Karachi: dès 2002, la DGSE a mené une opération de «représailles» contre des militaires pakistanais
Extrait:
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Ce qui apparaît comme l'un des plus lourds secrets de la République est en train d'éclater au grand jour. Selon des informations recueillies par Mediapart auprès de plusieurs sources, les services secrets français ont mené en 2002 une opération de représailles contre des militaires pakistanais pouvant être impliqués dans l'attentat de Karachi. Ce dernier fit, le 8 mai 2002, quatorze morts dont onze Français, employés de la Direction des chantiers navals (DCN). L'opération de représailles a été le fait du service «Action» de la Direction générale des services extérieurs (DGSE).
Si ces informations devaient être définitivement validées par l'enquête judiciaire en cours, elles viendront solidement asseoir la thèse selon laquelle les commanditaires de l'attentat n'étaient pas des islamistes liés à la mouvance Al-Qaïda, comme cela a été longtemps invoqué par les autorités françaises et pakistanaises.
De nombreux éléments tendent aujourd'hui à démontrer que l'attentat serait en réalité une manipulation de l'Etat pakistanais et de ses services secrets, l'ISI, visant à punir l'Etat français, coupable d'avoir suspendu le versement de commissions et de rétro-commissions occultes en marge d'un contrat d'armement datant de 1994. C'est désormais la piste principale qu'ont décidé de suivre les juges d'instruction antiterroristes en charge de l'enquête.
Selon plusieurs éléments versés au dossier, dont un rapport de renseignement interne à la DCN, rédigé en septembre 2002 par un ancien agent de la DST, Claude Thévenet, la vente par le gouvernement d'Edouard Balladur au Pakistan de trois sous-marins Agosta pour 5,5 milliards de francs était assortie de promesses de versement de commissions à plusieurs dignitaires pakistanais. Mais également de rétro-commissions destinées à financer en retour, en 1995, la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, campagne dont le directeur était Nicolas Sarkozy.
Or, sitôt élu à l'Elysée, Jacques Chirac, ennemi politique de MM. Balladur et Sarkozy, a suspendu le versement d'une partie de ces commissions – 180 millions de francs au total –, comme il en avait fait la demande au nouveau ministre de la défense de l'époque, Charles Millon. Ce qu'avait d'ailleurs confirmé le rapport du conseiller d'Etat Jean-Louis Moynot en février 2000, comme le rapportait Le Monde de l'époque (voir sous l'onglet Prolonger).
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