18/04/12

Hirsch, Amara, Begag... Hollande engrange les soutiens

Sur LE JDD

Ces derniers jours, plusieurs personnalités ont fait part de leur soutien au candidat socialiste. Ainsi, l'écologiste Corinne Lepage; le président de l'Agence du service civique, Martin Hirsch; l'ancien ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag; ou encore Fadela Amara, ancienne secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, ont indiqué qu'ils voteront
Pour François Hollande à la présidentielle
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Corinne Lepage veut "peser" sur les décisions futures

Elle affirme avoir un temps pensé au "vote blanc". Mais jugeant la "situation est suffisamment grave en France", Corinne Lepage a finalement décidé d'apporter son soutien à François Hollande. "Pour élargir le champ des possibles, il faut une nouvelle majorité. Je ne suis pas socialiste, je ne suis pas d'accord avec tout le programme de François Hollande mais je salue notamment l'effort qu'il fait en direction de la transition énergétique et pour la réduction du nucléaire", a expliqué la président de Cap 21, privée d'élection présidentielle faute de signatures.

Celle qui avait été élue députée européenne en 2009 sous l'étiquette du MoDem a présenté mardi son appel pour un "Rassemblement démocrate, républicain, et écologiste avec François Hollande pour le rassemblement du pays". "Un pôle dans ce qui sera peut-être la future majorité présidentielle" constitué "de gens qui dès le premier tour l'ont soutenu" et qui sont "clairs sur le fait qu'ils ne sont pas socialistes", a expliqué l'ancienne ministre de l'Environnement, qui a pour objectif de "peser" sur les "décisions qui pourront être prises". "Je suis au centre de l'échiquier politique, j'y reste", a-t-elle confirmé.

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Martin Hirsch n'attend "aucune récompense"

Il a été un temps le symbole de l'ouverture prônée par Nicolas Sarkozy. Ancien haut-commissaire aux solidarités actives (2007-2010), Martin Hirsch a déclaré avoir "l'intention de voter pour François Hollande". Il précise que le candidat socialiste "a bien voulu me demander régulièrement mon avis depuis un an sur les questions de jeunesse, de pauvreté, de lutte contre les conflits d'intérêts, de régulation des hauts revenus et sur une croissance accélérée du service civique, autant de sujets-clés à mes yeux". Interrogé sur le risque de se voir reprocher un opportunisme politique, l'actuel président de l'Agence du service civique affirme "n'attendre strictement aucune récompense de mon choix". "Ni aucune sanction, j'espère. Je pense que ma liberté est respectée aussi bien par François Hollande qu'elle l'a été par Nicolas Sarkozy, qui m'a laissé libre, tant au gouvernement que depuis que j'ai choisi de le quitter", poursuit-il, déclarant aspirer "à ce que soient poursuivis les chantiers sur lesquels je travaille depuis longtemps".

"Aujourd'hui, il fait le choix de François Hollande, c'est son droit", a réagi Nicolas Sarkozy sur France Inter. "Est-ce que c'est le moment? Est-ce que c'est parfaitement élégant? C'est un problème qu'il faudra poser à Martin Hirsch. Moi, je n'ai rien à dire", a poursuivi le candidat de l'UMP, assurant détester "toute forme de sectarisme". De son côté, François Fillon a ironisé lundi sur ce soutien, affirmant que Martin Hirsch n'était pas "rancunier" en votant pour François Hollande alors que "les socialistes n'ont rien soutenu des réformes qu'il a faites" depuis 2007. "En tout cas moi, je ne regrette pas ce que nous avons fait ensemble", a précisé le Premier ministre. Le président des députés UMP, Christian Jacob, s'est fait plus critique, dénonçant des déclarations "indignes et particulièrement choquantes".

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Pour Fadela Amara, "Hollande est le plus intelligent à gauche"

"Je vais voter pour François Hollande", qui est "quelqu'un que je connais bien (...) un ami", déclare Fadela Amara mardi soir dans une vidéo accordée à Libération. La fondatrice de Ni putes ni soumises, qui fut secrétaire d’Etat à la Politique de la ville de 2007 à 2010, affirme avoir "toujours pensé que François Hollande était le plus intelligent à gauche". Vantant les qualités du socialiste, Fadela Amara estime que la France "a besoin (...) d'un homme capable de cette humanité, non seulement de l'incarner, mais aussi de la transmettre".

 
 
Azouz Begag votera "Utile-Hollande"

L'ancien ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag, a également fait son choix. Mardi, Le Monde assurait qu'il allait voter pour François Hollande. Une information confirmée par l'intéressé lui-même sur son compte Twitter.

