L'arche de Zoé
L'ONG Terre des hommes dénonce l'action "irresponsable" de L'Arche de Zoé
LEMONDE.FR | 31.10.07 | 19h06 • Mis à jour le 01.11.07 | 15h04
"Nous ne connaissions pas" L'Arche de Zoé, explique Bernard Boeton, responsable
du secteur droits de l'enfant de l'ONG Terre des hommes à Lausanne, en Suisse. Toutefois,
les équipes de son organisation basées au Soudan avaient été consultées par les autorités
françaises sur le projet d'évacuation de mille enfants.
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Vidéo: Un membre de l'arche de Zoé: "je ne me pose pas la question de la légitimité,
des enfants sont en train de mourir..." (Le Monde)
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Vidéo: l'inconséquence des discours de Kouchner et BHL sur le Darfour (Le Monde)
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Vidéo: Vision de l'humanitaire de Kouchner (Le Monde)
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Rentré d'Abéché juste avant les arrestations, un médecin décrit l'action de L'Arche de Zoé
LE MONDE | 03.11.07 | 14h01
L'article: Pendant deux mois, une quinzaine de médecins, d'infirmières et de pompiers
secouristes français se sont relayés pour soigner les enfants regroupés dans
le camp de L'Arche de Zoé à Abéché, dans l'est du Tchad. Parmi eux, Dominique Gladin,
médecin urgentiste à l'hôpital d'Argenteuil, s'est occupé du petit dispensaire entre le 3
et le 20 octobre, dans le cadre d'une action humanitaire bénévole. Il l'a échappé belle :
"Il était prévu que j'accompagne les enfants dans l'avion qui les transporterait en France.
L'opération a pris du retard, et je suis rentré seul car je devais reprendre mon travail
à Argenteuil. Si l'équipe avait tenu son planning, je serais en prison au Tchad en ce
moment", dit-il.
Au début, tout semblait simple. Au cours de l'été, le docteur Gladin entend des amis
médecins parler d'une mission de courte durée au Tchad et se porte volontaire : "La
proposition venait de collègues sérieux. En plus, les pompiers d'Argenteuil, avec qui
je travaille régulièrement, connaissaient l'association et la soutenaient."
Le docteur Gladin est persuadé d'avoir fait du bon travail : "Les médias disent que les
gamins sont en bonne santé, mais ils oublient de préciser que c'est grâce à nous : quand
ils nous arrivaient, beaucoup étaient malades ; nous les avons soignés. A son arrivée,
chaque enfant était ausculté, on lui posait un petit bracelet pour l'identifier, on constituait
son dossier médical."
Le travail était épuisant, mais l'ambiance excellente : "Les habitants du voisinage
nous connaissaient et nous appréciaient." L'équipe fréquentait également le contingent
de l'armée française basé à Abéché : "Il y avait un poste de télé au mess des officiers ;
nous sommes allés voir la demi-finale de la Coupe du monde de rugby. Eux aussi
venaient chez nous, pour discuter ou boire un coup."
SITUATION INEXTRICABLE
Peu à peu, le docteur découvre le fonctionnement de l'équipe : "Nadia, l'infirmière,
travaillait avec moi, elle faisait bien son boulot. "Doudou" (Dominique Aubry), le
pompier de Narbonne, s'occupait de la logistique, il a été très efficace."
Eric Breteau, le chef, était constamment en déplacement, mais Dominique Gladin
a discuté quelquefois avec lui, pendant le dîner : "J'ai tout de suite vu que c'était
un fonceur, qu'il irait jusqu'au bout. Son charisme est évident ; il a une forte influence
sur son entourage. En même temps, il est calme, chaleureux, et sait écouter les autres.
Quand il m'a expliqué qu'il voulait emmener une centaine d'orphelins soudanais en
France, je n'ai pas porté de jugement, ce n'est pas mon rôle. Je me suis simplement
dit que ce serait très compliqué, mais que seul un type de cette trempe pourrait
peut-être réussir un coup pareil."
Il remarque aussi le rôle essentiel joué par Emilie Lelouch, 30 ans, l'amie d'Eric
Breteau : "Elle gérait l'antenne de l'association à Adré, près de la frontière avec
le Soudan, à sept heures de piste d'Abéché. Elle était en contact direct avec les
tribus et les responsables des camps qui lui amenaient des enfants. Tous les
gamins transitaient par elle. Elle constituait un petit dossier pour chacun, avec
son nom, le nom de l'adulte qui l'avait amené, sa situation familiale, son village
d'origine, etc. Ce sont des documents précieux. J'espère qu'ils referont surface.
Ils permettront d'éclaircir beaucoup de choses."
Avec le recul, il estime que L'Arche de Zoé essayait de travailler le plus sérieusement
possible, mais que la situation sur le terrain était inextricable : "Parmi les enfants
qui sont arrivés jusqu'à mon dispensaire, certains sont repartis après quelques jours.
Apparemment, on s'était aperçu qu'ils n'étaient pas orphelins, et ils ont été rendus."
Difficile également de déterminer la nationalité de certaines communautés : "Entre le Tchad et
le Soudan, il y a un no man's land, une longue bande de 30 kilomètres
de large, qui est habitée. A quel pays appartiennent ces gens ?"
Aujourd'hui, en tant que médecin, il s'inquiète avant tout pour Jacques Wilmart, le
pilote belge, âgé de 75 ans, ancien commandant de Boeing 747 pour la Sabena. Il
pilotait le petit avion de sept places acheté par l'association pour transférer les enfants
d'Adré vers Abéché : "C'est un vrai "pro", impeccable. C'est aussi un chic type. Il connaît
bien l'Afrique, il était aux anges. Pour lui, c'était une dernière occasion de se rendre utile
en faisant ce qu'il aimait."
Yves Eudes Article paru dans l'édition du 04.11.07
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Mon commentaire:
Sans doute les membres de cette "Arche de Zoé" auraient-ils dû, au lieu de tenter
d'intervenir, se contenter de soupirer - comme beaucoup d'entre nous, et comme
beaucoup d'Africains, belles âmes que nous sommes! - sur le sort de quelques enfants
soldats, ou orphelins ... Il fallait savoir que l'adoption est interdite par la charia!... N'est-il
pas absurde, ce monde dans lequel nous vivons?