Attentat de Karachi : interrogé, Sarkozy qualifie les informations de "grotesques"
Extrait:
L'enquête sur l'attentat disposerait de nouveaux éléments, selon Me
Olivier Morice, l'avocat de plusieurs familles, qui a rencontré les
juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier. La justice
s'orienterait vers un contentieux franco-pakistanais, sur fond de
contrats d'armements et de présumées rétro-commissions.
Ces rétro-commissions auraient pu participer au financement de la
campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy,
alors ministre du Budget, avait donné son aval à la création de la
société Heine, par laquelle a transité une partie des commissions.
Edouard Balladur a reconnu jeudi avoir "entendu parler de cette
histoire depuis des années" mais souligné que tout s'était déroulé de
manière "parfaitement régulière".
Un éventuel financement de la campagne présidentielle d'Edouard
Balladur en 1995 par des commissions sur des contrats d'armements de la
DCN était apparu dans le cadre d'une enquête préliminaire sur des
sociétés d'intelligence économique mandatées par la DCN.
Les policiers avaient alors trouvé à la DCN une note mentionnant l'aval
pour la création de la société Heine du directeur de cabinet d’Edouard
Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, et celui du ministre du Budget
d'alors, Nicolas Sarkozy, laissant "supposer des relations ambiguës
avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la
campagne électorale de M. Balladur pour l'élection présidentielle de
1995". (Nouvelobs.com)
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Ce qui apparaît comme l'un des plus lourds secrets de la République est en train d'éclater au grand jour. Selon des informations recueillies par Mediapart auprès de plusieurs sources, les services secrets français ont mené en 2002 une opération de représailles contre des militaires pakistanais pouvant être impliqués dans l'attentat de Karachi. Ce dernier fit, le 8 mai 2002, quatorze morts dont onze Français, employés de la Direction des chantiers navals (DCN). L'opération de représailles a été le fait du service «Action» de la Direction générale des services extérieurs (DGSE).
Si ces informations devaient être définitivement validées par l'enquête judiciaire en cours, elles viendront solidement asseoir la thèse selon laquelle les commanditaires de l'attentat n'étaient pas des islamistes liés à la mouvance Al-Qaïda, comme cela a été longtemps invoqué par les autorités françaises et pakistanaises.
De nombreux éléments tendent aujourd'hui à démontrer que l'attentat serait en réalité une manipulation de l'Etat pakistanais et de ses services secrets, l'ISI, visant à punir l'Etat français, coupable d'avoir suspendu le versement de commissions et de rétro-commissions occultes en marge d'un contrat d'armement datant de 1994. C'est désormais la piste principale qu'ont décidé de suivre les juges d'instruction antiterroristes en charge de l'enquête.(...)