En mars 2007, Azouz Begag avait rallié François Bayrou, le "seul candidat qu'[il] puisse soutenir" et démissionné quelques jours plus tard du gouvernement pour "reprendre sa liberté de parole". "Je sais pour qui je ne voterai pas. Je ne voterai pas, je ne voterai jamais pour Nicolas Sarkozy, c'est clair", avait déclaré l'ancien ministre délégué au lendemain du premier tour sur RMC. Puis, en juin 2010, il rejoint le mouvement République Solidaire de Dominique de Villepin et sera nommé conseiller politique dans l'équipe de campagne de l'ancien Premier ministre. Malgré tout, Azouz Begag prend part à la primaire socialiste. "J'avais eu la révélation : il faut absolument aider les socialistes à choisir le bon candidat, c'est pour cela que j'ai voté Hollande", expliquait-il alors au Monde. Un choix qu'il réitérera donc dimanche prochain.

 
 
Brigitte Giradin veut "mettre fin à une politique qui a affaibli notre pays"

Proche de Dominique de Villepin, l'ex-ministre de l'Outre-mer de Jacques Chirac Brigitte Girardin a annoncé mardi à l'AFP qu'elle voterait pour le candidat PS François Hollande "dès le premier tour". "Souhaitant mettre fin à une politique qui, pendant cinq ans, a affaibli notre pays, a divisé les Français et a remis en cause la politique pour l'outre-mer que j'avais mise en place entre 2002 et 2005, mon vote personnel se portera sur François Hollande dès le premier tour, sans qu'il s'agisse d'un quelconque ralliement au candidat socialiste", écrit-elle.

 
 
Le clan des chiraquiens presque unanime

Dans une interview mardi au Parisien-Aujourd'hui en France, l'historien et écrivain Jean-Luc Barré, proche de Jacques Chirac, a assuré que l'ex-président de la République avait choisi le candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande, et annoncé dans la foulée que personnellement, il voterait pour lui dès le premier tour. "Jacques Chirac est fidèle à lui-même lorsqu'il déclare qu'il votera pour Hollande", a-t-il dit dans cet entretien. L'ancien président Jacques Chirac "ne fera aucune déclaration publique dans le cadre du scrutin" présidentiel, a rétorqué son entourage. Un autre des plus proches conseillers de l'ex-président, Hugues Renson, s'est également rendu au meeting du candidat socialiste sur l'esplanade du Château de Vincennes dimanche dernier. Le même jour, l'ex-ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon (2002-2004) figurait lui aussi derrière François Hollande. La fille et le gendre de l’ex-président de la République, Claude Chirac et Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l’Elysée, ont, eux aussi ralliés le socialiste.


 
 
Plus de 40 économistes derrière Hollande

Dans un texte publié dans Le Monde daté de mercredi, 42 économistes se déclarent en faveur de François Hollande, un candidat qui allie, à leurs yeux, "la crédibilité, l'ambition et la cohérence". Ces universitaires et chercheurs - dont beaucoup sont marqués à gauche, comme Thomas Piketty ou Philippe Aghion - écrivent que le socialiste est "le plus apte à redresser la France et rassembler les Français". Avant de conclure : "Alors que le souvenir de 2007 nous oblige à la plus grande réserve sur les multiples promesses de campagne du candidat sortant, François Hollande a présenté un agenda de réformes qui dessinent à nos yeux la voie souhaitable."

 
 
Des personnalités présentes à Vincennes dimanche

L'ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon (2002-2004), figurait derrière François Hollande dimanche, lors du meeting du candidat socialiste sur l'esplanade du château de Vincennes. Le 8 mars dernier, dans une tribune publiée par Libération, ce dernier faisait déjà part de son vote pour le socialiste, dès le premier tour, indiquant lui trouver "les qualités humaines et politiques requises pour être un bon président de la République".

L'ex-conseiller de Jacques Chirac, Hugues Renson, avait fait aussi le déplacement à Vincennes. "J'ai fait ce choix sur la base de mes convictions, et c'est François Hollande qui y répond le mieux", a-t-il expliqué. "Les valeurs de tolérance, de respect, de cohésion nationale m'ont fait m'engager auprès d'un homme, je les retrouve aujourd'hui auprès d'un autre", a ajouté Hugues Renson dans Le Monde.

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A-Ch. D. (avec AFP) - leJDD.fr

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31/03/12

Présidentielle : Royal vole au secours de Hollande

Sur France Soir

 

Dans un entretien à Sud-Ouest, l'ex-candidate de 2007 invite Jean-Luc Mélenchon à "réserver ses attaques à la droite", et rappelle que le PS "n'est pas pour... l'insurrection permanente".

