Dossier KOUCHNER "Le monde selon K" échos (m.a.j. le 13.02.09)
-
Kouchner rejette en bloc les accusations de conflit d'intérêts - 04/02/2009 09h41 GMT
-
L'UMP prend la défense de Kouchner, critique "les attaques" socialistes - 04/02/2009 09h50 GMT
-
Eric Besson: "Mon présupposé, c'est que Kouchner est un honnête homme" - 04/02/2009 09h00 GMT
-
Pécresse sur Kouchner: l'opinion n'a pas à "faire le procès" des politiques - 04/02/2009 09h30 GMT
Mon commentaire:
"l'opinion n'a pas à "faire le procès" des
politiques"" a dit Mme Pecresse... Même si les éléments fournis par Péan sont vrais???.... Faut il
entendre par là qu'elle affirme que les citoyens n'auraient pas le droit de regretter
publiquement d'avoir été victimes d'un abus de confiance, à coup
de grands éclats et envols de manche , et de photo (après
répétitions) Kouchnériennes de sac de riz sur l'auguste épaule?
Mais de quoi parlons nous: de "politique" respectable, ou bien de "chevalier blanc" qui s'est bâti une réputation (et quelques subsides consistants? ) sur des mensonges?
Mme Pecresse a le droit de n'avoir aucune affinité pour une démocratie participative, et l'exercice d'une citoyenneté responsable, mais la question est bien: Y A-T-IL EU des profits indus, des combines , et des conflits d'intérêts (Par exemple: l'épisode de Ch. Ockrent nommée Directrice générale de l'audiovisuel extérieur, plaidant pour obtenir ce poste, arguant de la "précarité" de la fonction de ministre de son mari!..)
°°°°°°°°°°°°°°
Le PS divisé sur le cas Kouchner
Le PS hésite encore sur la stratégie à adopter vis-à-vis de l'affaire
Kouchner. Ancien membre du parti, personnalité préférée des Français,
mari de la Reine Christine, certains hésitent encore à s'attaquer
frontalement au ministre des Affaires étrangères.
Bernard Kouchner (cc flickr World economic forum)
Bernard Kouchner est-il encore un intouchable à gauche ? Pour combien
de jours, ou d'heures ? En tout cas, le ministre doit se féliciter de
la lpyauté sans failles de Martne Aubry, montée au crénau hier pour le
défendre : «
Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu'il aime un peu trop
le pouvoir, c'est peut-être pour cela qu'il est là où il est. Je ne
dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne
connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois
pas. Vous n'entendrez pas un mot de ma part sur ce livre » Même tonalité dans l'entourage de groupe parlementaire : « Ce n’est pas la chasse au Kouchner. La position de Martine Aubry est tout à fait équilibrée » explique un socialiste
Pourtant,
derrière la secrétaire nationale, le cas Kouchner ne déclenche pas
l'enthousiasme : ses ex-amis socialistes qu’il a abandonnés sitôt la
présidentielle perdue pour répondre aux avances de l’élu Sarkozy ne
comptent pas laisser passer l’occasion des révélations du livre de
Pierre Péan pour lui demander de s’expliquer.
Pas la chasse au Kouchner
Ainsi,
après multe discussions au sein du groupe, c'est finalement Jean
Glavany qui a été désigné pour poser cet après-midi une question au
ministre des affaires étrangères lors des questions au gouvernement.
Les députés souhaitent « demander des éclaircissements sur cette
histoire, savoir s’il a profité de sa position de mlnistre, s’il y a eu
des conflits d’intérêts entre les activités publiques de Bernard
Kouchner et ses affaires privées ». D’aucuns ne cachent pas que la
situation est délicate, Bernard Kouchner n’a jamais fait l’unanimité au
PS, ne s’y est jamais imposé politiquement, n’a pas su tisser de
véritables réseaux, mais y a gardé des amis.
Eviter de fâcher la reine Christine
Par ailleurs, certains élus préfèrent ne pas prendre le risque de s’attaquer frontalement au mari de Christine Ockrent : «
Même si elle ne présente plus d’émissions politiques, c’est une femme
qui compte médiatiquement et ils ont un peu la trouille de se fâcher
avec Ockrent. Pourtant il y aurait là aussi des questions à poser qui
relèvent de la morale publique : la femme du ministre des Affaires
étrangères nommée à la tête de l’audiovisuel extérieur Français, cela
relève de la république bananière ! ».
