Front de gauche et MRC
Pourquoi le MRC n’a pas rejoint le Front de gauche
Meeting de lancement du Front de gauche au Zénith (photo : PG)
Le MRC n’ira pas. Il n’ira pas au Front de gauche. Il n’ira pas non plus aux élections européennes. Plutôt s’abstenir que d’y aller mal accompagné. C’est ce que l’on peut comprendre à la lecture de la résolution du MRC rendue public dimanche soir (à télécharger ci-dessous). Une nouvelle qui n'a pas vraiment ému les médias. Pourtant ce refus permet d’en savoir plus sur le Front de gauche, sur ce qu’il a sous le capot.
La souveraineté en débat
« Nous avons fait, de part et d’autre, beaucoup de concessions, explique Sami Naïr, négociateur en chef pour le MRC, Mais, quand ça a touché les orientations identitaires, ça a bloqué. » Des concessions, de fait, il y en a eu de nombreuses : en près d’un mois de négociation, une quinzaine d’amendements ont été apportés. Et c’est en effet sur les questions « identitaires » que le « mariage » a buté : « Nous n’avons pas la même conception de l’Europe, confie le responsable du parti républicain, Nous sommes pour une Europe réaliste, une Europe à géométrie variable, une Europe articulée sur ses nations. » C’est d’ailleurs principalement sur la question de la souveraineté nationale, concept très cher à Jean-Pierre Chevènement, que les deux organisations se sont affrontées. Quand le MRC disait « souveraineté nationale », le Front de gauche répondait « souveraineté populaire européenne ». « Nous n’y croyons pas, réplique Sami Naïr, Il n’y a pas de peuple européen. Il y a vingt-sept peuples européens ». Francis Parny, chargé des relations extérieures au PCF, a pris part aux négociations avec le Mouvement républicain. Il se dit « surpris » car, d’après lui, « la souveraineté nationale n’est pas un problème pour le Front de gauche » et « participer au Front ne veut pas forcément dire fusion ».
Soit.
Mais la question du souverainisme n’a pas été le seul sujet de blocage.
L'immigration a aussi été au cœur des débats, le Front de gauche
demandant une régularisation de tous les sans-papiers. Autre sujet
débattu : la position du Front de gauche face au capitalisme. « Ils nous ont répondu ne pas vouloir le réguler ! », s'étonne Sami Naïr.(...)
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