Ségolène Royal s'autoproclame avocate de son ex-compagnon François Hollande
Ségolène Royal s'autoproclame avocate de son ex-compagnon François Hollande AFP/Fred Dufour

Le baromètre quotidien de l'Ifop pour Paris-Match, dont les résultats ont été rendus publics jeudi soir, confirme que le candidat Hollande, toujours favori du second tour, connaît un léger « passage à vide ». Nicolas Sarkozy gagne, en effet, un demi point par rapport à la veille, et devance le candidat du PS au premier tour : 28% des intentions de vote contre 26,5%. Stable, Jean-Luc Mélenchon est toujours crédité, lui, d'un pourcentage flatteur : 14% des intentions de vote. Un rapport de forces qui divise l'équipe Hollande et nourrit, au sein du PS, un début de polémique : répondre ou ne pas répondre à Mélenchon ? Et répondre quoi ? 

 
 
Elle met les pieds dans le plat

Fidèle à son tempérament (et aussi à son sens politique), Ségolène Royal n'entend pas se laisser freiner par toutes ces tergiversations collectives. Dans un entretien au quotidien Sud-Ouest, elle met carrément les pieds dans le plats et, sur le mode du gros bon sens, elle fait publiquement la leçon à l'ancien ministre de Lionel Jospin, qui a enfilé depuis peu le costume du parfait révolutionnaire. Elle commence par lui dire qu'il devrait « réserver ses attaques à la droite ». Elle lui indique ensuite, à tout hasard, qu'au parti socialiste (dont il a si longtemps fait partie), « nous ne sommes pas pour l'insurrection permanente ». Et toc!

 

Elle aussi aime la transgression

Interrogée sur la percée dans les sondages du candidat du Front de gauche, la présidente de la région Poitou-Charentes (et la future candidate au « perchoir » de l'Assemblée) convient que Jean-Luc Mélenchon « est un tribun » (sous-entendu : un bon tribun). « Je comprends sa stratégie, et je partage certaines de ses idées, indique celle qui adore, elle aussi, être à l'occasion une transgressive. Mais au PS, nous ne sommes pas pour l'insurrection permanente. Aujourd'hui, l'important, c'est de battre Nicolas Sarkozy. D'où la nécessité d'une dynamique très forte au premier tour pour François Hollande ».

L'ancienne ministre de la Famille, s'autoproclamant avocate de son ex-compagnon, réfute l'idée qu'il connaîtrait une « phase d'essoufflement » : « Il a déjà réuni 1 million à 1,5 million de supporteurs. C'est beaucoup plus que Mélenchon à la Bastille », tranche-t-elle, cinglante.


"Je joue un rôle pédagogique crucial"

Interrogée sur le point de savoir pourquoi elle apparaît aujourd'hui « en retrait » (ou tenue en lisière au sein du PS ?), Ségolène Royal se récrie: « Je suis présente, très présente, la plus présente des leaders socialistes ». Et elle ajoute drôlement: « Je pense même jouer un rôle pédagogique crucial ».

Son intervention spectaculaire confirme, en tout cas, sa détermination personnelle et son sens politique. Elle met aussi en lumière, par contraste, la lourdeur de l'état-major politique qui entoure le candidat PS. Avec le risque, pour lui, que la quête permanente de la synthèse (art dans lequel il excelle) ne finisse par le freiner, voire le bloquer. Ségolène Royal, elle, n'a cure de tout cela : elle, elle fonce. Et qui l'aime la suive !

 

Par Dominique de Montvalon

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14/03/12

Jacques Chirac votera pour François Hollande, selon "Le Canard Enchaîné"

Sur LE MONDE

Alors que Bernadette Chirac affiche son soutien à Nicolas Sarkozy, comme elle l'a fait dimanche 11 mars au meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis), Jacques Chirac, lui, serait plutôt un partisan de François Hollande.

Dans son édition du mercredi 14 mars, Le Canard Enchaîné affirme que l'ancien président de la République, "quand il est en forme et reçoit des visiteurs, confie toujours ses sympathies pour le président socialiste du conseil général de la Corrèze et son souhait de le voir l'emporter".

En juin 2011 déjà, lors d'une rencontre avec M. Hollande au musée de Sarran (en Corrèze), M. Chirac avait affirmé : "Je voterai François Hollande". Des propos qualifiés de "blague" par sa femme dimanche, cette dernière assurant sur RTL que M. Chirac "soutient bien sûr Nicolas Sarkozy".

