12 août 2008
RWANDA, génocide de 1994, et KAGAME
Pierre Péan : «le président rwandais cherche à négocier son impunité»
Pour le journaliste d'investigation Pierre Péan, le rapport rwandais est une falsification de la vérité orchestrée par Paul Kagamé pour obtenir la levée des poursuites du juge Bruguière contre lui.
La route de Kigali, Rwanda. Crédit : FlickR / MrFlip
Marianne2.fr
: Que pensez-vous de la thèse développée par le rapport de la
commission d'enquête rwandaise sur le génocide de 1994 présentée mardi
5 août, selon laquelle la France aurait été impliquée dans la
préparation et l'exécution des massacres ?
Pierre Péan :
Ce document (disponible ci-dessous en pdf, ndr) est une incroyable
falsification de l'histoire qui s'attache à des détails et multiplie
les faux témoins. Mais ce n'est pas surprenant : voilà plus de dix ans
que Paul Kagamé enchaîne les déclarations contre la France. Ce
mouvement a connu une accélération quand l'enquête du juge Bruguière a
conclu à la responsabilité du président rwandais dans l'attentat contre
l'avion de l'ancien président Habyarimana, qui est reconnu comme
l'élément déclencheur du génocide.
Avec les accusations qu'il porte contre des responsables
politiques français, Paul Kagamé espère pouvoir engager des poursuites
et obtenir des mandats d'arrêt contre des hautes personnalités comme
Hubert Védrine ou Alain Juppé. Son idée est de créer une symétrie avec
le dossier du juge Bruguière pour demander la levée des poursuites
contre lui et son entourage en échange de l'abandon des accusations qui
visent hommes politiques français.
Que pensez-vous des réactions françaises à la publication de ce rapport ?
Pierre Péan :
Pour l'instant, elles sont très timides mais il ne faut pas sous
estimer le rôle des vacances et des Jeux olympiques. Bernard Kouchner
espère que les attaques rwandaises se borneront à la publication de ce
rapport car il espère toujours poursuivre son œuvre de réconciliation
avec son ami Kagamé. Mais le pragmatisme finira par l'emporter car
l'Etat rwandais ira plus loin dans ses accusations et je ne peux pas
imaginer que la France reste passive quand on accuse des personnes
comme Dominique de Villepin, Edouard Balladur ou d'autres.
Depuis 1994, le gouvernement n'a pas trop bougé ni pris de
position très claire. Mais ce que Kagamé fait porte atteinte à l'image
de la France alors que c'est le seul pays qui a essayé de faire quelque
chose pour empêcher ces violences. Au Congo où je suis actuellement, le
président Sassou-Nguesso ne comprend pas cette passivité. Au final,
l'Elysée prendra les choses en main : il n'a pas le choix !
Que pensez-vous du traitement de cette affaire par les médias ?
Pierre Péan :
Je suis étonné du crédit qu'on accorde à un régime soviétique comme
celui du Rwanda. On préfère un rapport fait par un politique aux
enquêtes sur les massacres. Voir un journal comme Le Monde publier ce rapport en une est choquant, quand on se souvient que la mise en examen par les Espagnols de 40 militaires rwandais pour leur implication dans le génocide avait valu un tout petit papier dans le même quotidien en février dernier.
Je crois que le mot génocide tétanise les gens : dès que vous tentez
d'enquêter, vous êtes confronté à des accusations monstrueuses de
racisme ou de révisionnisme. La compassion est un sentiment noble et
légitime mais il n'a jamais été un bon moteur de recherche de la
vérité.
Pierre Péan est l'auteur de Noires fureurs, Blancs menteurs, paru en novembre 2005 aux éditions des Mille et une nuits.
Mon commentaire: Je n'ai que peu (sinon aucune) informations sur cet épisode. L'intervention et le rôle de la FranceAfrique, de Kouchner, sont évoqués dans certains commentaires qui apportent des informations supplémentaires.
