27 septembre 2009
Michel Rocard : 'Ce que financera l'emprunt devra être aussitôt productif '
Actif et libre. Ainsi s'affiche Michel Rocard qui, à 79 ans, multiplie les missions. Après avoir prêté main-forte à Nicolas Sarkozy sur la taxe carbone, il l'aide aujourd'hui sur le grand emprunt, en coprésidant, avec Alain Juppé, une commission de réflexion. Trahison ? Que nenni, rétorque l'ancien premier ministre socialiste qui, pessimiste sur les résultats du G20, veut contribuer à changer 'la pensée économique dominante'. Lire la suite l'article
Que pensez-vous des mesures de régulation adoptées par le G20 ?
Elles sont à la fois réelles et très insuffisantes. Premier constat : le G20 a parlé de la crise comme si celle-ci n'était que financière et bancaire. Or j'ai la certitude que nous allons être confrontés à une quasi-stagnation pendant plusieurs années avec pour corollaire un chômage important. Deuxième remarque : le système bancaire comporte encore en son sein des éléments porteurs de crise. Ces éléments doivent disparaître. Sinon, ça va recommencer.
A quoi faites-vous allusion ?
Aux produits dérivés notamment. Ce sont eux qui ont provoqué le quadruplement des prix du pétrole entre 2002 et 2006 et le doublement des cours du blé, du maïs ou du soja. Cela a abouti aux émeutes de la faim en Afrique, qui ont fait plusieurs milliers de morts dans une douzaine de pays. Cette question est essentielle. Elle n'a pas été traitée par le G20.
Pourquoi dites-vous que la crise économique n'est pas finie ?
L'indicateur de crise le plus respecté, c'est celui du marché du travail. Celui-là continue d'être mauvais pour une raison simple : la crise financière a éclaté sur une crise macroéconomique qui n'est pas du tout résolue. Depuis 1990, les pays industrialisés s'échinent à retrouver la moitié des taux de croissance qu'ils connaissaient entre 1945 et 1975. Rien n'y fait. Il leur manque 8 à 9 % de part de salaires et de revenus de sécurité sociale dans le PIB pour pouvoir soutenir la consommation et donc la croissance.
C'est lié à la double révolution structurelle et intellectuelle qui s'est déroulée à partir de 1975. Les fonds de pension, les fonds d'investissement et les fonds d'arbitrage (hedge funds) ont pris le pouvoir au sein des multinationales. Avec un mot d'ordre : produire toujours plus de dividende. L'organisation du travail a changé. Les grandes entreprises ont considéré que la paye de leurs balayeurs, de leurs employés de maintenance ne devait pas être tirée vers le haut par le fait qu'ils appartiennent à des sociétés à haute qualification. Elles les ont sortis de la structure pour les transférer dans des PME, non filialisées, peu syndiquées et qui payent moins bien. On a vu alors apparaître une nouvelle catégorie de salariés : les précaires, qui ont fini par représenter entre 15 % et 20 % de la main-d'oeuvre de tous les pays développés. Puis on a vu émerger les pauvres, c'est-à-dire des adultes valides, exclus du marché du travail.... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr
Nicolas Sarkozy et le G20 : “Paroles, paroles…”
Le blog de JL Bianco
26 septembre 2009
La
plupart des médias nous parle d’un G20 réussi et, reprenant les mots du
président français, déclarent fièrement qu’"un ordre nouveau apparaît"…
Rien que ça!
Mais quels seraient les signes d’une telle "révolution mondiale"? Lorsque l’on reprend les propositions retenues par les 20 pays les plus industrialisés, on ne voit pas poindre le moindre espoir.
"Chaque pays doit faire en sorte que l’emploi se reconstitue rapidement" : quelle contrainte sociale? "Maintenir les mesures de soutien à l’activité économique jusqu’à ce que la reprise soit assurée" : quelle méthode? "Application de sanctions à partir de mars 2010 à l’encontre des paradis fiscaux qui refusent d’échanger des informations sur les comptes litigieux de contribuables étrangers" : quelle crédibilité quand nous apprenons dans le même temps que la Suisse vient de sortir de la liste établie par l’OCDE? "Augmentation du capital des banques pour les prémunir en cas de pertes importantes" : quelle garantie sur la modification des comportements bancaires alors que certains États comme la France refusent d’entrer dans les conseils d’administration et ne légifèrent nullement sur les abus bancaires? "Augmentation du pouvoir des superviseurs nationaux" : pourquoi ne pas créer, comme beaucoup l’ont proposé, une organisation mondiale de la finance?