Kouchner ne devrait pas répondre en personne aux questions des députés
D’après
nos informations Bernard Kouchner ne devrait pas être présent à
l’Assemblée cet après midi. Le Ministre reçoit, en effet, sa collègue
américaine Hillary Clinton. Il ne répondra donc pas directement aux
questions de l’opposition. Reste à savoir qui s’y collera. D’aucuns
s’amusent déjà de voir sa collègue Rama Yade répondre pour son ministre
de tutelle avec lequel elle entretient des relations plutôt houleuses
notamment depuis les déclarations du french doctor sur l’utilité d’un
Secrétariat aux droits de l’homme. Improbable donc, il n’est qu’à voir
l’attitude de Rama Yade, déambulant tout sourireaujourd'hui dans les
couloirs de l’Assemblée, alors qu’elle n’y faisait jusqu’ici que des
passages très discrets…La roue tourne.
Mercredi 04 Février 2009 - 14:22
Régis Soubrouillard
.
°°°°°°°°°°°°
«Le Monde selon K» cartonne déjà
°°°°°°°°°°°°°°
M.A.J. le 5.02.09
Réactions diverses
Lire l'article: ... Propos recueillis par Antonin Durand,
le jeudi 5 février 2009 à 04:00
°°°°°°°°°°°°°°°
Péan dénonce les amalgames de Kouchner et du Nouvel Obs
Dans un numéro à paraître du Nouvel Observateur Pierre Péan est traîné dans la boue par le ministre mais aussi par trois journalistes de l'hebdomadaire. Il leur répond ci dessous.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
L’accusation d’antisémite comme arme de terrorisme intellectuel : coup de colère de Philippe Cohen
par Olivier Bonnet sur come4news
"Et maintenant Bernard Kouchner. Honte à lui de s’être servi de la communauté juive comme d’un bouclier humain, au lieu de s’expliquer pour de bon sur son affairisme évident !", s’écrie Philippe Cohen sur Marianne 2, dans un article titré Supplique à Aphatie, Le Monde, Le Nouvel Obs et les autres : oubliez-nous, oubliez les juifs ! "Un certain nombre de journalistes se sont abaissés à reprendre l’argumentaire honteux de Bernard Kouchner insinuant que le livre de Pierre Péan est limite, voire antisémite. Ce sont eux les vrais fourriers de l’antisémitisme qui vient...", avertit-il en introduction. "Que les bien–pensants des rédactions, tous les Aphatie, les Backmann, Jauvert (Nouvel Observateur), les Bernard (Le Monde) de toutes les rédactions continuent à prétendre que demander des comptes ou contester le patriotisme de Kouchner rappelle Gringoire ou Je suis Partout, et alors, c’est sûr, nous verrons les vocations antisémites se lever à nouveau dans notre pays. Qu’il continuent, ces idiots inutiles, gonflés de leurs ego de résistants de la 25° heure, à prétendre qu’évoquer la fortune d’une personnalité est antisémite ; qu’ils persistent à défendre les juifs de cette façon et alors là, oui, ils rendront un fier service à tous ceux qui veulent montrer que les juifs sont des intouchables ; qu’« ils » s’abritent toujours derrière la Shoah pour spolier les Français ou trahir leur pays : qu’« ils » serrent les coudes et forment un bloc uni et solidaire. Qu’ils dispensent Bernard Kouchner de vraiment répondre aux critiques émises à son endroit au prétexte qu’elles viennent d’un goy et concernent un juif, alors oui, ils auront suscité, stimulé, provoqué le risque de remontée d’un antisémitisme d’un type nouveau, d’un antisémitisme post-Shoah. De grâce, Aphatie, Backmann, Jauvert, Bernard et les autres, oubliez-nous, oubliez les juifs. Ils vous en seront reconnaissants." ..............
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
ET POUR SOURIRE...

Durée : 04:33Pris le : 09 février 2009Lieu : Paris, Île-de-France, France
Retrouvez l'humeur de Stéphane Guillon (lundi, mardi et mercredi à 7h50) et de Didier Porte (le jeudi à 7h50) sur France Inter
Antisémite malgré lui
envoyé par franceinter
°°°°°°°°°°°
À propos du livre sur Kouchner : faux idéaliste et vrai carriériste
sur le blog Lutte ouvrière Hebdo
Le livre consacré à Bernard Kouchner, titré Le monde selon K et
rédigé par Pierre Péan, a fait couler pas mal d'encre et de salive dans
les médias.
