SARKOZY A BERCY le Dimanche 29.04.07
Guy Birenbaum revient sur le meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy (clic sur ce lien pour l'intégralité du texte)
Extrait:
"J'ai regardé attentivement la retransmission du meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy.Je sors de là impressionné par la fantastique machine que j'ai pu observer.Mais, surtout, je veux que nous ne perdions pas notre temps - comme hier... - à feuilleter le bottin mondain des innombrables people qui trainaient là un week-end du 1er mai... Il suffit d'expliquer - une fois - que l'équipage réuni ressemblait à la faune d'un réveillon du 31 décembre sur TF1 et l'essentiel est dit. Mais, s'il vous plaît, dépassons cela. Oublions les prises de parole ridicules de toutes ces "figures" de la chanson, du sport ou de la "pensée" (Glucksmann pathétique...), pour nous concentrer sur l'essentiel.
Tout cela (ceux-là) est (sont) totalement secondaire(s) tant c'est bien l'extraordinaire discours de Nicolas Sarkozy qui compte.
Et lui seul.
Tout dans ce discours, était entièrement calibré pour incarner en permanence une opposition entre Sarko/Le Peuple et Royal/la Gauche/les élites. Jugeons-en ensemble et sur le fond (ci-dessous le discours de Nicolas Sarkozy est en gras)
Le début, d'abord, totalement religieux, à l'américaine..."
(...) ce fut la communion, ce fut la gravité presque religieuse, ce fut l’espérance, ce fut non les applaudissements mais cette sorte de prière silencieuse que cent mille personnes m’adressèrent.Ce qui sortit de cette réunion ce ne fut pas pour la campagne à venir qu’un supplément de force, de détermination et d’ardeur.Ce fut un supplément d’âme.
Et, peu après...
Il me fallait aller à leur rencontre, les comprendre et donc partager leurs joies, leurs peines, leurs angoisses, leurs attentes parce qu’il est impossible de comprendre quelqu’un quand on n’est pas capable de ressentir ce qu’il éprouve au plus profond de lui.
Il me fallait me donner tout entier, aimer sans réserve, abolir toutes les barrières et toutes les distances, et par conséquent accepter de devenir plus vulnérable, prendre le risque de souffrir.
(Au delà de cette dimension mystique, proche du télévangélisme, le candidat s'est ensuite lancé dans une diatribe d'un néo-populisme extrêmement efficace, comme en atteste cette séquence...)
Je suis allé à la rencontre du peuple, de ce peuple au nom duquel tout le monde prétend parler, auquel personne ne parle vraiment, et pour lequel personne ne veut jamais rien faire, comme si l’objectif était toujours de le tenir à l’écart, à la lisière du pouvoir, de la décision. Ce peuple c’est vous, c’est nous tous, ce peuple, je l’ai rencontré dans les villes, dans les villages, dans les campagnes. Je l’ai rencontré dans les ateliers, dans les bureaux, dans les écoles. Mais aussi dans les hôpitaux, dans les centres de rééducation, dans les maisons de retraite, partout où il y a des gens qui vivent, qui vivent par leur travail, qui vivent par leur souffrance, qui vivent par leurs rêves, par leurs ambitions. Tous ces sans grade, tous ces anonymes, tous ces gens ordinaires auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre.
C’est pour eux que je veux parler.
Je veux être leur porte-parole.
Je veux être celui qui leur redonnera la parole et qui leur redonnera le pouvoir.
Je veux être leur candidat. Je veux être le candidat du peuple et non celui des médias, celui des appareils, celui de tel ou tel intérêt particulier.
(.......)
Mon commentaire 1: comme j'ai suivi - avec des moments de stupéfaction, l'intégralité du discours, je vous laisserai cliquer sur le lien ci dessous pour en avoir les détails et j'en viens aux derniers mots de Guy Birenbaum:
"Si j'ai pris la peine de reprendre aussi longuement ces propos, c'est parce qu'ils disent absolument tout de la société qu'ils préparent. Personne ne pourra dire qu'il ne voyait pas dans quelle direction Nicolas Sarkozy voulait aller. Reconnaissons-lui le mérite de la franchise. L'homme n'avance absolument pas masqué.
Arrivé à moins d'une semaine du scrutin et confronté à ce programme, une interrogation m'apparaît donc essentielle.
Elle concerne évidemment François Bayrou.
Je sais bien que tous les élus de l'UDF vont rejoindre le camp Sarkozyste. Mais je m'interroge encore sur François Bayrou. Sur lui.
Je veux donc lui demander publiquement comment, après tout ce qu'il a dit, expliqué, montré, donné même - à certains -, il se positionne personnellement face à un discours d'un néo-populisme et d'un conservatisme aussi virulents ? Annonciateur de tant de cassures ?
L'homme du centre qui s'est révélé, celui qui refuse le "bloc contre bloc", est, à mon sens, confronté dans les heures qui viennent à une responsabilité historique qui le dépasse.
Soit il condamne et attaque politiquement ces propos dangereux qui divisent et qui opposent, comme il l'a fait tout au long de sa campagne. Et alors, François Bayrou ne peut plus rester au milieu du gué. Feindre d'attendre le débat Royal/Sarkozy, pour ensuite botter en touche. François Bayrou doit choisir. Et parler.
Soit, il ne dit rien. Il laisse faire. En regardant ailleurs.
Et alors tout s'éclairera - tardivement pour moi -. François Bayrou n'aura joué depuis des semaines et des mois qu'une partition : celle du soliste (une sorte de caméléon ou de coucou...) qui aura dépecé et plumé la gauche, pour la liquider, puis la remplacer comme futur meilleur opposant du nouveau Président Sarkozy.
Le discours de Bercy de Nicolas Sarkozy ?
L'heure de vérité de (et sur) François Bayrou...
PS : Je trouve ça - fautes de frappes inclues - sur le blog dominical de Jean-Michel Aphatie : "Depuis le début de cette campagne, les candiats tapent sur les journalistes comme sur des sacs de sable. On lit même, ici où là, sur des blogs d'intellectuels germanopratins que l'on penserait à priori éloignés du poujadisme ambiant, que les journalistes politiques qui déjeunet et tutoient sont tous, par profession, indémenadamment des efforts des uns ou des autres, à jeter au panier, connivents et compagnie, amis avec les puissants et totalement frivoles puisque les puissants, dans une démocratie, cela change souvent, surtout en France".
Je sais que certains d'entre-vous, estimant que je suis visé, m'ont demandé dès hier de lui répondre. Mais franchement, ce matin, il y a des enjeux plus urgents que ce tirage de couettes non ?"
Mon commentaire 2: Quelques liens seulement... (pour suivre un vaste mouvement qui s'élève contre le programme et les méthodes de Monsieur Sarkozy)
La mobilisation anti-Sarkozy continue sur la Toile LEMONDE.FR | 27.04.07 | 20h29 •
Pourquoi il faut stopper Sarkozy (Agoravox)
" Sacré " Nicolas Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.