Le Canard Enchaîné va plus loin en affirmant qu'au nombre des soutiens de M. Hollande dans la famille Chirac, il faut également compter la fille de l'ancien président, Claude, qui "fait de la retape pour Hollande en expliquant qu'il faut voter pour lui, 'dès le premier tour'". Ainsi que son ancien conjoint, Thierry Rey, qui s'est officiellement engagé dans la campagne socialiste.

LeMonde.fr

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08/03/12

Cahuzac, le mec qui dit tout haut ce que Hollande fait tout bas

Sur Rue 89

Brillant mais nerveux, chirurgien esthétique mais rocardien, le président de la commission des Finances ronge son frein depuis dix ans pour devenir ministre.


Jérôme Cahuzac en janvier 2012, lors de la présentation du projet de François Hollande (Audrey Cerdan/Rue89)

Au sein de l'équipe de campagne de François Hollande, Jérôme Cahuzac est responsable du « pôle budget, finances, fiscalité ». Voilà pour le rôle officiel. Mais ce député de 59 ans a une autre fonction : il est celui qui fait éclater la vérité (ou trahit l'inconscient socialiste). Atteint d'une forme d'incontinence rare en politique, il ne peut pas s'empêcher de dire ce qu'il pense vraiment. Faut que ça sorte.

Il a commencé par un acte manqué. Début septembre, muni de la procuration de François Hollande, il vote par erreur en faveur du plan de rigueur du gouvernement.

Quelques semaines plus tard, il dit tout haut ce que les socialistes admettaient tout bas : « Le projet socialiste est une chose, le projet du candidat en sera une autre. » Et il insiste :

« François Hollande puisera dans ce programme mais ne pourra réaliser la totalité de ce programme car tout simplement les moyens du pays ne le permettent pas. »

Les 60 000 postes dans l'Education nationale ? Il est le premier à déclarer, l'air de rien, que les « créations » promises par François Hollande seront en fait des redéploiements.

 

« La permission d'aller pisser »

Et puis il y a « l'épisode 75% ». C'était lundi 27 février. François Hollande venait d'annoncer, sur TF1, sa volonté de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros par an. Invité au même moment sur France 2, Cahuzac est sommé de fournir des explications. Il a été informé de cette annonce juste avant d'entrer sur le plateau, mais voici comment il réagit :

« Vous m'interrogez sur une déclaration que pour ma part je n'ai pas entendue. [...] J'attends de voir un peu ce qu'il en est vraiment. »

La rigidité, l'orgueil blessé de ne pas avoir été associé à la surprise du chef, la volonté de ne pas faire semblant de savoir : Cahuzac est tout entier dans cette réponse. « Hollande ne va quand même pas demander à Cahuzac la permission d'aller pisser ! », s'époumone un autre chef de pôle. Mais Cahuzac ne renie pas son attitude.

En politique, c'est pour l'austère Jospin qu'il a le plus de respect. En littérature, il place Camus, « l'écrivain de la vérité », au-dessus de tout. Certains sont passionnés par la justice ou l'égalité. Cahuzac, lui, se pose en obsédé de la vérité.

 

 

Mai 68 ? « Une fête plus qu'un événement politique »

Ça ne l'empêche pas de se livrer à des propos sinueux, des phrases emberlificotées, des tournures à double sens, des ellipses et des réécritures du passé. Mais rien qui puisse entamer la douce illusion du « parler vrai ».


« Parler vrai », de Michel Rocard

On ne fait pas plus rocardien comme thème. Et c'est la filiation dans laquelle Cahuzac s'inscrit. Mais quand on lui demande pourquoi, il fait des mystères.

En réalité, il est tombé dans le rocardisme en sortant de chez ses parents : Guy Carcassonne était leur voisin de palier. Cahuzac est entré au PS en le suivant à la section socialiste du Ve arrondissement de Paris. On est en 1977. Il a 25 ans.

Pour lui, Mai 68 a été « plus une fête qu'un événement politique ». « Le lycée tournait en coopérative, on a appris l'autonomie », se souvient son copain de classe Daniel Scherman. Ils écoutent les Beatles et Brassens, n'ont pas de vocation affirmée. Cahuzac fera médecine « pour être utile ».

 

Charasse et les cigarettes Chevignon

Devenu chirurgien, penché sur les œsophages et les estomacs de ses patients, il confie à ses amis sa satisfaction de « sauver vraiment des gens ». Mais ses camarades socialistes l'entendent regretter de ne pas avoir « fait Sciences-Po ». Armé de « quelques notes sur la santé publique », Il s'invite dans la préparation de la candidature de Michel Rocard à la présidentielle de 1988.

Finalement, Rocard sera Premier ministre. Il choisit Guy Carcassonne comme conseiller. Qui suggère le nom de Cahuzac quand se forme le cabinet de Claude Evin. Le ministre de la Santé conserve un bon souvenir de ce chirurgien « volontaire » au « caractère entier ».