Bref, comme on pouvait le craindre, ce G20 fut vain…
Mais si ni Barack Obama, ni Angela Merkel, ni Gordon Brown n’annoncent à leurs concitoyens un changement radical de l’ordre mondial, il n’en est pas de même concernant Nicolas Sarkozy qui ne cesse de laisser entendre qu’il serait le "leader mondial" d’un nouvel "ordre mondial juste" (expression de Ségolène Royal qu’il moquait largement en 2007).
Encore cette semaine, le chef de l’État s’est prêté à un exercice qu’il apprécie tout particulièrement : accorder une interview à David Pujadas et Laurence Ferrari. Adoptant une mine grave, il déclame, comme le rappelle si justement le blogueur "Sarkofrance" "une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques, sans contradiction ni relance de la part des deux journalistes". Nicolas Sarkozy ne cesse de détourner l’attention des Français et ainsi de parler "bonus" et "paradis fiscaux" plutôt que "chômage", "bouclier fiscal" et "relance". Mais il ne peut que s’empêtrer dans ses mensonges : contrairement à ses dires, il n’a pas convaincu l’Union européenne d’imposer un plafonnement des bonus bancaires ; et ni les paradis fiscaux ni le secret bancaire n’ont été supprimés. Tout cela, il le sait. D’ailleurs, lui-même ne cherche pas à changer l’ordre des choses : il sait pertinemment qu’il ne pourra rien modifier, mais surtout, ne le souhaite pas tant l’état actuel du monde convient à sa vision individualiste de la société. (...........)
25 avril 2009
G20 , plan Gheitner , Jacques Attali,
Jacques Attali, france-info, 03 04 2009
Vidéo envoyée par FranceInfo
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Suite.................
La bulle Geithner
Aux yeux de certains, se prépare une sortie miracle de la crise : par le jeu combiné du plan Geithner, (qui permet aux fonds d’investissement et aux banques de racheter les actifs toxiques des
autres banques, en empruntant l’essentiel au budget fédéral américain),
et de la modification comptable (qui permet aux banques de valoriser
ces actifs à un prix élevé) , on voit s’installer un marché des
produits dérivés, où les unes vendront très
cher aux autres des actifs, pour en racheter d’autres, plus cher
encore : ainsi se formera une bulle de valeurs d’actifs, entièrement
financé par le contribuable. La valorisation des fonds propres des banques, jusque là totalement
pervertie par la présence de ces produits toxiques, en sera
naturellement rehaussée, sans que l’Etat n’ait à verser d’autre argent
que celui qui aura permis aux banques de racheter ces produits et de faire monter leur cours. La croissance pourra alors repartir, créant de nouvelles fortunes financières, au milieu d’innombrables faillites industrielles. (...)
Lire l'article
Quelques commentaires, sur le blog de Jacques ATTALI/
Votre
critique est facile. Mais que proposez-vous ? Rien. Certes, le plan
Geithner n'est pas idéal mais répond en partie à l'urgence de la
situation. L'administration démocrate a été élue pour relancer
l'économie et non pas pour mettre en place un nouvel ordre financier où
l'intervention de l'État serait monnaie courante. Si certaines banques
et sociétés d'investissement ont profité des faiblesses du système
actuel, c'est en grande en partie à cause de l`indulgence, voire de la
complicité, de l'IRS, du SEC et de la possibilité qui leur est donné de
financer des campagnes électorales (démocrates et républicains
confondus).
Je vous rejoins sur un point : C'est au citoyen d'adopter de nouveaux
comportements s'il le désire et à l'entreprise de s'adapter si elle
veut survivre. Mais contrairement à vous, je crois que ce plan va
permettre de relancer le crédit sur des bases saines permettant de
remettre en scelle le dynamisme et la capacité à innover de la société
américaine. Le rôle de l'État doit se résumer à un rôle de régulateur
et s'assurer que les lois soient respectées par l'ensemble des
intervenants du système financier. Ce laisser-aller de l'État est
peut-être à l'origine de cette crise et de la prochaine s'il n'applique
pas avec rigueur les lois.
