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17 mars 2009

Cinq très mauvaises raisons de réintégrer l’Otan

Deux anciens premiers ministres de gauche (Laurent Fabius, Lionel Jospin) ; deux anciens premiers ministres de droite (Alain Juppé et Dominique de Villepin) ; un pilier de la politique étrangère française, de gauche et fort apprécié par la droite, Hubert Védrine ; deux candidats à la dernière élection présidentielle (Ségolène Royal et François Bayrou) ; la quasi-totalité des parlementaires de gauche ; plusieurs dizaines de l'UMP... Tous sont contre.

Lire sous l'onglet Prolonger les arguments de ces responsables.

Cet inventaire suffit à dire l'importance de ce qui se joue avec le choix solitaire effectué par Nicolas Sarkozy de rejoindre pleinement les structures du commandement intégré de l'Alliance atlantique. Choix solitaire (à l'image d'ailleurs de celui effectué par de Gaulle en 1966), puisque le Parlement n'est pas appelé à voter, que le Livre de la défense de 2008 ne l'évoque pas, que cette décision ne figure pas au programme présidentiel du candidat Sarkozy et que la loi de programmation militaire 2009-2013 n'en dit pas un mot.

C'est une rupture. Pas seulement du consensus politique qui a prévalu en matière de défense depuis presque un demi-siècle. C'est un tournant stratégique qui engage notre défense et notre diplomatie pour de très longues années : prise en 1966, la décision du général de Gaulle de quitter ce commandement intégré avait, depuis, défini de nombreux paramètres de notre politique étrangère.

Il n'est nul besoin aujourd'hui de convoquer les mânes du Général, d'invoquer notre fameuse « exception» française ou de crier à une atteinte insupportable à l'indépendance de la France, comme le font certains parlementaires de droite et quelques souverainistes égarés, pour estimer que cette décision est mauvaise et dangereuse. Plutôt que la nostalgie d'une grandeur fantasmée, mieux vaut considérer cette décision au travers des nouveaux équilibres du monde qui se dessine et de la place que la France pourrait prétendre y occuper.

Et de ce point de vue, aucun des arguments avancés par le président de la République ne permet de justifier ce retour au cœur même de l'Alliance atlantique. C'est, en fait, un choix de pure idéologie qui a été fait et négocié par l'Elysée avec l'administration de George Bush. Que l'élection à la présidence américaine de Barack Obama puisse le rendre aujourd'hui plus présentable ne change rien au fond. Voici, parmi d'autres, cinq raisons pour lesquelles cette décision est inutile et néfaste.

(.....)

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