l'état d'avancement (1)
L'Élysée s'offre un premier bilan des réformes
CHARLES JAIGU.
Publié le 07 novembre 2007 dans Le Figaro
«Le Figaro» s'est procuré un rapport interne de l'Élysée sur l'état d'avancement des promesses de campagne du président.
C'EST le nouveau style de management à l'Élysée. Toutes les semaines, l'expert chargé de la prospective note l'évolution des chantiers du gouvernement. Sur son diagramme informatique, on peut lire l'état d'avancement des promesses présidentielles. Car l'Élysée a beau répéter qu'il n'est pas question de tirer un bilan après six mois d'exercice des responsabilités, ou que « le bilan se dressera à la fin du quinquennat », les services de la présidence n'ont pas attendu le « tableau de bord » de l'UMP pour pondre un premier rapport d'étape que Le Figaro s'est procuré.
« Nous avons listé une centaine d'engagements de campagne. Aujourd'hui, nous considérons que 19 sont déjà tenus, et 80 sont en cours de réalisation », commente-t-on à l'Élysée.
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L’action de Sarkozy suivie à la loupe
Samuel Laurent (lefigaro.fr). Le Figaro le 06 novembre 2007
Alors que l’UMP lance son «tableau de bord de suivi des engagements» présidentiels, des étudiants en sciences politiques ouvrent un site pour vérifier, eux aussi, les promesses tenues ou non par le chef de l’Etat. Et les résultats sont loin d’être identiques.
Alors que Nicolas Sarkozy fête aujourd’hui ses six mois au pouvoir, deux initiatives séparées tentent de mesurer ce que le chef de l’Etat et son gouvernement ont accompli durant ces 180 jours. L’UMP, tout d’abord, a lancé depuis ce matin son «tableau de bord de la réforme».
Cette initiative, annoncée par Patrick Devedjian lors des journées parlementaires de l’UMP début octobre, vise à «suivre les promesses qui ont été faites durant la campagne électorale» et leur mise en œuvre. Concrètement, chacun des 15 grands engagements du programme de Nicolas Sarkozy se voit attribuer par l’UMP un «indicateur d’avancement», dont le parti de la majorité prend garde de préciser dans la «charte» expliquant le tableau qu’il est «subjectif, fixé par l’UMP en tant que garante des engagements pris». Cet indicateur est gradué de 1 à 3, en fonction de la mise en œuvre de chacune des réformes qu’il prévoit.
«Transparence» oblige, le tableau est consultable en ligne. On peut ainsi apprendre que le premier engagement «mettre fin à l’impuissance publique», est à 2, donc au milieu du chemin.
L’ensemble du dispositif sera mis à jour une fois tous les deux mois, et ce durant l’ensemble du quinquennat. Qui semble, du point de vue de l’UMP, bien parti. Après six mois, sur les 15 engagements, aucun n’a son curseur à zéro. On compte dix promesses situées à «1», donc au niveau des «premières actions initiées». Quatre sont à «2», et une, «l’Europe doit protéger dans la mondialisation» est même déjà à 3 !
4% de promesses déjà tenues, selon observatoire-politique.fr
L’idée d’une évaluation de l’action gouvernementale et du respect des promesses du candidat Sarkozy n’est cependant pas venue qu’à l’UMP. Des étudiants en sciences politiques, déjà à l’origine du site votons.info durant la campagne électorale, ont en effet lancé un observatoire politique sur le même principe que celui de l’UMP, mais sur un mode participatif : des internautes, rebaptisés «e-observateurs», scrutent l’actualité politique et évaluent le statut de chaque promesse : tenue, en cours ou non tenue. La masse des utilisateurs permet ensuite à l’Observatoire d’afficher le score.
Un score moins brillant que celui du tableau de bord de l’UMP : seuls 4% des 570 promesses (soit 23) recensées par observatoire-politique ont été jugées tenues. 5% (30) sont «en cours», Et 91% sont jugées «non tenues» par les «e-observateurs». Qui estiment, par exemple, que dans le domaine des affaires européennes, considéré par le tableau de bord parti de la majorité comme «très avancé», il y a une seule promesse «en cours» et pas moins de 6 «non tenues» pour le moment. Rendez-vous en janvier 2008, pour voir si la mise à jour du tableau de bord de l’UMP se rapproche du suivi de l’Observatoire politique.
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