Après bien d'autres, ce dernier livre retrace
la carrière du « French Doctor » qui, en 1968, alors qu'il fréquentait
les étudiants communistes, proclamait qu'il fallait être d'abord
contestataire
pour mieux faire carrière ensuite. De ce point de vue, Kouchner a
plutôt réussi. Depuis quarante ans, il a toujours su mettre en scène
auprès des médias les causes qu'il entendait servir, et en même
temps en tirer profit, ne serait-ce qu'en termes de notoriété.
Lire la suite...
°°°°°°°°°°°°
Affaire Kouchner: riposte du ministre, nouveaux éléments
La publication de premiers éléments de l’enquête de Pierre Péan sur les
activités de consultant au Gabon de Bernard Kouchner et de deux de ses
collaborateurs, Eric Danon et Jacques Beaudoin, a provoqué un début de
panique au Quai d’Orsay. Ce dernier notamment se serait, selon le
témoignage de certains proches du dossier, beaucoup agité pour prendre
connaissance d’une enquête qu’il ne pourra lire qu’une fois publiée,
c’est à dire dans plusieurs semaines selon nos informations.
Puis,
dans l’après-midi, le Quai d’Orsay contactait l’AFP pour lui demander
de publier un communiqué que nous reproduisons ci-dessous dans son
intégralité.
COMMUNIQUE DE BERNARD KOUCHNER MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES
« Pour répondre à certaines allégations inexactes diffusées sur un site internet, Bernard Kouchner tient à faire préciser :
« Depuis
sa prise de fonction en tant que ministre des Affaires étrangères et
européennes, Bernard Kouchner a cessé toute activité au sein des
sociétés BK Conseil et BK Consultants. La société BK Conseil a été
dissoute le 18 mai 2007. Depuis la nomination du Ministre, BK
Consultants n’a plus aucune activité commerciale et ne saurait avoir
perçu quelque rémunération que ce soit.
Le ministre dément formellement « avoir fait passer des prestations de conseil et d’audit sous l’égide de trois sociétés ».
Bernard
Kouchner n’a jamais appartenu à la société IMEDA dont il était l’un des
consultants et n’avait donc aucune raison de se préoccuper du règlement
des factures de celle-ci. S’il a pu être amené à évoquer son rapport
sur l’Assurance maladie au Gabon avec le président Bongo, c’est
uniquement pour s’informer de l’état d’avancement de la mise en œuvre
de la loi née de ce rapport.
Le travail de Bernard Kouchner sur
ce projet d’Assurance maladie au Gabon était notoirement connu des
medias gabonais et a fait l’objet d’une communication publique au cours
des Etats Généraux de la Santé à Libreville.
L’activité de
Bernard Kouchner, comme Président fondateur du GIP ESTHER était une
activité purement bénévole exercée dans le cadre des décisions prises
par le conseil d’administration. C’est le GIP ESTHER qui a permis
notamment les nombreux jumelages hospitaliers entre pays européens et
pays en développement en particulier dans le domaine du sida.
Bernard
Kouchner s’enorgueillit d’avoir toujours mené, dans ses diverses
fonctions et dans le cadre strict des règles de celles-ci, un combat
permanent en faveur de la santé publique en Afrique.
Bernard
Kouchner se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires pour
prévenir ou sanctionner toutes allégations mensongères à son égard et
en a chargé Me Georges Kiejman. »
La page du site IMEDA qui prouve ses liens avec Bernard Kouchner (page aujourd'hui supprimée du site)
Refusant de se transformer en petit télégraphiste du Quai d’Orsay, le
journaliste de l’AFP a repris l’essentiel de la contre-argumentation du
ministre ainsi que les principaux éléments de l’article de Marianne2.
Il est vrai que l’argumentaire de Bernard Kouchner semble pétri de
contradictions, et d’imprécisions :
1) Le Ministre évoque deux sociétés qu’il a créées, BK Conseil et BK
Consultants, sans indiquer pourquoi la seconde, société en nom
personnel, a succédé à la première.
2) Il indique à la fois
qu’il n’a jamais « appartenu à la société IMEDA » tout en précisant
« qu’il en était l’un des consultants », ce qui, s’agissant d’une
société de conseil, est tout de même un lien assez puissant, surtout
quand ladite société est créée par deux des proches collaborateurs du
ministre.
