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12 juin 2009

Petits matins au PS

Il y a vraiment un problème au PS, celle qui consiste d’abord à ne pas voir la réalité et à s'imaginer que, parce que le parti a encore des élus, un pouvoir d’expression, une place « naturelle » à gauche, alors il est « éternel ». C’est la posture qui s’est imposée depuis le 21 avril 2002, avec des résultats peut-être encourageants dans les élections locales, mais inquiétants au plan national. C’est de cela dont nous avons parlé ce matin aux Matins de France Culture animés par le journaliste Ali Baddou, avec Gilles Finchelstein, également invité à débattre. Ce dernier, qui est délégué général de la Fondation Jean Jaurès et auteur d’un livre récent et remarqué sur Le Monde d’après. Une crise sans précédent (avec Mathieu Pigasse, aux éditions Plon), propose une lecture de l’échec en termes de difficultés à comprendre les mutations économiques et sociales. L’ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn évite cependant de poser les questions plus directement politiques et nationales, et c’est l’une des constantes, malheureusement, de la Fondation Jean Jaurès qu’il dirige. Elle est pourtant présentée comme indépendante du parti, mais en dépit de cette autonomie affichée, elle évite le débat sur les questions qui sont pourtant au cœur des échecs récents, le fonctionnement interne du parti, sa doctrine politique ou son absence de doctrine, la division sur l’Europe, l’identité socialiste au regard de l’histoire, le bilan de l’expérience mitterrandienne, et plus encore la réflexion sur l’échec à commencer par celui du 21 avril 2002. Il est vrai que, tout indépendante qu’elle est, la Fondation Jean Jaurès est hébergée dans les locaux du parti Cité Malesherbes, son premier président en a été Pierre Mauroy et son staff actuel, de Gilles Finchelstien à Daniel Cohen fait partie de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Kahn. Il est donc à la fois prudent d’éviter les débats sur le politique qui pourraient gêner la direction du PS. (.......)
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