Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vu au MACROSCOPE
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 380 297
Newsletter
5 novembre 2007

Traité simplifié: "Si le traité de Lisbonne n'est pas adopté, nous en resterons à Nice, et pour longtemps".

Hamon: Le PS "ne sait plus dire 'nous'"

Le JDD 05/11/2007

Le député européen Benoît Hamon déplore que le Parti socialiste soit devenu une somme d'individus qui "ne sait plus dire nous". "C'est devenu une addition de "je". Comment pouvons-nous être pris au sérieux lorsque Ségolène Royal, François Hollande ou Bertrand Delanoë disent des choses différentes ?", déclare-t-il dans un entretien au quotidien France Soir de lundi. Hamon regrette également que la gauche "balbutie" face à un "gouvernement met en oeuvre une politique qui est résolument de droite". "Le PS traverse une crise identitaire et morale très forte depuis la défaite de mai. Et nous ne sommes très clairement pas sortis de cette période-là", dit-il encore.

.

Mon commentaire: Certains des mots utilisés par Benoît Hamon m'interpellent. Fortement.

-  LE PS, UNE "ADDITION DE "JE" "…

Le "on" ou "nous" ne serait il pas beaucoup trop indéterminé? (Pour ma part je verrais, aujourd'hui, d'un très mauvais œil que certain(s) grand(s) personnage(s) du PS m'inclue dans un "nous" sans m'avoir jamais demandé mon avis).

Aujourd'hui, seule une consultation des socialistes permettrait de dire NOUS… et encore… ça n'est même pas sûr: il y en a eu une en 2006 (novembre… ça vous dit quelque chose?) dont quelques "grands personnages" du PS n'ont pas  tenu compte (vous avez suivi sérieusement le déroulement des présidentielles, j'espère!).

Aujourd'hui, Dans les conditions actuelles et qui durent, durent, durent… le "JE" a cela d'honnête, c'est qu'il manifeste que l'orateur prend la responsabilité de ce qu'il affirme ou propose, ou promet…

Aujourd'hui, dans les conditions actuelles, il semble que construire un "nous" (qui ne passe pas depuis 2005) sur la question de l'Europe n'est pas la QUESTION FONDAMENTALE, L'URGENCE PREMIERE,  le "coeur du problème" qui concerne notre parti. Pour construire un "NOUS" (notez bien les majuscules) il faudrait nous battre… pour rendre, d'abord, au PS et à ses chefs actuels les rudiments, les fondamentaux, les bases , d'un esprit démocratique MIS EN ACTES. Hélas, le CN du 16 juin 07 en a décidé autrement… Pas de congrès anticipé pour regrouper les socialistes autour de celle qu'ils avaient choisie!!! … Mais il paraît (c'est un bruit qui a couru) qu'il fallait attendre pour " laisser fondre le tas de neige sur lequel [était] assise la candidate des socialistes!".

.  "L'ABANDON DE PRINCIPES", que souligne M. Hamon, correspond il bien à ceux, incontournables,  fondamentaux, premiers, qui préoccupent les socialistes d'aujourd'hui, ceux dont ces socialistes auraient souhaité la mise en pratique entre autres entre novembre 2006 et mai 2007: s'agit-il bien de ces principes qui paraissent incontournables à ceux qui ont adhéré à un parti où des "chefs", et autres "grands personnages" étaient supposés défendre des valeurs humanistes et démocratiques et donc soutenir activement NOTRE candidate, la candidate des socialistes et de la gauche  pendant les Présidentielles? Cela… oui… aurait abouti à une gauche au pouvoir, et à un référendum sur l'Europe.

La "discipline de parti" exigible ne le serait elle que de la part des "godillots"? Pourquoi n'a-t-elle pas été respectée aussi, à titre d'exemple, par nos "grands hommes"…

Aujourd'hui, bien sûr, ces socialistes là se posent des questions. Vont-ils s'entêter à rester dans un parti supposé promouvoir des valeurs humanistes et un esprit démocratique où quelques grands noms ont trahi ces attentes?

A cet égard, le prochain – et si lointain – congrès du PS sera un tournant décisif s'il n'y en a pas eu avant.

.

.

.

Pourquoi les nonistes du PS votent oui au nouveau traité

Libé : lundi 5 novembre 2007

.

Vincent Peillon, député européen, membre du bureau national, David Assouline, sénateur de Paris, secrétaire national du PS, Jacques Bascou, député de l’Aude, membre du bureau national, Geneviève Gaillard, députée des Deux-Sèvres, Jean Gaubert, député des Côtes-d’Armor,Jean Guérard, vice-président de la région Aquitaine, membre du bureau national, Christian Martin, conseiller régional de Paca, secrétaire national du PS, Béatrice Patrie, députée européenne, Gilbert Roger, maire de Bondy, membre du bureau national, Claude Saulnier, sénateur des Côtes-d’Armor,Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, président du conseil général, secrétaire national du PS, Jean-Jacques Thomas, maire d’Hirson, membre du bureau national. 

