Le PS entre débâcle électorale et refondation politique
Extrait:
Le PS paie au prix fort son désastreux congrès de Reims, en novembre 2008, où il avait affiché ses déchirements avant d'offrir le spectacle d'une élection pour le moins controversée de sa première secrétaire. Le 7 juin, Mme Aubry a fait un diagnostic juste, en jugeant le PS "pas encore" crédible. Le 8 juin, sur France Inter, elle a dépeint les socialistes "divisés, recroquevillés sur [eux]-mêmes". "Notre échec, a-t-elle ajouté, est d'abord celui de notre incapacité à nous rénover profondément dans les idées, dans les pratiques surtout."
Non seulement le PS n'est pas sorti de sa crise existentielle, sur son leadership, son projet, ses alliances, qui le tétanise quasiment depuis 2002, mais il s'y est enfoncé. Le navire prend toujours l'eau sans qu'aucune brèche n'ait été colmatée. Dans Le Parisien du 8 juin, Manuel Valls, député et maire d'Evry (Essonne), décrit un "21 avril light". Le PS, assène-t-il, "parle une langue morte. Il n'a pas été capable d'adresser un message, un projet, une espérance, une alternative crédible sur l'Europe comme sur la France".
Secrétaire national chargé de la rénovation, Arnaud Montebourg a même évoqué, le 9 juin sur RTL, un appareil socialiste "en pleine nécrose". "Les partis sont mortels", prévient M. Valls.
Avec son puissant réseau d'élus, le PS n'est pas mort mais il est usé, replié sur les ego de ses dirigeants et incarne une façon dépassée, voire archaïque, de faire de la politique. Alors que le malade requiert des soins intensifs rapides, au conseil national du 9 juin, Mme Aubry lui a donné six mois pour "changer de cap". A ce stade, son leadership n'est pas contesté. Mais il ne s'est pas encore imposé à tous les niveaux du PS et son autorité est durement atteinte.
Ségolène Royal a assuré sa "sœur ennemie", qui l'a visitée le 9 juin, de "son soutien complet pour toutes les initiatives qu'elle prendra pour la transformation radicale" du PS. Ses amis lancent l'idée d'états généraux, et Mme Aubry reconnaît, faute d'avoir entamé la moindre rénovation, que le PS "a, à l'évidence, besoin d'une refondation".