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10 juin 2009

ET MAINTENANT ?

par Arnaud Fontaine (Président du GS)


La campagne européenne,  son échec et ses conséquences laisseront des séquelles dans l’axe dans « robins » du congrès. Ayant fait la campagne assidument en tant que candidat du Parti proposé par notre courant dans la tristement célèbre circonscription Nord-Ouest, j’ai pu assister aux vives tensions au sein même du fortin fabiusien de Rouen entre Valérie Fourneyron et Laurent Fabius, sans compter, le cas Bartolone et le lâchage de Laurence Rossignol pour haute trahison.

Dans le Nord, nous étions avec David Assouline à Lille, nous avons entendu la salle soutenir Jean-Louis Cottigny et mépriser Gilles Pargneaux, la non réelection de l’eurodéputé sortant se paiera très cher et cash chez les aubrystes.

De même la défaite de Benoit Hamon, est importante, cela prouve à ses troupes et vu le score en Ile de France et la désormais demande des Verts d’obtenir la tête de liste en Ile de France, que son avenir est compromis s’il reste le second homme (après Désir cette fois, après Huchon l’an prochain ?), il a une forte tentation de ses troupes (je le mesure dans ma fédé qui est C) d’en finir avec le PS et de finir le PS afin de rejoindre ce Front populaire d’opérette qu’est le Front de Gauche. L’hémorragie est bien réelle et elle risque de s’amplifier dans l’année qui vient. Pour eux, c’est un pied dedans un pied dehors. Face à nous, il serait plutôt sur la logique d’un croche-pied et d’un pied au cul !

Nos adhérents et nos électeurs, ont aussi sanctionné le Parti, pour ses divisions, sa triche et son manque d’ambition collective. Le souffle de la campagne présidentielle envolé, notre victoire au congrès volé, et aux européennes, une volée ! Le message est sans ambigüité, ce Parti Socialiste vermoulu, cette SFIO, qui n’a même plus l’intelligence et le réflexe d’autoconservation de s’appuyer au moins sur les réussites locales, les nôtres n’en veulent plus !

Machiavel et Polybe avant lui, nous disent qu’il faut cycliquement « ripigliare l’estato » (rattraper l’état), c’est aussi vrai des partis. Le PS d’Epinay, a fait son temps en tant qu’appareil, il est temps de le changer ou d’en changer. Un nouveau nom, un nouveau logo et UNE tête unique. Et surtout un parti pourquoi  faire? et avec qui ?

Il y a de mon point de vue une faute sur l’analyse historique quand j’entends parler d’un nouveau Front Populaire. Nous ne sommes pas en 36… Il n’y plus un maillage syndical suffisant, une conscientisation politique des masses suffisante, ou une grogne légitime sur le lien entre les conditions de travail, et les patrons paternalistes. Il n’y a plus de travail, et il n’y a plus de patrons (mais des entreprises capitalistiques a-nationale et sans visage). Et l’électorat n’est plus dans le cadre du déterminisme social mais atteint d’un zapping électoral lié au consumérisme.

C’est l’élection « one shot » et celle d’avant ne fait pas l’autre et même sur une très courte période (cf les municipales Caen, Rouen, Rennes et là le raz de marée vert). Il y a comme dans toutes les périodes de crise, l’attente d’une solution bonapartiste, Sarkozy a jouer à cela, l’homme ou la femme providentiel, qui fait rêver et qui va tout régler. Le PS ne fait plus rêver, à force de dire qu’il ne faut pas dire dans l’opposition des choses qu’on ne fera pas au gouvernement… On n’est plus JAMAIS au gouvernement. Regardons l’exemple Lula. Il a été ambitieux dans son programme au-delà du pragmatisme. Puis après avoir essayé, il a expliqué ce qu’il ne pouvait pas faire et pourquoi. Son peuple lui sait gré de l’un et de l’autre. Il ne faut dire que des choses que l’on tentera mais dire que l’on va tenter des choses pour réformer ou réguler le système. Une culture de gouvernement n’est pas une culture de gestion de la pénurie et du malheur. Nous crevons de cette méprise.

Notre modèle de redéveloppement est à aller chercher avant même le socialisme classique. Dans une période encore plus troublée, celle du césarisme de Napoléon III, de la guerre de 70 et de la défaite, celle où être de gauche c’était d’être « républicain d’abord, sociaux ensuite et démocrate s’il en reste ». Une période où les intérêts du peuple étaient défendus dans les caves et dans les temples. C’était ce qui restera dans l’histoire comme l’Union Républicaine, cette gauche républicaine qui a su rallier le centre, affirmer la république, sécuriser le peuple et refonder l’état. C’est de cela dont nous avons besoin aujourd’hui. C’est ce que le peuple attend de nous.

La défaite de Ségolène mais les espoirs qu’elle a suscité et les espoirs qu’elle porte en elles, la mascarade du congrès, font que nous avons deux fois manqué le rendez-vous avec nos concitoyens. Il attendent de nous de l’audace, toujours de l’audace et encore de l’audace. Les verts moribonds ont fait cela sacrifiés des crocodiles (leurs éléphants à eux), ils ont revisité leur part pour se fondre dans Europe Ecologie et ils ont systématiquement envoyés les meilleurs à la bataille et non les plus proches du potentat ou de Paris. Le modèle est là et les françaises et les français nous invitent à cette révolution culturelle. Le côté consumériste actuel que l’on peut regretter fait qu’il faut des « produits neufs » car ils sont vus comme un gage (trompeur) de l’adaptation des politiques à une société en mouvement. Si nous ne sommes pas le changement, la société cherchera le changement ailleurs, comme Sarkozy qui a réussi à faire croire que la rupture c’était lui !

Je peux comprendre que l’on veuille s’accrocher au PS mais moi qui suit né en même temps que lui, je pense qu’il est un cadavre ambulant et pestilentiel, que ses effluves nous rendent peu à peu tous malades et que nous finiront par le quitter ou en crever.

Moi je crois qu’un autre challenge et possible surtout si les porteurs de modernité qui se sont rassemblés au sein de la motion E, et que ne demande qu’à rejoindre les sociaux-démocrates de l’Ouest (motion A) prennent leurs responsabilités et dote la gauche d’un outil de transformation sociale et de gouvernement  sans attendre la prochaine hécatombe, aux régionales sans doute. Nous devons être NOUS pour ces prochaines échéances et plus EUX…

Il va de soi que cette contribution à notre réflexion collective, n’est pas chez moi une tentation de Venise ou une proclamation, c’est un avis largement partager par nos militants dans ma fédération et que je m’étais engagé hier soir à relayer aujourd’hui.

Voilà qui est fait,

Fraternellement,

Arnaud Fontaine

Président du Groupe Socialiste et Républicain de Basse-Normandie

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