Il le charge de déminer une histoire de lait maternisé et de mener un bras de fer avec les laboratoires d'analyses médicales avant de lui confier la préparation de la loi alcool-tabac. Il faut batailler ferme contre Charasse qui, comme ministre du Budget, avait la tutelle de la Seita.

« Quand on a finalement obtenu gain de cause, il s'est vengé en profitant d'une faille de la loi : la Seita a lancé les cigarettes Chevignon », se souvient Jean-René Brunetière, à l'époque directeur de cabinet d'Evin.

 

« C'est lui que je veux comme adversaire »

Dans ces circonstances, Cahuzac lui apparaît comme « un mousquetaire, un type qui fonctionne plus à l'instinct qu'au raisonnement sophistiqué ». Ses collègues l'entendent encore marteler : « L'escalier, pas l'ascenseur ! » L'un deux, Bruno Varet :

« Il a découvert que la politique l'amusait beaucoup plus que la chirurgie. »

Mais le gouvernement tombe. Cahuzac traverse « une période de vache enragée », selon ses amis. Lui parle de « changement de vie qui ne regarde que [lui] ». Il finit par monter (avec sa femme) une clinique spécialisée dans les implants capillaires. Et quand Jospin se lance à la conquête de l'Elysée en 1995, Cahuzac se rend au QG et donne des coups de main sur les sujets de santé publique.

Ce candidat réunit les qualités qu'il aimerait posséder : « Droit, honnête, totalement sincère, très engagé, très volontaire, avec une vraie capacité de décision ». Il l'admire. Ils deviendront partenaires de tennis (« C'est moi qui gagnais. Mais lui s'est fait mal à l'épaule, moi au genou, et on n'a plus le temps. »)

Cahuzac a aussi pratiqué la course, le vélo, la chasse sous-marine, le golf, la boxe... Mais en 1996, il veut relever un autre type de défi : devenir député. « Ce qu'on peut faire sans être élu, je l'avais déjà fait. »

Il est parachuté dans le Lot-et-Garonne. Un dîner chez Gérard Gouzes, maire de Marmande et parrain du PS départemental, tient lieu de cérémonie d'adoubement. Michel Gonelle, le maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, est présent :

« Il est bien, ce petit. Gérard, c'est lui que je veux comme adversaire. »


Jérôme Cahuzac en janvier 2012, lors de la présentation du projet de François Hollande (Audrey Cerdan/Rue89)

 

 

 

Le juge Bruguière en voiture blindée

Le « beau Jérôme » peut remercier la droite :

  • aux législatives de 1997, il bénéficie de la « vague rose » et, dit-on, « de voix du RPR, qui avaient un vieux compte à régler avec le candidat UDF » ;
  • en 2001, il devient maire de Villeneuve à la faveur d'une triangulaire ;
  • s'il perd son siège de député en 2002, il le regagne en 2007 face « au pire candidat que l'on ait jamais eu », rigole-t-on à l'UMP : le juge Bruguière. « En voiture blindée, avec ses gardes du corps, il voyait 200 personnes tous les soirs. Qui repartaient avec la certitude qu'elles ne voteraient pas pour lui » ;
  • en 2010, Didier Migaud est nommé premier président de la Cour des comptes, ce qui libère la présidence de la commission des Finances à l'Assemblée nationale. Cahuzac lui succède.

Ses qualités d'orateur impressionnent. Tout dans la tête, jamais de notes. « Si vous allez au Louvre avec lui, il peut remplacer les conférenciers », jure un ami. Il travaille beaucoup et tient à ce que ça sache. Il est jugé brillant, honnête, rugueux, hautain, arrogant, fier, castagneur, méprisant.

L'UMP Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des Finances, loue sa compétence :

« Mais il est d'une spontanéité excessive : mon orgueil est blessé, je le montre à la télévision ; un jeune m'énerve, je vais le boxer. »

 

 

 

« Le tribunal a reconnu ma bonne foi »

Ses proches rapportent qu'il se voit déjà ministre du Budget. Il y a dix ans, il s'imaginait ministre de la Santé. « Il faut avoir une énorme humilité pour être ministre », avertit Michel Sapin, l'ami de 35 ans de François Hollande.

