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21 novembre 2009

Politiques : pourquoi ils se hachent la g...

http://www.cinemovies.fr/images/data/photos/1324/la-guerre-du-feu-1981-1324-1257618514.jpg

LES "Politiques", au pluriel, tuant LA Politique : le chantier est en cours à gauche.

Sur les pièges de la professionnalisation , une intéressante analyse de Rémi Lefebvre (Professeur de Sciences Politiques à Lille-II) dans le Monde Diplomatique (octobre 2009) démonte les ressorts des déchirements "politiques" apparents pour des motifs qui n'ont rien à voir avec les buts de la politique mais tout à voir avec le côté alimentaire des mandats mis à l'encan.

Les Régionales qui se profilent sont l'occasion de voir appliquer les principes désormais à l'oeuvre : peu importent les idéologies, ne parlons pas d'idéaux, ce qui compte c'est pour chaque formation politique de caser un maximum de monde à un maximum de postes. Et pour ça tout est bon : les alliances à géométrie variable selon les territoires, les accords d'hier se transformant en haines d'aujourd'hui et rabibochages de demain. L'intérêt des appareils politiques se cuisine selon des recettes précises qui ne sont pas les mêmes selon leur envergure, leur puissance de feu.

Bien que la gauche semble exclue du pouvoir elle n'a jamais eu autant d'élus de terrain. Effet de la décentralisation, le rééquilibrage local assure une "rente de situation aux partis de gauche qui font vivre des milliers de professionnels de la politique dont les logiques de carrière pèsent en retour sur les stratégies partisanes." Les élus vivent désormais en grande partie DE et POUR la politique. Un seul objectif pour certains sortis de longue date du monde du travail : durer. Peu importe alors par qui et pour quoi.

Quant au renouvellement (très faible), il concerne la plupart du temps des obligés des partis que l'on recycle, ou que l'on rémunère, notamment par le biais des scrutins proportionnels de listes (anciens battus, aspirants à la carrière sans ancrage municipal, collaborateurs ou proches, responsables de courants...) Les mandats sont si nombreux (6000) qu'ils représentent une véritable manne à "distribuer" dont les bienfaits redégoulineront automatiquement sur les partis politiques. Ainsi survit le PC, hors de course nationale, mais qui par son réseau d'élus locaux fait entrer chaque année 17 millions (sur un budget de 32) dans les caisses (UMP : 1,8 millions, PS : 12 millions en 2007).

Version PS,  la tentation  : "Laissons le pouvoir à la droite, il y a trop de coups à prendre dans un environnement économique hostile à la social-démocratie, replions-nous sur nos positions locales" (version PS) Les élus en place mesurent bien qu'une hypothétique victoire socialiste à l'élection présidentielle aurait mécaniquement par la logique des élections intermédiaires des effets négatifs sur leur ancrage local. Ils se désolidarisent ainsi du devenir national de leur organisation et cultivent leur fief."

Lire la suite : Dianne, sur MEDIAPART


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