IMMIGRATION: vers un nouveau "projet de société" !!!...
Vers quelle société allons nous.? Quelle forme de "CIVILISATION"!!! Quelles nouvelles formes de "vel'd'hiv", qu'il est opportun, pour le pouvoir actuel, d'essayer de gommer des mémoires?!
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Bientôt le seuil du soixantième jour de jeûne
Extrait:
Evacués le 1er août, les sans-papiers errent entre commissariats et hôpitaux. Libération Lundi 13 août 07. Par STÉPHANIE MAURICE
C’est un camping improvisé sous la pluie. A la sortie de la station de métro CHR-Calmette, une dizaine de sans-papiers grévistes de la faim sont couchés à même le sol, sur des couvertures empilées, bien alignés pour profiter du maigre abri qu’offre une corniche, recouverts des bâches de plastique. Au-dessus d’eux, ils ont fixé des morceaux de carton : «En grève de la faim depuis 57 jours.» A côté, des gens attendent le bus. Une passagère s’indigne : «On attend quoi ? Qu’ ils meurent ?»
"Nous sommes dans une situation de xénophobie d’Etat"
Extrait
NOUVELOBS.COM le14 août 2007 . Par Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme
Quelle est la situation de la famille du jeune Ivan ? La famille a fait une demande de droit d’asile à la France qui a été refusée. Ivan est scolarisé depuis plus de deux ans en France. La famille était en fin de procédure, et c’est la raison pour laquelle la police est venue la chercher hier pour les reconduire à la frontière.
Assiste-t- on à une chasse aux sans papiers depuis que le nouveau gouvernement est en place ? La chasse aux sans-papiers n’a pas cessé, même avec le précédent gouvernement. La situation est tout de même pire aujourd’hui car la logique détestable de la répression est accolée à une politique d’identité nationale. Et la politique d’aujourd’hui considère que les sans-papiers portent atteinte à cette fameuse identité nationale. Nous sommes aujourd’hui dans une situation de xénophobie d’Etat. (…)
Propos recueillis par Sophie Roy (le vendredi 10 août 2007)
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«On risque de retrouver un mort sous une bâche»
Régis Garrigue, du Samu lillois, dénonce le sort des sans-papiers en grève de la faim : Par Eric Favereau - Libération lundi 13 août 2007
Extrait: Le Dr Régis Garrigue est médecin urgentiste. Il travaille au Samu de Lille. Ce n’est pas dans ses habitudes de parler publiquement. Mais là, depuis l’expulsion de la Bourse du travail, le 1er août, des sans-papiers en grève de la faim depuis le 15 juin , ce qu’il voit l’inquiète au plus haut point. (...)
Vu la situation éclatée, sans repères, j’ai peur qu’un jour on arrive avec une ambulance du Samu et que l’on découvre une personne sans vie.
Aujourd’hui, à Lille, les sans-papiers en grève de la faim sont précarisés. Ils sont certes libres, mais dispersés, invisibles. Après avoir été évacués il y a deux semaines par la police de la Bourse du travail où ils s’étaient regroupés, on les voit errer, sans abri et sans aucun suivi médical, alors qu’ils risquent, après bientôt soixante jours de grève de la faim, de graves séquelles. Cet isolement met leur vie en danger. Seuls les hôpitaux, les urgences, le Samu et, plus généralement, le service public hospitalier leur permettent de maintenir un accès aux soins d’urgence. Mais ce n’est pas suffisant. (…)
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Appel commun PS-PCF-Verts sur la situation des sans-papiers à Lille
AFP - Lundi 13 août, 19h29
Le PS , le PCF et les Verts du Nord ont lancé lundi un appel commun demandant notamment la nomination d'un médiateur pour résoudre la crise des sans-papiers lillois, dont certains en grève de la faim depuis plusieurs semaines ont été expulsés de la Bourse du Travail le 1er août. "Cette situation n'est pas digne de la République", a notamment dénoncé Gilles Pargneaux, secrétaire fédéral du Nord du PS, lors d'une conférence de presse commune avec Eric Corbeaux, secrétaire départemental du Nord du PCF et Dominique Plancke, élu vert de la région.
Environ 120 sans-papiers avaient été interpellés le 1er août à Lille, dont une soixantaine affirmaient observer une grève de la faim, pour certains depuis le 15 juin, afin d'obtenir une régularisation. La plupart de ceux qui avaient été placés en rétention ont depuis été libérés.