« On est parfois rappelé à l'ordre par le dernier des sous-fifres de l'Elysée. Il y a peu de postes où l'on est autant soumis à l'autorité. »

A Solférino, on trouve qu'il « fait passer Manuel Valls pour un dangereux gauchiste ». Son adjointe aux Affaires sociales, Marie-Françoise Béghin, le trouve pourtant « vraiment de gauche et très humain » :

« Villeneuve a été une des premières villes à parrainer des enfants menacés d'expulsion. »

A Paris, il a « employé quelqu'un qui n'avait pas ses papiers ». Ses ennemis ont cru le tenir. Ils étaient sûrs qu'il serait « coffré pour esclavage moderne ». A l'automne 2007, il est finalement jugé coupable de travail clandestin mais dispensé de peine et d'inscription au casier judiciaire.

« J'ai dit la vérité. J'ai voulu aider quelqu'un. Le tribunal a reconnu ma bonne foi. »

Ses proches n'ont pas compris les sacrifices financiers puis familiaux faits au nom de sa carrière. Est-ce que l'engagement politique en vaut vraiment la peine ? « C'est une question qu'on peut se poser tous les jours », élude-t-il. On insiste. Il serre les mâchoires. « On ne va quand même pas céder le pas à la médiocrité. »

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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27/01/12

Villepin invite Hollande à "faire le ménage" dans son programme

Sur LE NOUVEL OBS

Créé le 26-01-2012 à 21h47 - Mis à jour à 21h49    

Le Nouvel Observateur avec AFP
 
Par Le Nouvel Observateur avec AFP
 
 
L'ex-Premier ministre reconnait toutefois la "compétence" du candidat socialiste.

Dominique de Villepin (REVELLI-BEAUMONT/SIPA )

Dominique de Villepin (REVELLI-BEAUMONT/SIPA )
 

 

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, a dit jeudi 26 janvier attendre de François Hollande, dont il a reconnu "la compétence", qu'il fasse "le ménage dans ses propositions" pour rendre son projet plus lisible par les Français.

"Tout cela est bien ficelé. Dimanche, le Bourget avec un nombre substantiel de militants, jeudi un programme, soixante mesures, une brochure diffusée à des millions d'exemplaires... tout cela est bien fait", a concédé Dominique de Villepin sur France 24.

"Mais", a-t-il ajouté, "il est extrêmement difficile de disserter sur soixante mesures. D'autant qu'un projet présidentiel, c'est trois ou quatre grandes orientations", a-t-il fait valoir en soulignant qu'il avait personnellement mené trois batailles lorsqu'il était Premier ministre : l'emploi, les déficits et le patriotisme économique.

"Ce que les Français attendent, c'est une lisibilité sur l'action qui va être engagée. Donc, j'attends que le candidat socialiste fasse le ménage dans ses propositions, qu'il nous dise lesquelles sont importantes", a-t-il ajouté en reconnaissant cependant qu'il y avait dans les 60 mesures "certainement des choses sérieuses".

Hollande a "la compétence, l'expérience, le savoir-faire"

L'ancien Premier ministre a jugé par ailleurs "curieuses" les attaques de l'UMP car, a-t-il dit, nombre de "ces propositions font d'ores et déjà parti du projet" du parti présidentiel. "La philosophie du projet est l'égalité sociale. Ce que je regrette pour ma part, c'est qu'au milieu d'une crise sans précédent, ce ne soit pas davantage l'effort qui sera demandé au Français qui soit évoqué".

Interrogé sur les attaques de l'UMP sur le manque de stature du candidat Hollande, Dominique de Villepin a estimé qu'il s'agissait là encore d'un mauvais procès. "François Hollande appartient depuis des décennies à notre vie politique. Il n'a pas à montrer patte blanche. Je le connais depuis l'ENA, c'est quelqu'un qui a la compétence, l'expérience, le savoir-faire", a-t-il souligné.

Mais, a-t-il ajouté, "ma conviction, c'est qu'un président ne doit pas s'inscrire dans un schéma partisan. Or, on voit bien qu'il cherche à s'ancrer à gauche".

 

 

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23/01/12

Par M. Vasseur : Hollande sans ambiguïté

Présidentielle 2012 : Hollande sans ambiguïté

Sur le blog de Marc VASSEUR


François Hollande a lancé sa campagne au Bourget dans une salle surchauffée.

Le lecteur assidu -il est rare – sait que je n’ai pas l’habitude de prendre des gants pour faire part de mes interrogations, de mes doutes, de mes inquiétudes. J’avais voté François Hollande au 2eme tour de la Primaire socialiste et j’avais également dit mon scepticisme sur son début de campagne.

Alors, oui j’attendais outre qu’il se dévoile dans son costume de Président mais surtout qu’il commence à parler de son programme, de ses propositions. Il l’a fait et je me retrouve dans celles-ci.

Et qu’on ne vienne pas me dire, « ben y a pas grand chose », la campagne débute réellement aujourd’hui et il reste 3 mois à François Hollande pour nous proposer son contrat présidentielle.