Pour finir, n'oublions jamais que les États-Unis d'Amérique ne sont pas l'Europe. Notre système de valeur n'est pas tout à fait le même. La liberté d'agir et d'entreprendre avec les moins d'entraves possibles font partie de notre culture.
Je vous rejoindrai si tout cela ne se faisait avec l'argent des contribuables, à qui on demande de payer , et de se taire. Tous les risques sont pour eux. Tous les profits pour les puissants. Et, nous, qui pretons à l'Amérique les moyens de ses folies, nous en supportons les conséquences. Cette société ne pourrait donner des lecons que si elle payait elle meme pour ses choix. Ce n'est pas le cas. Pour moi, si l'Etat paie, il doit controler. Si les entreprises ne veulent pas etre controlées, elles ne doivent mendier leur survie auprés des contribuables.
11 avril 2009
G20: décryptage par Jacques ATTALI
Un monde si cruel
Puisque désormais, s’amorce une gouvernance planétaire, il est essentiel d’en comprendre la logique. Et d’abord, d’en décrypter le processus de décision : Alors que, dans chaque pays démocratique, la majorité fixe la règle commune et que, dans les institutions internationales , ont été mis au point des procédures
de vote très complexes où se mêlent, selon des recettes diverses selon
les institutions, les exigences de souveraineté (un pays une voix), l de démocratie (un homme une voix) et de pouvoir (un dollar, une voix), dans le G8 ou, le G20, rien de tel : l’hôte propose un projet de communiqué qu’on doit approuver à l’unanimité.
Mais
peu de gens se posent la question de savoir ce qui se cache derrière
cette règle apparente : chacun des participants à t il un égal droit de
véto, qui voudrait dire que le résultat de ces négociations ne
pourrait être que le plus petit commun dénominateur commun ? Ou bien
les plus puissants peuvent-ils, implicitement ou explicitement, obtenir
des plus faibles des concessions sur un sujet en se servant de moyens
de pression sur d’autres domaines ? (...)
Lire la suite...
10 avril 2009
Joseph Stiglitz : " Ni les Etats-Unis ni le G20 ne proposent un cadre convaincant de régulation "
Chargé
par les Nations Unies de piloter une commission indépendante d'experts
sur la crise financière, l'économiste Joseph Stiglitz (Columbia
University), prix Nobel 2001, porte un regard critique sur le bilan du
G20 de Londres.
Extrait:
(...) Etes-vous davantage convaincu par le renforcement des moyens financiers du FMI ?
C'est généralement considéré comme la principale réussite du G20. Mais il y a un net décalage entre les chiffres annoncés et la réalité. Sur les 250 milliards de dollars alloués en droits de tirage spéciaux, seulement 19 milliards iront aux pays en développement. C'est mieux que rien, mais cela n'est pas aussi important qu'on le prétend et cela devrait prendre la forme de subventions et non de prêts. En outre, il y a un aménagement limité de la gouvernance de ces institutions (FMI et du Forum de stabilité financière), mais il n'est pas certain que cela suffise à changer de manière fondamentale leur fonctionnement. On oublie de dire qu'elles n'ont pas rempli leur mission car elles ont utilisé un mauvais modèle. Leur donner plus d'argent et plus de responsabilité ne veut pas dire qu'elles vont forcément mieux fonctionner à l'avenir. Il n'y a aucune garantie qu'elles ont tiré les leçons du passé. On ne discute même pas de l'échec du Forum de stabilité financière. On devrait s'interroger sur un système de responsabilité avant d'élargir ses pouvoirs. C'est pourquoi notre rapport préconise une profonde réforme de la gouvernance des institutions de Bretton Woods et la création d'un conseil de coordination économique global.
(...)
09 avril 2009
G20 : les paradis sociaux ignorés par le G20
Alors que le G20 s'est vanté de démanteler les paradis fiscaux, les paradis sociaux, où les coûts de main d'œuvre minimes facilitent les transferts d'usine, subsistent à travers le monde : Indonésie, Sri Lanka, Mexique... Certains ont même intégré l'Union européenne en toute impunité !
