Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vu au MACROSCOPE
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 380 259
Newsletter
27 septembre 2007

Une alliance pour bloquer le projet de constitution?

PS - Modem, une nouvelle Alliance pour bloquer le projet de Constitution ?

dans Marianne2.fr

.

Quand François Hollande, auparavant si hostile à toute relation avec l'autre François (Bayrou), met de l'eau dans son vin de messe.

Paris vaut bien une messe et Lyon aussi et Marseille et tant de villes que les socialistes veulent conquérir ou conserver, ce qui sera impossible sans le secours des centristes. Officiellement pourtant, ce n'est pas les municipales dont il devrait être question entre François Hollande et François Bayrou qui se rencontrent aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Rencontre inédite, rencontre sulfureuse, rencontre historique. Moment politique exceptionnel si l'on songe que toute la culture de la gauche depuis les années 70, depuis François Mitterrand et le programme commun, s'y opposait.
Il ne pouvait y avoir alliance qu'avec la gauche de la gauche, qu'avec les communistes voire avec les gauchistes mais certainement pas avec les centristes, ces démocrates-chrétiens assimilés au diable il y a peu encore. On ne pouvait même pas parler avec eux, les regarder, ni surtout pas les entreprendre et souvenez-vous, c'était hier, pendant la campagne présidentielle. Les moindres œillades de Ségolène Royal vers François Bayrou furent dénoncées comme racolage obscène, assimilé à un strabisme divergent de la ligne officielle et intangible du Parti socialiste.

Son chef même, le premier secrétaire du PS n'avait pas de mots assez durs contre le président de l'UDF qu'il traitait de paysan des Pyrénées, de vieux cheval de retour qui veut se faire passer pour un poulain de l'année. Dans les meetings, Hollande moquait Bayrou, ex-collaborateur de Jean Lecanuet autrement dit d'un vieux Satan pro américain, et ancien ministre de Balladur, de Juppé qui, comme chargé de l'éducation avait jeté des milliers et des milliers de personnes dans la rue pour avoir voulu « privilégier l'enseignement privé », un crime aux yeux des socialistes laïcs. Hollande le rappelait, le martelait, en dépit de l'affaiblissement du Parti Communiste, il ne pouvait y avoir d'entente de remplacement avec l'UDF. D'ailleurs « entre la gauche et la droite, assénait-il, il n'y a rien. Le Centre n'existe pas… ». Et c'est pourtant avec ce rien, avec ce Centre qui n'existe pas, enfin avec François Bayrou que Ségolène Royal avait parlé publiquement entre les deux tours de la présidentielle pour le plus grand mécontentement de son compagnon qui, aujourd'hui, s'assoit enfin à la sainte table des palabres avec ces « grenouilles de bénitiers » puisque Bayrou devrait être accompagné du trésorier et président du groupe centriste au Sénat Michel Mercier.
En théorie, ils ne devraient communier ensemble que sur les institutions. Une large possibilité d'être d'accord existe en effet entre eux sur cette question puisque les deux partis sont favorables à l'introduction de la proportionnelle (à 10 %), puisqu'ils sont résolus à une plus grande indépendance de la justice et à un renforcement des pouvoirs du Parlement et enfin puisqu'ils sont décidés à limiter les prérogatives du super président. Les points d'accord l'emportent largement sur les points de désaccord. Les deux formations savent en outre qu'elles ont intérêt à ne pas mettre leurs divergences en avant et à s'entendre puisque elles tiennent à elles deux les clés de la réforme constitutionnelle.

Pour obtenir la majorité des trois cinquième au Congrès, il faudra en effet le concours de toutes les voix socialistes et centristes. En privé, François Bayrou confiait qu'il était tout à fait disposé à cette entente et que François Hollande devrait sans doute y souscrire à partir du moment où il acceptait cette rencontre. Mais la dynamique de ces préliminaires devrait entraînait une entente plus approfondie… jusqu'aux élections municipales. Une sainte alliance à la carte… électorale. Il y a les grandes villes, les villes phares Paris et Lyon où les maires sortants auront besoin des centristes pour conserver leurs sièges, mais dans nombre d'autres cités aussi des accords devront être passés. Or, ces alliances à la carte que dénoncent ceux qui, à gauche, refusent la stratégie de la troisième voie, le Modem entend en conclure aussi bien avec la gauche qu'avec la droite éclairée. Mais face à l'ouverture piégeuse de Sarkozy, même les socialistes les plus radicaux savent qu'ils auront besoin du Centre pour l'emporter. Les voilà donc forcés de s'entendre ou tout au moins de faire semblant, d'afficher une sérénité souriante et connivente contre l'absolutisme sarkozyste. Chacun, le PS comme le Modem, joue l'alliance en se persuadant qu'il va manger l'autre. Les socialistes plus encore que les centristes qui, toujours aussi arrogants et incorrigibles, répètent en regardant leur partenaire si réjoui, ce vieux proverbe américain : « les dindes glougloutent toujours à l'approche de Noël… ».

Mercredi 26 Septembre 2007 - 13:35

Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction.

Publicité
Commentaires
C
Ils m'ont quand même rappelé leurs attitudes lors des présidentielles, surtout Bayrou.... Prudence ? ou volonté de garder son indépendance ?
Répondre
Publicité
Vu au MACROSCOPE
Derniers commentaires
Publicité
Archives
Publicité
Publicité