Le meeting du Bourget n’est que la première d’une étape qui doit permettre d’évacuer par la force du suffrage universel, l’individu gouvernant son clan à défaut de la France.

Mon choix, sans conteste, reste François Hollande aux deux tours.

Le plus drôle ou le plus pathétique est de lire des députés n’ayant rien d’autre à dire que de mettre en avant les problèmes fiscaux de Yannick Noah datant de près de 10 ans… et sinon le bilan de Sarkozy depuis 5 ans, on peut en parler ?

 

 

Mon commentaire: Ce n'est pas que je le trouve antipathique... Mais il y a un problème. Gros. Très gros.
Souvent lorsque des situations étaient difficiles, il a eu du mal à réagir (de manière démocratique et énergique, constructive...
- le vote pour la constitution européenne, et le traité de Lisbonne
- le BN du 17 juin 07 au moment où une foule immense (nous étions alors nombreux au PS, entre janvier 06 et juin 07 ) réclamait un congrès avancé pour désigner une leader de l'opposition...
- le congrès : il avait précisé que logiquement la motion la + nombreuse devait assurer le secrétariat. Au lieu de quoi son silence a été total lors du "malentendu" qui a suivi, et il n'a même pas jugé utile d'appuyer Badinter qui suggérait un nouveau vote...

Bref il s'est beaucoup tu.

Beaucoup trop pusillanime, à mon gout... surtout compte tenu des mesures énergiques à prendre (banques, BCE, etc) Je ne le vois pas (du tout) tenir ce qu'il promet si les autres ne le font pas à sa place...
De plus, le voir jouer le représentant de toute la gauche alors qu'il fuit toute rencontre avec  le reste de la gauche (JLM en particulier qui l'a sollicité depuis Octobre) est sidérant... Ça me fait penser à la grenouille de la fable. Désolant.

.. et il me saute à l’idée que remplacer quelqu’un qui a un mauvais bilan, par quelqu’un qui n’en a pas ressemble un peu à une politique de gribouille…

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Quand Stéphane Hessel demande à Mélenchon de ne pas se présenter aux élections présidentielles de 2012

Sur AGORAVOX

 

Stéphane Hessel, via une interview d’I-Télé de l’émission Secrets de campagne du 20 janvier 2012 (à partir de 4’36), appelle Jean-Luc Mélenchon à ne pas se présenter, à renoncer aux élections présidentielles de 2012.

Stéphane Hessel semblerait donc être partisan du vote dit « utile ».

« Ralliez-vous à la gauche majoritaire de François Hollande » lui dit-il, car « vous pouvez être un objet de dissension« .

Et bien, pour quelqu’un qui a vendu plus de 4,5 millions d’exemplaires de son ouvrage « Indignez-vous », on est en droit de se demander où est passée l’« indignation » tant désirée du peuple.

Peut-on dire qu’un peuple, qui plus est dans une démocratie, vote « utile », est un peuple qui s’indigne ?

On peut même se demander si ce peuple est toujours libre de voter selon ses propres convictions personnelles ?

Nous ne devrions même pas parler de « vote utile » en démocratie. Qu’est-ce que c’est qu’un vote utile d’abord ?

Un vote qui servirait à un candidat moins pire qu’un autre ? Voilà un beau principe de démocratie.

Dans le principe c’est vrai qu’on préférerait sûrement pour une majorité ne pas revoir Sarkozy, et surtout ne pas avoir Le Pen au second… mais…

Mais… L’existence même de la démocratie est remise en cause avec cette notion du « vote utile ». Le suffrage universel, rappelons-le, est le principe d’expression de la volonté populaire, c’est le vote de l’ensemble des citoyens. Il fonde la souveraineté du peuple dans un régime démocratique.

Vote utile et souveraineté du peuple ne font pas bon ménage, ils ne sont pas compatibles.

Et puis peut-on encore parler de parti de « gauche » pour le parti socialiste ?

François Hollande n’a de gauche que sa démarche politique. On sait qu’il passe son enfance à Bois-Guillaume, ville résidentielle sur les hauteurs de Rouen, où il est élève au pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle de Rouen. Au premier trimestre 1968, son père, mal vu du fait de sa proximité avec Jean-Louis Tixier-Vignancour et l’OAS4, vend sa clinique, ses appartements du Clos du Hamel, la maison de Bois-Guillaume et déménage avec sa famille à Neuilly-sur-Seine, où il se lance dans l’immobilier.

C’est vrai que partant de là, François Hollande est plus propice à être gauche caviar que gauche populaire.