Les interventions de personnes ayant suivi de près, ou vécu sur place lors de ces épisodes du "génocide" sont très intéressants, et controversés, ce qui est un gage de qualité de l'information: 38, 49, 56, 61, 63, 64, 82... entre autres.
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18 mars 2008
Mediapart sera en accès libre jusqu’à dimanche
Mediapart sera en accès libre jusqu’à dimanche
Merci à toutes celles et tous ceux qui nous ont rendu visite dans la
foulée du lancement de Mediapart ! Dimanche et lundi, vous avez été 40
576 visiteurs uniques pour 470 186 pages vues. Ce mardi matin 18 mars,
à l’heure où ces lignes sont mises en ligne, Mediapart compte près de
500 abonnés de plus depuis son inauguration, il y a quarante-huit
heures, au Salon du Livre, dimanche midi. Entre les pré-abonnés qui
nous ont accompagnés sur notre pré-site, les abonnés qui nous ont
rejoints maintenant sur le site et les abonnés qui ont payé en postant
un chèque, nous comptons exactement 3943 abonnés. Raisonnablement, nous
espérons passer le cap des 4000 aujourd’hui ou demain. L’idéal serait
que les abonnements se poursuivent à ce rythme durant les semaines à
venir, tant il est vrai que c'est, pour nous, la condition de notre
réussite.
Lire l'article
27 octobre 2007
Guy Mocquet aujourd'hui.
Guy Môquet, nouvelle star d’une campagne publicitaire du PCF
Article de Paul Villach dans le blog Agoravox
Il fallait s’y attendre, comme à la réponse du berger à la bergère. Le Parti communiste vient d’engager une campagne publicitaire en enrôlant l’image de Guy Môquet: «Aujourd’hui, demain, combattre - rejoignez les communistes,» lit-on au bas d’une affiche reprenant la photo d’identité désormais célèbre du jeune homme, avec en légende pour ceux qui n’auraient pas eu vent du débat sur la lecture scolaire de sa lettre: «Guy Môquet - résistant communiste fusillé à Chateaubriand».
Le leurre de l’argument d’autorité
Les idées, on le voit, se vendent comme n’importe quel produit. Pour à la fois capter l’attention et déclencher l’acte d’adhésion, le leurre utilisé est ici l’argument d’autorité dans sa version du pouvoir de séduction de la star. Celle-ci par sa notoriété, l’audience qu’elle draine et le réflexe d’identification qu’elle suscite, a une fonction de prescripteur, surtout dans des domaines où elle n’a aucune compétence. Le mannequin Claudia Schiffer comme le footballeur Zidane conseillent des voitures, Johnny Halliday, du café ou des lunettes, Catherine Deneuve, un parfum, un placement financier ou une opération humanitaire, etc.
Le choix de Guy Môquet est ici, on en convient, moins hasardeux : il a payé de sa vie le droit de parler de l’engagement politique. Toutefois, selon le mot d’Albert Camus, il a du même coup perdu la possibilité de le faire. Qu’à cela ne tienne ! Le parti auquel il appartenait s’en fait d’office l’interprète, mais avec la marge d’erreur que peut comporter toute interprétation.
Les dangers de l’interprétation
Sans doute la photo présentée entend-elle se distinguer de l’image traditionnelle qu’on donne des saints pour encourager « le culte de la personnalité ». C’est au contraire un portrait impressionniste du héros qui ressort en surimpression d’une mosaïque. Les tesselles de cette mosaïque sont une foule de photos accolées représentant les multiples combats où des hommes et des femmes se sont engagés : et le visage du héros qui en ressort, dans la couleur sépia d’un passé nostalgique, devient seulement le symbole fédérateur de ces actions dispersées et apparemment disparates qui toutes tendent vers l’idéal commun d’un monde meilleur incarné par Guy Môquet. On se doute que cette interprétation n’aurait pas été désavouée par le martyr de Chateaubriand.
