Le PS, Ségolène, et Martine... et 2012?
Ségolène Royal face au crash du PS
La défaite
du PS lors de la législative partielle d'hier montre l'ampleur des
dégâts subis par cette formation politique qui est en statut de
déclassement généralisé.
En 2004, l'équipe du Président sortant a consacré plus de 6 millions de dollars pour diffuser le clip ci-dessous.
Il s'agissait de restaurer l'image humaine du Président sortant à partir d'une histoire vécue.
Après l'élection serrée de novembre 2004, les analyses ont montré que l'impact de ce clip avait été considérable "résumant l'histoire" de la Présidence Bush : une catastrophe sans précédent, un être humain à la Présidence qui cherche à conforter et à protéger.
L'opinion moderne a besoin de repères simples désormais qualifiés de "totems" selon la terminologie à la mode.
Dans ce contexte, quelle évocation suscite le PS ?
La morale ? Difficile après les "histoires" sur le Congrès de Reims.
La "nouvelle" politique ? Difficile car, à titre d'exemple, le non-cumulard c'était Douillet alors que le PS en pleine campagne anti-cumul présentait un candidat qui était déjà ... Maire.
Le rassemblement ? Difficile quand le PS est officiellement abandonné par son centre droit et par la gauche de la gauche.
Cette partielle a montré l'immensité du crash subi par le PS qui n'arrive même pas à mobiliser pour donner une leçon à une majorité présidentielle qui aligne, en pleine mauvaise passe, tant de 'totems" de rejets pour un vote de ... gauche.
Cette partielle incarne un échec total.
Face à cette réalité, comment rejeter celui qui a collectionné les médailles d'or et qui s'est mobilisé pour la cause de la santé des enfants ...?
Le choc des histoires était trop rude. Sous cet angle, l'écart des voix paraît même faible tant l'inégalité des évocations était grande.
Le Président Sarkozy a trois forces majeures :
- il assume tout et presque trop,
- il dispose d'une machine électorale sans concurrence à ce jour (l'UMP),
- il sait bâtir de belles histoires qui répondent à l'attente de l'opinion (lire la suite grâce au lien suivant : : lestorytelling).
Si le PS ne change pas rapidement, les candidatures pour 2012 risquent de tourner au témoignage même avec la détermination d'une candidate comme Ségolène Royal...
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Martine Aubry secouée par un grave échec
Martine
Aubry ne peut que constater la gravité de l'échec de la législative
partielle qui est la condamnation de la stratégie du PS incapable de se
positionner face à Nicolas Sarkozy.
A force de faire compliqué, le PS se perd dans des formules qui le décrédibilisent.
La victoire de David Douillet est d'abord l'échec de la gauche.
La gauche qui a été incapable d'organiser efficacement les reports de voix du second tour en faveur de son candidat.
Une gauche qui refuse d'accepter deux réalités :
- la présidentialisation absolue du régime,
- la communication non-idéologique.
Comment est-il possible de se positionner sans organiser un leadership clair qui ouvre une alternative au pouvoir en place ?
Chaque système démocratique entré dans une logique d'un exécutif
personnalisé fort vit désormais un débat démocratique dans la logique
d'un leadership d'alternance.
Le PS français est le seul à ne pas vouloir régler ce volet et paye le prix fort de ce refus.
Quant à la communication, habitué aux ancrages idéologiques et
militants, le PS peine à trouver les méthodes supplétives face au
reflux de ces deux ancrages.
La victoire de l'UMP lors de cette partielle montre d'abord les faiblesses du PS car :
- la partielle est toujours un moment privilégié de mobilisation de
l'opposition alors que l'électorat de la majorité sait que l'enjeu
national fait défaut,
- le pessimisme sur la crise est très élevé,
- les "affaires" démobilisantes pour l'électorat conservateur avaient été légion depuis la rentrée de septembre 2009.
Source: EXPRIMEO