Ségolène Royal et les prophètes de l'après-coup
Face au déferlement d'interprétations multiples sur le scrutin du 7 juin, la leader socialiste revient à ses fondamentaux.
L'analyse
de la leader socialiste a le mérite de la constance. Une constance
qu'elle partage d'ailleurs avec l'opinion publique au-delà de
l'apparence de modifications.
L'opinion est en recherche de mouvement. Depuis plusieurs années déjà,
elle considère que la classe politique la "bride", casse ses énergies.
L'opinion est donc en attente de liberté. Cette aspiration n'est pas
une vague porteuse pour les soiaux-démocrates car ils sont
historiquement perçus comme des "étatistes" qui font peser une chape de
plomb sur la société à force de vouloir tout réguler.
L'opinion est aussi en recherche de sécurité. C'est la mode des
"collectivités couettes" où il fait bon se protéger pour traverser une
période difficile.
L'opinion est en recherche de sens consciente qu'elle a beaucoup
produit mais qu'elle s'apprête à laisser d'autant moins qu'elle a
beaucoup produit tout particulièrement en matière d'environnement.
Les victoires prochaines appartiendront aux candidats capables de concilier ces trois recherches.
Face à ces recherches, en dehors de l'UMP (parti de l'action) et des
Verts (parti de la contestation donc du mouvement aussi), les autres
partis semblent frappés d'inertie. Ils semblent incapables de changer
les façons habituelles d'agir.
Il importe donc à des candidats comme Ségolène Royal de contourner les
partis politiques classiques pour s'appuyer sur l'opinion afin
d'apporter une nouvelle offre. C'est presque le retour à la case 2006.
Reste aussi encore à déterminer les conditions de la rencontre avec la
"tradition socialiste" si le rebond est engagé ...