3) Il indique qu’il n’a jamais été rémunéré au titre
de la Présidence d’Esther, octroyée grâce à ses bonnes relations avec
Dominique Ambiel et le Premier ministre de l’époque Jean-Pierre
Raffarin. Mais Pierre Péan s’était contenté d’évoquer « une fonction
officielle » sans indiquer que le ministre avait été payé pour
l’exercer.
4) Enfin, Bernard Kouchner reconnaît avoir « pu être amené à évoquer son rapport sur l’Assurance maladie au Gabon avec le président Bongo ». Mais c’était « uniquement pour s’informer de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi née de ce rapport. »
Dans le monde feutré des relations diplomatiques, cela pourrait revenir
un peu au même, surtout si, derrière les rencontres officielles,
s’agite un proche du ministre pour accélérer le paiement des factures
comme le rapportait Pierre Péan.
En fait, le seul important à
retenir de la défense du ministre est le choix de l’avocat Georges
Kiejmann, l’un des avocats les plus redoutables (et les plus redoutés)
du barreau de Paris. Ce choix montre à quel point Bernard Kouchner
considère le dossier comme crucial.
Le mobilisation de ce ténor du
barreau était d’autant moins superflue que, quelques heures après la
publication du communiqué kouchnérien, Xavier
Monnier publiait, sur le site bakchich.info les documents qui valident
tous les chiffres cités par Pierre Péan dans Marianne2 lundi. Bakchich
apporte un élément complémentaire en reproduisant un écran du site
IMEDA (écran aujourd’hui disparu d’Internet) indiquant la nature des
prestations (« un audit complet du système gabonais et proposition de réforme » et « l’élaboration d’un nouveau plan national de développement sanitaire ») ainsi que l’auteur du travail, Bernard Kouchner, Président de BK Conseil.
Va, lis et reviens :
- Exclusif : l’étrange diplomatie africaine de Bernard Kouchner
- Kouchner (suite) : calomnie ou quiproquo ?
- Kouchner, ministre des factures étrangères
Mardi 13 Janvier 2009
Philippe Cohen
°°°°°°°°°°
L’entretien qui a tourné court le 6 février 2009 entre Daniel Schneidermann et Pierre Péan offre un cas intéressant de « relation d’information ». Ce dernier avait été invité sur le plateau d’ "Arrêt sur image" pour y parler de son livre, "Le monde de K." Or, accusé implicitement par allusion d’antisémitisme, Pierre Péan a préféré couper court à toute discussion et s’en aller. Pouvait-il faire autrement ?
Pierre Péan accusé d’antisémitisme
Deux jours plutôt, M. Bernard Kouchner, à qui Pierre Péan reproche dans son livre des manquements à « l’éthique et à la morale républicaine », avait contre-attaqué à l’Assemblée nationale en lançant une vraie « bombe » : il avait dénoncé un « livre, fait d’amalgames et d’insinuations », qui contenait « un certain nombre de passages et d’expressions très précises qui (n’étaient) pas là par hasard et qui (l’accusaient) de personnifier la contre-idée de la France, c’est-à-dire l’anti-France, « le cosmopolitisme ». » Et, avait-il demandé avec gravité, « l’accusation de cosmopolitisme, en des temps difficiles, mesdames et messieurs les députés, cela ne vous rappelle rien ? Moi si ».
L’allusion dans ce contexte était transparente. D. Schneidermann a donc commencé l’entretien en demandant à Pierre Péan pourquoi il avait employé le mot de « cosmopolitisme » dont il ne pouvait pas ignorer qu’il était une des injures favorites de l’antisémitisme, à la fin du XIXème siècle et dans la moitié du XXème, pour dénoncer « la finance cosmopolite, les banquiers cosmopolites, la ploutocratie cosmopolite », l’adjectif étant alors synonyme de juif. Pierre Péan a paru accablé ; il a nié farouchement avoir jamais été animé par pareil sentiment. Et devant l’incrédulité de son interlocuteur, il est parti.
