirs publics.
Conformément à son rôle lolfien, la Cour des Comptes a, bien qu’elle ait certifié les comptes de l’Éat, néanmoins émis douze réserves, dont neufs revêtent un caractère substantiel.
29 juin 2009
EMPRUNT NATIONAL: que fait Sarkozy?
Nicolas Sarkozy gère-t-il la France en bon père de famille ?
L'opinion exprimée n'engage que son auteur.

Nicolas Sarkozy au congrès de Versailles. DR
C'est l'histoire d'un père de famille. Il est aux commandes de la tribu depuis 2 ans. Il a toutes les commandes.
Tout d'un coup après la "teuf" de printemps, il décide de réunir à
grand frais et très solennellement la tribu dans un grand palace pour
leur annoncer qu'il allait emprunter une somme très importante. Une
somme vraiment très importante. Oui, il s'agit d'emprunter un tiers du budget annuel de la famille (100 Milliards d'€ quand le budget est de 354 Milliards
d'€ ).
Pourquoi faire ? Pour investir et garantir l'avenir de la famille, nous dit le père de famille.
Oui mais pour investir dans quoi ? Et bien le père de famille a d'abord
décidé du montant à emprunter et il propose ensuite de faire participer
la famille à la décision. Enfin la famille! Il s'agit plutôt des
heureux élus de la famille.
Une louable attention puisque ce sont les membres de la famille qui sont appelé à prêter cette somme et non pas comme d'habitude les banquiers.
En effet, on imagine mal le père de famille aller voir les banquiers en
leur demandant 100 Milliards d'€ alors qu'il ne sait pas encore ce
qu'il va en faire. En France cela s'appelle un crédit à la consommation
et cela coûte cher, très cher à la famille. Et surtout quand la famille
a accumulé pour 1 327 Milliards de dettes soit
47 400 € par actif...
La famille est d'ailleurs carrément déboussolée. Il faut dire qu'il est bien difficile à suivre le père de famille:
En arrivant aux commandes, il a commencé par distribuer 15 Milliards d'€ aux personnes les plus aisés de la famille. Mais cela n'a pas rendu la famille plus heureuse. Au contraire.
Le père de famille s'est ensuite
lancé dans un drôle de tour de passe-passe. Alors que les banques françaises venaient lui quémander de l'aide, il a crée une société
écran pour leur prêter 320 Milliards d'€, bien
sûr sans aucune contrepartie. Alors que comme d'autres chefs de famille ont demandé des contreparties et pris les rênes des banques.
Avec la crise, le père de famille a alors concocté un plan de relance riquiqui de 8 milliards d'€ d'argent
frais.
Les plus intéressés par l'intérêt général de la famille lui ont
expliqué que c'était ridiculement faible notamment par rapport aux
plans de relance des autres familles. Mais il n'écouta pas.
Pour ce qui est de l'avenir de la famille, notamment pour l'éducation
de la marmaille, le père de famille a décidé de rogner sur les dépenses
et de serrer la vis (baisse de 1,6 % des postes en 2009 et baisse de
3,4% des postes en 2010, quelques centaines de millions d'€). Drôle de
manière de préparer l'avenir...
Aujourd'hui avec cet emprunt, le père de famille s'apprête à faire un plan de relance de 100 Milliards d'€ qui cache son nom et qui arrivera plus d'un an après le premier plan riquiqui.
Dans la famille beaucoup pensent que ceux qui vont profiter le plus de
cet emprunt, ce sont les potes du père. Ceux qui vont trinquer avec lui
au bistrot, le Fouquet's et qui lui font de menus cadeaux.
Les autres se contenteront de trinquer tout court. Ils sont d'ailleurs 82% à
refuser l'idée de participer au payement de la
tournée du Fouquet's.
(Sources:
budget.gouv.fr, wikipedia, Marianne2)
A lire aussi :
- Guaino: "Il s'agira de faire ce qui est le mieux du point de vue des finances publiques"
- Les banques ne prêtent pas aux Français, mais les Français peuvent prêter à l'Etat
- Emprunt national: Qui a conseillé Nicolas Sarkozy?
Pour en savoir plus :
- Grand emprunt d'aujourd'hui, grands impôts de demain, par François Hollande
Par RichardTrois
Source: LE POST
EMPRUNT NATIONAL: Dissonnances...
... au PS au sujet du grand emprunt national
Par Reuters, publié le 28/06/2009 à 19:54
PARIS - L'emprunt national annoncé par Nicolas Sarkozy a suscité dimanche des commentaires dissonants au sein de la direction du Parti socialiste.
"L'idée (d'un emprunt) n'est pas extraordinaire mais il faut en tirer le meilleur. Et le meilleur, c'est la qualité du plan de relance qui en sortira", a déclaré sur RFI et TV5 Pierre Moscovici, nommé cette semaine à la tête du Pôle Economie du PS.
Mais aux yeux de Michel Sapin, qui est resté secrétaire national à l'économie après la réorganisation à laquelle a procédé Martine Aubry mardi, cet emprunt n'est qu'un "grande illusion".
Il "ne servira qu'à tenter de dépenser plus au détriment des générations futures qui devront le rembourser", déplore l'ancien ministre de l'Economie dans un communiqué.
L'emprunt ne sert qu'à "masquer les déficits abyssaux liés à une politique économique qui n'a pas pris la mesure de la crise économique", accuse-t-il. Il s'agit pour lui d'une "bien tardive et incertaine tentative de rattrapage d'investissements absolument nécessaires".
Moscovici (PS): un emprunt, "pourquoi pas" si c'est pour "un 2è plan de relance"