En revanche, se serait-il retrouvé dans le parti qui le fait parler aujourd’hui à sa guise pour attirer à lui des adhérents ? Ce n’est faire offense à personne que de constater qu’entre 1941 et 2007, il s’est passé nombre d’événements qui ont changé la face du monde, et que nombre de militants, y compris des résistants de la première heure, ne se sont plus reconnus dans le parti d’après-guerre ou même en ont été exclus, après Prague en 1952, Berlin en 1953, Budapest en 1956, Prague à nouveau en 1968, l’archipel du Goulag révélé dans les années 70, sans compter la participation du parti au gouvernement en 1981 et surtout l’implosion de l’URSS après la chute du mur de Berlin en 1989. Faire parler un mort, c’est donc prendre le risque de lui prêter des pensées qui ne seraient pas forcément les siennes.
Une notoriété bienvenue aussitôt utilisée
Guy Môquet, sauf erreur, n’a d’ailleurs jamais été utilisé dans une telle campagne publicitaire, même si l’historiographie du parti, après la guerre, a su mettre en avant sa figure et quelques autres pour bien montrer que le PCF, qui s’est présenté comme « le parti des 75 000 fusillés », n’avait pas attendu l’attaque nazie contre l’URSS pour entrer dans la Résistance. Cet usage du jeune homme n’a été, somme toute, rendu possible qu’en raison de la notoriété inattendue que lui a donnée le président de la République en le présentant à la jeunesse scolaire comme un modèle par la lecture de sa dernière lettre à sa famille dans les collèges et les lycées, le 22 octobre dernier.
Le PCF a donc sauté sur cette notoriété toute neuve pour la mettre au service de sa cause, persuadé selon une formule célèbre que « les gens préfèrent l’original à la copie ». Depuis l’élection présidentielle de 2007, où l’électorat d’extrême droite s’est reporté massivement sur le candidat de la droite, on en est moins sûr. On parlera sans doute d’ « instrumentalisation » ou de « récupération ». L’opération symétrique menée par le président de la République impose de nuancer. Dans un cas, il s’est agi de prendre un héros du camp politique adverse pour promouvoir un rassemblement national et patriotique ; de l’autre, on tente de faire rejaillir sur le parti tout entier la gloire de l’un des siens pour recruter.
Cet échange de bons procédés entre le président et le PCF sur le dos de Guy Môquet conduirait même à se demander si, au delà de la manifestation qui se voulait rassembleuse, l’occasion n’a pas été offerte au Parti communiste de se remplumer pour mieux résister à un Parti socialiste dominant. En tout cas, le PC l’a saisie. Le président Mitterrand avait bien joué l’extrême droite pour contrarier le retour de la droite au pouvoir. Ce serait, dans ce cas, une nouvelle réponse du berger à la bergère. Finalement, Albert Camus n’a sans doute pas tort quand, dans La Chute (Gallimard, 1956), il fait dire à J.-B. Clamence, son unique personnage : « Les martyrs, cher ami, doivent choisir d’être oubliés, raillés ou utilisés. Quant à être compris, jamais ».
25 octobre 2007
Retraites: La lettre d'arrêt sur images, n° 5
La lettre d'@rrêt sur images, n° 5
Cette semaine, nous avons été frappés par quelques assourdissants silences des médias traditionnels.
Pendant que les journaux, les hebdomadaires et les JT ne vous parlaient que du divorce des Sarkozy (l'information étant désormais officielle, les journalistes disent désormais tout ce qu'ils savaient et taisaient depuis des mois) il est bien d'autres informations qui sont passées sous silence.
Après la grève des transports du 17 octobre, il est acquis que les conducteurs de train garderont bel et bien un régime spécial de retraite. A part France Inter, aucun media ne l'a dit aussi crûment (1).