Se souvient-on également qu’en 2007, Le Canard enchaîné avait révélé que Ségolène Royal aurait « négligé d’évoquer deux biens supplémentaires qui venaient gonfler le patrimoine soumis à l’ISF de son foyer fiscal : des parts dans deux appartements situés à Cannes et propriété de la famille Hollande ».

Bref, de gauche, de gauche, c’est vite dit !

Alors pour ne pas faire passer la droite, on élirait un homme, non pas pour son charisme, ses idées, ses convictions, mais pour faire « barrage » ?

Voilà une belle opportunité à saisir ! Qui ne rêverait pas d’être LE président des Français par « utilité publique » ? Même pas besoin de faire campagne en fait, un simple statut, une simple appartenance au PS et c’est bon, c’est tout cuit, les doigts dans les poches et les mains dans le nez ? Hollande doit se dire en ce moment qu’il a de la chance d’être au PS, quasi 30% de votes assurés dans les sondages juste par appartenance à une famille politique…

N’oublions pas les fondements de la constitution, le premier tour est fait pour que chacun puisse s’exprimer librement.

Si nous votons utile aujourd’hui, qu’est-ce que ce sera la prochaine fois ? Le vote « forcé », le vote « qui rend service », le vote « opportun », le vote « profitable » ?

On peut crier, s’indigner de la misère du monde et des pouvoirs des dictatures reconnues en place, au moins elles ont « le mérite » de porter leur nom sans mauvais jeux de mots.

Et au risque de vous choquer, une démocratie qui préconise le vote « utile », est-ce encore une « réelle démocratie maintenant » ?

 

 

Commentaires (extraits d'argumentations intéressantes qui suivent l'article):

- En démocratie, voter utile, c’est voter pour ses idées.Le "vote utile" que l’on nous ressert à chaque élection (avec des accents de peur depuis le 21 avril 2002) est un VOTE UTILE POUR L’OLIGARCHIE.

- Ceux qui prétendent que la gauche bien rose "estampillée PS", est la seule à représenter les démocrates me sont insupportables .. Ce discours qui est un déni de démocratie est déjà à lui seul une bonne raison de ne pas voter PS !!

-Alors, le vote "utile" serait de voter pour Hollande, comme on a voté "utile" pour Chirac ? Et lorsqu’on aura élu "utile" Hollande et qu’on sera dans la même situation que la Grèce de Papandréou ou l’Espagne de Zapatero, en récession, avec 20 millions de chômeurs, une austérité "qui a du sens", on votera "utile" pour qui, en 2017 ? Non, très peu pour moi.

Je voterai et j’incite à voter pour Mélenchon et le Front de Gauche au premier tour et, si il y a suffisamment de citoyens qui votent comme moi, au deuxième tour. Sinon, ce sera vote blanc.
Je ne veux plus cautionner par mon vote "utile" des hommes qui mènent des politiques opposées à celles qui me conviennent.
Etre fouetté, c’est une chose, mais avoir choisi avec quel fouet on va me fouetter, là, non !!

- Hessel est un idiot utile sans le savoir, un idiot sympathique, respectable et tout et tout, je n’en disconviens pas, mais un idiot quand même, son diagnostic de la société dans "indignez-vous" a simplement plusieurs métros de retard, il ne s’est même pas aperçu que le clivage droite gauche est complètement artificiel et que le vrai clivage, le seul qui compte est entre les oligarchies mondialistes et les peuples

- Pour ma part, je ne suis pas convaincu que, si Mélenchon arrivait devant Hollande et lui chipait la place de challenger, le PS appellerait à voter pour lui. Non, pas convaincu du tout.

- Cette constitution qui nous donne un espèce de "roi élu" ne peut convenir qu’avec un président qui aurait l’ambition politique d’un roi. Ca marchait avec de Gaulle et ça n’a vraiment bien marché qu’avec lui .. avec des "boutiquiers" ça ne peut pas fonctionner .. La cohabitation est une monstruosité et s’il est vrai qu’elle a donné avec le tandem Chirac/Jospin un assez bon résultat c’est du à mon avis à deux choses :d’une part il y avait du pognon et du travail, ce qui est vraiment la base de tout Souvenez vous, on était même arrivé à cette notion complètement surréaliste de "cagnotte" que chacun voulait utiliser au mieux de ses intérêts politiques ...d’autre part Chirac et Jospin étaient des "hommes d’état" avec une bonne envergure alors que Sarkosy et Hollande ressemblent l’un à un trader vicieux fasciné par le pognon de ses maîtres et l’autre à un épicier de quartier qui veut nous coller à toute force sa marchandise emballée dans du papier rose .. .

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Posté par Jocegaly à 00:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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