Petits matins au PS
Il y a vraiment un problème au PS, celle qui consiste d’abord à ne pas
voir la réalité et à s'imaginer que, parce que le parti a encore des
élus, un pouvoir d’expression, une place « naturelle » à gauche, alors
il est « éternel ». C’est la posture qui s’est imposée depuis le 21
avril 2002, avec des résultats peut-être encourageants dans les
élections locales, mais inquiétants au plan national. C’est de cela
dont nous avons parlé ce matin aux Matins de France Culture animés par
le journaliste Ali Baddou, avec Gilles Finchelstein, également invité à
débattre. Ce dernier, qui est délégué général de la Fondation Jean
Jaurès et auteur d’un livre récent et remarqué sur Le Monde d’après. Une crise sans précédent (avec
Mathieu Pigasse, aux éditions Plon), propose une lecture de l’échec en
termes de difficultés à comprendre les mutations économiques et
sociales. L’ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn évite cependant
de poser les questions plus directement politiques et nationales, et
c’est l’une des constantes, malheureusement, de la Fondation Jean
Jaurès qu’il dirige. Elle est pourtant présentée comme indépendante du
parti, mais en dépit de cette autonomie affichée, elle évite le débat
sur les questions qui sont pourtant au cœur des échecs récents, le
fonctionnement interne du parti, sa doctrine politique ou son absence
de doctrine, la division sur l’Europe, l’identité socialiste au regard
de l’histoire, le bilan de l’expérience mitterrandienne, et plus encore
la réflexion sur l’échec à commencer par celui du 21 avril 2002. Il est
vrai que, tout indépendante qu’elle est, la Fondation Jean Jaurès est
hébergée dans les locaux du parti Cité Malesherbes, son premier
président en a été Pierre Mauroy et son staff actuel, de Gilles
Finchelstien à Daniel Cohen fait partie de la garde rapprochée de
Dominique Strauss-Kahn. Il est donc à la fois prudent d’éviter les
débats sur le politique qui pourraient gêner la direction du PS. (.......)
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