A propos de dépénalisation du droit des affaires
La chronique de Cynthia Fleury Dans l'Humanité
La camorrisation de l’économie mondiale
Gomorra. Dans l’empire de la Camorra,
de Roberto Saviano. Gallimard, 2007.
On se souvient du discours de Nicolas Sarkozy à l’université d’été du MEDEF sur la dépénalisation du droit des affaires : « La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme », avait-il déclaré. Et les cheveux de se hérisser, alors que le chef de l’État plaçait délibérément la réglementation et la jurisprudence du côté des accusés. Et de se hérisser encore davantage à la lecture du projet de loi contre la corruption, ultra consensuel, voté au Parlement la semaine dernière. « Vous voulez lutter contre la corruption avec des procureurs aux bras coupés, aux langues silencieuses et aux jambes qui disparaissent. Vous voulez des procureurs, inertes, à vos ordres », a renchéri le député Arnaud Montebourg, celui-là même qui dénonçait dès les années 2000 la machine à trahir qu’était devenue la République, avec son « Assemblée nationale impuissante », sa « justice arbitraire », ses « élus locaux omnipotents et cumulards », ses « gouvernements autistes ». Et de citer, alors, Victor Hugo, à l’oeil si imparable : « Les grandes choses de l’État sont tombées, les petites seules sont debout, triste spectacle public. On ne songe plus qu’à soi. Chacun se fait, sans pitié pour le pays, une petite fortune particulière dans un coin de la grande infortune publique. »