PS, TOUT SAUF ROYAL, ET SARKOZY
Par Pusiher sur LE POST le 22/10/2008
Examinons les faits de près.
Un mois après son élection, Nicolas Sarkozy se rend à la mairie de Paris et est reçu ''chaleureusement'' par Bertrand Delanoë. Ce jour-là les deux hommes rivalisent de compliments et affichent une certaine complicité. Tout dans le comportement du président laissera à penser qu'il a choisi son adversaire pour 2012, ce qui réjouit un Bertrand Delanoë bien décidé à jouer sa carte personnelle et à évincer Ségolène Royal.
Quelques semaines plus tard, le nom de DSK est avancé pour occuper le poste de directeur du FMI (poste traditionnellement dévolu à un Européen). On s'aperçoit très vite que cette proposition procède de l'Elysée après un lobbying de...DSK auprès de la présidence de la République. Il semble que l'ex élu de Sarcelles ait enterré ses ambitions présidentielles. Trop heureux de se débarrasser (momentanément?) d'un rival potentiellement dangereux, Nicolas Sarkozy ne se fait pas prier et arrive à convaincre ses partenaires européens que DSK - dont la compétente économique est hautement reconnue - présentait le profil idéal.
Les faits évoqués semblent sans rapport entre eux. En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes.
Nicolas Sarkozy se méfie terriblement de Ségolène Royal dont il a pu mesurer - malgré son inexpérience et son manque de préparation - sa farouche détermination pendant la campagne présidentielle. En 2012, il est convaincu qu'elle fin sera prête, qu'elle aura gagné en densité et en assurance. Il craint donc qu'elle se révèle une redoutable adversaire.
Il lui faut donc ''tuer'' l'ex candidate avant la fin de son mandat, en promouvant la candidature de Bertrand Delanoë dont il est persuadé qu'il n'en fera qu'une bouchée si c'est lui qui devait être choisi par les socialistes pour les représenter à la prochaine présidentielle.
Pour ce faire il va s'appuyer sur les médias qu'ils contrôlent (Le Point, le Figaro, l'Express, le Parisen), les instituts de sondage détenus par ses ''amis'' (OpinionWay, Ipsos, BVA, IFOP) et sur l'aide... du Parti socialiste. Car depuis sa défaite à la présidentielle – que tous les éléphants (ou presque) souhaitaient secrètement – l'ex candidate n'est plus en odeur de sainteté à la rue Solférino. François Hollande – en bon manoeuvrier – a bloqué le calendrier du congrès en refusant de l'avancer, de peur que la présidente de la région Poitou-Charentes ne s'empare du parti en surfant sur sa popularité auprès des militants. Il fait le pari que son étoile va s'étioler et que le ressentiment de nombreux cadres du parti sera un obstacle infranchissable à ses ambitions.
C'est ainsi que depuis plus d'un an maintenant, Ségolène Royal est dézinguée avec une minutie et une précision chirurgicale par la presse sarkozyste (rejointe depuis par Libé) qui multiplie les articles assassins à son égard et dithyrambiques à l'égard du maire de Paris.
A coups de manipulations et de sondages bidonnés, l'édile parisien – qui a été brillamment réélu, malgré une forte abstention – est propulsé comme personnalité préférée des français (faisant l'unanimité à gauche comme à droite!) et le chouchou des sympathisants socialistes pour occuper le poste de premier secrétaire. La machine propagandiste va tourner à plein régime.
Et comme si cela ne suffisait pas, Martine Aubry (qui n'en espérait pas tant) se voit à son tour propulser en haut de l'affiche (au cas Bertrand Delanoë faiblirait). Elle serait ainsi plus populaire que Ségolène Royal chez les sympathisants de gauche! Rien que ça!
Mais à ce scénario bien huilé, un détail de poids a été oublié: Ségolène Royal demeure toujours populaire chez les militants, malgré une véritable hémorragie au niveau des soutiens internes. Depuis plusieurs semaines, Bertrand Delanoë l'apprend à ses dépens. Sa campagne interne est au point mort (les adhérents ne se ruent pas à ses meetings, à l'inverse de sa rivale) et son alliance avec François Hollande, présentée comme un beau coup stratégique, est finalement entrain de se révéler désastreuse en terme d'image, tant elle est incarnée par tous les ringards (ou presque) que peut compter le PS. Martine Aubry, encerclée par les strauss-kahniens et les fabiusiens se retrouve dans la même situation. Pas de dynamique chez les militants, des meetings tristes à en mourir et Laurent Fabius qui sert de repoussoir. Malgré le Zénith – vilipendé avec un niveau de violence rarement atteint - et grâce à la crise financière, l'ex candidate, elle, a réussi à tirer son épingle du jeu, multipliant les interventions et les propositions (pendant le maire de Paris se fait très discret de peur qu'on lui rappelle qu'il s'est déclaré socialiste et LIBERAL).
Nicolas Sarkozy a t-il atteint son objectif? Faut croire que non! Pour l'instant, la présidente de la région Poitou- Charentes résiste aux balles. Mais pour combien temps encore?
Mon commentaire: ce 6 novembre, un début de réponse a été donné sur la résistance - nouvelle - des électeurs socialistes à des complicités objectives, sinon concertées, mais ignobles dans tous les cas, pour "évincer " Ségolène Royal au mépris des socialistes et d'une frange de la population Française qui la soutient.
Il ne nous reste aujourd'hui que quelques jours (jusqu'au 20.11) pour revendiquer un PS démocratique, respectueux des voix , des paroles, de ses militants. C'est peu. Espérons que la majorité des socialistes renoncera à son rôle de "chair à voter" pour le plus grand bien être et la prospérité narquoise de quelques uns de ses anciennes grandes figures (devenues trop attachées à leurs priivilèges que nous leur avons octroyés il y a si longtemps)