L'Irlande a dit oui. Oui mais à quoi?
Extrait:
... Prenons un tout petit peu de hauteur. Et si la victoire à la Pyrus du
Traité européen était à rapprocher d'autres phénomènes inquiétants
concernant la démocratie ?
La puissance de l'abstention dans toute l'Europe.
Le
sentiment, un peu partout en Europe, que pas grand chose ne distingue
les programmes politiques de droite des programmes politiques de
gauche.
L'irruption, en France et en Italie, d'une sorte de
gouvernance médiatique par laquelle les présidents cherchent en
structurant la vie politique autour de leur agenda par leurs positions
fortes à la télévision.
La façon dont insensiblement, les élites des
pays développés admirent la gouvernance chinoise pour son efficacité,
avec ce regret encore implicite, « Ah si nous aussi nous pouvions nous passer complètement du peuple ? »
L'incapacité des vingt premières puissances économiques à imposer un nouvel ordre financier mondial malgré les catastrophes auxquelles à conduit l'activisme des banquiers et des traders.
Certes, l'élection d'Obama apparait comme l'espoir d'un retour de la démocratie, et ce n'est pas pour rien qu'elle suscite de l'espoir dans les opinions publiques. Mais qui ne perçoit la puissance des forces économiques - après le lobby de la banque, ceux de la pharmacie et des assurances - et leur capacité à empêcher le Président d'appliquer le programme sur lequel il a été élu ?
Il faut donc regarder le
récit du monde d'une autre façon - osons, soyons fou! - que celle
proposée par Daniel Cohen. La démocratie n'est pas forcément la fille
du développement économique. Ce dernier peut aussi la rendre
inopérante, inutile, poussiéreuse (comme en Chine), et accoucher d'un
régime post-démocratique dans lequel ses outils - le parlement, la
presse, la justice - seront en déshérence.
...
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