Avoir les apparences contre soi
La contre-attaque du ministre est efficace. La distribution manichéenne des rôles a été inversée. D’accusé, il est devenu accusateur et les griefs dont il fait l’objet sont oubliés. Pierre Péan est désormais soupçonné d’antisémitisme pour avoir employé un terme, « cosmopolitisme », qui, affecté à une personne de culture juive, renvoie aux années d’antisémitisme échevelé, puisqu’il déniait au juif une nationalité française au profit d’une appartenance transnationale. N’est-ce pas ce qui avait convaincu en partie nombre d’anti-Dreyfusards de la culpabilité d’Alfred Dreyfus ? Sa culture juive, selon eux, le désignait comme un traître vraisemblable.
Les arguments de D. Schneidermann paraissent avoir du poids.
1- En premier lieu, Pierre Péan est une personne cultivée, un écrivain, « journaliste chevronné » qui s’est distingué par un ouvrage sur la jeunesse de François Mitterrand nourri des confidences de l’intéressé, « Une jeunesse française, 1934-1947 » : il ne peut donc pas ignorer le sens du mot « cosmopolitisme »
appliqué à une personne de culture juive, puisqu’il a travaillé sur la
période où ce terme désignait à la vindicte publique la communauté
juive assimilée par amalgame à ses membres travaillant dans la banque et la finance.
2- Les mots, en second lieu, reçoivent au cours de l’Histoire une charge culturelle selon les circonstances où ils ont été employés. Pierre Péan le sait bien. Personne ne peut, par exemple, ignorer que le mot « collaborateur » s’est chargé d’un sens péjoratif, depuis la Seconde Guerre mondiale qui, encore aujourd’hui dans un contexte donné, impute à l’adversaire le crime de trahison de son pays.
3- D’où, en troisième lieu, la stupéfaction légitime de D. Schneidermann de voir que Pierre Péan ait pris aussi légèrement le risque de donner des verges pour se faire battre. Tant d’indiscernement est-il crédible, sans avoir été inspiré par l’antisémitisme ?
Un paradoxe qui l’innocenterait
Or, c’est peut-être, justement, ce paradoxe qui tendrait à innocenter Pierre Péan du grief d’antisémitisme qui lui est fait. Il y a bien contradiction apparente : oui, c’est invraisemblable qu’il ait pu employer un tel mot chargé de poudre sans prévoir un instant qu’il allait donner à son adversaire, M. Kouchner, un leurre de diversion en or pour le dispenser de s’expliquer sur les griefs divers qui étaient formulés. Un journaliste aussi aguerri que Pierre Péan ne pouvait ignorer que l’accusation d’antisémitisme qu’il encourait avec ce mot, était « une bombe atomique » qui allait pulvériser l’accueil de son ouvrage. On ne parlerait plus que de Péan l’antisémite. Tout serait dit sur la malveillance coupable de son ouvrage. M. Kouchner serait lavé de tout soupçon sans autre explication.
Il faut donc choisir pour résoudre cette contradiction apparente : soit Pierre Péan est un antisémite et en plus un parfait imbécile pour avoir donné volontairement des armes à l’adversaire et ruiner le crédit de son ouvrage en toute connaissance de cause, soit il reste le journaliste intelligent que l’on connaît et pour qui l’acception du mot « cosmopolitisme » n’est pas restée historiquement datée, mais a reçu une charge culturelle nouvelle par temps de mondialisation et d’entreprises transnationales de toutes origines qui ne concernent nullement la communauté juive, et il ne peut être soupçonné d’antisémitisme.
On comprend mal, en tout cas, la conduite de Daniel Schneidermann. Que, sous le coup de l’émotion, les réponses plus bafouillées que construites de Pierre Péan, ne l’aient pas convaincu, c’est son droit. Qu’il ait estimé devoir réserver son jugement, pourquoi pas ? : « J’en sais rien ! Je conclus pas ! » a-t-il répondu à Pierre Péan qui lui demandait s’il déduisait que cette « imprudence » était, selon lui, « révélatrice ». Mais avait-il le droit de jouer au confesseur ? « Je ne suis pas dans le secret de votre âme », a-t-il osé lui répéter avec une onction cardinalice, au lieu de s’interroger sur le paradoxe d’une telle naïveté susceptible de lever le doute. On comprend, en revanche, que cette prétention inquisitoriale ait outré Pierre Péan et qu’il ait préféré s’en aller. On ne discute pas avec quelqu’un qui entend sonder les reins et les cœurs mais qui s’en tient à l’apparence sans s’interroger sur le paradoxe qu’elle peut contenir.

