Ségo aurait-elle sauvé les Françaises?
Bel article, emprunté au blog "Au début des années 2000"... (un clic sur le lien pour le visiter)...
Ségo aurait-elle sauvé les Françaises?
Pour la sociologue Christine Castelain Meunier , «dans le rapport intime, l'impression de culpabilité masculine existe bien, et elle n’est pas nécessairement liée à un quelconque militantisme féministe. La femme peut effectivement présenter les aspects difficiles de sa condition, le fait qu’elle gagne moins d’argent que les hommes qui l’entourent, le fait qu’on ne lui donne pas de responsabilités, le fait que la publicité lui impose un idéal de beauté inatteignable. Ce discours renvois à l’homme une mauvaise image de lui-même car sa compagne se présente comme une victime. Et ceci n’est pas la même chose que le discours excessif de certaines féministes, qui, il faut le dire, vont trop loin. Là, on parle de femmes de tous le jours et d’un sentiment généralisé.»
Mais ce sentiment de culpabilité masculine est de plus en plus déplacé dans une société qui souhaite l’égalité, qui la vit, pour les plus jeunes, comme un état de fait. En politique, par exemple, jamais la direction prise par l’histoire des sexes n’aura été aussi flagrante qu’au cours des derniers mois. L’hexagone, depuis toujours, donne le pouvoir aux hommes. Aucune Reine dans l’histoire de France, «la noblesse est liqueur séminale», disait-on, loi salique oblige.
Mais, aujourd’hui, une femme au deuxième tour de l'élection présidentielle, on connaît. On a même vu en 2007 la plus importante proportion de candidate de l'histoire des législatives (41,6%) et un gouvernement qui criait haut et fort sa parité... Cette année-là a bouleversé la place des femmes dans la politique française. Le but n’est pas atteint, mais on s’en approche avec certitude, et même avec envie, tant pour les hommes que pour les femmes. Jacqueline Remy, journaliste et écrivain, ancienne rédactrice en chef à L'Express, l’écrit d’ailleurs très bien dans un livre sur le sujet. Et elle le répète à chaque fois que l’on le lui demande: Pour elle, «la candidature Royal a servi de levier. Et ringardisé par avance les chefs de gouvernement qui auraient pris le risque d’avoir un gouvernement hyper masculin. Même si elle a perdu l’élection, elle a fait accepter l’idée qu’une femme pouvait diriger la République, que la République pouvait s’incarner non seulement dans une tête de femme (Marianne) mais aussi dans une femme de tête.» Et rappelons que, selon certains sondages, si les retraités n’avaient pas voté, on aurait eu, en France, une Présidente. Et les retraités, cela va de soi, ne sont pas ceux qui font l’avenir.
La présence de Ségolène Royal au sommet des débats a donc profondément bouleversé la répartition des rôles entre les sexes dans ce pays dont Michelle Perrot disait qu’il avait constitué la politique comme «le cristal de la virilité» . Ce bouleversement est d’autant plus vrai que cet «effet femme» n’a pas été passager. La preuve: Malgré la défaite de Ségolène Royal, qui a tout de même amené 17 millions de Français à voter pour une candidatE, la marche vers la parité a continué avec le gouvernement Sarkozy. Et Jaqueline Remy bondit dès qu’elle entend parler de postes alibis pour les femmes de l’équipe Fillon: «Jamais on n’avait vu autant de femmes dans le même gouvernement à la tête de ministères aussi importants. Jamais on n’avait vu une femme à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, jamais non plus à l’Intérieur: et l’Intérieur, l’Economie et la Justice à la fois, c’est carrément la révolution.» Alors oui, Ségolène Royal a dû subir les attaques machistes de l’arrière garde au pouvoir, certes elle a perdu, mais elle est la preuve de l’histoire qui avance, de l’histoire que l’on arrête plus, pour le bonheur de la majorité des mâles, ceux qui feront demain. Jamais plus on n’osera se demander, à propos d’une candidate, qui va s’occuper des enfants.
Elle n'a pas été élue, hélas, mais elle a soulevé des monceaux de poussières et toiles d'araignée, à gauche et ailleurs...
Il reste beaucoup à faire, mais le mouvement s'étoffe et la relève a germé, et joliment: Delphine Batho, Aurélie Filipetti... ça n'a pas l'air d'avoir envie de se contenter de devenir de la gnognotte...
Même les "143 salopes" .. OUPS! faute de frappe! je voulais dire les "143 rebelles" (ne vous inquiétez pas elles ne sont que 3 ou 4 , les menteuses) en profiteront peut-être... Euh... Mais ça, ça m'embêterait un peu.... Saban... Hidalgo... et une autre... je ne sais même plus qui.
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