Stock-options et fonds spéculatifs, Par Pierre Ivorra, économiste
Extrait:
... En 2002, une mission d’information de l’Assemblée nationale relevait
déjà que « les dirigeants des sociétés du CAC 40 (1) ont vu leurs
émoluments augmenter en moyenne de 36 % en 2000, de 20 % en 2001 et de
13 % en 2002 » alors que la France traversait une sérieuse récession
économique et un krach boursier. Les stock-options y étaient en partie
pour quelque chose. Le scandale ne s’arrête pas là. Les stock-options
sont en outre assorties d’avantages fiscaux, ceux mis en place à la fin
des années 1990 par Dominique Strauss-Kahn et que Laurent Fabius
contribua ensuite à élargir.
L’indignation morale, si nécessaire soit elle, ne suffit cependant pas en la circonstance si l’on veut s’attaquer à la racine du mal. La généralisation des stock-options est contemporaine de l’explosion de marchés financiers mondialisés et de l’avènement de puissants investisseurs, anglo-saxons pour une grande part. La montée en puissance des fonds de pension, des organismes de placements collectifs (en France, notamment les sicav et fonds communs de placement) puis des hedge funds (fonds à risques) a joué un rôle essentiel....