04 avril 2009
OH, SHOCKING! La reine et la première dame oublient le protocole à 19h37...
Extrait:
... "Sacrilège ou geste anodin? il existe peu de précédents. Les journaux britanniques avaient fustigé l'ex-Premier ministre australien Paul Keating en 1992 pour avoir osé enrouler son bras autour de la reine. Le dirigeant avait alors été surnommé «le lézard» dans les tabloïds.
Selon le Monde, cet élan d'audace de Michelle Obama aurait coûté à la première dame des Etats-Unis «un regard assassin» de la reine qui aurait même eu «un petit geste de recul» avant de se montrer «indulgente» en «blâmant le décalage horaire».
Le site Internet du magazine Voici parle quant à lui «d'un crime de lèse majesté» qui scandaliserait, tout comme le cadeau offert par les Obama : un ipod, alors que la reine en possédait déjà un.
Pourtant, les images diffusées par la BBC (voir la vidéo) et reprises par plusieurs journaux ne montrent pas une reine choquée. Elisabeth II place elle-même son bras autour de la taille de Michelle Obama.
L'AFP a sa propre version de l'histoire, dans laquelle c'est la reine qui prend les devants et ose un geste de la main envers...Barack Obama. Michelle aurait répliqué en donnant une accolade plus franche à Elizabeth II."...
Mon commentaire: L'avenir du monde en dépend... C'est sûr...
03 avril 2009
Le G20: espoir... ou emplâtre sur une jambe de bois?
Extraits:
Le monstre de la finance mondiale ne demande qu'à se réveiller
Dans un article du Monde Diplomatique, Laurent Cordonnier parle, lui, de « rustines sur le Titanic de finance mondiale ». Si l’économiste affirme qu’on «
ne devrait pas faire la fine bouche en jugeant la volonté réformatrice
des principaux acteurs de ce sommet (…) alors qu’il y a 18 mois
personne n’aurait ramassé un tract d’ATTAC par terre », il pondère
aussitôt, « l’approche reste celle de la « gestion des risques »... que
l’on ne s’interdit pas de créer. La batterie des mesures envisagées se
trouve bien dans ce registre, où il n’est question que d’augmentation
de la transparence, de contrôle des systèmes d’incitation, de
régulation prudentielle, de supervision, de renforcement de la
gouvernance et du management (du risque)... c’est-à-dire de toute une
ingénierie d’ordre techno-politique visant à tenter de rattraper les
dérives induites par une doctrine restée intacte : celle qui crée les
risques au nom de la liberté d’entreprendre et tente ensuite de
domestiquer la bête, une fois qu’elle se trouve dépassée par sa
créature ». Bref, le monstre ne demande qu'à se réveiller.
Même Jacques Attali sur son blog, n’arrive pas à chanter à l’unisson des éditorialistes et le regrette : «J’aurai
tant voulu pouvoir, comme le font presque tous les commentateurs,
saluer sans nuance les efforts énormes des uns et des autres pour que
personne ne claque la porte. (…) Mais je ne peux m’empêcher de craindre
que tout cela n’annonce aussi l’accumulation de bien de nouveaux
nuages à l’horizon, parce qu’on emploie pour résoudre la crise les
mêmes armes que celles qui l’ont créée. (…). Tout se passe comme si les
alcooliques anonymes, tout heureux de leurs bonnes résolutions,
avaient décidé, au sortir de leur réunion, de prendre un dernier
verre. Pour la route ».
Lire l'article
02 avril 2009
G20 : Interview Ségolène Royal sur France Info
Interview Ségolène Royal sur France Info à propos du G20
Vidéo envoyée par segolene-royal
Interview de Ségolène Royal sur France Info à propos du G20, ce 2 avril 2009.
G20 : 1 100 milliards pour la relance et les institutions financières internationales
Une série de mesures ont été annoncées à la clôture du sommet du G20 de Londres, jeudi 2 avril. Parmi celles-ci, une enveloppe de 1 100 milliards pour la relance et l'aide aux institutions financières, des contrôles accrus des agences de notation et des fonds spéculatifs, ainsi que la fin du secret bancaire. Une liste des paradis fiscaux sera rapidement publiée. Les participants se réuniront d'ici à la fin de l'année pour faire le point sur ces mesures. (AFP, Reuters)
