Parti socialiste : diviser pour mieux ruminer
De Sylvain Lapoix sur Marianne
Lang, Peillon et Fabius, presque simultanément sur les trois grandes
radios, ont tenu trois discours vides quasi similaires. Seul point
d'achoppement : la primaire à laquelle tous (sauf Lang) sont candidats.
Laurent Fabius invité de RTL (16/06/09)
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L'amour de l'antenne est une maladie courante et contagieuse en temps de trouble au PS. Qu'un député passe sur RTL, un autre éléphant veut être sur Europe 1 et ainsi de suite, jusqu'à épuisement des auditeurs. Ce matin, RTL, Europe 1 et France inter faisaient une intégrale Radio PS, invitant respectivement Laurent Fabius, Jack Lang et Vincent Peillon. Manque de chance pour ceux qui voulaient du fond, les interviews tournaient en boucle et les arguments étaient (presque) les mêmes. L'âge de la retraite ? Aucun débat n'est tabou. La refondation du PS ? Elle se fait d'abord par un projet. Celui qui doit mener le PS ? Deux des trois compères étaient candidats du bout des lèvres. A croire que Martine avait distribué des fiches.
S'accorder sur la divergence : le dernier talent des éléphants
France Inter - Vincent Peillon
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Les amateurs
(s'ils en reste) pouvaient apprécier de subtiles nuances : Laurent
Fabius formulait plus élégamment sa candidature à la candidature
présidentielle et jugeait que l'intervention au Congrès de Versailles du président de la République, relevait de l'ancien Régime. Vincent Peillon, moins chevaleresque, s'est pour sa part contenté de rappeler l'héritage de Lionel Jospin, « le patrimoine des socialistes ». Jack Lang était le seul à s'écarter de la course ne voulant pas ajouter « de ridicule au ridicule. »
Et
le ridicule était bien là. Car à part énoncer des dates et des
constats, rien ne transpire de ces interventions sinon l'ennui et le
désir d'occuper le terrain sans rien écarter. Il faut désormais parler
de tout : d'écologie, de répartition, de l'assiette du financement des
retraites pour reconquérir, entre autres, les classes moyennes, les
classes populaires et l'électorat socialiste égaré chez Europe
écologie. Sans parler des alliances à géométrie variable incluant pour
la plupart les écologistes et le PCF.
Se tourner vers l'extérieur du parti ? « La politique a changé : il y a une demande de participation », répète Peillon, reprenant le nouveau refrain de la gauche majoritaire qui veut « ouvrir les portes et les fenêtres ».
Une mesure sanitaire nécessaire pour renouveler l'air du débat
socialiste, enfermé depuis près de 5 ans entre les murs de Solférino,
mais qui pourrait s'avérer dangereuse : dans une telle ambiance, portes
et fenêtres ouvertes, personne n'est sûr de pouvoir retenir les
militants qui s'enfuiront en courant
Lang : "Le PS est la proie de clans"
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