Depuis lors, les sans-papiers grévistes de la faim sont dispersés dans plusieurs communes de l'agglomération, selon les associations qui les soutiennent. (…)
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Immigration : un rapport critique de l’UCIJ Le 15/08/2007 à 23 h 59 - par Johanna Nezri Le projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration sera l’un des gros morceaux de la rentrée législative. Les associations de défense des immigrés tiendront d’ailleurs une conférence dans les locaux de l’Assemblée nationale dans la matinée du 18 septembre pour informer les députés des points sombres de texte. Repères. |
Alors qu’on vient d’apprendre par l’intermédiaire du quotidien Libération que les arrestations massives de sans-papiers à leur domicile étaient une priorité du gouvernement depuis le début du mois de juillet, le collectif Uni Contre une Immigration Jetable (UCIJ) dévoile son analyse du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, de l’intégration et à l’asile défendu par Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’identité nationale et du Co-développement. Le 11 juin dernier, Brice Hortefeux avait fait croire aux associations de défense des droits des étrangers comme le Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés (GISTI) que son projet de loi sur l’immigration était encore sujet à débat et à modification. Le lendemain, les mêmes associations apprenaient par voie de presse que le texte était sur le bureau du Conseil d’Etat. Vexé par ce « dialogue purement décoratif », l’UCIJ a eu, depuis, le temps de plancher sur les articles de cette loi. Et les fruits de cette analyse très critique seront prochainement compilés dans un rapport. Rapport qui sera d’ailleurs probablement publié avant le 18 septembre, date de l’ouverture des débats sur le projet de loi Hortefeux à l’Assemblée nationale. Jean-Pierre Alaux, chargé d’étude au GISTI-qui fait partie du collectif UCIJ-, parle d’un projet de loi qui nie les droits fondamentaux des immigrés : « L’avenir est à l’immigré qui sert et qui rapporte » ajoute-t-il. Les associations dénoncent l’idéologie d’une loi conservatrice qui surfe sur les théories d’extrême-droite et qui entend fragiliser les travailleurs immigrés en les privant de leur environnement familial. L’UCIJ pointe du doigt, entre autres, l’article 1 qui prévoit une nouvelle condition au regroupement familial : la connaissance préalable à l’entrée sur le territoire de la langue française et des valeurs de la République. "La maîtrise de la langue française facilite beaucoup la recherche et l’obtention d’un emploi, facteur essentiel d’intégration, ainsi que d’autres démarches indispensables à la vie sociale au premier rang desquelles la recherche d’un logement ». Pour Jean-Pierre Alaux, il s’agit surtout d’un subterfuge : « Il n'y aura évidemment pas de centres de formation partout. Les stagiaires devront se rendre dans la capitale de leur pays ou dans l'une des grandes villes. Les ruraux, les habitants des petites villes, les pauvres sont éliminés d'avance, ainsi que ceux qui, non ou peu scolarisés, s'estimeront d'eux-mêmes inaptes à l'épreuve. Sous un déguisement linguistique, l'intérêt de l'affaire est donc social : éliminer les couches défavorisées.... C'est de l'apartheid économique » explique Jean-Pierre Alaux. L’objectif de cette loi est de faire baisser l’immigration familiale au profit de l’immigration de travail. Erreur de calibrage d’après l’UCIJ. « Il n’y a aucune raison de faire une différence entre ces deux types d’immigration. L’immigration familiale est une immigration de travail. D’ailleurs, un décret de 1976 tentait à l’époque de priver les familles des immigrés de travail. C’est bien que ces familles se destinent à trouver un emploi. » Cette loi serait d’après les associations une porte ouverte à un boom du nombre des sans-papiers en France. L’UCIJ craint en l’occurrence que ces familles se mettent dans l’illégalité pour rejoindre leurs proches. Après le drame d’Amiens où Ivan, un enfant russe sans-papiers de 12 ans s'est grièvement blessé en chutant accidentellement du 4e étage, lors d'une tentative d'interpellation de ses parents à leur domicile, l’inquiétude des associations prend une résonnance de plus en plus réelle. . |
Le 15.08.07 Par Karl LASKE, journaliste a Libération sur le blog: indociles.blog.liberation.fr
Le portable d'Abdelkader ne répond plus
(…) C’est un communiqué de la Cimade, le 6 août, qui a révélé les «violences graves» subies par deux étrangers, dont Abdelkader, lors de leur expulsion.
Ces violences ont eu lieu pour l'un à Orly, le 2 août, pour l'autre à Roissy, le 3 août. «Tous les deux ont été victimes lors de l'embarquement et loin de tout regard extérieur, d'actes de violences particulièrement choquants et démesurés de la part des agents de la Police de l'air et des frontières chargés de leur reconduite», relève la Cimade, seule ONG autorisée en rétention. "Tous deux ont également témoigné avoir eu les pieds et les mains attachés avec de la bande adhésive, ils en portent effectivement les traces. L'un d'eux, qui a des ecchymoses un peu partout sur le corps et dont le visage tuméfié saigne encore lorsqu'il est entendu, raconte avoir été violemment jeté à terre avant de recevoir des coups au visage et sur le corps. L'autre, affaibli par une grève de la faim qu'il menait depuis plusieurs jours, porte des traces de strangulation, a du mal à respirer et se plaint de douleurs sur tout le corps. Il a déclaré que les agents de la PAF se sont assis sur lui dans l'avion afin de l'empêcher de crier, et ont ainsi bloqué sa respiration.» C'est Abdelkader.
