G20 , plan Gheitner , Jacques Attali,
Jacques Attali, france-info, 03 04 2009
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Aux yeux de certains, se prépare une sortie miracle de la crise : par le jeu combiné du plan Geithner, (qui permet aux fonds d’investissement et aux banques de racheter les actifs toxiques des
autres banques, en empruntant l’essentiel au budget fédéral américain),
et de la modification comptable (qui permet aux banques de valoriser
ces actifs à un prix élevé) , on voit s’installer un marché des
produits dérivés, où les unes vendront très
cher aux autres des actifs, pour en racheter d’autres, plus cher
encore : ainsi se formera une bulle de valeurs d’actifs, entièrement
financé par le contribuable. La valorisation des fonds propres des banques, jusque là totalement
pervertie par la présence de ces produits toxiques, en sera
naturellement rehaussée, sans que l’Etat n’ait à verser d’autre argent
que celui qui aura permis aux banques de racheter ces produits et de faire monter leur cours. La croissance pourra alors repartir, créant de nouvelles fortunes financières, au milieu d’innombrables faillites industrielles. (...)
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Quelques commentaires, sur le blog de Jacques ATTALI/
Votre
critique est facile. Mais que proposez-vous ? Rien. Certes, le plan
Geithner n'est pas idéal mais répond en partie à l'urgence de la
situation. L'administration démocrate a été élue pour relancer
l'économie et non pas pour mettre en place un nouvel ordre financier où
l'intervention de l'État serait monnaie courante. Si certaines banques
et sociétés d'investissement ont profité des faiblesses du système
actuel, c'est en grande en partie à cause de l`indulgence, voire de la
complicité, de l'IRS, du SEC et de la possibilité qui leur est donné de
financer des campagnes électorales (démocrates et républicains
confondus).
Je vous rejoins sur un point : C'est au citoyen d'adopter de nouveaux
comportements s'il le désire et à l'entreprise de s'adapter si elle
veut survivre. Mais contrairement à vous, je crois que ce plan va
permettre de relancer le crédit sur des bases saines permettant de
remettre en scelle le dynamisme et la capacité à innover de la société
américaine. Le rôle de l'État doit se résumer à un rôle de régulateur
et s'assurer que les lois soient respectées par l'ensemble des
intervenants du système financier. Ce laisser-aller de l'État est
peut-être à l'origine de cette crise et de la prochaine s'il n'applique
pas avec rigueur les lois.
Pour finir, n'oublions jamais que les États-Unis d'Amérique ne sont pas l'Europe. Notre système de valeur n'est pas tout à fait le même. La liberté d'agir et d'entreprendre avec les moins d'entraves possibles font partie de notre culture.
Je vous rejoindrai si tout cela ne se faisait avec l'argent des contribuables, à qui on demande de payer , et de se taire. Tous les risques sont pour eux. Tous les profits pour les puissants. Et, nous, qui pretons à l'Amérique les moyens de ses folies, nous en supportons les conséquences. Cette société ne pourrait donner des lecons que si elle payait elle meme pour ses choix. Ce n'est pas le cas. Pour moi, si l'Etat paie, il doit controler. Si les entreprises ne veulent pas etre controlées, elles ne doivent mendier leur survie auprés des contribuables.