2012 : le PS ouvre le débat des primaires
Le Parti socialiste s’interroge : faut-il des primaires ouvertes à toute la gauche pour désigner un candidat commun en 2012 ?
© Maxppp Marlene Awaad
Des primaires à gauche après les élections régionales de 2010 ? L’idée fait son chemin au sein du Parti socialiste, qui ouvre le débat sur ce mode de désignation de son candidat pour la présidentielle de 2012.
"Le débat est déjà engagé", a affirmé le député socialiste Christian Paul. Très prochainement devrait être publié le rapport du député Arnaud Montebourg, chargé de la rénovation, qui anime depuis mars une commission de travail sur le sujet.
Plusieurs questions restent en suspens, notamment celle du calendrier. Mardi, Martine Aubry a suggéré que "le débat soit tranché après les régionales" mais "avant l'été 2010", explique Christian Paul. Ce calendrier, selon lui, "ralliera très largement", car trancher avant les régionales "serait une dispersion de nos énergies".
Jusqu'ici, le débat autour des primaires présidentielles du PS attristait davantage qu'il ne parvenait à enthousiasmer. Sujet escamoté lors du dernier congrès de Reims (alors qu'il figurait dans chacune des motions en lice), il demeurait une coquille vide laissant libre cours aux interprétations de chacun. Restreintes aux adhérents socialistes ou aux sympathisants? Ouverte au reste des partis de gauche? À l'italienne ou à l'américaine?
Depuis le piètre résultat socialiste aux élections européennes, le 7 juin dernier, le débat s'est accéléré tout en se complexifiant. Et les primaires sont revenues au cœur des discussions. Caricaturées par les uns, non sans fondements, comme une préfiguration du retour de la valse des ego (Valls est déjà candidat, Moscovici lance une pétition, Delanoë n'exclut rien). Défendu mordicus par les autres, comme moyen de régénérer un parti mal en point, en ouvrant, selon la formule consacrée au point de paraître éculée, «les portes et les fenêtres». Dans le même temps, la percée réalisée par Europe-Ecologie risque de ne pas faciliter les efforts d'une candidature unique au premier tour, les ambitions des Verts n'en étant que devenues plus grandes.
Si Martine Aubry s'avoue réticente à évoquer la question avant d'avoir (autre formule consacrée) «remis le parti au travail», elle pourrait donner son accord pour une convention nationale au lendemain des élections régionales, en mars 2010. Et un atelier consacré aux primaires devrait être organisé lors de l'université d'été 2009 de La Rochelle. (....)