Abdelkader, 33 ans, avait été arrêté le 26 juillet à la gare d’Ermont en sortant du travail. C’était son sixième jour dans une société du bâtiment. Auparavant, il avait travaillé cinq ans comme électromécanicien dans un garage.
Sans-papiers, il vivait en France depuis 2001, avec sa compagne de nationalité française, Rachida. Il s’était fait arrêter en 2003 mais la reconduite à la frontière n’avait pas été exécutée. Rachida a été avertie par le commissariat d’Ermont. Abdelkader est transféré au centre de rétention du Mesnil Amelot, où il commence aussitôt une grève de la faim. Alors que les recours sont engagés par le couple, le 3 août, le portable d’Abdelkader ne répond plus. C’est la Cimade qui prévient Rachida de la tentative d’embarquement de son ami à Roissy, et des incidents.
«Les policiers se sont acharnés sur lui, me raconte-t-elle. Il est grand mais il est très maigre. Il pèse cinquante kilos pas plus. Les policiers l’ont mis dans l’avion à bout de bras, comme on porte un enfant. Avec sa grève de la faim, il est devenu squelettique, pour ne pas dire cadavérique. Ses mains étaient déjà menottées mais il a été ligoté... Les policiers lui ont aussi ligoté les pieds pour l'embarquer. Mon ami porte des traces de strangulations autour du cou, des bleus aux poignets, et un hématome sur la tempe gauche. Il y a eu des insultes… Je ne sais pas à quelle époque on est revenus ? Tout s’est passé avant l’embarquement des passagers. C’est grâce à l’intervention du commandant de bord qu’on l’a fait redescendre. Je l’ai retrouvé dans un état de choc incroyable. Nous avons fait appel de la décision de reconduite à la frontière, mais ils ne lui ont pas laissé le temps d'attendre le résultat.»
Ni de témoigner. L’autre victime des brutalités a été expulsée par avion, dans la précipitation, dès le lendemain des faits par la préfecture de Loire-Atlantique. Rachida a quand même confié le dossier à une avocate pour qu'elle dépose une plainte avec constitution de partie civile. (…)
«Ils m'ont tapé la tête contre le mur»
Expulsé par bateau vers l’Algérie, le 8 août, Abdelkader a trouvé refuge chez un cousin, à Annaba, sur
« A l'aéroport de Roissy, j'ai dit aux trois policiers de la Police de l'Air et des Frontières que je ne voulais pas partir. J'avais fait appel de la reconduite à la frontière. J’étais en droit d’attendre le résultat. Ils m'ont dit “tu n'as pas le droit de refuser“. J'étais dans une petite pièce quand les violences ont commencé.
Les policiers m'ont d'abord tapé dans le ventre parce que je restais debout. Comme j'ai crié, la femme policer m'a pris à la gorge. Je lui ai dit “vas-y: tue moi !“. Elle m'a répondu “tu vas partir…“. Un troisième policier est passé derrière moi et m'a fait tomber par terre. Une fois allongé, alors que j’avais les mains attachées dans le dos par des menottes, ils m'ont attaché les pieds. Comme je protestais, ils m'ont dit “tu n'as aucun droit“.
Pour que je ne bouge pas, la femme policier est montée sur mon ventre et ma poitrine, debout. J’étais affaibli par la grève de la faim. Elle m'a tapé avec toute sa force. Elle s'en foutait. Ils sont tous les trois montés sur moi. Ils m'ont coincé la tête contre le mur pour m’immobiliser. J'ai hurlé que j'avais mal. Je leur ai dit de me tuer. Ils m'ont répondu “arrête de crier et on te lâche“. Ils m'ont tapé la tête contre le mur. J'avais une oreille bouchée à cause de ça. Puis ils m'ont étranglé pour que je ne crie pas. Mais vraiment étranglé... Je n'arrivais plus à respirer. J'ai perdu le souffle. D'ailleurs, cela m'a laissé des marques qui ont été constatées par les médecins.
Au bout d'un moment, un policier m'a pris les pieds, l'autre la tête et le troisième la ceinture. Ils m'ont porté comme un bout de bois pour me faire monter dans l'avion. J'ai crié pendant une heure. L'avion était vide. Puis les policiers ont décidé de me redescendre et de me ramener au centre de rétention. Dans la voiture, ils m'ont répété la même chose: “de toute façon tu vas partir“. “Si c'est pas aujourd'hui ce sera à Marseille. Il y a le bateau“. (…)