Ségolène Royal doit relancer le changement politique
(...) Cette "nouvelle culture" ne remet pas fondamentalement en cause le système.
Elle demande au système des adaptations majeures pour :
- devenir pilote du changement,
- manifester certes une volonté mais surtout une capacité à écouter, à
libérer les possibilités, à fonctionner en acteur parmi d‘autres d'un
changement contrôlé, voulu, pragmatique.
Cette culture a fait naître des " nouvelles frontières " :
- le refus des leurres. Les démarches idéologiques faites de matrices
toutes prêtes ne correspondent plus à cette démarche. François Bayrou a
été perçu comme un "voleur de vote" puisqu'il instrumentalisait les
Européennes pour une présidentielle,
- le discrédit des responsables dont le bilan a été défaillant. Il n'y
a plus d'expert en dehors de celui qui a prouvé ses capacités par les
actes et par les résultats. Comment le PS peut-il aspirer à gérer le
pays alors même qu'il n'est pas capable de gérer un parti ?
Tous ces repères traduisent l'émergence d'une nouvelle citoyenneté : le citoyen autonome.
A la différence du citoyen militant qui était a priori acquis ou
hostile, le citoyen autonome ne peut être touché que par une
communication persuasive basée sur :
- l'identification claire de ses besoins,
- l'énoncé de propositions précises,
- la présentation de la différenciation avec les propositions des
concurrents car l'univers de ce citoyen est fait de comparaisons
permanentes.
C'est un nouveau "rapport de séduction" entre le candidat et le citoyen qui prend naissance.
Ségolène Royal est restée à l'écart des Européennes. Elle n'en sort donc ni usée ni cabossée.
Le véritable enjeu consiste maintenant à adapter son offre pour montrer
qu'elle a compris les attentes de l'opinion et qu'elle pose à son tour
des jalons concrets pour ce nouveau débat public.