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6 novembre 2007

Antisionisme, antisémitisme. Iran, Ahmadinejad. Reminiscences et clarification.

Quand la télévision d'État iranienne défend les Juifs

DELPHINE MINOUI.

Publié le 01 novembre 2007. Le Figaro

Le feuilleton raconte comment un étudiant iranien à Paris, Habib, sauve Sara, sa dulcinée d'origine juive, des camps de concentration nazis grâce à la complicité de l'ambassade d'Iran en France.

Amir Abedi/AFP

Le feuilleton raconte comment un étudiant iranien à Paris, Habib, sauve Sara, sa dulcinée d'origine juive, des camps de concentration nazis grâce à la complicité de l'ambassade d'Iran en France.

Amir Abedi/AFP.

À Téhéran, une nouvelle série télévisée s'intéresse à la question peu médiatisée des quelque 1 000 Juifs de France sauvés par l'Iran du génocide allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Et en profite, en même temps, pour faire délibérément la différence entre la position du gouvernement iranien sur le judaïsme et son attitude envers Israël.

Les appels répétés de Mahmoud Ahmadinejad à « rayer Israël de la carte » et ses mises en doute de l'ampleur de la Shoah ont fini par se muer, vu d'Occident, en un sinistre feuilleton. Mais à Téhéran, les Iraniens ont droit, depuis la rentrée, à un feuilleton d'un tout autre genre : une série télévisée, diffusée tous les lundis soirs sur la première chaîne étatique, et qui s'intéresse, elle, au génocide juif pendant la Seconde Guerre mondiale et à la cause des victimes du nazisme. Surprenant dans un pays où les cris de « mort à Israël » rythment tous les vendredis la grande prière hebdomadaire ? « Non », insiste Hossein Bechekoucheh, le producteur de cette nouvelle série grand public. « Il s'agit, au contraire, de montrer que si nous sommes antisionistes, nous ne sommes pas antisémites. »

Intitulée Virage à degré zéro (« Madar-é sefr daradjé »), la série de 22 épisodes cherche, d'une certaine façon, à clarifier la position des autorités iraniennes, en faisant la distinction entre la question du judaïsme, qui est acceptée par les leaders religieux au pouvoir, et celle de la création de l'État d'Israël, régulièrement condamnée. Elle raconte comment le héros, Habib, jeune étudiant iranien à Paris dans les années 1940, sauve sa dulcinée d'origine juive, Sara, des camps de concentration nazis grâce... à la complicité de l'ambassade d'Iran en France qui accepte de lui fournir un faux passeport.

Cette production télévisée fait référence à un événement historique rarement mis en avant par la République islamique, car appartenant à l'époque prérévolutionnaire : l'aide d'Abdol Hussein Sardari, ambassadeur iranien en poste à Paris à l'époque du Shah, à plus de 1 000 Juifs. Pour sauver leur peau, il fit falsifier des papiers et leur accorda la nationalité iranienne. « À l'étranger, on accuse l'Iran de faire pression sur les juifs. Mais dans ce feuilleton, on montre justement que dans toutes les religions, il existe des bons et des méchants », note Hossein Bechekoucheh. (…)

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