Le Parti socialiste va devoir maintenant délibérer et adopter sa position face au traité de Lisbonne. Disons le clairement : s’abstenir ou refuser de participer au vote sur la ratification du traité de Lisbonne, ce serait faire le choix de pérenniser en notre sein la pratique des compromis inaudibles dans le débat public et inefficaces à éviter les divisions. C’est pourquoi nous devons être capables de définir une ligne majoritaire qui soit à la fois lucide sur la portée limitée du traité, consciente des nécessités immédiates de la relance de l’Europe et avant tout soucieuse d’y impliquer les citoyens. Rien ne lui interdit non plus d’être respectueuse de la minorité ! A juste raison, le Parti socialiste défend aujourd’hui l’organisation d’un nouveau référendum. Il le fait au nom d’une certaine conception de la relation entre la souveraineté nationale et la citoyenneté européenne.

Opter pour la procédure parlementaire de ratification plutôt que pour la voie du référendum, c’est, de la part du pouvoir en place, marquer sa profonde défiance à l’égard de la souveraineté populaire au motif qu’elle ne s’est pas exprimée en 2005 dans le sens attendu. C’est la dessaisir de l’enjeu européen. C’est plonger à nouveau l’Europe dans un sommeil démocratique dont il n’y a jamais rien de bon à attendre.

Mais si l’on demande un référendum, alors il faut convenir qu’il y a quelque inconséquence à dire que, si on l’obtenait, ce serait pour s’abstenir. Car au cadeau de la division, que l’on n’empêchera pas, on en ajoutera un second : celui de la dérobade du Parti socialiste à une question qui ne porte ni sur la vie interne du Parti socialiste ni même sur la vie nationale, mais sur l’Europe, et qui sera posée en même temps dans vingt-six autres pays. Quelle conception peu responsable de notre rôle si nous demandions à l’ensemble des Français de trancher en nous refusant nous-mêmes à le faire ! A l’évidence, si la gauche avait gagné la présidentielle, nous n’aurions pas négocié ce texte de la sorte. Prenant appui sur le non français qui ouvrait l’espace d’une renégociation, c’était d’ailleurs tout son intérêt, nous aurions posé d’autres exigences : celle d’une Europe sociale, dotée de nouveaux outils d’harmonisation des systèmes nationaux de droit du travail, de protection sociale et de fiscalité, d’une Europe réorientée vers la croissance et l’emploi, par la modification des objectifs de la Banque centrale et le vote d’un budget digne de nos ambitions en matière d’industrie et de recherche, et enfin d’une Europe capable de mieux protéger ses salariés contre une concurrence mondiale asymétrique. Pour nous qui, au sein du PS, avons milité en 2005 pour le non au traité constitutionnel, il est bien évident que ce texte ne répond pas à notre vision de l’Union. Le traité de Lisbonne doit être jugé pour ce qu’il est : un texte dont l’unique objet est de tenter d’améliorer le fonctionnement des institutions de l’Union. Ainsi a été supprimée la troisième partie du traité constitutionnel qui avait pour effet de «graver dans le marbre» l’ensemble des politiques européennes les plus libérales. En outre, le texte désormais proposé n’a plus valeur de constitution. Il n’est plus qu’un classique traité «modificatif» qui amende les traités existants sans s’y substituer. L’approuver ne signifie donc pas que l’on donne quitus à l’ensemble de la construction européenne, comme y conduisait implicitement l’adoption du traité constitutionnel.

Le traité de Lisbonne peut-il permettre de fluidifier le fonctionnement des rouages de l’Union, grippés par un élargissement à vingt-sept Etats membres si mal préparé et un traité de Nice si mal négocié ? Force est de constater que, même si les blocages institutionnels n’expliquent pas à eux seuls l’impuissance de l’Union, les innovations du traité seront les bienvenues : un président du Conseil européen élu pour deux ans, un haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité aux pouvoirs renforcés et, au sein du Conseil des ministres, un nouveau mécanisme de vote à la majorité qualifiée. En outre, il faut se réjouir que, parmi les valeurs citées en préambule, soient ajoutées celles de non-discrimination, de justice, de solidarité et d’égalité entre hommes et femmes, et que, parmi les objectifs de l’Union, soient retirée la concurrence libre et non faussée. Enfin, un protocole sur les services publics permet de créer une base juridique en vue de l’adoption d’une directive-cadre sur les services publics, jusqu’alors refusée par la Commission.

Toutefois, le contexte est tout aussi déterminant. Ce qui a motivé, en 2005, notre opposition au traité constitutionnel, c’est le défaut d’Europe. Ce qui justifiait notre stratégie, c’est que l’on puisse prendre appui sur le non pour exiger plus d’Europe, là où nous en avons besoin. En 2005, la gauche française avait la perspective d’une victoire à la présidentielle. Elle aurait eu à conduire elle-même la renégociation, puis à assumer la présidence française de l’Union qui s’ouvrira en juin. Ce n’est plus le cas. Dès lors, la stratégie développée à l’époque est caduque. Il y a bien eu renégociation, comme nous le disions, mais c’est Nicolas Sarkozy qui l’a menée et qui en a gâché la force. Aujourd’hui il faut voter sur le texte et non sur celui que nous imaginions. Si le traité de Lisbonne n’est pas adopté, nous en resterons à Nice, et pour longtemps.

Ce nouveau traité clôt donc un cycle. Une autre période s’engage, au cours de laquelle les socialistes français devront se battre plus que jamais pour donner un nouveau cap à l’Europe. Ils n’y réussiront pas seuls, mais en lien avec la social-démocratie européenne. C’est ce à quoi nous voulons inviter nos camarades socialistes.

Publicité
Commentaires
Publicité
Vu au MACROSCOPE
Derniers commentaires
Publicité
Archives
Publicité
Publicité