De même, vous ne savez pas que 63% des Français souhaitent un référendum sur le traité simplifié, qui remplace le projet de constitution européenne. Vous ne le savez pas, parce que le seul sondage sur la question a été commandé, et publié, par... un journal britannique (2). Les Français sont sans doute trop immatures pour qu'on leur demande leur avis sur le sujet.
Mais tous les silences du JT ne sont pas directement politiques. Parfois, le JT se tait simplement pour ne pas dénaturer une histoire trop belle et trop simple. Par exemple, votre journal télévisé vous a dit et redit que les jouets chinois étaient dangereux. Les images sont toujours spectaculaires.
Mais aucun n'a précisé que le fabricant Mattel s'est excusé auprès des autorités chinoises, les principaux défauts de conception étant liés à lui : cette petite information ne va pas dans le sens dominant des « produits chinois dangereux » (3).
Enfin, si vous voulez entendre en quels termes les anciens animateurs de l'émission « Y a que la vérité qui compte », Bataille et Fontaine, parlent de leurs invités, et du public de TF1, les extraits sont ici (4).
Si nous sommes indépendants de tous les pouvoirs économiques, politiques et médiatiques, c'est grâce à vous. Et nous avons besoin de vous. Abonnez-vous, dès aujourd'hui (5).
Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :
(1) http://arretsurimages.net/post/2007/10/22/Regime-special-qui-dit-pas-son-nom
(2) http://arretsurimages.net/post/2007/10/25/Traite-modifie:-le-premier-sondage-en-France-estbritannique
(3) http://arretsurimages.net/post/2007/10/17/Jouets-chinois
(4) http://arretsurimages.net/post/2007/10/22/Bataille-et-Fontaine-:-une-certaine-idee-du-public
(5) http://arretsurimages.net/abonnement
26 septembre 2007
Une certaine presse... Petite mise au point de Ségolène Royal
Démenti de Ségolène Royal
mardi 25 septembre 2007
Ségolène Royal dément catégoriquement les propos qui lui sont prêtés concernant un referendum sur la souveraineté du Québec suite à sa rencontre avec Pauline Marois.
Elle rappelle que son déplacement au Québec avait pour but de préparer les cérémonies liées au 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec et de découvrir le laboratoire d’idées et d’expériences de la Belle province. Elle n’a donc fait aucune déclaration publique ou privée concernant l’avenir institutionnel du Québec, ce qui a d’ailleurs été souligné à plusieurs reprises par la presse tout au long du voyage.
Ségolène Royal souhaite également rappeler avec force qu’elle refuse systématiquement, en France ou à l’étranger, de relater devant la presse ses entretiens privés.
02 septembre 2007
Des interactions entre presse et politique
PRESSE, ROCARD, et SCHNEIDERMANN à l'UE du PS
Université d'été du PS: Rocard attaque les médias
envoyé par rue89
Rocard sur la presse (suite) et D. Schneidermann le 1.9.07….
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Et le message final de Daniel Schneidermann qui ne manque pas non plus de pertinence, ICI
... Ce qui nous conduit en toute impartialité à 1/1 .... j'oserai même 1,5 contre 1 en faveur de Schneidermann histoire de souligner que les "petites phrases" qui ont fleuri sur la presse sur Ségolène Royal en 2006 n'y sont pas arrivées par le hasard ou l'acharnement des journalistes...
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.Rajout le 4.9.07.: le travail sur la photo politique (et qui va se vendre...?)
ARTISAN DE L’INFO
Sebastien Calvet, photographe politique au quotidien Libération, nous raconte l’histoire de deux de ses photos, parues le samedi 1er septembre, en illustration d’un article sur l’université d’été du PS à La Rochelle, “Parler sans se parler”. (Libé du 1er septembre)
Ou comment des photos peuvent être bien plus que des images…
Un sujet de John Paul Lepers, Henry Marquis, Matthieu Daude et Bertrand Basset http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/09/royalhollande-2-photos-dans-libe/
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